vendredi 20 février 2009

Leçons de « journalisme anthropologique » au Figaro : Les « jeunes Français d’origine musulmane » à l’honneur


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Certains travers des médias français ont vraiment la peau dure. Le quotidien Le Figaro dans son édition du 18 février, en a donné un exemple éloquent. Dans un encadré d’appel à La une du journal, on pouvait lire ce titre pour le moins accrocheur : « Quand des beurs vont chercher fortune à Dubaï » !

La suite est plus…affligeante. « Depuis quelques années, de nombreux jeunes Français d’origine musulmane partent s’installer dans les pays du Golfe…» Pouvons-nous lire dans l’encadré. Oui, vous avez bien lu : « Jeunes Français d’origine musulmane ». Voilà donc que pour Le Figaro, l’Islam est un « groupe ethnique » bien distinct ! Ça commence bien.

« Certains tentent l’aventure pour être en phase avec leurs aspirations culturelles ou religieuses […]», continue le journal. Après avoir appris que l’islam est une « race », on découvert, que pour qu’un « français d’origine musulmane » puisse être « en phase » avec ses « aspirations culturelles et religieuses », il faille qu’il s’expatrie dans un pays musulman ! On craint presque pour le cœur des 4 à 5 millions de musulmans en France, qui apprennent sans ménagement et en quelques lignes, deux « vérités fondamentales » sur eux-mêmes.

En tournant la page pour aller découvrir l’article, annoncé page 2, on s’attend déjà au pire. Et on ne sera pas déçu ! Tout d’abord, par l’auteur de l’article. Georges Malbrunot. Grand reporter au Figaro devenu célèbre après son enlèvement par « l'armée islamique en Irak » qui réclamait à la France, contre sa libération et celle de son confrère Christian Chesnot, l’annulation de la Loi sur la laïcité. Le journaliste est réputé être un « bon connaisseur » de « la région » et « ses subtilités », et était, a priori, bien placé pour éviter les clichés simplificateurs.

On déchante dès la lecture du titre de l’article : « Le Golfe, nouvelle terre d'asile des Beurs de banlieue ». Ici aussi le qualificatif « beur » est employé sans aucun « complexe ». Mais on apprend surtout que le « beur » est un éternel exilé. Après sa première « terre d’asile », la France (où il est née), ingrat comme il est, le voilà qu’il part à la recherche d’une « nouvelle terre d’asile ».

Et les premières lignes donnent le ton. « M. arrive au rendez-vous dans un café branché de Dubaï en djellaba blanche, la tenue traditionnelle du vendredi, jour de prière en islam. ». nous apprend l’auteur. Admirez ici les élans pédagogiques du journaliste qui éclaire les lecteurs du journal sur les traditions vestimentaires et religieuses du « Français d’origine musulmane ».

Bien évidement, « cet ingénieur en télécommunications » qui habite avec son épouse « dans un immeuble moderne de cette ville où les mosquées côtoient les plus beaux hôtels du monde » et qui ne voyait aucun inconvenant à « voir des filles en minijupe » se sent mieux dans son nouvel environnement et peut tout à fait connaitre les joies de « l’artisanat islamique » et pratiquer librement ses « étranges » rites et coutumes. « Si j'étais resté en France, on me regarderait bizarrement. Ici, cela ne gêne personne » nous dit-il. Quoi de plus normal ? N’est-il pas au milieu de ses semblables ?

D’ailleurs Malbrunot nous le dit cash : « À Dubaï, il (le français d’origine musulmane ? [ndlr]) peut donc, sans tracas, jeûner pendant ramadan, manger halal et faire ses ablutions ailleurs que dans les toilettes. ». « Le beur », peut alors « se fondre dans la masse ». Quelle chance pour M. pour qui « l'opulence ostentatoire de Dubaï ressemble pourtant bien peu au bled algérien de ses parents ». Que c’est bien dit !

« L'alliance […] de la BMW et du Coran, sous le soleil et dans une atmosphère de relative liberté individuelle. » est parait-il ce qui plait le plus à ces jeunes « beurs » comme Nesim, un « jeune Beur, d'origine tunisienne », victime de discrimination à l’embauche en France alors qu’il est, selon le journaliste, « non pratiquant et parfaitement intégré ».

En lisant la suite on comprend très vite, que si par malheur des « beurs » des cités osent tenter l’aventure de l’expatriation pour un meilleur avenir, comme le fond des milliers d’autres français aux « bonnes origines », c’est forcément par esprit de revanche sur cette France qui ne les accepte pas comme ils sont.

D’ailleurs, ce n’est pas le journaliste qui le dit...mais Khalid, « cadre d'une société d'intelligence économique », qui ne reviendra vivre en France que « lorsque la France aura appris à vivre avec ses musulmans ».

Il existerait même une « très petite minorité », « très religieuse », en rupture totale avec la France et à qui « Le djihad ne déplairait pas fondamentalement ». Tellement en rupture qu’il n’était « pas question », pour le journaliste, « d'approcher l'un d’eux ». On est presque soulagé qu’ils soient expatriés

Bref, tantôt d’origines « islamiques » tantôt d’origines « maghrébines », ces « beurs des banlieues » présentés par ce travail de journalisme « anthropologique », n’échapperont pas à leur étiquette même à des milliers de kilomètres de leur pays, la France.

Mais maintenant qu’on connait mieux « le Français d’origine musulmane », le journaliste peut pousser ses efforts « à but informatifs », pour nous faire découvrir les péripéties d’autres français d’ « origine ». Pourquoi pas les jeunes français « blacks » d’origine…« noire » !

Malek
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mercredi 28 janvier 2009

« Ahmed and Salim » : Quand les israéliens s’essayent à la propagande "artistique" !




Alors que des centaines d’ONG et organisations citoyennes se mobilisent à travers le monde pour condamner les crimes de guerres commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, un site israélien diffuse depuis le 20 janvier un dessin animé « humoristique » qui met en scène les mésaventures de deux jeunes apprentis-terroristes palestiniens !

La mini-série est « destinée à se « moquer des terroristes » palestiniens sans amalgame avec l'Islam. » nous dit le nouvelObs.com qui en parle dans son édition électronique du 27 janvier.

En effet, la série intitulée « Ahmed and Salim » met en scène deux jeunes terroristes en herbe qui semblent préférer jouer avec leur Ipod et leur console Wii qu’à jouer les bombes humaines dans les bus israéliens. Leur commandant et père ne sais plus quoi faire pour qu’ils s’appliquent et réussissent leurs tentatives d'attaques suicides qu’ils ratent systématiquement.

Empruntant le graphisme de « South Park », le dessin animé politiquement incorrect qui excelle dans l’art de la parodie sociale, les deux auteurs de "Ahmed and Salim" sont loin d’avoir le talent des hauteurs de la série américaine.

Même si on esquisse un sourire devant certaines situations et même si dans l’absolu cette série aurait pu être une bonne parodie des logiques de guerre qui prévalent dans les deux bords, l’état d’Israël ne semble à aucun moment mis en cause dans cette série.

Des le premier épisode le parti pris est flagrant. Le père des deux enfants se balade avec son kalach entouré des femmes de la maison (en bourqa bien sur) en parlant une langue inventée imitant le dialecte palestinien.

Le journal télévisé, dans ce « pays » imaginaire commence sur un ton grave en annonçant qu'"un bus israélien est arrivé à destination sain et sauf avec tous ses passagers ». Et que nos deux jeunes kamikazes maladroits ont, en fin de compte, explosé un bus qui transportait des arabes !

Tiens. Tiens ! Ça ne vous rappelle pas le leitmotive des flayers balancées par l’armée israélienne sur les gazaouis pour les « convaincre » que la cause de leur malheur n’est pas leurs bombardements meurtriers mais plus tôt le Hamas qui les tiendrait « en otage ». Le même message qui a été servi au libanais pendant la guerre de 2006 contre le Hezbollah.

Certains « responsables » israéliens ne sont ils pas allés jusqu’à accuser le Hamas « de tuer leurs propres enfants pour faire mal paraitre Israël dans les médias» ?! Comme par hasard, c’est ce que tente de faire à tout prix ce père de famille odieux qui rêve de voir ses enfants réussir leurs opérations suicides et donc de mourir.

Produit par le site israélien « Sugar Zaza », "cette vidéo n'a pas pour but de se moquer des musulmans mais des terroristes. Qui, comme nous le savons tous, sont une bande de trous du cul. Pour ceux qui se sentent facilement offensés, s'il vous plaît, ne regardez pas", nous disent avec beaucoup de « finesse » les auteurs israéliens. Après ce premier épisode on a du mal à croire à l’innocence de leur propagande…« artistique »...