Affichage des articles dont le libellé est Vidéo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vidéo. Afficher tous les articles

vendredi 16 octobre 2009

Élections présidentielles en Tunisie : Prêts pour les résultats de 2009 ?


Comme la méchante sorcière du conte de "La belle au bois dormant" qui demande quotidiennement à son miroir : qui est la plus belle ? Notre président, demande tous les cinq ans, à son peuple, de lui dire à quel point il est le grand président qu'il aurait aimé être. Grand Président : il s'est même engagé à l'être dans un discours historique, un jour, qui ne l'est pas moins, le 7 novembre 1987.

22 ans de règne plus tard, les mots de ce discours sonnent plutôt comme ceux d'un conte imaginaire que ceux de notre réalité amère. Plus triste encore, ils peuvent être ceux qu'on pourrait dire aujourd'hui de sa présidence...

Punica Fides
www.nawaat.org | www.yezzi.org


mercredi 28 janvier 2009

« Ahmed and Salim » : Quand les israéliens s’essayent à la propagande "artistique" !




Alors que des centaines d’ONG et organisations citoyennes se mobilisent à travers le monde pour condamner les crimes de guerres commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, un site israélien diffuse depuis le 20 janvier un dessin animé « humoristique » qui met en scène les mésaventures de deux jeunes apprentis-terroristes palestiniens !

La mini-série est « destinée à se « moquer des terroristes » palestiniens sans amalgame avec l'Islam. » nous dit le nouvelObs.com qui en parle dans son édition électronique du 27 janvier.

En effet, la série intitulée « Ahmed and Salim » met en scène deux jeunes terroristes en herbe qui semblent préférer jouer avec leur Ipod et leur console Wii qu’à jouer les bombes humaines dans les bus israéliens. Leur commandant et père ne sais plus quoi faire pour qu’ils s’appliquent et réussissent leurs tentatives d'attaques suicides qu’ils ratent systématiquement.

Empruntant le graphisme de « South Park », le dessin animé politiquement incorrect qui excelle dans l’art de la parodie sociale, les deux auteurs de "Ahmed and Salim" sont loin d’avoir le talent des hauteurs de la série américaine.

Même si on esquisse un sourire devant certaines situations et même si dans l’absolu cette série aurait pu être une bonne parodie des logiques de guerre qui prévalent dans les deux bords, l’état d’Israël ne semble à aucun moment mis en cause dans cette série.

Des le premier épisode le parti pris est flagrant. Le père des deux enfants se balade avec son kalach entouré des femmes de la maison (en bourqa bien sur) en parlant une langue inventée imitant le dialecte palestinien.

Le journal télévisé, dans ce « pays » imaginaire commence sur un ton grave en annonçant qu'"un bus israélien est arrivé à destination sain et sauf avec tous ses passagers ». Et que nos deux jeunes kamikazes maladroits ont, en fin de compte, explosé un bus qui transportait des arabes !

Tiens. Tiens ! Ça ne vous rappelle pas le leitmotive des flayers balancées par l’armée israélienne sur les gazaouis pour les « convaincre » que la cause de leur malheur n’est pas leurs bombardements meurtriers mais plus tôt le Hamas qui les tiendrait « en otage ». Le même message qui a été servi au libanais pendant la guerre de 2006 contre le Hezbollah.

Certains « responsables » israéliens ne sont ils pas allés jusqu’à accuser le Hamas « de tuer leurs propres enfants pour faire mal paraitre Israël dans les médias» ?! Comme par hasard, c’est ce que tente de faire à tout prix ce père de famille odieux qui rêve de voir ses enfants réussir leurs opérations suicides et donc de mourir.

Produit par le site israélien « Sugar Zaza », "cette vidéo n'a pas pour but de se moquer des musulmans mais des terroristes. Qui, comme nous le savons tous, sont une bande de trous du cul. Pour ceux qui se sentent facilement offensés, s'il vous plaît, ne regardez pas", nous disent avec beaucoup de « finesse » les auteurs israéliens. Après ce premier épisode on a du mal à croire à l’innocence de leur propagande…« artistique »...



mercredi 31 décembre 2008

True Blood : La série qui ne manque pas de mordant !




Si vous êtes un assidu des lieux de cultes, Si vous êtes de ceux qui croient qu’on ira tous au paradis, si la seule vue d’une goutte de sang vous fait tourner de l’oeil ou encore si vous êtes de ceux pour qui la position du missionnaire est le seul horizon possible à vos parties de jambes en l’air, passez votre chemin. True Blood, Le nouveau phénomène HBO n’est certainement pas pour vous ! Après « Six feet under » qui raconte avec maestria l’histoire d’une famille de croque-morts, la chaîne câblée américaine, a redonné carte blanche à Alan Ball, pour une nouvelle série toute aussi surprenante. Diffusée depuis la rentrée sur HBO, la série débarquera en France en 2009.

Adaptation de la série de livres, La Communauté du Sud (Southern Vampire Mysteries) de Charlaine Harris, mêlant allègrement réalité et fantastique, l’histoire se place en Louisiane, et raconte la co-existence des humains et des vampires. Co-existence rendue possible grâce à une invention japonaise de sang humain synthétique, le Tru Blood. Sookie, serveuse au bar-restaurant du quartier, et possédant la faculté d’entendre les pensées de ses congénères, va voir sa vie basculer quand elle va tomber amoureuse de Bill, un de ses vampires…Voilà pour le scénario de départ de la série.



Mais le plus intéressant dans cette histoire c’est le fait que les personnages secondaires sont aussi voir même plus intéressants que les deux héros dont l’histoire d’amour est d’un banal. Mon préféré est certainement le frère de Sookie, ado attardé, belle et grande gueule et un peu con sur les bords, qui malgré son dégoût des Vampires, fait une fixette sur les femmes amatrices d’entretiens « privés » avec ces créatures ! Dans sa quête du frisson suprême, il devient accro au V, du sang de vampire, dont une seule goûte fait dix fois l’effet des plus puissant des acides et autres drogues hallucinogènes. On trouve également, la meilleure amie dont la maman alcoolique se croit possédée par le démon. La séance d’exorcisme de la maman est l’un des moments forts de la première saison. Et puis le patron de Sookie secrètement amoureux d’elle qui se révélera au fil des épisodes, moins banal qu’il en a l’air (ne gâchant pas le plaisir de ceux qui n’ont pas encore vu la 1ère saison). D’autres personnages secondaires sont également à découvrir et qui seront sûrement développés dans les prochaines saisons.



Dans la communauté des vampires, les personnages sont aussi atypiques que chez les humains. De la bande d’amis de Bill, aux allures de bandits et à la sexualité débridée, ne partageant pas les appels à la co-existence pacifiste des deux espèces, au vampire homo aux allures de nounours, qui échange son précieux sang contre les faveurs du cuistot black du résto où travaille Sookie et qui arrondi ses fins de mois en jouant les gigolos pour vampires mâles en manquent de sensations viriles et accessoirement en dealant du V ! Les vampires de cette série ne manquent pas d’humanité paressant des fois, plus humains que les représentants de la race humaine dans ce qu’elle a de meilleurs mais aussi dans ce qu’elle présente de pire.

Les déjà cultes générique de début de la série True Blood et sa musique, Bad things de Jace Everett !!!

Les 12 épisodes de la série ne se valent pas tous et à mon avis le premier épisode est même raté. Mais la réalisation et la musique de la série sauve la face. Le générique de début et surtout la musique, Bad things de ,Jace Everett qui l’accompagne sont déjà culte. Et puis la série pose en arrière plan et sans se prendre la tête le rapport à la différence et la difficulté de la vivre dans nos sociétés hyper formatées. L’église qui a trouvé dans ceux qui fréquentent les vampires leurs nouveaux démons. Plusieurs références à la lutte pour les droits civiques sont même parsemées ici et la tel le slogan « God Hate Fangs » (Dieu déteste les crocs) un jeu de mots réussi avec le fameux slogan des églises fondamentalistes « God hate fags » (dieu déteste les pédés) ! La diversité des personnages offrira sûrement à Alan Ball des possibilités infinies avec cette réalité si reconnaissable mais au même temps si surréaliste.

Vivement la deuxième saison…sur LimeWire ;)






mardi 4 novembre 2008

dimanche 3 août 2008

Ordre protocolaire dans la République de Ben Ali



Ben Ali en visite au palais de Bardo pour fêter la République ! Source : Site internet de la présidence

uelques jours avant de répondre positivement et en « toute fierté » à la demande qui lui a été faite (interdiction de rire) d’être Le Candidat du RCD pour l’élection présidentielle de 2009, « au milieu de youyous de femmes de son parti dans une salle archicomble décorée de drapeaux en rouge et blanc de la Tunisie. », notre « fier » président s’est invité, le vendredi 25 juillet, au siège de « l’honorable » chambre des députés à une réception organisée à l’occasion du 51e anniversaire de la proclamation de notre chère République nous dit-on sur le site officiel de la présidence. Il faut dire que cet anniversaire est assez symbolique pour Ben Ali puisque c’est le vingtième qu’il « célèbre » en tant que président de cette République après avoir célébré en grandes pompes le 20e anniversaire du « changement du 7 novembre », et fêter pour la vingtième fois l’indépendance de notre pays en étant à sa tête. Cela méritait bien une petite sauterie républicaine.

Il est vrai que pendant plus de 50 ans qu’on fait semblant de fêter la République, on n’est plus à une cérémonie pompeuse près. Pourtant à la lecture du compte rendu de cette joyeuse fête, une phrase étrange ferait dresser les cheveux sur les têtes des plus blasés d’entre nous. Je cite : « Le Président de la République a été accueilli, à son arrivée au palais du Bardo, par le premier vice-président du Rassemblement Constitutionnel Démocratique, le premier ministre, le président de la chambre des députés et les membres du bureau de la chambre des députés ». Oui vous avez bien lu…le président qui, rappelons-le, est en visite au palais de Bardo, siège des supposés représentants du peuple tunisien, pour célébrer le 51e anniversaire de la République, a été accueilli par…le premier vice-président du parti au pouvoir !

Commençons déjà par ce qui relève des bonnes manières, si j’ose dire. Le président de la chambre des députés n’est que troisième dans cet ordre protocolaire. La moindre des politesses aurait été qu’il soit le premier à souhaiter la bienvenue au président. Après tout, c’est le maitre des lieux en quelques sortes et c’est à lui d’accueillir son invité. Vous…vous vous imaginez inviter, chez vous, une personnalité de l’envergure de « notre président » et accepter que se soit « le premier vice-président » de son « fan club » qui la reçoive à votre place ? Je pense que personne n’accepterait. Détrompez-vous. Le président de notre chambre des députés, lui, accepte. Et il n’est pas le seul. Ses députés non plus ne semblent pas très regardants sur les convenances puisqu’à leur tour ils se sont faits reléguer presque à la dernière place, cette fois-ci derrière les membres du bureau politique du RCD !

S’il ne s’agissait que d’une question de bonnes manières cela ne mériterait certainement pas qu’on en fasse tout un plat. Surtout connaissant les manières de ceux qui nous gouvernent. Mais voilà, une République a ses règles et parmi celles-ci se trouve celle d’un ordre protocolaire bien établi qui classe les personnalités politiques selon l’importance de leurs fonctions au sein de cet édifice. Un ordre d’importance qui, dans une République, se défini en fonction des trois pouvoirs supposés indépendants sur lesquels se base celle-ci, à savoir le pouvoir exécutif, parlementaire et judiciaire.

Dans notre cas précis le protocole républicain aurait donc voulu que le président soit éventuellement accueilli en premier par son premier ministre, étant le chef du gouvernement, et représentant du pouvoir exécutif mais impérativement suivi par le président de la chambre des députés et celui de la chambre des conseillers, représentants du pouvoir législatif. Le président du conseil constitutionnel, s’il était présent (surement un oubli), suivrait et ainsi de suite. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que notre constitution désigne ces trois personnages comme les premiers garants de la continuité du pouvoir « en cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d'empêchement absolu ». Le président de la chambre des députés étant même le premier sur la liste des potentiels intérimaires.

Le plus grave, mais aussi le plus triste, c’est que ce mépris est perpétué par la tête de gondole de l’appareil de propagande du pouvoir en place, j’ai nommé la tristement célèbre Tunis7. Une petite recherche dans les archives des journaux télévisés de la chaine nationale nous permet de voir que cet ordre protocolaire est déjà de mise depuis quelques années, et plus particulièrement depuis le 20e anniversaire du « changement » comme l’atteste ce bref montage.





Il est vrai que le président de cette « chambre introuvable » n’a rien fait pour mériter un meilleur traitement. Ce n’est pas lui qui, à l’unisson avec le président de La chambre des conseillers, a accouché le premier d’une déclaration pour appeler Ben Ali à « renouveler sa candidature aux élections présidentielles de 2009 pour briguer un cinquième mandat de cinq ans » ? Permettant pour que cela puisse se faire qu’on massacre pour la énième fois la constitution tunisienne. Vu de cet angle là il ne mérite même pas d’être le président de cette chambre. Mais puisqu’on est dans cette recherche pathétique de sauver les apparences. Celle qui consiste à mettre en avant la place du pouvoir législatif et ses représentants et « le renforcement des acquis républicains », selon la formule officielle psalmodiée à tous les discours de Ben Ali, ne semble plus de mise. C’est ainsi que, dans la république de Ben Ali, un premier vice-président d’un parti politique peut reléguer au troisième rang de l’importance protocolaire le représentant des élus du peuple tunisien !

Ce manque cruel d’égards vis-à-vis des représentants de deux des trois pouvoirs sur lesquels repose notre République n’a rien de la simple faute de frappe sur une dépêche de la TAP ou de la faute de goût et encore moins d’une méconnaissance des ordres d’importances et des règles protocolaires. Il traduit en réalité, le vrai rapport de force au sein de la république de Ben Ali. Une république du parti unique avec à sa tête un homme…« unique » qui centralise à lui seul tous les pouvoirs, en théorie indépendants. Aucune institution n’échappe à cette mise aux pas de plus en plus ostentatoire. Le RCD ne se contente plus du rôle du Parti du président mais s’affiche clairement aujourd’hui comme la véritable antichambre du pouvoir du président et son unique successeur. Marginalisant ainsi nos institutions certes malmenés depuis 50 ans mais néanmoins existantes. En vingt et un ans de pouvoir Ben Ali aurait-il oublié que c’est par les règles de cette même République qu’il ne cesse de bafouer qu’il a pu, un jour de novembre 1987, en devenir le président ?

Publié sur www.nawaat.org


vendredi 13 juin 2008

Tunisie : les récents événements dramatiques de Redeyef sous les projecteurs du Canal du dialogue.



Ed. 165 du 12/06/08 - Canal du Dialogue Tunisien (El Hiwar



a 165ème édition du journal télévisé du Canal du Dialogue a été en grande partie consacrée aux derniers développements dramatiques que connait le bassin minier et plus particulièrement la ville de Redeyef où des affrontements avec les forces de polices ont fait un mort et huit blessés - cinq manifestants et trois policiers -, selon un bilan gouvernemental, et un mort et 28 blessés, selon des sources syndicales. A découvrir également dans cet extrait mis en ligne par Astrubal et publié sur Nawaat.org, le précieux témoignage du responsable syndicale d’Adnen El Hajji qui se trouvait à proximité de l’endroit où les tires à balle réelles ont touché mortellement le jeune Hafnaoui ben Ridha Belhafnaoui.

Lors de cette entretien téléphonique avec le journaliste de la chaine, M. El Hajji, met fortement en doute la thèse officielle selon laquelle les forces de l’ordre auraient tiré pour empêcher « des éléments perturbateurs » de jeter des cocktails Molotov sur la police, les récipients remplis d’essence servaient, selon lui, à faire bruler les pneus qui servaient de barricades. Et que par ailleurs cela se serait passé dans un autre quartier de la ville et pas à l’endroit où la police avait ouvert le feu.

Les saccages, les pillages, et les violations de domiciles ont également étaient confirmés par M El hajji qui rendait compte du sentiment de « colère » et d’« humiliation » qui prévalent aujourd’hui chez les habitants de Redayef. En effet plusieurs vidéos montraient déjà comment les forces de polices lançaient leurs assauts sur des maisons et des commerces causant d’énormes dégâts matériels. Sans compter les dégâts moraux et psychologiques causés par ces violations de l’intimité et de la propriété privée des habitants de cette ville assiégée depuis maintenant plus de 5 mois.

Des habitants, dont certains auraient fui la ville, ont, par désespoir appelé l’armée pour les protéger de la violence et la cruauté de la police nationale. L’armée a été, parait-il, reçu en protectrice et le dialogue avec les responsables de ce mouvement de protestation ont permis de revenir au calame. Mais, comme le rappelle, M El Hajji, le retour au calame ne signifie en aucun cas l’abondant des revendications initiales ni le silence sur la mort dramatique du jeune manifestant.




mardi 6 mai 2008

Mai 1968 – Mai 2008, 40 ans de «liberté» d’expression en Tunisie




C'était pourtant en 1968 ...




Comment ne pas reconnaître l’aspect si surprenant de ces séquences d’un reportage tourné il y a 40 ans. Il s’agit d’un échange entre jeunes étudiants Tunisiens sur un de ces sujets si tabou en Tunisie.

Et pourtant … Des décennies plus tard, on s’aperçoit que la capacité des tunisiens à s’exprimer sur leur quotidien, notamment politique, au sein des médias autorisés, demeure toujours aussi stérilisée. La politique s’avère être encore plus tabou que les mœurs. Pour les plus hardis, la malice, parfois d’une rare cocasserie, se substitue aux propos directs pour lâcher ce qu’ils ont sur le cœur. Tous les interstices, surtout sportifs, sont mis à contribution pour repousser les limites de la répression de la liberté d’expression.




Pour les plus hardis, faute de mieux, la malice se substitue aux propos directs...
"Moncef, pourquoi ris-tu ... ti chbiik !"




Le monde a changé et les Tunisiens avec. Et pour les nantis d’entre-eux, avec l’internet, c’est l’accession enfin à un paysage médiatique plus libre, plus ouvert, malgré les blocages de l’ATI.

L’Internet, par le biais de ses canaux libres, a rendu toute forme de censure ou de travestissement de la réalité bête et ridicule à l’image de ses auteurs. Du procès du défunt Moncef Ben Ali si « blackouté », aux documents de la CIA déclassés, en passant par la mise en ligne publique du calendrier des réservations d’espaces publicitaires sur certains quotidiens, jusqu’au déplacement de l’avion présidentiel... tout est aujourd’hui devenu accessible malgré la censure.




Procès de la "Couscous Connection" - JT FR3, novembre 1992



L'Internet a été une bénédiction pour toutes les plumes libres, mais également la malédiction qui a ringardisé, en un laps de temps si court, tous ces imbéciles qui n’ont toujours pas compris qu’à la désinformation, il y a une limite au-delà de laquelle il ne faut pas s’aventurer. Et en l’occurrence, les temps sont loins où l’on pouvait raconter tout et n’importe quoi en jouissant du monopole de la parole publique tout en excluant les contradicteurs de leur droit à la parole. Aujourd’hui, avec ce qui se passe et s’échange sur près de 500 blogs tunisiens actifs, la lutte pour ces imbéciles de la désinformation est devenue inégale. Il n’y a qu'à voir où et sur quels supports les tunisiens se sont informés à propos des derniers événements d’El Redaif .



Blogs Tunisiens - Tunisian Blogs
Près de 500 blogs actifs à l'affut des écarts de Mbarek et ses semblables ...



Bien qu’encore relativement timorés pour certains, les blogs tunisiens n’hésitent plus désormais à clouer au pilori la « presse boudourou » (Presse à deux sous) telle qu'il la qualifient communément.

Cette blogosphère, après une première période marquée par une défiance exacerbée à l’égard de la chose publique, défiance qui fut particulièrement nourrie à l’époque – et non sans arrières pensés - par une première génération de blogueurs, sous le prétexte de ne pas vouloir faire de la politique, va s’enhardir pour remplir ce rôle en matière d’information, qui n’est normalement pas sa vocation naturelle.

En effet, depuis peu on assiste à une inversion de tendance où la réappropriation de l’espace public et la parole qu’elle suppose n’est plus perçue comme une politisation malsaine, mais comme l’exercice d’un droit à l’information et à la parole, y compris lorsqu’il s’agit d’exercer un droit de regard sur la gestion des affaires de la cité. Se faisant, s’est amorcé ainsi ce positionnement de la blogosphère tunisienne en tant que pôle désormais incontournable dans le paysage informatif tunisien. Il faut reconnaître aussi que la langue de bois des médias officiels, les privant de toute crédibilité, va largement contribuer à mettre en avant la blogosphère, non pas uniquement quant à la circulation de l’information, mais également dans la création de l’événement médiatique.

Et à plus forte raison, une troisième étape se dessine par l’arrivée de plus en plus de journalistes professionnels qui ont choisi de contourner la censure par la création de leurs propres pages en ligne. Aux blogs des journalistes pionniers en la matière comme celui de Nadia Omrane, A. Zouri ou de Slim Boukhdir (actuellement emprisonné et son blog hacké depuis), on voit arriver ceux de Soufiane Ben Farhat ou de Zied El Heni. Et au-delà des journalistes, on trouve également d’autres profils à l’image de Kastalli Chérif, lequel, bien que se revendiquant comme un « militant de base au sein du RCD et défenseur acharné du projet de société civile de Ben Ali », n’hésite pas à relever dans le pays du même Ben Ali, que « le journaliste est en train de perdre son statut pour devenir une loque humaine [...] ».

Tout comme ce cadre et exploitant agricole Tunisien, on en dénombre d’autres, issus de diverses branches, lesquels désormais contribuent à créer de l’information sur leurs blogs. Cette même information que les médias locaux censurent, transforment ou, dans le meilleur des cas, ignorent.

La liberté d’expression des Tunisiens s’exerce effectivement sur l’internet. Et plus celle-ci s’exerce, plus les médias officiels dont la parole est toujours aussi lénifiante s'avèrent ringards et surranés. Tout esprit sensé, aurait pu raisonnablement s’attendre à ce que, avec l’apparition du réseau des réseaux, la liberté de la presse en Tunisie évolue un tant soit peu. Il n’en fut rien. Et l’on assiste aujourd’hui à un constat qui fait que l’un des plus anciens journaux de la place « La Presse de Tunisie », l’un des plus tirés autrefois, soit perçu, non pas par la majorité, mais par quasiment l’ensemble de la blogosphère tunisienne comme l’un des summums de la presse lénifiante, pour ne pas dire de caniveaux. Et parmi ceux qui sont perçus comme les grands toccards de ce journalisme tunisien, quelqu'un comme M M, un des redacs chefs du même journal, "La Presse", occupe le haut de cette liste peu glorieuse. Quel gachis !

En ce jour où se commémore la « Journée Mondiale de la Liberté de la Presse », bonne fête à tous les épris du droit à la parole et du droit pour une circulation sans entrave de l’information.

Astrubal,
Centrist
et Malek

Samedi 3 mai 2008
http://www.nawaat.org



dimanche 24 février 2008

Sarkozy : Tu l'aime ou....t'es con !



près le grand succès de l’épisode « viens…viens… vas-y descends me le dire » où le jeune et petit président français nous proposait une partie de fight club sur les docs de Guilvinec voilà qu’il récidive hier au salon de l’agriculture avec l’épisode du « vas-y casse toi d'ici pauvre con...» !

Ce n’est plus seulement Le président bling-bling, mais carrément le président beng-beng comme le chante si bien sa nouvelle femme Clara.

C'est du Sarko au meilleur de sa forme !!






vendredi 21 décembre 2007

L’acharnement policier contre Ali Ben Salem continue



li Ben Salem, 76 ans, président de la section de Bizerte de la Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme (LTDH) et vice-président de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT) a encore une fois été victime le 20 décembre 2007 d’agressions policières devant son domicile situé à Bizerte alors qu’il recevait la visite d’un groupe de militants à l’occasion de la fête de l’Aïd.

L’agression de Mr Ben Salem survient alors qu’il tentait d’exprimer son refus quand les nombreux policiers qui encerclaient sa maison, empêchant ses amis d’y accéder. Pris à parti, il est violemment bousculé et piétiné. Sachant qu’en plus de son âge, M. Ben Salem a subi il y’a quelques temps une opération au cœur. Ses amis ont dû l’emmener à l’hôpital car il souffrait de douleurs au niveau du cœur.

Rappelons que le 07 novembre 2007 le Comité contre la torture (CAT) des Nations unies a considérée comme recevable la requête N° 268/2005 présentée par l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) en mai 2005 au nom de Mr Ben Salem, pour « torture et mauvais traitements » dans le poste de police d'El Manar en avril 2000, après épuisement des voies de recours internes.(voir sur le blog d'Astrubal le texte integral de la décision)

Mr Ali Ben Salem s’exprime à propos de la condamnation de la Tunisie par le Comité contre la torture de l’ONU pour mauvais traitement à son encontre. El Hiwar Ettounsi. Source : Nawaat.org

Cette lâche agression contre Mr Ben Salem n’est pas la première et n’est pas non plus étrangère à cette décision onusienne qui constitue une grande victoire non seulement pour Mr Ben Salem qui a fait preuve de grand courage et de grande détermination, mais pour toutes les victimes de l’arbitraire qui attendent justice et réparation des crimes dont ils ont fait l’objet.

Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie CRLDHT
qui s’indigne quant à cette nouvelle agression perpétuée à l’encontre d’un honnête citoyen qui a tant donné à la Tunisie et exige l’arrêt de cet acharnement sans fin à l’encontre de Mr Ali Ben Salem ainsi que ceux à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme qui font l’objet d’un harcèlement permanent dans leur vie quotidienne, visant leur intégrité et leur sécurité.

* Selon communiqués de la section de Bizerte de la LTDH


jeudi 20 décembre 2007

Chez Orange certains mots de pass ne passent pas !



’est le quotidien régional, Sud-Ouest qui a en premier révélé l’affaire. Mr Mohamed Zaidi, garagiste de Pessac et d'origine marocaine, a reçu un bien étrange mot de passe pour se connecter aux services du fournisseur d’accès Orange. En effet dans une lettre datée du 7 décembre et qui avait pour but de lui indiquer les identifiants de connexion de son compte, comporte en plus de l’adresse mail et le mot de passe correspondant composé de lettres et de chiffres, un mot de passe pour la connexion à Internet qui aurait pu être également une combinaison aléatoire de lettres et de chiffres. Mais voilà le mot de passe proposé à Mohamed Zaidi est « salearabe » !

Abasourdi, consterné, stupéfait, M. Zaidi ne comprend pas la raison de cet acte. A la suite de plusieurs appels au service client, l'abonné admet que parfois la discussion était tendue mais elle restait polie. Au micro d'un journaliste, l'intéressé déclare « Cela a été un énorme choc. J'ai appelé la hotline quand j'ai eu des problèmes de connexion, mais je ne me suis jamais énervé. C'est plutôt choquant de la part d'une entreprise comme celle-ci ».

Interrogée, la direction d'Orange est consternée et qualifie cet agissement « d'extrêmement choquant ». Les mots de passe étant générés automatiquement mais de telle manière que de tel password ne puisse pas être retenue, Orange constate qu'il s'agit d'une attribution volontaire et ajoute « Nous pourrons établir les responsabilités, les courriers sont tracés. Si un coupable est trouvé, nous entamerons une procédure disciplinaire qui pourra aller jusqu'au licenciement. Il n'est pas question de laisser passer ce genre de chose ».

Cette « blague » de bien mauvais goût prouve qu'il règne dans ce pays certaines idéologies qui vont à l'encontre de ses principes fondateurs.

Voir le témoignage de Mr Zaidi sur iTélé.


iTélé - Journal du 20 decembre 2007



jeudi 22 novembre 2007

Adieu Monsieur Béjart...

Boléro de Ravel par Maurice Béjart

mardi 25 septembre 2007

Pluies torrentielles sur Tunis !

Hier Lundi 24 Septembre 2007 - Menzeh I - Croisement face à la pharmacie centrale - Tunis


dimanche 23 septembre 2007

Entretien avec Raouf Ben Yaghlane

"L'autre: c'est moi, autrement"
Raouf Ben Yaghlane

Entretien avec Raouf Ben Yaghlane lors de son derinier passage à Paris. Réalisation: Malek - Production: StrangeBox


ésolé de ne pas pouvoir me présenter comme il le faut car je viens de découvrir que je ne sais pas qui je suis au juste…» C’est ainsi que Raouf Ben Yaghlane se présente sur son nouveau blog. Alors vous comprenez que pour moi qui voulais à travers ce billet le présenter à la blogosphère, c’est un peu raté !

Il est vrai qu’on connait tous l’acteur Raouf Ben Yaghlane, que ce soit pour le plus grand nombre, comme un acteur comique, où pour les plus initiés comme un de ceux qui ont contribué à faire la réputation prestigieuse du théâtre d’auteur tunisien. Produit de la grande époque de Ali Ben Ayed, le maître incontesté de la scène théâtrale tunisienne, Il a joué avec et pour les plus grands et reste aujourd’hui l’un de nos plus talentueux acteurs. Réduire donc Ben Yaghlane à son répertoire comique c’est méconnaitre l’étendu de son talent. A travers ses personnages, plus complexes et « complexés », les uns que les autres, Ben Yaghlane pratique en réalité un art total qui souhaite mettre fin au cloisonnement des genres. Son travaille intègre toutes les dimensions de l'individu, aussi bien le tragique ou le sublime que le grotesque et le comique.

Mais l’individu Raouf Ben Yaghlane, l’« Etre » qu’il est, reste méconnu et cela même pour lui-même ! Alors on comprend mieux le recours à ces personnages comiques qu’il maltraite à souhait, et qui ne sont en réalité qu’un prétexte pour explorer ses propres complexes et faire face à ses propres peurs et par conséquences nous permettre d’affronter les nôtres. C’est donc à la recherche de « ce Raouf » que je me suis rendu chez lui lors de son dernier passage à Paris pour tenter de percer sa complexité qui se trouve aussi être celle de chacun d’entre nous.

L’accueil fut chaleureux et le courant est très vite passé avec ce communiquant né. La rencontre qui avait débuté entre deux bloggeurs qui se connaissaient à-peine, c’est transformée au fils du temps en une conversation décontractée où la franchise et le manque total de langue de bois furent la règle. Au point où j’avais vraiment du mal à sortir ma caméra pour filmer ces instants comme par une réaction égoïste, volant garder ce privilège pur moi tout seul. Mais après quelques heures d’une discussion aussi agréable qu’intéressante je me suis résigné à commencer à filmer. Je me suis donc caché derrière ma caméra comme pour disparaitre en posant le moins de questions possibles laissant la liberté à Raouf de se présenter et de nous livrer son approche du blogging qu’il voit surtout comme un moyen de s’affranchir de toutes les formes de censure. Inutile de vous en dire plus, le mieux étant de l’entendre le raconter lui-même (voir la vidéo). Cet entretien aurait pu se prolonger jusqu'à pas d’heure, aucun de nous n’avait vraiment envi que cela s’arrête, mais à 10 minutes du « iftar » (la rupture du jeûne), il me fallait bien se résigner à laisser Raouf partir la où il était attendu depuis déjà un moment.

Dans le métro qui me ramenait chez moi et avec les mots de Raouf qui résonnaient encore dans ma tête, je n’arrivais toujours pas à comprendre comment un artiste d’un tel calibre ne puisse pas trouver la place qu’il mérite dans notre espace médiatique pourtant sinistré. Comment expliquer que son spectacle « echikouloulou », qui traite de l’éducation sexuelle et de la prévention contre le sida ait été officiellement torpillé par (et c’est encore plus inimaginable) le ministre de la culture lui-même, qui voyait en ce spectacle, qui regorge d’ingéniosité pédagogique, un danger pour « l’harmonie familiale » et qui ne voyait aucune utilité à le promouvoir et l’encourager. Comment se fait-il que son dernier one man show « inaaber wella men abbarchi », qui traite de la nécessité vitale de s’exprimer et de l’importance fondamentale de la parole soit exclu de fait de tous les festivals nationaux et régionaux. Comment est-il concevable, et alors que la télé tunisienne offre sans compter ses espaces publicitaires à des productions douteuses alors qu’elle reste désespérément fermée au travail de Raouf Ben Yaghlane. Beaucoup de questions auxquelles je ne trouve pas de réponses sauf celle de la peur de ceux qui nous gouvernent face à un ésprit libre qui refuse «la politisation de la culture » lui préférant « la « culturisation » de la politique » !




mardi 18 septembre 2007

La liberte d'expression ne suffit pas !


Extrait de l'émission "El bood el akher ANB 2005 Raouf Ben Yaghlane.

"Je suis contre la politisation de la culture ; Je suis pour la "culturalisation" de la politique..."
Raouf Ben Yaghlane


mardi 4 septembre 2007

Qui censure Dailymotion en Tunisie ?

Post rédigé avec la précieuse collaboration d'Astrubal



banner


'est la fin pour nous Tunisiens de ce service de partage de vidéos en ligne, le célèbre dailymotion.com est censuré en Tunisie". C’est en ces termes que le blog Escalier 7 a lancé, hier 3 septembre 2007, l’alerte concernant le blocage du site Dailymotion en Tunisie. Information confirmée un peut plus tard par Mahmoud sur son blog qui a affiché pour accompagner son post le logo de la dernière compagne pour débloquer Dailymotion en Tunisie. Campagne qui a été menée par un groupe de blogueurs tunisiens suite au premier blocage du site survenu entre le 1er et le 9 avril 2007. L’information a ensuite été vérifiée et publiée par Sami sur le site de Global Voices Advocacy.

En effet, comme l’a expliqué Nart Villeneuve dans son article intitulé « Tunisia, SmartFilter & DailyMotion », (voir le résumé en français), si le site Dailymotion a été inaccessible en Tunisie, c’est parce qu’il a été catalogué Pornographique par SmartFiltr. Cette catégorie étant interdite en Tunisie, le site a donc été automatiquement bloqué. Cet incident avait alors démontré comment une décision prise par une entreprise privée de filtrage peut affecter l’utilisation d’Internet dans tout le pays. Alors que, et contrairement à la prudence qui avait accompagné le premier blocage, la blogosphère n’hésite pas cette fois-ci à parler ouvertement de censure délibérée. Reste alors à démontrer si ce blocage est dû à une intervention de SamrtFilter ou à une volonté de blocage délibéré par la police tunisienne du net ?

Pour la première question, la réponse se trouve sur le site de Secure Computing dans la rubrique SmartFilterWhere où il est possible de vérifier en temps réel la catégorie dans laquelle se trouve un lien donné. Pour les 3 bases de données du logiciel SmartFilter, dailymotion est respectivement catalogué « Streaming Media, Media Sharing », « Personal Pages, Streaming Media » et « Personal, MP3 Sites ». Ces résultats écartent d’emblé la piste d’un blocage automatique dû à l’indexation de dailymotion dans une catégorie censurée en Tunisie comme c’était le cas pour le premier blocage du site le mois d’avril dernier. On peut également écarter l’hypothèse selon laquelle l’ATI aurait rajouté à ses catégories interdites celles dans lesquelles se trouve dailymotion aujourd’hui, puisque cela revient à bloquer tous les sites de partage ainsi que les sites personnels tels les blogs. Or, les sites de partage de vidéos comme YouTube et Google Vidéo qui se trouvent d’ailleurs dans la même catégorie que Dailymotion, sont accessibles normalement de la Tunisie. Et à part les blogs et sites déjà censurés, aucun autre cas de censure n’a été constaté suite au blocage de Dailymotion.

Impression d’écran – Classification de dailymotion par Smartfilter. Serveurs mis à jour le 03/09/07

L’hypothèse d’un blocage automatique dû à un changement de catégorie sur SmartFilter étant écartée, c’est en Tunisie qu’il faudra donc chercher la réponse. Pour cela, l’aide de l’application 403 Access Denied Checker, va s’avérer d’une grande utilité. Avec l’aide d’un ami en Tunisie (que je remercie infiniment), un test a été lancé aujourd’hui 04 septembre à 02h06, dont les résultats sont sans appel. En effet, la réponse à la requête pour le site Dailymotion est un « 403 accès refusé » alors que la requête faite au même moment par le navigateur affiche le fameux « 404 page introuvable » !

Impression d’écran – Résultat du 403 Access Denied Checker pour le fournisseur d’accès TopNet. Test effectué le 04/09/07 à 02h06 en Tunisie.


Pour aller encore plus loin dans la démonstration, j’ai communiqué les résultats de ce test à Astrubal, le concepteur du Checker pour qu’il effectue le même test (une dizaine de minutes plus tard) avec la même liste, mais cette fois-ci de France. Le résultat est encore une fois sans appel : Tous les sites qui affichaient le fameux « 403 » affichent désormais le message « 200 », signe que les sites sont bien disponibles et ne connaissent aucun problème d’ordre technique. D’ailleurs, la vidéo suivante montre d’une manière plus que convaincante le passage de tous les sites au vert une fois le test effectué en France.

Après avoir chargé le test de TopNet effectué à Tunis (ou l'en voit les blocages en rouge),
un nouveau test est lancé à partir de France. Le résultat est éloquent.
Test et vidéo effectués par Astrubal


En se basant sur ces deux tests, on peut affirmer sans risque que le blocage de Dailymotion est bel et bien un acte de censure délibérée. Mais à la question "qui est à l’origine de cette censure, où plutôt qui « gère » ces censures?", la réponses précise demeure à trouver. En effet, même si le test effectué démontre que TopNet, fournisseur de la connexion (qui a servi audit test) bloque l’accès au site Dailymotion, on ne peut pas affirmer si cela est dû à une intervention faite par ses propres services ou si cette censure a été décidée par l’ATI. En effet, cette dernière qui joue aussi le rôle d’un fournisseur d’accès aux particuliers, fourni surtout les "tuyaux" utilisés par les différents FAI tunisiens.

Le blocage des sites s’effectue donc vraisemblablement, au moins, à deux niveaux :

- Au niveau des fournisseurs d’accès, chaque FAI a la possibilité de filtrer le trafic selon les directives qu’il reçoit ou l’excès de zèle dont il fait preuve.

- Au niveau de l'ATI, le trafic des ISP passant par son infrastructure pour le routage extérieur, celle-ci a la possibilité également de bloquer des sites sur l’ensemble du territoire Tunisien.


Le premier cas de censure de dailymotion avait permis de constater que le site a été disponible chez le fournisseur Exabyte alors que pour TopNet il était encore censuré; ce qui pouvait d’ailleurs laisser croire que les différents FAI utilisent directement les services de SmartFilter.

La solution qui est à notre portée pour savoir qui fait quoi dans cette affaire, consisterait à faire des tests avec le « 403 checker » pour le maximum (l’idéal tous) de FAI en Tunisie. Rien de plus simple que de lancer cette application, très facile à utiliser et respectueuse de l’anonymat de ceux qui l’utilisent, pour récolter le maximum d’information sur ces pratiques et arriver in fine à décortiquer les mécanismes de la censure en Tunisie. Vous pouvez donc télécharger ici la dernière version du Checker et faire le test vous-même. Vous trouverez sur ce lien* comment faire pour l’utiliser, bien que cela ne soit pas vraiment nécessaire tellement l’utilisation de cet outil est intuitive. Vous pouvez ensuite faire remonter l’information en envoyant le résultat à l’adresse suivante : 403checker@gmail.com ou en le publiant sur votre blog ou site personnel.

Bien que les méthodes de censure en Tunisie ne dupent plus personne, il reste tous de même à démontrer la responsabilité de chacun des acteurs du secteur de l’Internet en Tunisie. Que ce soit les FAI privés, l’agence gouvernementale ATI ou les services de la police de l’Internet. Pour cela, l’implication des utilisateurs de cet outil est indispensable. C’est seulement en montrant clairement que la volonté des censeurs de banaliser ces pratiques ne marchent pas sur les internautes tunisiens qu’on arrivera peut être à faire reculer ces pratiques indignent de notre pays. Il ne s’agit pas ici de solidarité entre blogueurs ou de mouvements organisés dans ce sens mais tout simplement, pour chacun d’entre nous, de défendre son outil qui (et je pense, qu’on sera tous d’accord là-dessus) est indispensable pour nous tous. Alors internautes tunisiens, tous à vos Checker !

PS:

Pour visualiser le résultat de ce test sur votre Checker ou faire le test vous même avec cette liste vous pouvez télécharger ici le fichier XML

Si vous ne voulez pas faire le test complet et se contenter de vérifier seulement l'adresse de dailymotion, téléchargez ce fichier et mettez le à la place du fichier Url_to_check déjà existant

Si vous n’arrivez pas à accéder à la page de téléchargement du 403 Access Denied Checker vous pouvez le télécharger ici :

- Version pour Windows 98/XP
- Version pour Mac OS X
- Version pour Linux

Pour télécharger les fichiers clique droit => enregistrez-sous

Pour envoyer vos fichiers ou pour de plus amples informations : 403checker@gmail.com


* ce manuel a été réalisé pour la première version du Checker. pour les dernières versions l'utilisation est encore plus simplifiée.



lundi 13 août 2007

La Cnil envisage le recensement ethnique en France


Pour la première fois depuis sa création en 1978, la CNIL, présidée par Alex Türk, sénateur du Nord, organise des auditions ouvertes à la presse sur le thème de la mesure de la diversité les 18 et 25 janvier 2007. Extraits de l'intervention de Azouz Begag alors ministre de la promotion de l'égalité des chances. Public Sénat - janvier 2007.



radition républicaine oblige, la question de la prise en compte par les statistiques de critères ethniques ou religieux, a longtemps été une question taboue en France. Pourtant, après une année de consultation la Cnil, avec beaucoup de prudence, semble prête à autoriser la mise en place de nouveaux outils de recensement et cela au nom de la lutte contre la discrimination.

En effet, la loi Informatique et libertés de 1978, amendée en 2004 et dont le respect est assuré par la Cnil, entérine une règle républicaine qui interdisait jusqu’alors le recensement de la population en fonction de l’origine, la religion ou encore la couleur de peau. Le recensement national, ainsi, ne prend pas en compte ces critères, contrairement par exemple à la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis. Toutes fois, plusieurs associations et des chercheurs réclament un changement culturel arguant de l’utilité d’un tel outil dans la lutte contre les discriminations, notamment les discriminations à l’embauche véritable problème de société en France.

Le socio-démographe Patrick Simon, à l’initiative d’une étude visant précisément à connaître le ressenti lié à l’origine chez des personnes de la deuxième génération d’immigrés issus du Maroc et de Turquie, et cosignataire avec martin clément, d’un document de travaille sur « la mesure de la diversité », réclame depuis longtemps le droit à inclure dans les statistiques des questions sur la couleur de la peau, le pays d’origine des parents, ou encore la religion, créant ainsi un précédent important. Pour lui, ces outils sont nécessaires pour distinguer avec acuité les discriminations dont font l’objet les Noirs, les Arabes ou encore les musulmans dans l’Hexagone, là où l’on ne prenait jusque là en compte que des critères comme le lieu de naissance.

La Cnil se prononce depuis peu en faveur d’une modification la loi Informatique et libertés reconnaissant la nécessité de doter la lutte contre les discriminations d’outils supplémentaires mais tout en conservant une certaine prudence en traitant les demandes au cas par cas. La preuve : l’avis défavorable formulé dans ses recommandations concernant une demande de la Sofres. Mandatée par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) pour prendre le pouls de la communauté juive sur l’actualité, l’institut de sondage avait sollicité la possibilité de baser son échantillon sur les noms à consonance juive qu’il aurait relevés dans l’annuaire téléphonique.

Pour mieux comprendre les enjeux de ce sujet extrêmement sensible, surtout pour un pays qui fait de l’égalité des chances une des pierres angulaire de son model républicain, je vous propose en complément, une vidéo d’extraits de l’audition par la Cnil de Azzouz Begag, l’ancien ministre de la promotion de l’égalité des chances. Une intervention remarquable par son manque total de langue de bois. En réponse à Nicols Sarkozy qui prône la discrimination positive, Azouz Begag détaille sa proposition d’une évolution culturelle basé sur la sociologie du regard ou comment rendre le manque de diversité, remarquable et par conséquences dérangeant.


mardi 7 août 2007

De la république de Carthage au "changement" du 7 novembre 1987

Ou quand la télé tunisienne découvre qu’il y avait une vie avant Ben Ali !



Extrait documentaire « De la constitution de Carthage à la république de demain » - Réalisation : Mohamed El Ghoghben - Texte :Abdelkader Ben Hadj Nasser - Tunis7 - 2007



ans le cadre des festivités de la commémoration du 50ème anniversaire de la proclamation de la république tunisienne, la télévision nationale, Tunis7, nous a, entre autres, gratifié d’un documentaire de 58 minutes retraçant l’histoire glorieuse de notre chère république, de la première constitution carthaginoise à la très conceptuelle « Tunisie de demain », qui n’est en fait, selon ce documentaire, rien d’autre, que la Tunisie d’aujourd’hui mais avec encore plus « d’acquis » et de « changements » et évidement avec la même constante, de 20 ans maintenant : le président Ben Ali. On a déjà hâte d’y être !

Le style est toujours aussi barbant et le texte qui accompagne ce documentaire est d’une rhétorique toujours aussi anachronique, mais la grande nouveauté cette année, c’est la place que les gardiens de la propagande ont voulu accorder à tout ce qui a existé avant le fameux « changement » du 7 novembre. Généralement expédiés en 10 minutes, les centaines d’années d’histoire qui précédent l’heureux avènement ont, cette année, eu droit à pas moins de 25 minutes sur les 58 que compte ce documentaire. Alors ont découvre stupéfait qu’il y avait une vie avant le 7 novembre. Il était temps ! Surtout que depuis presque 20 ans qu’on nous dise le contraire, beaucoup ont fini par le croire.

Ne voulant pas vous faire perdre votre temps mais aussi vous faire vivre ce que j’ai vécu en visionnant le documentaire dans sa totalité, je vous propose donc un extrait des 27 premières minutes qui traitent de l’avant 7 novembre et plus spécialement du mouvement de libération nationale et les 31 années du règne du feu Bourguiba. Je tiens tous de même à dire à tous les férus d’histoires, qu’il ne faille pas s’attendre à une précision académique. L’histoire ainsi présentée est comme d’habitude en Tunisie, diluée, débarrassée de tout ce qui peut paraître subversif ou qui pourrait, sait-on jamais, donner des idées à certains.

Mais cette partie du documentaire n’est pas pour autant dépourvue d’intérêt. Au-delà d’une séquence d’archive assez rare et très émouvante qui témoigne de la séance extraordinaire du parlement tunisien proclamant l’abolition de la monarchie et l’instauration de la république, beaucoup d’images sont intéressantes, avec une valeur historique certaine bien que gâchées par un texte insipide, qui ne faisait que préparer la deuxième partie celle de « la délivrance » ou comme dans les séries américaines : tout fini par rentrer dans l’ordre ! Merci à qui ?

J’espère donc qu’on ne m’en vaudra pas trop pour le choix d’amputer ce documentaire de la partie qui traite des « acquis du 7 novembre » et de toutes les merveilles qui nous attendent au sein de la « république de demain ». Surtout que les acquis, nous les vivons tous les jours et « la république de demain », nous y avons déjà adhéré, si on se fie à ce qui est écrit sur toutes les banderoles qui ont enlaidi les rues de la Tunisie, en ce 25 juillet 2007, 50ème anniversaire de la proclamation de la république Tunisienne.



jeudi 12 juillet 2007

Le Big Brother qui vous veut du bien !


(France, 2006, 27mn)- ARTE F - Réalisateur: David Carr-Brown - Auteur: Xavier Muntz, Bruno Fay - Producteur: Novaprod Owl



vec plus de 30 000 cameras (en grande partie en sous-sol), la France est très en retard par rapport aux autres pays occidentaux, dont La Grande Bretagne est la championne toutes catégories. Mais cela c’était sans compter sur le nouveau président Sarkozy et les élus décomplexés de sa majorité présidentielle bien déterminés à combler se retard indigne d’un pays comme la France !

En effet la préfecture de police, dans le cadre d’un vaste plan de « quadrillage du territoire », prévoit l’installation de 1000 nouvelles cameras hypersophistiquées. Un programme de vidéo surveillance dont le coût annuel serait de 50 millions d’euros selon les premières estimations, et qui sera présentée au parlement à la rentrée dans le cadre de la nouvelle loi d’orientation et de programmation de sécurité intérieur. Un coût qui, apparemment, n’effarait ni le nouveau président ni sa ministre de l’intérieur qui ne jurent que par le model Anglais au grand dam d’Axel Türk, président de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) qui vient de lancé, lors de la publication de son dernier rapport, « une alerte à cette société de surveillance qui menace la protection des données et nos libertés ».

La Grande-Bretagne, prise en exemple par Sarkozy, est, avec plus de 4 millions de caméras en activité(une pour quatorze habitants), le pays dont les citoyens sont le plus surveillés au monde. Pourtant ce dispositif impressionnant (un londonien peut se faire filmer plus de 300 fois par jour) peine à justifier son existence et les coûts exorbitant de son fonctionnement. En effet, plusieurs enquêtes réalisées à la fin des années 90 dans plusieurs villes britanniques ont conclu que cette vidéo surveillance ne diminue en rien le sentiment d’insécurité des habitants mais aussi que l’aide qu’elle apporte pour l’identification et l’arrestation des suspects est faible pour être mise en exergue. En se basant sur ces mêmes enquêtes, deux chercheurs au CNRS concluaient leur rapport sur « l’impact de la vidéosurveillance sur les désordres urbains » par le constat que « la vidéosurveillance a rarement apporté la preuve de son efficacité » !

Dans le documentaire qui accompagne ce post, Duncan Campbell, journaliste indépendant et auteur d'un rapport sur le système d'écoute Echelon (élaboré par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour intercepter les communications), fait découvrir la dimension orwellienne de la capitale britannique, véritable laboratoire des technologies de contrôle.