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mercredi 24 décembre 2008
jeudi 11 décembre 2008
Stranger censuré ! Ammar m'a...sauvé* !
Depuis le 09 avril 2005, date du premier post publié sur ce blog, je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir s'il allait être censuré ou pas ? Si, par ce que j'y publierais, j'allais le condamner à être un nom de plus sur la liste des blogs tunisiens censurés ?
Il faut dire que j'ai commencé mon « éveil citoyen » en écrivant sur des sites déjà censurés ! Forcement, ça désacralise la chose. Mais cela permet aussi de régler la question une fois pour toute. Pour une raison toute simple : si on fait le choix d'écrire sur un site censuré, on perd tout de suite, en écrivant sa note, l'angoisse de se faire censurer !
Ce premier et brutal contact avec la censure permet d'avoir un rapport différent avec celle-ci. On ne la perçoit plus comme une conséquence d'un avis un peu trop critique ou d'un dépassement d'une ligne rouge. On ne la craint plus comme une épée de Damoclès prête à punir les crimes de lèse majesté. La censure devient une cause en soi, une pratique délibérée, organisée et bien évidement contraire à la loi. Qu’on en fasse l’expérience ou pas elle n’en demeure pas moins condamnable.
Ce qui est drôle c'est qu'en général se sont les amis et les proches ou certaines personnes avec qui j'ai eu le plaisir de discuter de ce blog qui y pensent à ma place ! « Comment ? Ton blog n'est pas censuré ? » « Tu peux rentrer en Tunisie ? » « Tu n'as jamais eu de problèmes ? » « Yezzii ! Mouch normaaaal ! » Disaient les moins loquaces.
Mais ce qui est encore plus drôle, c'est que chacun y allait avec sa petite explication maison : « oubli de la part des agents de la censure » ou « faille dans les filtres de l'ATI » pour les plus terre-à-terre ; « collaboration avec le régime et désinformation » pour les plus imaginatifs. Sans énumérer ici toutes les explications « cartésiennes » que j'ai du entendre, je peux vous dire qu'elles avaient toutes le même souci d'expliquer une anomalie, un bug dans la machine infaillible de la censure ou un phénomène forcement suspect.
Toutes ces explications admettaient comme un fait que mes propos étaient forcement « censurables » et par conséquences, dangereux pour moi et pour mes proches ! La machine de la censure avait réussi à instaurer une norme, une échelle de valeur, admise par la majorité. La machine pouvait alors fonctionner presque toute seule.
A titre d'anecdote, c'est, semble-t-il, par ce même raisonnement que les deux premiers agrégateurs de blogs tunisiens, avaient refusé pendant des années d'indexer le moindre blog censuré, forcement politisé, donc dangereux, arguant des risques de représailles encourus. Comportement qui avait, à l'époque, poussé Sami Ben Gharbia, premier « exilé blogosphèrique », à indexer son blog sur un agrégateur égyptien. Mon blog qui n'était pas censuré et ne prêchant pour aucune paroisse (comme bien d’autres) faisait (et fait encore) pourtant partie du lot. « Propos censurables » vous disais-je !
Aujourd'hui, après presque 4 années d'existence et au moment où la machine de la censure semble dépassée par un internet tunisien de plus en plus virulent, j’ai fini par croire que ce blog était définitivement à l'abri de la censure. J'ai même fini par m'habituer aux petits drapeaux rouges et blancs sur ma page de statistiques. Et voila qu'ils disparaissent comme ça...d'un coup...sans laisser d'adresse...Sans même laisser le moindre log. Après quelques jours d'observations sans le moindre drapeau rouge et blanc, et quelques testes sur plusieurs fournisseurs d’accès tunisiens, j'ai fini par comprendre, que le statut de mon blog était passé de « censurable » à « censuré » !
Après une pensée sincère pour plus de la moitié de mes visiteurs, je me suis enfin de compte résigné à me réjouir de cette censure. Cela m'a même motivé à reprendre ce blog en main. J'entendrai encore des : « ça y est ? ‘Ils’ l’ont censuré ? » Et des « Tu penses que tu vas pouvoir rentrer en Tunisie maintenant ? » « Normaaaal ! » Diront même les moins loquaces. Cela ne me sauvera pas non plus des sempiternelles explications « cartésiennes » : « Ce n'était qu'une question de temps » pour les plus terre-à-terre ; « nouvelle stratégie de désinformation » pour les esprits les plus inventifs.
Mais - et c’est la véritable réjouissance de cette censure - j'échapperai définitivement à la question fatidique...La question à laquelle je n’ai jamais eu de réponse : « Comment ça se fait que ton blog ne soit pas censuré ? ».
Ammar m’a, sans le savoir, rendu un grand service !
* Le titre de cette note est un clin d'œil à une note de l'excellent Z annonçant la censure de son blog.
Il faut dire que j'ai commencé mon « éveil citoyen » en écrivant sur des sites déjà censurés ! Forcement, ça désacralise la chose. Mais cela permet aussi de régler la question une fois pour toute. Pour une raison toute simple : si on fait le choix d'écrire sur un site censuré, on perd tout de suite, en écrivant sa note, l'angoisse de se faire censurer !
Ce premier et brutal contact avec la censure permet d'avoir un rapport différent avec celle-ci. On ne la perçoit plus comme une conséquence d'un avis un peu trop critique ou d'un dépassement d'une ligne rouge. On ne la craint plus comme une épée de Damoclès prête à punir les crimes de lèse majesté. La censure devient une cause en soi, une pratique délibérée, organisée et bien évidement contraire à la loi. Qu’on en fasse l’expérience ou pas elle n’en demeure pas moins condamnable.
Ce qui est drôle c'est qu'en général se sont les amis et les proches ou certaines personnes avec qui j'ai eu le plaisir de discuter de ce blog qui y pensent à ma place ! « Comment ? Ton blog n'est pas censuré ? » « Tu peux rentrer en Tunisie ? » « Tu n'as jamais eu de problèmes ? » « Yezzii ! Mouch normaaaal ! » Disaient les moins loquaces.
Mais ce qui est encore plus drôle, c'est que chacun y allait avec sa petite explication maison : « oubli de la part des agents de la censure » ou « faille dans les filtres de l'ATI » pour les plus terre-à-terre ; « collaboration avec le régime et désinformation » pour les plus imaginatifs. Sans énumérer ici toutes les explications « cartésiennes » que j'ai du entendre, je peux vous dire qu'elles avaient toutes le même souci d'expliquer une anomalie, un bug dans la machine infaillible de la censure ou un phénomène forcement suspect.
Toutes ces explications admettaient comme un fait que mes propos étaient forcement « censurables » et par conséquences, dangereux pour moi et pour mes proches ! La machine de la censure avait réussi à instaurer une norme, une échelle de valeur, admise par la majorité. La machine pouvait alors fonctionner presque toute seule.
A titre d'anecdote, c'est, semble-t-il, par ce même raisonnement que les deux premiers agrégateurs de blogs tunisiens, avaient refusé pendant des années d'indexer le moindre blog censuré, forcement politisé, donc dangereux, arguant des risques de représailles encourus. Comportement qui avait, à l'époque, poussé Sami Ben Gharbia, premier « exilé blogosphèrique », à indexer son blog sur un agrégateur égyptien. Mon blog qui n'était pas censuré et ne prêchant pour aucune paroisse (comme bien d’autres) faisait (et fait encore) pourtant partie du lot. « Propos censurables » vous disais-je !
Aujourd'hui, après presque 4 années d'existence et au moment où la machine de la censure semble dépassée par un internet tunisien de plus en plus virulent, j’ai fini par croire que ce blog était définitivement à l'abri de la censure. J'ai même fini par m'habituer aux petits drapeaux rouges et blancs sur ma page de statistiques. Et voila qu'ils disparaissent comme ça...d'un coup...sans laisser d'adresse...Sans même laisser le moindre log. Après quelques jours d'observations sans le moindre drapeau rouge et blanc, et quelques testes sur plusieurs fournisseurs d’accès tunisiens, j'ai fini par comprendre, que le statut de mon blog était passé de « censurable » à « censuré » !
Après une pensée sincère pour plus de la moitié de mes visiteurs, je me suis enfin de compte résigné à me réjouir de cette censure. Cela m'a même motivé à reprendre ce blog en main. J'entendrai encore des : « ça y est ? ‘Ils’ l’ont censuré ? » Et des « Tu penses que tu vas pouvoir rentrer en Tunisie maintenant ? » « Normaaaal ! » Diront même les moins loquaces. Cela ne me sauvera pas non plus des sempiternelles explications « cartésiennes » : « Ce n'était qu'une question de temps » pour les plus terre-à-terre ; « nouvelle stratégie de désinformation » pour les esprits les plus inventifs.
Mais - et c’est la véritable réjouissance de cette censure - j'échapperai définitivement à la question fatidique...La question à laquelle je n’ai jamais eu de réponse : « Comment ça se fait que ton blog ne soit pas censuré ? ».
Ammar m’a, sans le savoir, rendu un grand service !
* Le titre de cette note est un clin d'œil à une note de l'excellent Z annonçant la censure de son blog.
mardi 4 novembre 2008
mercredi 20 août 2008
Tunisie : Opération main basse sur les emails

En effet, depuis quelques mois, des associations et organisations militantes, des personnalités de l’opposition politique et de la société civile ou encore de simples militants ou internautes un peu trop curieux, sont la cible d’une campagne de sabotage sans précédent. Une campagne qui a commencé au début du mois d’avril et qui s’intensifie depuis la fin du mois de juin touchant de plus en plus d’utilisateurs.
C’est, par exemple, le cas pour Mokhtar Yahyaoui, magistrat révoqué suite à une lettre adressée à Ben Ali et animateur de plusieurs blogs actifs dont le blog d’information, plusieurs fois piraté, Tunisia Watch. Rencontré à Tunis, fin mai, le magistrat racontait déjà comment plusieurs de ses adresses de messagerie ont été neutralisées :
« J’avais remarqué que je ne recevais plus de mails sur mon adresse publique, j’ai essayé de faire des redirections sur d’autres adresses, sans résultats. Alors pour en avoir le cœur net j’ai fait un test avec un ami en France et aucun des emails envoyés n’est parvenu à mes différentes adresses testées. Un dernier essai sur une adresse que personne ne possédait a permis à la police du net de la bloquer dans l’heure qui suit. La rapidité avec laquelle ils ont réagi montre qu’ils possèdent des moyens techniques et humains redoutables», a-t-il raconté.Mais ce filtrage peut également être partiel ne concernant que certains emails provenant d’adresses particulières. Ainsi, par exemple, une adresse de messagerie peut continuer à recevoir certains messages et pas d’autres. Comme c’est le cas pour une des adresses du magistrat :
« Je reçois sur l’adresse email du blog Tunisia Watch toutes les notifications de Facebook mais aucunes des notifications de commentaires du blog ni aucun message personnel et aucun email envoyé de cette adresse n'arrive à destination. Les notifications d'actualité de Google News ou les lettres de diffusions quotidiennes de Rue89 ou Bakchich sont, quant à elles, effacées à leur arrivée sur tous mes comptes email ».La même mésaventure semble se reproduire avec l’avocat Abdelwahab Maatar qui n’a trouvé que la messagerie interne du site communautaire Facebook pour lancer l’alerte et informer ses contacts que sa messagerie électronique venait d’être « compromise » :
« Je tiens à vous informer que ma boite email (abdoumat2000) a été complètement compromise, voire détruite […]. La police de l’Internet l'a complètement maîtrisé. Aucune réception ou envoi n'est possible depuis le 27 mai. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir en prendre note et d'en avertir nos amis communs pour me permettre de reconstituer mes contacts.»Contacté à la suite de ce message, Maître Maatar raconte son expérience « troublante » suite à laquelle il a déjà perdu 3 comptes de messagerie, dont le premier, une adresse sur la messagerie Gmail de Google, complètement effacée le 22 avril 2008 :
« La boîte Gmail annonce : ‘communiqué de presse EL Mawkef, Tunisnews Arabic 21 4, Tunisnews French 21’. A l’ouverture de la boite de réception : il n’y a absolument rien ! A l’ouverture de la case des messages envoyés, je découvre que tout a sauté ! […] Mieux, à ma grande surprise, je découvre que tous mes dossiers (Presse, AISPP, Amis, Profession, Personnel et Autres) ont tout simplement disparu. Il en est de même de toutes les adresses email figurant dans mes Contacts […] Les paramètres du « défunt» compte m’indiquent : vous utilisez actuellement 0 Mo (0 %) de votre espace de 6649 Mo.»; raconte-t-il, non sans une certaine amertume.Pour maître Maatar, tout a commencé le 9 avril 2008 par d’étranges messages reçus sur cette adresse email. Des messages aux contenus non moins étranges : « Ça vous dirait de dîner ? Hier j’ai acheté une nouvelle voiture » reçu de allgirls@lifeisgreat.us ou « Salut ! J’ai besoin d’un nouveau travail, parle-moi de ton entreprise ? Peux-tu m’introduire auprès de ton patron ? Merci » reçu de twin.spark@enterprise.mars dont l’objet est « vas-y » et le tout en anglais !
Le plus déroutant, explique l’avocat, c’est que les messages paraissaient en premier sur la boîte de réception comme des messages provenant d’adresses de personnes qu’il connaît, ou de lettres de diffusions auxquelles il est abonné, puis une fois consultés, ils disparaissent comme par enchantement de la boîte de réception n’y laissant que « la conversation demandée ne se trouve plus dans la boîte de réception » quand il tente de retourner au message !
Abdallah Zouari, journaliste et blogueur tunisien, emprisonné pendant 11 ans pour ses activités politiques et qui subit une mesure d’éloignement forcé qui le condamne, depuis sa libération en 2002, à vivre sous résidence surveillée à 500 km de sa famille, s’est plein des mêmes problèmes au blogueur et coadministrateur de Nawaat Sami Ben Gharbia à qui il a confié plusieurs captures d’écran qui attestent du sabotage de sa boite de messagerie.

« Salut ! J’ai besoin d’un nouveau travail, parle moi de ton entreprise ? Peux-tu m’introduire au pré de ton patron ? Merci » Traduction d'un des messages qui apparaissent à la place du contenu des emails. Capturé sur l'ordinateur de Abdallah Zouari.
Abdallah Zouari et Sami Ben Gharbia se sont alors livrés à quelques tests pour voir si ces messages apparaissaient également pour ceux qui se connectent de l’extérieur du pays. Le résultat est sans appel. Le contenu d’un même message était disponible pour Sami qui vit aux Pays-Bas mais pour le journaliste il s’ouvre sur le message suivant : « Salut ! J’ai besoin d’un nouveau travail, parle moi de ton entreprise ? Peux-tu m’introduire au pré de ton patron ? Merci ». Ceci démontre, au moins pour les tests effectués, que ces messages n’apparaissent que pour les utilisateurs se connectant de la Tunisie. On peut aussi supposer qu’il s’agisse de messages préenregistrés et générés d’une manière automatique et aléatoire. Enfin, certains messages sont récurrents comme le message ci-dessus reçu par plusieurs personnes, dont maître Mataar.

Capture d'écran de l'email de la lettre de diffusion de Tunisnews consultée sur le compte de messagerie de Abdallah Zouari à partir des Pays-Bas.

D’autres témoignages rapportés font état de messages similaires comme le confirme un communiqué de l’AISPP du 13 juin 2008 et appelant à mener une « campagne internationale pour dénoncer le piratage de l’internet en Tunisie. » :
« […] Quel étonnement pour celui qui consulte un message électronique d’une association militante en découvrant les insultes ordurières du contenu du message ou des phrases comme : « hier j’ai eu un mal de ventre. Est-ce que tu es un docteur ? » Ou « je cherche Carla, l’as-tu croisé ? » Ou encore « hier j’ai marché jusqu’à la lune, je sens une extrême fatigue ».Ces messages fantomatiques et plus au moins équivoques n’apparaissent pas seulement dans les boites de réceptions des messageries des personnalités de la société civile et de l’opposition tunisienne. Selon plusieurs témoignages reçus d’internautes tunisiens, le même type de messages apparaît à des abonnés « anonymes »s aux lettres de diffusion (newsletters) d’organisations interdites ou de sites censurés.
Une lectrice de notre site voulant s’abonner à Manchour, la newslettre de Nawaat, à eu la surprise, à l’ouverture du mail de confirmation de l’abonnement, de découvrir un message intitulé « 10 miles away » et contenant la phrase suivante : « I’m running too fast, much more than Lewis : a policeman catch me. » (Je cours très vite, encore plus vite que Lewis : le policier m’a rattrapé) ! Surprise et un peu inquiète, elle nous contacte croyant à une plaisanterie. Trois essais consécutifs d’envois de mails de confirmations plus tard, tous reçus avec des messages aussi étranges les uns que les autres, montrent que très probablement les envois à partir de l’adresse de messagerie par laquelle est diffusée notre newsletter sont filtrés pour les boites de réception tunisiennes. Les essais ont également montré que cela se faisait d’une manière instantanée.
Des abonnées d’autres lettres de diffusion se sont également plaint de problèmes similaires dont certains abonnés de la lettre de diffusion du site d’information Tunisnews. A signaler tout de même que ce n’est pas le cas de tous les abonnés dont certains contactés ont affirmé ne rencontrer aucun problème de ce genre.
Plus généralement, et en se basant sur les différents témoignages, « le filtrage » semble s’opérer à deux niveaux. Tout d’abord, sur des adresses de messagerie ciblées. La totalité ou certains des emails envoyés à partir de ces adresses ne sont tout simplement pas délivrés à leurs destinataires. La même chose se produit pour les emails envoyés par des tiers à destination de ces adresses. Les propriétaires de ces comptes ainsi ciblés continuent à y avoir accès et ce sont en général leurs interlocuteurs étonnés de ne pas recevoir un email attendu ou une réponse à un email envoyé qui avertissent la victime de ces dysfonctionnements. Ce sabotage ciblé peut aussi aller jusqu'à l’effacement de la totalité du contenu d’une adresse donnée ou encore par le piratage pur et simple du compte de messagerie en changeant les identifiants du compte. La victime perd alors l’accès à ce compte.
En conséquence de ce ciblage, les malfaiteurs peuvent alors étendre leurs filtrages à tous les destinataires de ces comptes de messageries. Ils peuvent selon le contenu de l’email envoyé, soit le modifier ou le supprimer ou alors le substituer par un message d’erreur ou par un message farfelu comme nous l’avons vu dans les témoignages précédents. C’est comme ça que par exemple des abonnés de différentes lettres de diffusion se retrouvent eux aussi touchés par ce sabotage. Très probablement cette manipulation se fait directement sur le flux de leur boite de messagerie puisque les messages ainsi modifiés ne sont consultables qu’une seule fois et disparaissent ensuite de leurs boites de réceptions.
Ce qui nous ramène à la question fatidique, à savoir : qui se cache derrière cette campagne de sabotage des boites de messageries en Tunisie ? Vu l’ampleur des sabotages et la réactivité des malfaiteurs et surtout les moyens humains et techniques nécessaires à de tels agissements, ont peut raisonnablement exclure l’acte de piraterie gratuit œuvre d’un pirate solitaire ou d’un groupe de pirates en manque de notoriété. Sami Ben Gharbia parle lui de Deep packet inspection (DPI) et qui « est une technologie qui permet de contrôler l'activité en ligne et filtrer les échanges sur le réseau en effaçant le contenu « indésirable » des courriers électroniques reçus ». Une technologie qui s’installe sur un réseau donnée et opère comme un filtre en temps réel sur les échanges des contenus.
Pour les victimes, il n’y a pourtant aucun doute. Cela ne peut être que l’œuvre de la fameuse police de l’Internet comme l’affirme maître Mataar qui estime que tout le contenu de ses comptes de messagerie ont été « détournés par et au profit de la police d’Internet». Et il est difficile de chercher ailleurs tant qu’il est vrai que tous les éléments recueillis montrent que cette censure s’opère au sein du réseau Internet tunisien. Un réseau qui se trouve justement sous le contrôle de Tunisie Télécom en tant qu’opérateur historique et la fameuse ATI en tant qu’administratrice du réseau. Deux entités qui ont un sombre passé avec la censure de l’Internet tunisien. Et puis le caractère ciblé de ces attaques, le fait qu’elles ne touchent, a priori, que ceux qui ont un rapport de près ou de loin avec la scène contestataire au régime tunisien met l’Agence Tunisienne de l’Internet et par conséquent le pouvoir tunisien au premier banc des accusés.
Et les charges ne sont pas légères, les plus importantes sont certainement celles en rapport avec « la violation du secret de la correspondance » qui comme le rappelle Astrubal lors de l’attaque du blog de Nawaat :
« nous sommes en plein dans le crime organisé et qualifié comme tel par la loi tunisienne. Il s’agit, en effet, ni plus ni moins que de la violation systématique des réseaux informatiques et du secret de la correspondance. ». En rappelant « la nécessite pour toutes les victimes de ces agressions de se réunir afin de rassembler et recouper les preuves en vue d’un dépôt de plainte contre X ».En attendant, bien qu’il soit impossible de dénombrer toutes les victimes de ces violations, mais si toutefois les malfaiteurs s’avisaient à les étendre à toutes les lettres de diffusion et à leurs abonnés, les victimes potentielles seraient à compter par milliers…
Malek.k
http://stranger-paris.blogspot.com
Article publié sur www.nawaat.org
lundi 16 juin 2008
Violentes attaques subies par l’équipe de Nawaat.org
Nous avons commencé la restauration, mais les blogs remis en ligne ne sont pas cependant exempt de quelques dysfonctionnements sur lesquels nous travaillons. Nous donnerons de plus amples informations dès que possible. Pour l’instant, bien que le blog de Nawaat soit remis en ligne, nous avons encore des difficultés à mettre correctement en ligne des informations.
Que ceux qui ont porté cette attaque sachent qu’à chaque fois, l’équipe de Nawaat mettra un point d’honneur à ce que l’indisponibilité des blogs soit la plus courte que possible. Et à ce jeu, nous serons toujours les vainqueurs. Ils ont l’argent et les moyens, nous avons la détermination pour ne pas être réduit au silence.
لقد تمت اليوم قرصنة موقع نواة و إتلاف جميع محتوياته التي تحوي أربع سنواة من أرشيف العمل السياسي و الحقوقي و النشاط الألكتروني التونسي. و تعد هذه القرصنة الأخطر منذ ولادة موقع نواة سنة 2004، مع الذكر أن محاولات القرصنة لم تتوقف يوما لا عن نواة و لا عن مدوناتنا. .و قد قام القراصنة بإتلاف محتويات موقع نواة و مدونة صدربعل و تمكنوا من دخول قاعدة البيانت و أتلفوها بالجملة.
إلا ان الأمر الذي لا يعلمه هؤلاء هو أننا لن نستسلم يوما للقرصنة و التخريب و الحجب و أن مواقعنا و مدوناتنا الحاضرة و التي ستولد غدا و بعد غد ستكون كما كانت دائما فضاءا لفضح أساليب هذا النظام الذي اتخذ من المعلومة الحرة عدوا. فاليعي هؤلاء أننا سنهزمهم و أن زمام المبادرة على الشبكة سيكون بأيدينا.
و كما قلناها سنة 2004 بعد أول محاولة تخريب تعرض لها موقع نواة، نعيدها اليوم:أنا أقاوم فأنا موجود
إلا ان الأمر الذي لا يعلمه هؤلاء هو أننا لن نستسلم يوما للقرصنة و التخريب و الحجب و أن مواقعنا و مدوناتنا الحاضرة و التي ستولد غدا و بعد غد ستكون كما كانت دائما فضاءا لفضح أساليب هذا النظام الذي اتخذ من المعلومة الحرة عدوا. فاليعي هؤلاء أننا سنهزمهم و أن زمام المبادرة على الشبكة سيكون بأيدينا.
و كما قلناها سنة 2004 بعد أول محاولة تخريب تعرض لها موقع نواة، نعيدها اليوم:أنا أقاوم فأنا موجود
L’équipe de Nawaat.org
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mardi 6 mai 2008
Mai 1968 – Mai 2008, 40 ans de «liberté» d’expression en Tunisie
C'était pourtant en 1968 ...
Comment ne pas reconnaître l’aspect si surprenant de ces séquences d’un reportage tourné il y a 40 ans. Il s’agit d’un échange entre jeunes étudiants Tunisiens sur un de ces sujets si tabou en Tunisie.
Et pourtant … Des décennies plus tard, on s’aperçoit que la capacité des tunisiens à s’exprimer sur leur quotidien, notamment politique, au sein des médias autorisés, demeure toujours aussi stérilisée. La politique s’avère être encore plus tabou que les mœurs. Pour les plus hardis, la malice, parfois d’une rare cocasserie, se substitue aux propos directs pour lâcher ce qu’ils ont sur le cœur. Tous les interstices, surtout sportifs, sont mis à contribution pour repousser les limites de la répression de la liberté d’expression.
Pour les plus hardis, faute de mieux, la malice se substitue aux propos directs...
"Moncef, pourquoi ris-tu ... ti chbiik !"
Le monde a changé et les Tunisiens avec. Et pour les nantis d’entre-eux, avec l’internet, c’est l’accession enfin à un paysage médiatique plus libre, plus ouvert, malgré les blocages de l’ATI.
L’Internet, par le biais de ses canaux libres, a rendu toute forme de censure ou de travestissement de la réalité bête et ridicule à l’image de ses auteurs. Du procès du défunt Moncef Ben Ali si « blackouté », aux documents de la CIA déclassés, en passant par la mise en ligne publique du calendrier des réservations d’espaces publicitaires sur certains quotidiens, jusqu’au déplacement de l’avion présidentiel... tout est aujourd’hui devenu accessible malgré la censure.
Procès de la "Couscous Connection" - JT FR3, novembre 1992
L'Internet a été une bénédiction pour toutes les plumes libres, mais également la malédiction qui a ringardisé, en un laps de temps si court, tous ces imbéciles qui n’ont toujours pas compris qu’à la désinformation, il y a une limite au-delà de laquelle il ne faut pas s’aventurer. Et en l’occurrence, les temps sont loins où l’on pouvait raconter tout et n’importe quoi en jouissant du monopole de la parole publique tout en excluant les contradicteurs de leur droit à la parole. Aujourd’hui, avec ce qui se passe et s’échange sur près de 500 blogs tunisiens actifs, la lutte pour ces imbéciles de la désinformation est devenue inégale. Il n’y a qu'à voir où et sur quels supports les tunisiens se sont informés à propos des derniers événements d’El Redaif .

Près de 500 blogs actifs à l'affut des écarts de Mbarek et ses semblables ...
Bien qu’encore relativement timorés pour certains, les blogs tunisiens n’hésitent plus désormais à clouer au pilori la « presse boudourou » (Presse à deux sous) telle qu'il la qualifient communément.
Cette blogosphère, après une première période marquée par une défiance exacerbée à l’égard de la chose publique, défiance qui fut particulièrement nourrie à l’époque – et non sans arrières pensés - par une première génération de blogueurs, sous le prétexte de ne pas vouloir faire de la politique, va s’enhardir pour remplir ce rôle en matière d’information, qui n’est normalement pas sa vocation naturelle.
En effet, depuis peu on assiste à une inversion de tendance où la réappropriation de l’espace public et la parole qu’elle suppose n’est plus perçue comme une politisation malsaine, mais comme l’exercice d’un droit à l’information et à la parole, y compris lorsqu’il s’agit d’exercer un droit de regard sur la gestion des affaires de la cité. Se faisant, s’est amorcé ainsi ce positionnement de la blogosphère tunisienne en tant que pôle désormais incontournable dans le paysage informatif tunisien. Il faut reconnaître aussi que la langue de bois des médias officiels, les privant de toute crédibilité, va largement contribuer à mettre en avant la blogosphère, non pas uniquement quant à la circulation de l’information, mais également dans la création de l’événement médiatique.
Et à plus forte raison, une troisième étape se dessine par l’arrivée de plus en plus de journalistes professionnels qui ont choisi de contourner la censure par la création de leurs propres pages en ligne. Aux blogs des journalistes pionniers en la matière comme celui de Nadia Omrane, A. Zouri ou de Slim Boukhdir (actuellement emprisonné et son blog hacké depuis), on voit arriver ceux de Soufiane Ben Farhat ou de Zied El Heni. Et au-delà des journalistes, on trouve également d’autres profils à l’image de Kastalli Chérif, lequel, bien que se revendiquant comme un « militant de base au sein du RCD et défenseur acharné du projet de société civile de Ben Ali », n’hésite pas à relever dans le pays du même Ben Ali, que « le journaliste est en train de perdre son statut pour devenir une loque humaine [...] ».
Tout comme ce cadre et exploitant agricole Tunisien, on en dénombre d’autres, issus de diverses branches, lesquels désormais contribuent à créer de l’information sur leurs blogs. Cette même information que les médias locaux censurent, transforment ou, dans le meilleur des cas, ignorent.
La liberté d’expression des Tunisiens s’exerce effectivement sur l’internet. Et plus celle-ci s’exerce, plus les médias officiels dont la parole est toujours aussi lénifiante s'avèrent ringards et surranés. Tout esprit sensé, aurait pu raisonnablement s’attendre à ce que, avec l’apparition du réseau des réseaux, la liberté de la presse en Tunisie évolue un tant soit peu. Il n’en fut rien. Et l’on assiste aujourd’hui à un constat qui fait que l’un des plus anciens journaux de la place « La Presse de Tunisie », l’un des plus tirés autrefois, soit perçu, non pas par la majorité, mais par quasiment l’ensemble de la blogosphère tunisienne comme l’un des summums de la presse lénifiante, pour ne pas dire de caniveaux. Et parmi ceux qui sont perçus comme les grands toccards de ce journalisme tunisien, quelqu'un comme M M, un des redacs chefs du même journal, "La Presse", occupe le haut de cette liste peu glorieuse. Quel gachis !
En ce jour où se commémore la « Journée Mondiale de la Liberté de la Presse », bonne fête à tous les épris du droit à la parole et du droit pour une circulation sans entrave de l’information.
Astrubal,
Centrist
et Malek
Samedi 3 mai 2008
http://www.nawaat.org
Et pourtant … Des décennies plus tard, on s’aperçoit que la capacité des tunisiens à s’exprimer sur leur quotidien, notamment politique, au sein des médias autorisés, demeure toujours aussi stérilisée. La politique s’avère être encore plus tabou que les mœurs. Pour les plus hardis, la malice, parfois d’une rare cocasserie, se substitue aux propos directs pour lâcher ce qu’ils ont sur le cœur. Tous les interstices, surtout sportifs, sont mis à contribution pour repousser les limites de la répression de la liberté d’expression.
Pour les plus hardis, faute de mieux, la malice se substitue aux propos directs...
"Moncef, pourquoi ris-tu ... ti chbiik !"
Le monde a changé et les Tunisiens avec. Et pour les nantis d’entre-eux, avec l’internet, c’est l’accession enfin à un paysage médiatique plus libre, plus ouvert, malgré les blocages de l’ATI.
L’Internet, par le biais de ses canaux libres, a rendu toute forme de censure ou de travestissement de la réalité bête et ridicule à l’image de ses auteurs. Du procès du défunt Moncef Ben Ali si « blackouté », aux documents de la CIA déclassés, en passant par la mise en ligne publique du calendrier des réservations d’espaces publicitaires sur certains quotidiens, jusqu’au déplacement de l’avion présidentiel... tout est aujourd’hui devenu accessible malgré la censure.
Procès de la "Couscous Connection" - JT FR3, novembre 1992
L'Internet a été une bénédiction pour toutes les plumes libres, mais également la malédiction qui a ringardisé, en un laps de temps si court, tous ces imbéciles qui n’ont toujours pas compris qu’à la désinformation, il y a une limite au-delà de laquelle il ne faut pas s’aventurer. Et en l’occurrence, les temps sont loins où l’on pouvait raconter tout et n’importe quoi en jouissant du monopole de la parole publique tout en excluant les contradicteurs de leur droit à la parole. Aujourd’hui, avec ce qui se passe et s’échange sur près de 500 blogs tunisiens actifs, la lutte pour ces imbéciles de la désinformation est devenue inégale. Il n’y a qu'à voir où et sur quels supports les tunisiens se sont informés à propos des derniers événements d’El Redaif .
Près de 500 blogs actifs à l'affut des écarts de Mbarek et ses semblables ...
Bien qu’encore relativement timorés pour certains, les blogs tunisiens n’hésitent plus désormais à clouer au pilori la « presse boudourou » (Presse à deux sous) telle qu'il la qualifient communément.
Cette blogosphère, après une première période marquée par une défiance exacerbée à l’égard de la chose publique, défiance qui fut particulièrement nourrie à l’époque – et non sans arrières pensés - par une première génération de blogueurs, sous le prétexte de ne pas vouloir faire de la politique, va s’enhardir pour remplir ce rôle en matière d’information, qui n’est normalement pas sa vocation naturelle.
En effet, depuis peu on assiste à une inversion de tendance où la réappropriation de l’espace public et la parole qu’elle suppose n’est plus perçue comme une politisation malsaine, mais comme l’exercice d’un droit à l’information et à la parole, y compris lorsqu’il s’agit d’exercer un droit de regard sur la gestion des affaires de la cité. Se faisant, s’est amorcé ainsi ce positionnement de la blogosphère tunisienne en tant que pôle désormais incontournable dans le paysage informatif tunisien. Il faut reconnaître aussi que la langue de bois des médias officiels, les privant de toute crédibilité, va largement contribuer à mettre en avant la blogosphère, non pas uniquement quant à la circulation de l’information, mais également dans la création de l’événement médiatique.
Et à plus forte raison, une troisième étape se dessine par l’arrivée de plus en plus de journalistes professionnels qui ont choisi de contourner la censure par la création de leurs propres pages en ligne. Aux blogs des journalistes pionniers en la matière comme celui de Nadia Omrane, A. Zouri ou de Slim Boukhdir (actuellement emprisonné et son blog hacké depuis), on voit arriver ceux de Soufiane Ben Farhat ou de Zied El Heni. Et au-delà des journalistes, on trouve également d’autres profils à l’image de Kastalli Chérif, lequel, bien que se revendiquant comme un « militant de base au sein du RCD et défenseur acharné du projet de société civile de Ben Ali », n’hésite pas à relever dans le pays du même Ben Ali, que « le journaliste est en train de perdre son statut pour devenir une loque humaine [...] ».
Tout comme ce cadre et exploitant agricole Tunisien, on en dénombre d’autres, issus de diverses branches, lesquels désormais contribuent à créer de l’information sur leurs blogs. Cette même information que les médias locaux censurent, transforment ou, dans le meilleur des cas, ignorent.
La liberté d’expression des Tunisiens s’exerce effectivement sur l’internet. Et plus celle-ci s’exerce, plus les médias officiels dont la parole est toujours aussi lénifiante s'avèrent ringards et surranés. Tout esprit sensé, aurait pu raisonnablement s’attendre à ce que, avec l’apparition du réseau des réseaux, la liberté de la presse en Tunisie évolue un tant soit peu. Il n’en fut rien. Et l’on assiste aujourd’hui à un constat qui fait que l’un des plus anciens journaux de la place « La Presse de Tunisie », l’un des plus tirés autrefois, soit perçu, non pas par la majorité, mais par quasiment l’ensemble de la blogosphère tunisienne comme l’un des summums de la presse lénifiante, pour ne pas dire de caniveaux. Et parmi ceux qui sont perçus comme les grands toccards de ce journalisme tunisien, quelqu'un comme M M, un des redacs chefs du même journal, "La Presse", occupe le haut de cette liste peu glorieuse. Quel gachis !
En ce jour où se commémore la « Journée Mondiale de la Liberté de la Presse », bonne fête à tous les épris du droit à la parole et du droit pour une circulation sans entrave de l’information.
Astrubal,
Centrist
et Malek
Samedi 3 mai 2008
http://www.nawaat.org
dimanche 27 avril 2008
Lu sur Tunisia Watch : Accès refusé

Je commence par ce qu’aurait fait normalement tout citoyen. J’appelle mon fournisseur d’accès pour signaler le dérangement. La voix qui me répond à l’autre bout du fil me demande les coordonnées nécessaires pour s’assurer de la validité de mon abonnement. Soudainement la ligne est coupée. C’est normal, cela arrive souvent ici, je recommence à appeler une autre fois le même numéro. C’est une autre voix qui me répond, je lui fais signaler que j’étais avec son collègue et que je viens juste d’être coupé. La personne avec courtoisie me demande les mêmes indications sans prêter attention à ma remarque. Elle me dirige ensuite sur une page pour réviser les coordonnées de mon abonnement. Tout semblait en règle, elle me demande à la fin d’accéder par le login et le mot de passe inscrits sur le bon de mon abonnement. Rien à faire, accès refusé. Elle me demande d’essayer une autre fois en faisant attention aux majuscules, minuscules et espaces comme ils sont inscrits. Elle va jusqu'à me demander de compter le nombre d’étoile avant d’appuyer sur le lien d’accès mais sans succès à chaque fois.
Alors on me demanda de patienter un peu et de rappeler dans une heure. Qu’est ce que j’ai d’autre à faire ? Une heure largement passée après, je reprend le téléphone et je compose le même numéro. C’est une troisième voix qui me répond. J’essaye de rappeler l’historique de ma réclamation. La personne me fait comprendre que c’est l’équipe de l’après midi et qu’elle va tout recommencer avec moi depuis le début. En bout de compte on arrive au même résultat. Mon téléphone fonctionne normalement, mon abonnement est payé à l’avance pour un an il y a juste un mois et l’accès fourni par mon opérateur est toujours refusé. La personne chargée normalement de me dépanner se trouve ainsi bloquée sans moyen convaincant pour justifier une telle situation, elle me demande alors avec toute la gentillesse qu’on peut imaginer de patienter encore et de rappeler dans une heure tout en raccrochant sans attendre mon consentement.
Personnellement je ne peux plus le refaire pour me trouver avec une nouvelle opératrice qui me mène en bateau jusqu’au même résultat. J’ai arrêté, c’est ma femme qui a pris le relais pouer aboutir enfin à une promesse de leur part de faire une réclamation auprès de la compagnie de téléphone et de lui répondre dans quelques jours.
Wait and see
En fait ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Aujourd’hui je ne compte plus le nombre de nouvelles lignes téléphoniques auxquelles j’ai du souscrire au cours des cinq dernières années sous diverses identités pour pouvoir accéder à un service public normalement garanti sur le même pied d’égalité à tout tunisien. La dernière fois j’ai du attendre plus de six mois le rétablissement de la connexion Internet sur ma ligne téléphonique sans résultat avant de souscrire la nouvelle ligne qui vient d’être coupée aujourd’hui. C’est ainsi qu’on agit pour établir les règles sur lesquelles se fonde la dictature de Ben Ali. Il y a au dessus de la loi des règles non écrites auxquelles on vous apprend à vous plier. Pour chaque mot, pour chaque geste, on vous apprend à réfléchir par deux fois avant de le prononcer ou d’agir avant de subir les conséquences de votre inadvertance.
Ainsi on a abouti à l'installation, dans l’esprit de chaque tunisien, de son propre surveillant au service de Ben Ali, de sa dictature et des intouchables autour de lui. On doit rester à un seuil peu élevé et agir sur une plateforme restreinte comme le disent très bien les expérimentés. Respecter les tabous sacrés de la dictature, ne pas franchir les lignes rouges et se complaire dans un discours de mécontent lâche qui fait pitié. Ainsi on est étroitement tenu en laisse par notre oppresseur sans jamais pouvoir rien changer à notre sort ni moins encore à celui de notre pays.
Yahyaoui Mokhtar – Mercredi 26 Avril 2008
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mardi 11 mars 2008
vendredi 28 décembre 2007
Toujours sans nouvelles du bloggeur Fouad Al-Farhan !

Selon son épouse, contactée par Global Voices Advocacy, Fouad a été arrêté au siège de sa société, le lundi 10 décembre et accompagné à son domicile par des agents du ministère de l’intérieur qui ont procède a une perquisition durant laquelle son ordinateur portable a été confisqué. Sans révéler les charges qui pèsent sur son mari les agents l’ont tout de même informé qu’il sera mis en détention provisoire pendant un mois durant lesquels aucune visite ne serait autorisée. Mme Alfarhan a également affirmé que l’arrestation de son mari était liée à ses écrits sur son blog.
Ce n’est pas la première fois que Fouad ait à faire avec la police saoudienne. L’année dernière il a été enlevé par des agents en civil et contraint de fermer son blog. Une interruption forcée qui n’a duré que quelques mois suite auxquels Fouad a finalement décidé de reprendre le blogging. Se confiant à ses amis, Fouad se savait déjà dans la ligne de mir du ministère de l’intérieur comme il l’expliquait dans un courrier envoyé à quelques uns de ses amis quelques jours avant son arrestation :
« On m’a informé qu’il existe un ordre officiel émanant d’un haut responsable du ministère de l’intérieur pour m’interroger. Ils m’arrêteront à n’importe quel moment durant les deux semaines qui suivent.En réaction à cette arrestation injuste, plusieurs bloggeurs se sont réunis pour organiser une campagne en ligne pour demander la libération de Fouad. Que ce soit sur le blog de la campagne de soutien ou sur son propre blog qui continu d’être mis à jour par ses amis ou encore sur le groupe créé sur Facebook, des dizaines de messages de soutiens de bloggeurs saoudiens mais aussi des internautes de toutes les nationalités, s’indignent de cette arrestation arbitraire et exigent la libération de Fouad Alfarhan. Le bloggeur Sami Ben Gharbia, responsable de Global Voices Advocacy et ami de Fouad se dit « triste de voir qu’un bloggeur soit arrêté et réduit au silence pour avoir exercé sa liberté d’expression pour condamner le terrorisme et promouvoir des reformes politiques dans son pays. »
Tout cela parce que j’ai écrit sur les prisonniers politiques en Arabie Saoudite. Ils pensent que je suis entrain de monter une campagne sur internet pour promouvoir leur cause. Tout ce que j’ai fait était d’écrire quelques textes et réaliser quelques bannières et demander à d’autres bloggeurs de faire de même.
La personne qui m’a révélé cette information m’a demandé de collaborer et de signer des excuses. Je ne suis pas sur que je suis prêt à le faire. Des excuses pour quelles raisons ? M’excuser pour avoir dit que le gouvernement ment quand il accuse ses personnes de supporter le terrorisme ?
La source m’a également demandé de s’attendre au pire à savoir mon arrestation pendant 3 jours le temps d’établir un rapport sur moi avant de me relâcher. Il se peut aussi qu’il n’en est rien mais si cela durait plus que 3 jours, il faut que cette lettre soit révélée à tous…Je ne veux pas être oublié en prison. »
Plusieurs organisations non gouvernementales ont également condamné cette arrestation. Dans un communiqué du 24 décembre 2007, The Arabic Network for Human Rights Information, s’inquiète de cette détention et exige des autorités saoudiennes de révéler les raisons de cette arrestation. Exigence également formulée par The Committee to Protect Journalists qui par la voix de son directeur exécutif, Joel Simon déplore que Fouad soit « secrètement détenu depuis plus de deux semaines sans aucune charge contre lui » et « appelle les autorités saoudienne à le libérer immédiatement ». Pour sa part, Reporters sans frontières, regrette que « Les réformes et l’ouverture annoncées par le roi Abdallah Ibn Al-Saoud sont toujours sans effet sur la vie quotidienne des Saoudiens. » en rappelant que L’Arabie Saoudite figure sur la liste des "treize ennemis d’Internet" et qu’elle occupe la 148e place sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse établi par l’organisation en octobre 2007.
Ceux qui connaissent le blog de Fouad apprécient surtout son courage et le ton résolument audacieux de ses écrits. Toujours avec élégance et humour Fouad brosse un portrait sans concession du milieu politico-affairiste de son pays. Il est également l’un des plus virulents détracteurs du double jeu du pouvoir saoudien sur la question du terrorisme international. Toute en condamnant la violence dans toutes ses formes, il appelle dans son blog au dialogue et aux reformes politiques indispensables pour envisager un avenir meilleur dans son pays. C’est pourtant ce discours courageux, pacifique, modéré et réformateur qu’on reproche à Fouad Al-Farhan. Raison de plus pour ne pas l’oublier en prison et permettre ainsi aux autorités saoudiennes de le réduire au silence.
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lundi 24 décembre 2007
dimanche 16 décembre 2007
Hypocratie : Le mal tunisien
Le terme « hypocratie » porte en lui l’essence même de ces régimes. En effet on peut définir le mot en se basant sur les racines grecques de ces deux composantes sémantiques. Dans ce cas le mot se compose du préfixe, hypo, qui signifie « sous » ou « en dessous » et du mot cratie (cratien en grec) qui signifie pouvoir. Les mots formés du préfix « hypo », exprimant une idée de diminution, le mot ainsi formé désigne un pouvoir diminué ou un « sous-régime ». Le mot peut également être le résultat de la contraction du mot « hypocrisie » et celui de « démocratie ». Cette contraction exprimerait le caractère hypocrite de ces pseudo-démocraties qui proclament le contraire de ce qu’elles appliquent.
Une « hypocratie » est donc, un régime d’une part diminué par l’illégitimité politique de son existence et l’absence chez ses prélats de convictions claires, et d’autre part hypocrite, en s’efforçant de paraître pour ce qu’il n’est pas. Cette nature ne dispense pas « les hypocraties » d’être des régimes totalitaires, bien au contraire. Mais ces derniers présentent la spécificité de s'accommoder d'une façade démocratique avec la conviction que les possibilités d'expansion et de durée dans le temps sont bien plus grandes dans une « hypocratie » que dans une franche dictature. Le régime politique tunisien, Par sa légitimité discutable et son opportunisme hypocrite, est la démonstration vivante de tout ce qui peut faire une « hypocratie ».
Une légitimité politique discutable
Bien que les théories politiques ou juridiques ne soient pas les seules voies de la légitimation d'un pouvoir, elles en sont comme la toile de fond qui freine l'action et oblige le pouvoir à se justifier et à rendre des comptes. Conscient de l’importance de ces facteurs pour asseoir sa légitimité, le régime tunisien a reposé son pouvoir sur plusieurs théories à la fois, qui apparurent au premier plan au fur et à mesure des étapes qui ont rythmé son évolution. Bien qu’habilement distillées, ces théories de légitimation se heurtent à des vérités historiques et politiques de nature à démontrer incontestablement le caractère « hypocratique » de ce pouvoir.
Après le coup d’état médical du 7 novembre 1987, Ben Ali, alors premier ministre et ministre d’Etat, arrive au pouvoir en se présentant comme l’homme providentiel, le sauveur de la Tunisie alors que le pays est secoué par une crise politique doublée d’une crise économique le tout sur fond de menace islamiste. Les conditions adéquates pour que Ben Ali se proclame d’une légitimité matérielle qui consiste à dire : « je suis au pouvoir parce que je suis le plus apte » ou « celui qui mérite le plus d’y être ». Or cette forme de légitimité a le double désavantage d’être d’une part subjective surtout que le ministre putschiste ne s’est illustré pour le grand publique que lors d’une des pages les plus sombre de l’histoire de la Tunisie pour être, pendant « les émeutes du pain » l’organisateur de la plus grande action de répression menée dans le pays depuis son indépendance. D’autre part la légitimité matérielle par son caractère contingent, est d’usage délicat. Parce que supposant même que cette légitimité fut justifiée en 1987, elle n’est pas pour autant valable dans le temps surtout lorsque les circonstances changement et que la situation générale, jugée critique au départ, s’améliore. Il est donc clair qu’après 20 années de règne, l’actuel président ne peut plus prétendre à cette légitimité matérielle. D’une part son inaptitude à mener à bien les réformes institutionnelles nécessaires, promises au départ, a été confirmée par l’expérience et d’autre part les circonstances qui avaient pu justifier une telle légitimité n’existent plus.
Il est également patent que dans n'importe qu'elle société démocratique, la popularité d'un leader ne suffit pas à lui conférer de la légitimité politique. Ce n'est pas le charisme d'un leader qui légitime son pouvoir politique mais bien le processus démocratique qui valide son charisme. On peut tout de même admettre qu’une telle chose est possible lorsqu'un un leader incontesté prend la direction d'un mouvement de libération dans un pays colonisé, quand les conditions légales d'un processus démocratique n'existent pas. C’était le cas pour feu Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie. Dans ce cas précis le rôle d’un leader politique est de créer les conditions fondamentales pour une expression démocratique. Chose que Bourguiba a fait avec une certaine réussite dotant le pays d’outils institutionnels et juridiques avant-gardistes. Contrairement à son prédécesseur, l’actuel président, en plus du fait qu’il ne bénéficie pas des mêmes circonstances qui ont mené Bourguiba au pouvoir, il ne c’est jamais illustré par un charisme exacerbé ni par une personnalité emblématique, bien au contraire. On est effectivement loin de la popularité quasi-naturelle de Bourguiba et ses légendaires bains de foule. Encore une légitimité à la quelle Ben Ali ne peut prétendre. L’adhésion populaire s’est faite par dépit et perdure par la crainte et à défaut. Une adhésion qu’il serait plus judicieux d’appeler « non-opposition » qui devant l’inexistence d’une figure emblématique ou d’une alternative crédible, préfère l’acquiescement sans conviction devant les élans populistes de Ben Ali. Cela est bien sur loin de permettre une légitimation populaire.
Lors du coup d’état médical du 7 novembre 1987, c'est par la constitution et dans le respect scrupuleux des textes que Ben Ali procéda. On peut même dire que les seuls coups d’états illégaux sont ceux qui avortent. Un coup d’état ressui est en quelque sorte toujours légale, portant en lui les éléments de sa propre légalité. Pourtant, cela n’empêche pas l’illégitimité de la manœuvre. En effet, la constitution par la quelle Ben Ali est venu au pouvoir est une coquille vidée de toute force juridique. Elle n’est plus la loi suprême, celle qui, par nature se place au-dessus de toutes les lois de la république ainsi que toutes les considérations personnelles. Cette constitution s’est transformée le 12 septembre 1974 en un instrument de totalitarisme après son amendement par le parlement tunisien de façon à instaurer la présidence à vie pour « le combattant suprême ». Non seulement l’amendement, troque la république pour une quasi-monarchie mais donne le droit de destitution du président de la république au premier ministre alors qu’il n’à aucune légitimité électorale ce qui est en soit une disposition contraire à l’esprit républicain. L’illégitimité de cet amendement est double : constitutionnelle, en trahissant l’esprit de la constitution et le principe d’alternance démocratique à la tête de l’exécutif et républicaine pour ne pas avoir tenu compte d’une règle fondamentale qui veut que seul un élu du peuple puisse assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir.
Ce régime c’est donc construit sur les ruines d’une autocratie devenue illégitime à cause d’une constitution dénaturée, instrumentalisée, aux pratiques antirépublicaines et n’a fait donc que bâtir sur des fondations ébranlées. Bien sur Ben Ali n’est pas responsable de l’origine de cette perte de légitimité mais il n’a montré aucune réelle volonté de remédier à cette désacralisation des textes constitutionnels. Cela s’est révélé clairement dés le premier amendement, celui par lequel la présidence à vie a été abolie pour être remplacer par une formule ingénieuse du « président rééligible deux fois », amendement voté en fanfare par le parlement tunisien en 1989. Cet amendement qui se voulait historique n’a fait que renforcer le pouvoir du président en le préservant de la censure du parlement l’exonérant ainsi de toute justification devant la représentation nationale. Le président se retrouve par ce déséquilibre, au dessus du pouvoir législatif et légalement hors d’atteinte. Bien que faible, l’hypothétique pouvoir de la chambre des députés, conféré par l’amendement constitutionnel de 1976, le président Ben Ali le supprime lui trouvant un caractère dangereux, enlevant ainsi tous les moyens légaux de destitution d’un président en fonction. Ceci donne, bien sur, dors et déjà la possibilité au président de prolonger à l’infini son mandat et d’étendre sans retenue ses prérogatives. Toute action légale contre lui étant impossible, sa succession devient assujettie à son bon vouloir et le degré de développement de son esprit démocratique.
Hypocrisie généralisée
Comme déjà mentionné plus haut les régimes « hypocratiques » à l’instar du régime tunisien, s'accommodent fort bien d'une façade démocratique. En 20 ans d’existence le totalitarisme abouti du pouvoir en place n'a pratiquement plus besoin d'utiliser la force brute pour assoir son pouvoir. Il est vrai que par sa définition le totalitarisme est un système qui entend contrôler et dominer totalement la totalité de la vie et de la pensée de la totalité des populations, et qui interdit et réprime toute tentative de dépassement, de remise en question. Les « hypocraties » ne dérogeant pas à cette règle et détestent autant l'autonomie et la liberté individuelle. Mais à la place de la répression sanguinaire, le régime « hypocratique », préfèrent compter sur la docilité du peuple et sur la notion de « libertés réduites », à entendre, canalisées dans des voies déterminées qui ne peuvent pas lui nuire. Il mise plutôt sur la soumission volontaire, les contraintes économiques, la force de la propagande diffusée en permanence par les médias, l'école, les hommes politiques, les gens eux-mêmes. Une hypocrisie généralisée qui met à jour l’immense pouvoir de l’auto-persuasion de la majorité des gens et le bourrage de crâne exercé par les adultes sur les enfants. Une méthode beaucoup plus efficace que les exécutions sommaires et les camps de rééducation.
Tant que le peuple ne remette pas en cause leurs existences et tant qu’il ne se rende pas capable de construire autre chose, les hypocraties montrent un visage tolérant et ouvert. Les hypocraties tolèrent même l’existence d’une opposition. A condition, bien évidement, que celle-ci ne puisse se passer d’elles. Les quelques défoulassions sporadiques tolérées, permettent à « la dissidence» d'avoir l'impression de faire quelque chose et même d'avoir l'illusion de remporter parfois des petites batailles. Tant que l’opposition reste résiduelle elle ne constitue dans une hypocratie aucune menace. Elle sert même à montrer combien elle est tolérante ! Elle sait que grâce à la censure et à l’implacable jeu de la real politique, ils auront très peu d’accès aux grands médias, et donc que leur audience restera toujours limitée. Elle espère qu'ils finiront par se convertir comme tout le monde, ou par sombrer dans le désespoir ou la violence. A défaut, elle les marginalisera encore plus en les amalgamant à des catégories criminelles. Elle sait que ses sujets adorent les boucs émissaires et n'aiment pas ceux qui mettent le doigt sur les réalités qu'ils tentent d'oublier en adhérant à fond au système « hypocratique».
Au sein d’une hypocratie, les tenants du pouvoir s’évertuent, dans un subtil exercice, à fragiliser la population convaincus et à juste titre qu’il est plus facile de régner sur des gens diminués financièrement, spirituellement et intellectuellement. Il est certainement plus facile de les manipuler tant qu’ils se préoccupent davantage de leur survie quotidienne que de changer le monde. Précarité, chômage, surendettement, insécurité autant de levier sur lesquels les régimes «hypocratiques» jouent pour bloquer les possibilités de révolte à la base. La paupérisation de tous les aspects de la société est un d'excellent moyen de contrôle qui ne dit pas son nom. Mais une des ruses suprêmes des régimes hypocratiques, est d'obliger quasiment tout le monde, contestataires et conformistes, à franchir consciemment ou pas les limites de la loi. Chacun peut alors être l'objet de poursuites. Par exemple, pour s'exprimer, on peut avoir à organiser une manifestation interdite, pour survivre certaines personnes sont obligés de commettre des illégalités, les réglementations de certaines professions sont tellement tatillonnes qu'on est obligé de ne pas les respecter pour pouvoir survivre…Autant de truchement redoutables pour mettre toute la population à la porté d’une justice arbitraire et complètement à la solde du pouvoir et qui en donner, en Tunisie, des résultats remarquables.
Les systèmes « hypocratiques », bien qu’ils soient à la pointe du totalitarisme, peuvent probablement être perfectionnés et approfondis, notamment grâce aux innovations technologiques en matière de censure et de contrôle des populations, mais il semble difficile de faire plus vicieux et plus efficace sur le principe. Par les deux aspects qui les définissent, ces régimes ont réussit à se maintenir et à prospérer sans rencontrer de véritable résistance intérieure et encore moins extérieure. En effet, dans de tels régimes, les gens réclament eux-mêmes leurs chaînes et se révèlent encore plus répressifs que les services de répression d'Etat. Pas besoin de massacrer les opposants, il y en a trop peu et ils sont complètement paralysés par les rouages du système. Les braves citoyens s'auto-surveillent, s'autocensurent, le tout étant recouvert du drap blanc des libertés, du « gouvernement par le peuple ». Il suffit de savoir doser intelligemment répression, atteintes aux libertés, récompenses et biens matériels pour éviter révoltes et rejet en bloc. Le peuple veut y croire, il n'est donc pas trop difficile de le contenter, malgré tous les faits qui démontrent le contraire. De grandiloquentes déclarations, des élections pour élire un candidat unique ou des gens qui n'ont pas de pouvoir réel, suffisent à donner l’impression de vivre dans un système convenable.
Dans le monde beaucoup de régime optent pour une « hypocratie » et parviennent tant bien que mal à maintenir une illusion de liberté et une façade plus au moins convenable, mais de ceux qui ont le plus réussit l’application de ce modèle, le régime tunisien peut prendre valeur d’exemple. Depuis son installation à la tête du pouvoir il n’a cessé de perfectionner le système pour le rendre presque invisible, indétectable pour l’observateur étranger et complètement intégré par la majorité des tunisiens. Même ceux parmi eux qui découvrent la vraie nature du régime trouvent peu d’oreilles intéressées. Le visage humain du système « hypocratique » profère à ces tenants un certain « bénéfice du doute »…c’est peut être là sa plus grande réussite.
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mercredi 12 décembre 2007
Un guide pour bloguer anonymement avec Wordpress et Tor
« J'ai travaillé avec un certain nombre d'auteurs qui voulaient écrire en ligne sur des sujets politiques ou personnels, mais qui hésitaient à le faire avant d’être sûr qu’on ne pourrait pas faire le lien entre leurs écrits en ligne et leur identité. Ces auteurs sont aussi bien des activistes des droits de l'Homme, dans des douzaines de pays, que des employés qui désirent faire connaître des dysfonctionnements condamnables aux seins de sociétés privées ou gouvernementales dans certains pays répressifs. »Le guide n’a pas la prétention d’exposer toutes les solutions possibles pour bloguer et surfer anonymement sur Internet, il ne présente pas non plus un nouvel outil, mais il permet, en combinant plusieurs outils existants, de proposer une méthode très efficace répondant aux deux exigences de sécurité et d’anonymat. En effet la solution proposée consiste à utiliser, dans une certaine configuration, le navigateur Firefox, le serveur de proxys Tor et l’éditeur de blog Wordpress, pour obtenir un degré de sécurité optimal. Etape par étape, l’auteur explique les installations à faire, les configurations à adopter et surtout le « pourquoi » de chaque étape pour ceux qui veulent aller plus loin. Illustré et mis en page par Sami Ben Gharbia, le guide est d’une simplicité appréciable. En plus de l’utilisation de ces trois outils, Ethan propose également quelques solutions pour répondre à des situations particulières, comme le choix de la messagerie, l’utilisation des logiciels de cryptages ou la possibilité de profiter de ce dispositif sur des ordinateurs publiques en utilisant une clé USB, toujours pour permettre le plus haut degré de protection possible.
Bien évidement pour ceux qui possèdent ou vont ouvrir un blog sur une autre plateforme ou encore ceux qui cherchent un moyen de contourner la censure, la combinaison de Firefox et Tor est déjà un très bon moyens pour le faire et ainsi se protéger contre les regard indiscret des polices de l’Internet. Tor, permet de se connecter au Web par l’intermédiaire de 3 serveurs différents avec à chaque fois une connexion cryptée et le navigateur Firefox, en plus d’être techniquement plus fiable que le fameux Internet Explorer, permet l’installation et l’utilisation automatiquement de Tor. Une fois Tor installé et Firefox configuré, vous pouvez publier vos écrits, en commenter d’autres ou tout simplement surfer librement sur la toile et cela tout en préservant votre identité.
Pour les internautes tunisiens par exemple, privés de leurs sites favoris ou pour ceux qui hésitent à tenir un blog par peur des représailles, la solution que propose ce guide est un bon moyen de s’affranchir de ces contraintes. Initialement publié en anglais, le guide est aujourd’hui disponible en français sur le blog de Global Voices Advocacy. D’autres traductions sont en cours et nous dit-on : La version chinoise et arabe ne devraient pas tarder. N’hésitez donc surtout pas à le télécharger, à mettre le lien sur votre blog et à en parler autour de vous et comme le dit Ethan : « Tor est semblable à un préservatif : ne pratiquez pas le blogging non protégé ».
Le guide est également disponible sur les liens suivants :
- Version en anglais
- Version française
dimanche 9 décembre 2007
Les "Ben Ali's Angels" de la censure
Elles s’appellent Khadija Ghariani, Feriel Béji et Lamia Cheffai. Leurs noms ne vous disent peut être rien, pourtant, elles participent de jours en jours, à mener à bien l’étouffement et la mise aux pas de l’Internet libre en Tunisie tant espérés par le pouvoir en place. Plus de 50 sites et blogs tunisiens sont depuis censurés sans compter des dizaines d’autres de diverses nationalités également inaccessibles. Pour y parvenir elles travaillent main dans la main et en dehors de tout cadre légal avec la police du Net tunisien. Il ne serait être autrement puisque depuis le 3 septembre 2007 et la censure de Dailymotion, le fournisseur d’accès TopNet a désigné directement l’ATI comme responsable du « filtrage » du site. Un aveu qui confirme se que tout le monde savait déjà. Etant le fournisseur de tous les autres fournisseurs d’accès, l’ATI peut filtrer à sa guise l’accès à l’Internet.
Il faut dire que si on lit bien entre les lignes les déclarations des différentes administratrices, l’activité de « filtrage » de l’internet tunisien n’a jamais été formellement niée par l’agence. Déjà, Mme Ghariani, première à avoir tenu les reines de l’agence et à qui on doit la première vague de censure qui a vu interdire les premiers sites indépendants de la toile tunisienne, répondant aux accusations de censure déclarait : « il n’y a pas de censure en Tunisie puisque les proxys n’y sont pas interdits ». Ce qui en d’autre termes veut dire « nous censurons mais nous permettons de contourner cette censure ». Admirez toute la subtilité de la réponse qui sous-entend que pour les internautes avertis sachant utiliser les Proxys, il n’était pas impossible de contourner les blocages. Mais elle oublie tout de même de préciser que le recours aux proxys est possible surtout parce qu’il est techniquement impossible de les censurer tous et que ceux utilisés étaient censurés à-fur-et-à-mesure que ses techniciens les découvraient.
Pour Mme Béji qui lui succède, le discours est toujours aussi subtil mais beaucoup plus explicite. Puisque tout en niant l’existence de la censure, elle justifie celle-ci par un besoin de servir l’intérêt général ! « Certaines voix calomnient la Tunisie en disant qu'Internet y serait censuré. » dit-elle. « La vérité, c'est que nous souhaitons une bonne utilisation du réseau, pour que cet outil serve réellement au peuple ». Voilà donc pourquoi censure-t-on en Tunisie : c’est pour éviter au peuple les lectures inutiles. Quelle abnégation et quel sens du devoir. Un sens du devoir qui lui permet de battre un record de rapidité en censurant Yezzi.org, le site de la manifestation permanente contre Ben Ali, moins de 18 heures après sa mise en ligne ! Encore, dans l’une de ses dernières actions à la tête de l’agence, surement dans un excès d’abnégation, elle censure Dailymotion l’un des sites les plus visités par les internautes tunisiens. « Le peuple », lui, n’apprécie pas vraiment, à en croire les dizaines de voix mecontentes des utilisateurs tunisiens de se site.
Mme Lamia Chafaï qui est venue dans les baguages de Mr Haj, le ministre actuel, et que la presse présente comme «une vraie communicatrice, très joviale, toujours souriante, courtoise et est dotée d’une grande maîtrise du Web et de l’Internet», n’est quant à elle, pas étrangère à la maison. Elle s’y occupait déjà de marketing et de commerce électronique sous le règne de Mme béji avant d’aller exercer ses talents à l'Agence nationale de certification électronique (ANCE) dont elle a été la directrice générale. D’ailleurs pour bien marquer son retour et montrer à ses commanditaires qu’elle peut faire aussi bien, voir mieux que ses prédécesseurs, elle censure You Tube un autre site de partage de vidéo qui est devenu le refuge de tous ceux qui ne pouvaient plus accéder à Dailymotion. Ce qui ne semble pas poser de problème à celle qui déclarait que « La Tunisie est certainement aussi avancée dans la voie de la société de l'information que de nombreux pays européens. […] Dans un certain nombre de cas, elle donne l'impression d'avancer plus vite que la France ». Il est évident qu’administrer la censure des deux sites les plus emblématiques du Web 2.0, et de dizaines d’autres sites est en soit un exploit que peu de pays peuvent égaler. Mme Cheffai vient même d’élever encore le niveau d’un cran en censurant il y à quelques jours un autre blog qui s’ajoute à une liste qui commence à être longue. Difficile donc de faire mieux !
Sur Tunisie Haut débit, un blog qui parle des services Internet en Tunisie on peut lire la présentation suivante : « L’ATI, vous connaissez ? C’est la police du net tunisien. Plus efficace que le contrôle parental, elle veille à ce que notre navigation sur internet soit la plus saine que possible. L’ATI joue, aussi, le rôle du « Big Brother » qui décide à notre place et à la place des FAI de ce qui est le mieux pour les exigences des Tunisiens sur le net». La réputation de l’ATI n’est plus donc à faire en matière de « flicage » et même si l’auteur de ces quelques lignes espérait « une bienveillance plus maternelle » de la part de Mme Cheffai, le palmarès déjà bien garni de cette dernière finira pas le convaincre du contraire. Reste encore un petit effort à faire pour l’agence pour assumer son rôle « de police de l’internet » au grand jour, puisque jusqu’ici elle cachait la censure qu’elle exerce en reproduisant une fausse page d’erreur, la fameuse page « 404 ».
Le journaliste, du site d’informations économiques, webmanagercenter.com ne croyait pas si bien dire en écrivant : « Décidément les femmes réussissent bien à l’ATI (Agence Tunisienne d’Internet). En effet, depuis sa création, l’ATI a été dirigée par des femmes (à trois reprises), ce qui dénote la capacité de ces dernières dans la gestion technique du nœud Internet national. ». En ce qui concerne la gestion du nœud les trois administratrices ont montré leur savoir faire à part que ce nœud est coulissant et qu’il est entrain d’étouffer le seul vrai espace de liberté en Tunisie. Je ne sais pas si le fait que cela soit l’œuvre de femmes tunisiennes le rend plus condamnable mais ce qui est certain c’est que cela est indigne de notre pays. Mais il semblerait que malheureusement la dignité a déserté depuis longtemps les couloirs du pouvoir en Tunisie. Ceci est aussi bien vrai pour les hommes que pour les femmes qui les arpentent.
jeudi 6 décembre 2007
Tunisnews hacked

La disparition du site a été signalée depuis hier « la requête vers http://www.tunisnews.net donne une erreur 403 (accès non autorisé). De même si l’on cherche à y accéder par Google cache, on y arrive mais, ensuite, les liens vers les différentes éditions demeurent bloqués. » par Astrubal. On doutait déjà que quelqu’un voulais donner le coup de grâce final à ce journal.
L’annonce le premier décembre par les gestionnaires du site de l’arrêt de leur publication après 7 ans et 7 mois a pris tout le monde par surprise. Des réaction amers ont été partout exprimés, tellement la publication s’est imposée au passage des années comme un source incontournable d’information indépendante et ouverte à tous dans un pays ou la liberté de la presse et d’expression sont totalement bloqués. Les messages de protestation et d’exhortation ont fini par amener les responsables du site à reconsidérer leur décision le 4 décembre 2007 :
« Nous n’avons pas pu obtenir de votre part la permission de prendre notre retraite. Un grande majorité parmi vous nous a fait comprendre que TUNISNEWS n’est plus notre affaire personnelle et qu’il s’agit dorénavant d’un projet patriotique, de portée nationale et civilisationnelle.
Les causes - personnelles et de force majeure - qui nous ont poussé à prendre la décision - pénible et trés difficile - n’ont malheureusement pas changé mais nous décidons de reprendre le travail tout en fixant un délai (La fin de notre 8éme année d’existence) pour élaborer un projet qui assurera- nous l’espérons- la pérennité, l’élargissement et l’amélioration de TUNISNEWS… »
Cette décision saluée par tous les sites indépendants n’aurait que l’effet d’une démobilisation face à la véritable épreuve que vient de subir ce journal citoyen. Ce n’est pas la première fois qu’il subit une semblable attaque et on ne peu que douter des origine d’un tel acharnement. Mais c’est le prix du combat pour la liberté, un archive de 2772 jours à reconstituer.
Bon courage TUNISNEWS, certain ont tendance à oublier que Tunisnews n’est pas un journal mais avant tout un instrument de combat pour alerter et dévoiler les supplices et les persécutions que subissent tout ceux qui ont besoin de son support derrière notre rideau de fer pour faire parvenir leurs voix.
Yahyaoui Mokhtar – Tunis Le 06 12 2007
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lundi 24 septembre 2007
dimanche 23 septembre 2007
Entretien avec Raouf Ben Yaghlane
"L'autre: c'est moi, autrement"
Raouf Ben Yaghlane
ésolé de ne pas pouvoir me présenter comme il le faut car je viens de découvrir que je ne sais pas qui je suis au juste…» C’est ainsi que Raouf Ben Yaghlane se présente sur son nouveau blog. Alors vous comprenez que pour moi qui voulais à travers ce billet le présenter à la blogosphère, c’est un peu raté !Il est vrai qu’on connait tous l’acteur Raouf Ben Yaghlane, que ce soit pour le plus grand nombre, comme un acteur comique, où pour les plus initiés comme un de ceux qui ont contribué à faire la réputation prestigieuse du théâtre d’auteur tunisien. Produit de la grande époque de Ali Ben Ayed, le maître incontesté de la scène théâtrale tunisienne, Il a joué avec et pour les plus grands et reste aujourd’hui l’un de nos plus talentueux acteurs. Réduire donc Ben Yaghlane à son répertoire comique c’est méconnaitre l’étendu de son talent. A travers ses personnages, plus complexes et « complexés », les uns que les autres, Ben Yaghlane pratique en réalité un art total qui souhaite mettre fin au cloisonnement des genres. Son travaille intègre toutes les dimensions de l'individu, aussi bien le tragique ou le sublime que le grotesque et le comique.
Mais l’individu Raouf Ben Yaghlane, l’« Etre » qu’il est, reste méconnu et cela même pour lui-même ! Alors on comprend mieux le recours à ces personnages comiques qu’il maltraite à souhait, et qui ne sont en réalité qu’un prétexte pour explorer ses propres complexes et faire face à ses propres peurs et par conséquences nous permettre d’affronter les nôtres. C’est donc à la recherche de « ce Raouf » que je me suis rendu chez lui lors de son dernier passage à Paris pour tenter de percer sa complexité qui se trouve aussi être celle de chacun d’entre nous.
L’accueil fut chaleureux et le courant est très vite passé avec ce communiquant né. La rencontre qui avait débuté entre deux bloggeurs qui se connaissaient à-peine, c’est transformée au fils du temps en une conversation décontractée où la franchise et le manque total de langue de bois furent la règle. Au point où j’avais vraiment du mal à sortir ma caméra pour filmer ces instants comme par une réaction égoïste, volant garder ce privilège pur moi tout seul. Mais après quelques heures d’une discussion aussi agréable qu’intéressante je me suis résigné à commencer à filmer. Je me suis donc caché derrière ma caméra comme pour disparaitre en posant le moins de questions possibles laissant la liberté à Raouf de se présenter et de nous livrer son approche du blogging qu’il voit surtout comme un moyen de s’affranchir de toutes les formes de censure. Inutile de vous en dire plus, le mieux étant de l’entendre le raconter lui-même (voir la vidéo). Cet entretien aurait pu se prolonger jusqu'à pas d’heure, aucun de nous n’avait vraiment envi que cela s’arrête, mais à 10 minutes du « iftar » (la rupture du jeûne), il me fallait bien se résigner à laisser Raouf partir la où il était attendu depuis déjà un moment.
Dans le métro qui me ramenait chez moi et avec les mots de Raouf qui résonnaient encore dans ma tête, je n’arrivais toujours pas à comprendre comment un artiste d’un tel calibre ne puisse pas trouver la place qu’il mérite dans notre espace médiatique pourtant sinistré. Comment expliquer que son spectacle « echikouloulou », qui traite de l’éducation sexuelle et de la prévention contre le sida ait été officiellement torpillé par (et c’est encore plus inimaginable) le ministre de la culture lui-même, qui voyait en ce spectacle, qui regorge d’ingéniosité pédagogique, un danger pour « l’harmonie familiale » et qui ne voyait aucune utilité à le promouvoir et l’encourager. Comment se fait-il que son dernier one man show « inaaber wella men abbarchi », qui traite de la nécessité vitale de s’exprimer et de l’importance fondamentale de la parole soit exclu de fait de tous les festivals nationaux et régionaux. Comment est-il concevable, et alors que la télé tunisienne offre sans compter ses espaces publicitaires à des productions douteuses alors qu’elle reste désespérément fermée au travail de Raouf Ben Yaghlane. Beaucoup de questions auxquelles je ne trouve pas de réponses sauf celle de la peur de ceux qui nous gouvernent face à un ésprit libre qui refuse «la politisation de la culture » lui préférant « la « culturisation » de la politique » !
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lundi 10 septembre 2007
Lessons in digital advocacy
Sami pointed me to a new campaign put together by his comrade in arms, Astrubal, the author of the Apple 1984 remix… the one that preceded the Obama remix by three years. The target of their campaign is Tunisian President Ben Ali and his private plane. The Tunisian press rarely reports on Ben Ali’s trips outside of Tunisia - as Sami put it in a blogpost, translated by Amira Al Hussaini for Global Voices: “As we all know, Tunisian President Ben Ali has cut down on his travels since 2005, as he rarely leaves his safe fortifications in Tunisia. Records also show that his trips to Europe during the time those pictures were taken did not exceed three. He visited Geneva in December 2003, Rome in May 2004 and Malta in June 2005.”
fueled at taxpayer expense, is being used to accomodate vacations in the south of Spain or shopping excursions in the fashion centers of Europe. Astrubal and others have found numerous photos of the Presidential plane in European airports, photographed by amateurs and posted on sites like airliners.net and jetphotos.net. Using the photos, their locations and dates, Astrubal has built a flightplan for the Presidential jet, and rendered it in Google Earth, adding text, photos of the planes and a dramatic score.
The result is a little over the top, but it’s a compelling (and funny) way to draw attention to a situation that might represent abuse of presidential power. In an age where most advocacy groups are just starting to figure out how to use blogs or mailing lists, it’s impressive to see activists sewing together Google Earth, community photography sites and video authoring.
The Tunisian government may have thought it was compelling as well. Dailymotion, a popular French video sharing site, is once again blocked in Tunisia, possibly due to the presence of the video. There’s a subtext to the questions Astrubal is asking in his video, Sami tells me, undertones that would be clear to me if I knew more about Tunisian politics. Ben Ali is quite old and is believed to be somewhat infirm - frequent, unreported travel to Europe might indicate that he’s seeking medical care outside Tunisia. Or frequent trips to Malta might reflect that the plane is being used for business travel by the President’s wife.
Whether or not you’re worried about the use or abuse of the Tunisian president’s plane, there’s something very cool about seeing the wide range of tools Tunisian activists are willing to use to promote their struggle against a dictatorial government. I’m always learning from Sami, and advocates as a whole should be watching the Tunisian activists closely, looking for lessons in digital advocacy.
Publié Sur le Blog de Ethan Zuckerman, September 8, 2007
Lu sur : Nawaat.org
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