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mardi 24 juillet 2007

Libre !!!





ême si beaucoup attendaient cette nouvelle avec impatience, même si à chaque fête nationale, beaucoup caressaient l’espoir de le voir enfin libre, l’annonce faite aujourd’hui de la libération de Mohamed Abbou, est une totale surprise même pour ceux qui suivaient de prés son dossier. Une grande surprise, mais aussi une grande joie, en premier lieu pour sa courageuse femmes et ses deux enfants, mais aussi pour ses amis et tous ceux qui se sont indignés de cette injustice qui n’avait que trop durée.

Bien qu’aujourd’hui la priorité est de savourer cette bonne nouvelle porteuse de beaucoup d’espoir, il n’empêche qu’il ne faut pas oublier que ce n’est qu’une libération conditionnelle, ce qui implique que maitre Abbou sera sous contrôle judiciaire avec toutes les dérives qu’on lui connait dans notre triste système judiciaire. C’est d’autant plus injuste que les deux accusations qui pèsent toujours sur Mohamed Abbou, sont fallacieuses et ne reposent que sur des mensonges et des calomnies. La vigilance est donc toujours de mise pour que sa liberté conditionnelle ne se transforme pas en enfer comme c’est le cas pour beaucoup d’autres anciens prisonniers politiques dont Abdallah Zouari et bien d’autres.

Aussi, et bien que ce ne soit pas le moment, je ne peux pas ne pas penser, à ceux qui ont dénigré, insulté et même des fois réjouis de ce qui est arrivé à ce courageux avocat et à d’autres malheureux prisonniers de la dictature. Je ne peux pas, même en ces moments de joies, chasser de mon esprit les mots et les phrases vomis par certaines énergumènes, ici est la sur le net et ici même sur cette blogosphère. Mais comme on dit chez nous la hal idoum, aujourd’hui l’histoire a donné raison à ceux qui résistent et demain elle jettera dans les affres de l’oubli tous ceux qui par commodité ou pas nature, ont fait le choix de la lâcheté.



mardi 5 juin 2007

L'union des dictateurs et des bénis oui-oui !



Ruerunt in servitudinem*



omme elle a si bien appris à le faire, la blogosphère tunisienne patentée…Tunisphère pour les intimes, a encore une fois joué son rôle à merveille. Comme cela ne vous a certainement pas échappé, elle a célébré le 1er juin et en grande pompe, la journée pour le Grand Maghreb. Une journée mémorable où les bloggeurs tunisiens ainsi que leurs amis maghrébins se sont réunis dans la joie et la bonne humeur pour dire leur amour pour cet espace fantasmé et mal défini. Entre l’Union du Grand Maghreb et le Maghreb Arabe Uni, les avis divergent mais l’essentiel n’est il pas de marquer le coup ?

Et le coup, ils l’ont bien marqué, tous fière d’arborer leurs beaux logos, ils se sont longuement félicités et congratulés sur leur brillante idée. Chacun a alors donné sa vision de son Maghreb à lui. Sérieux et fières de leurs bêtises, ils ont pourtant oublié une donné fondamentale, une de celle qui conditionne toute cette guimauve unioniste : ils ont oublié ou feint de le faire, qu’ils ne sont, tout simplement, pas libres, ne disposant ni de cette terre qu’ils veulent voir sans frontière, ni du contrôle de leurs propres vies qu’ils veulent liées à celles de leurs voisins ! Ce qui revient en somme à vouloir disposer à sa guise d’un bien déjà donné en gérance exclusive à d’autres. Que ce soit pour les pays et ce qu’ils renferment en ressources et en richesses où qu’il s’agisse de leurs propres vies, ils ne sont plus que des locataires.

Le plus drôle ou dramatique dans cette initiative, c’est que le seul effort intellectuel que son instigateur a consenti à faire, était celui de changer l’entête de son blog ! Illustrant les références culturelles de ce dernier, à savoir, sexe, Cetlia et fazzani mirtah, cette composition artistique a failli tout faire capoter, beaucoup estimant qu’elle était contraire à la morale et aux bonnes meures alors qu’elles auraient même pu être la devise de la Tunisphère. L’effort était tellement surhumain qu’il est retourné à son ancienne mise en page à peine cette journée mémorable écoulée. P’tite frappe Boy, un spécialiste du « tanbir », comme il s'auto-proclame lui-même, ne s’en cache pas pour dire qu’il en avait marre d’être sérieux. D’ailleurs il recommande à tous ceux qui ont participé a cette journée de ranger leurs beaux logos jusqu'à l’année prochaine date à laquelle ils pourront à nouveau jouer aux émissaires de l’union et de la paix dans le Maghreb et, pour quoi pas…dans le monde entier. A l’instar de la meurtrière Star Academy Maghreb, à la fin de chaque saison on range le décor et on passe à autre chose. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que le site officiel de cette émission télé, n’a pas raté l’occasion de récupérer ainsi une si belle initiative. Tous ce qui peut abrutir est bon à prendre et ce n’est pas à ces spécialistes du marketing émotionnel qu’échappera un tel parallèle. L’année prochaine on verra peut être les blogueurs maghrébins ainsi unis, à la place du jury de l’émission.

Dans un texte franchement pathétique, la très vaillante MettalicNaddou, chauffée à blanc, allant jusqu'à s’emmêler les pinceaux en s’adressant à Sami en employant la troisième personne du pluriel ! S’indigne, qu’à chaque fois qu’elle et ses camarades voulaient faire « quelque chose à plusieurs », « ils » (je présume les remplis « d'amertume et de déception »), viennent pour gâcher cette orgie militante. Je peux comprendre que cela puisse être gênant. Mais n’est-il pas étrange, pour celle qui crie au sectarisme, de qualifier de tous les mots et les maux, une seule personne ou du moins une petite minorité ? Il a suffit d’un seul texte, une seule note discordante, sur des dizaines presque à l’unissons. Une seule expression franche sur des dizaines d’insipides professions de foi, suffit pour crier au crime de lèse-majesté. Si ce n’est pas une attitude totalitaire, ça doit en être une proche cousine. Mais la volonté d’uniformatisation de la pensée n’est elle pas une des grandes avancées du changement démocratique du 7 novembre ?

Cette réaction est pathétique aussi parce qu’elle montre une mauvaise foi que je ne soupçonnais pas chez cette personne. Elle crie au mépris et exige le respect pour les convictions et les degrés d’implications de chacun tout en se permettant de distribuer ses bons points pour ceux qui savent être, comme elle, « subtils et intelligents ». Pour les autres, les Abbou et compagnie qui sont donc par opposition à « subtils et intelligents », bornés et stupides, ils n’ont rien compris au militantisme et à l’engagement. Elle se croit donc légitime quand elle estime qu’une personne comme Abbou n’a pas fait le bon choix en s’exposant ainsi alors qu’elle s’indigne qu’on critique son choix, ou celui de ses semblables, de vivre dans le consensus. Un avocat ayant fait serment de défendre ses clients et de veiller à ce que justice leur soit faite, que peut il faire d’autre s’il est honnête avec lui-même et avec ces engagements que de dénoncer les conditions de leurs détentions et les tortures qu’ils subissent dans les geôles de notre chère pays. Mais il parait que le sens de l’engagement, l’honnêteté intellectuelle, le courage, ne sont pas affaire de « simples citoyens », comme elle se définie elle-même.

L’envolé patriotique de Nadia montre également sa vision biaisé du sentiment d’appartenance à la Tunisie qu’elle conditionne à la présence physique sur le territoire nationale. Les personnes qui n’ont pas se privilège sont censé ne plus savoir à quoi ressemble la Tunisie. Drôle de conception alors que bon nombre de bloggeurs, que pourtant elle classe dans son camp, celui « des subtils et intelligents », ne vivent pas en Tunisie. En se basant sur son échelle de jugement, un bloggeur comme Samsoum, qui vie aux Etats-Unis, ne peut avoir qu’une vision fantasmé de la Tunisie ? Houssein, le gourou de cette Tunisphère et l’un des ses plus représentatif spécimen, qui est aussi citoyen canadien, impliquer jusqu'à dans la vie politique de son deuxième pays, n’aurait donc pas de légitimité à être l’administrateur de l’annuaire référence des blogs tunisiens ? Un Tarek, aussi antipathique soit-il, n’aurait donc pas le droit de déblatérer sur les obstacles aux développements (même si il en constitue un lui-même) dans notre pays puisqu’il vie dans les dorures d’Oxford ? Les exemples ne manquent pas pour montrer l’absurdité de l’analyse faite par Nadia qui nous a indéniablement habitué à mieux. A moins que ce soit le statut de « réfugié politique » qui lui pose problème ? Dans un autre registre et sur une autre échelle, je l’invite chaleureusement à reprendre ses livres d’histoires et de se renseigner sur le rôle des étudiants tunisiens à l’étranger (spécialement en France) dans le combat pour l’indépendance et le rôle toujours aussi actif dans les années qui ont suivi.

En fin de compte, ce qui est regrettable dans cette affaire c’est de mettre en opposition le droit d’agir selon ses moyens et ses convictions et le droit tout aussi valable de critiquer les actions et les avis des un et des autres. Bien que toutes personnes est libre d’exprimer ses conviction (ou ses manques de convictions), aucune n’est exemptée de critique ou de remise en cause. Quand on a le courage d’exprimer ses opinions on doit se prémunir de se même courage pour accepter d’en répondre. Ceux qui y voient une question de personne montre en réalité l’étendu de leurs égaux surdimensionnés.

Quand cette Tunisphère, appel à soutenir trois blogs censurés, tout en s’efforçant d’enlever à cette manifestation toute portée protestante allant jusqu’à prier tout ceux qui se sont déclarés solidaires mais qui ne correspondaient pas aux exigences des organisateurs de cette manifestation, de cacher leur soutient. Nadia, l’une des initiatrices de cette action, avait même dit explicitement que cette action était destinée exclusivement à la Tunisphère. Tous ceux qui n’y étaient pas admis étaient priés de s’en écarter. D’ailleurs dans la liste des participants à cette manifestation de solidarité, plusieurs blogs pourtant solidaires, ne sont même pas mentionnées. Depuis plusieurs blogs tunisiens ont été censurés sans que cela suscite la moindre « note blanche », ni noire ni d’aucune autre couleur. Mokhtar Yahyaoui par exemple, qui a été solidaire de tous ce que cette blogosphère a entrepris, a vu son blog personnel, puis le blog d’information, Tunisia Watch, censurés, encore une fois, sans que cela ne suscite la moindre réaction. Ils étaient pourtant fiers de dire que le juge soutient leur action du 1er juin ! Le juge et blogueur Mokhtar Yahyaoui, est égale à lui-même et à ses convictions quand il soutient la liberté d’expression des blogueurs ou qu’il manifeste son soutien pour le Grand Maghreb, malheureusement cela est loin d’être le cas pour bon nombre de ses compatriotes blogueurs.

Devenues maîtres dans l’art de « regarder ailleurs alors que la maison brûle », les étoiles (filantes) qui évoluent au sein de la Tunisphère, n’hésitent pas à faire leurs les plus improbables et les plus inutiles et prématurées des causes. Tout ce qui peut avoir l’aspect de la contestation sans sortir du cadre du conformisme ambiant ; Tout ce qui peut leurs donner une bonne conscience sans pour autant les contraindre à se frotter à la réalité ; Tout ce qui peut donner l’illusion du mouvement sans toute fois aller jusqu’a faire bouger les choses ; Tous ce qui pourrait donner l’apparence d’une certaine liberté, d’une certaine prise d’initiative, d’un semblant de volonté d’organisation, tout en se défendant de remettre en cause quoi que ce soit est reçu comme du pain bénit par cette bonde de bénis oui-oui.

Conséquence de cette politique de l’apparence, qui fait rage sur la scène politico-médiatique nationale, c’est qu’elle sert en premier les intérêts de la dictature et de la pensée unique. Qu’elle l’admette ou pas, que cela soit volontaire ou inconscient, et avec tous le respect que j’ai pour certains et la tolérance que dois à tous, la Tunisphère sert en premier les intérêts de la dictature en Tunisie. Il est clair que pour ce premier juin par exemple il était plus rassurant pour les tenants du régime de voir les blogueurs tunisiens faire semblants de bloguer pour le Maghreb que de commémorer le 48ème anniversaire de la promulgation de notre si chère mais si bafouée constitution garante de notre république !

La Boétie disait dans son « discours sur la servitude volontaire », que « Pour être esclave, il faut que quelqu'un désire dominer et...qu'un autre accepte de servir ! ». Partant du principe que ceux qui sont privés de leur liberté sont mille fois plus nombreux que ceux qui s’exercent à les maintenir dans cette privation, on ne peut qu’en déduire qu’ils ne sont en servitude que parce que, quelque part, ils l’acceptent volontiers. La lâcheté qui sert de prétexte, avoué ou caché, à beaucoup de candidats à l’esclavage intellectuel, ne peut a elle seule expliquer un comportement aussi contraire à la nature. Mais désormais, pour « servir », ceux qui « aspirent à dominer », les ressources ne manqueront plus. Surtout que celles-ci viennent d’afficher solennellement leur volonté d’être collectivisées.


* Ils se ruèrent vers l’esclavage


mardi 22 mai 2007

Science Po rend hommage à la Palestine

Merci Amira pour L'info



Sous le Haut patronage de Son Excellence Madame Hind Khoury,
Déléguée générale de la Palestine en France,

Un printemps Palestinien

L’association ADALA Sciences Po
a le plaisir de vous convier à une soirée hommage sur le thème :

« Etudier En Palestine »

Le Jeudi 31 mai 2007 à 18h30

Sciences Po/ Anciens locaux de l'ENA.
13 rue de l'Université
75007 Paris
Métro : Saint Germain des Près ou Rue du Bac.
Amphithéâtre Jean Moulin.



PROGRAMME :

  • Participation de Hind Khoury, Déléguée Générale de la Palestine en France.
  • Un documentaire sur la vie des étudiants palestiniens en Cisjordanie, réalisé en partenariat entre Claire Duguet et l'association Adala. Ce documentaire réalisé lors d'une mission des membres d'Adala en février 2007 dans les Territoires Occupés Palestiniens, sera projeté en avant-première. La réalisatrice, Claire Duguet, ainsi que les étudiants s'étant rendu sur le terrain seront présents pour répondre à vos questions.
  • Une troupe de Dabkka «Al-Awda» (danse traditionnelle du Proche Orient) composée d’étudiants palestiniens.
  • Un groupe de Musique Orientale, «Sama»
  • Une exposition de photos sur le thème « l’éducation en Palestine » dans « la Péniche » à l’entrée de Sciences Po.



Entrée Gratuite

Réservation obligatoire à l’adresse émail: adalascpo@gmail.com
Pour tout renseignement: 06.11.58.19.55



.

samedi 19 mai 2007

Tunisia Watch censuré en Tunisie !




e blog d’information Tunisia Watch est censuré en tunisien depuis le 14 de ce mois. Je viens de l’apprendre en lisant le dernier texte du juge Mokhtar Yahyaoui, un texte qui sonne comme un réquisitoire contre l’absurdité de la censure, une des ignobles facettes d’une dictature en pleine déconfiture morale et politique.

Ayant très modestement contribué à alimenter ce blog, (essentiellement à ses débuts), j’ai pu remarquer à travers les statistiques du site, l’augmentation rapide du nombre de visiteurs. Pour le mois d’avril dernier par exemple prés de 130 000 pages ont été visitées par plus de 17 000 personnes. Ce qui fait de Tunisia Watch un des blogs les plus visités de la blogosphère tunisienne. Un travail remarquable que le juge Yahyaoui accomplit avec une régularité et une persévérance exemplaire (la très discrète Mira y contribue également). Voilà sûrement une autre raison pour laquelle le régime tunisien impose sa censure injuste et illégale.


Impression d'ecran des statéstiques du Blog Tunisia Watch pour le mois d'Avril 2007


Censurer le énième blog de Mokhtar Yahyaoui puis, maintenant, Tunisia Watch, c’est s’attaquer aussi à l’un des premier blogueurs tunisiens, à l’une des rares personnalités de la société civile tunisienne à avoir des rapports apaisés avec les nouvelles technologies et à avoir osé affronter les débat féroces et irrévérencieux des forums de discutions. Il est aussi l’un des rares à croire sincèrement au potentiel exceptionnel de l’Internet. Alors que dire de plus que mon dégoût face à un régime qui sombre de plus en plus dans l’absurde et qui se comporte avec l’Internet comme si c’était les services des PTT. Une gestion archaïque et hypocrite d’une technologie qui dépasse les autorités des gouvernements et les frontières des pays.

Bien évidement le meilleur moyen de rendre cette censure inefficace, c’est d’user de tous les outils mis à notre disposition pour la contourner. Il est absolument nécessaire de faire en sorte que plus on essaye d’étouffer une source d’information, une voix, une parole, et plus nous devons la diffuser, la propager, la rendre visible à tous.


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Ils veulent nous faire taire !


ux centaines d’amis en Tunisie qui ont pris l’habitude de se connecter sur TUNISIA Watch chaque jour, je leur dis - comme certains d’entre eux l’ont remarqué eux même déja – que cette page d’information et de commentaires attachée à mon blog (lui-même censuré) vient d’être à son tour censurée à partir du 14 mai 2007 en début d’après midi.

Qu’est ce qui a pu ne pas plaire à la dictature à ce moment précis ?

Doit on vraiment se demander ce que doit plaire au pouvoir pour qu’on puisse vivre et s’exprimer librement dans son propre pays ? Certainement pas. Quand on lutte pour un Etat de droit on ne doit se soumettre qu’a la loi, c’est à elle seule qu’on doit respect et qu’on lui reconnaît le droit de nous partager avec ceux que certains propos peuvent ne pas accommoder. C’est au pouvoir de nous satisfaire et c’est lui qui nous doit des comptes à chaque instant et pour chaque acte d’autorité qu’il accomplit en notre nom ou en nous trompant. C’est à nous d’être vigilent face au pouvoir et de lui tenir compte de chaque déclaration et de chaque acte de gouvernement. Malheureusement ce n’est pas un pouvoir ou plutôt le pouvoir qu’on aurait choisi qu’il nous gouvernait que nous avons. C’est une dictature. En dictature tout devient à l’envers.

Une dictature qui veut imposer l’omerta. N’est- il pas légitime de se demander POURQUOI ?

Ce n’est pas du droit de libre expression seulement qu’on est privé en Tunisie quand en se montre critique ou mécontent du parrain. Autant le pouvoir est devenu synonyme de fortune et de fulgurantes ascensions la moindre animosité à son égard est devenue aussi synonyme de ruine et d’abominables clavaires. Même au pays les plus riche de la planète il n’y a pas autant de milliardaires au pouvoir, chez nous ce ne sont pas seulement les responsables aux pouvoir qui font fortune mais leurs familles alliers parent et amis. Plus vous êtes proche du pouvoir plus vos affaires sont cotés et rapportent plus. C’est la seule loi que reconnaît notre marché. L’offre et la demande en soumission et inconditionnel assujettissement. Chez nous en Tunisie la corruption n’existe plus diront nos tyrans mais on est devenu le seul pays au monde ou on est obligé de donner de pots de vains même pour obtenir une assistance sociale qui permet de sauver ses enfant de mourir de faim. Savez vous qu’est ce qu’ils donnent ceux qui n’ont plus rien à donner. Ils donnent leur filles ou leur femmes pour devenir domestiques chez le dernier corrompu de l’administration. Ils se font exploiter par le gouverneur, par le délégué et par le oumda. Pour un service d’un jour ils font traités en esclaves pour toujours. Cela s’appelle patriotisme ici .Ils sont dépossédés de leur dignité.

Je n’ai rien dis de plus que tout le monde connais d’un système qui est entrain de dépouiller notre pays, d’hypothéquer l’avenir de mes enfants et de nous mener vers de sombres horizons.

Devrai-je ne pas publier ce communiqué de la CRLDH concernant ces jeunes sauvagement torturés au point de perdre la raison ou cet autre qui parle de ce parti d’opposition menacé d’être exclu de son siège et qui ne réussi pas à trouver des locaux à louer depuis des mois pour ses sections dans dix chef lieu de gouvernorat. Devrai-je ne pas rapporter ce message poignant d’Abdallah Zoouari condamné arbitrairement à cinq ans de bannissement après avoir passé plus de dix ans de prison pour crime d’opinion et qui nous dit au secours aidez moi à rejoindre ma famille. Devrai-je ne pas faire rappeler le calvaire arbitraire subi par maître Mohammed Abbou depuis maintenant plus de deux ans. Comment veulent ils qu’on oubli ceux qu’ils détiennent encore dans leurs mouroirs depuis plus de 15 ans parce qu’il se sont opposés à eux depuis leur débuts.

Pourquoi devrai-je me priver de faire la comparaison entre l’arbitraire qui sévit partout chez nous et leur mode moyenâgeux de gouvernement et relever l’efficacité d’un système démocratique que les dernières élections françaises nous a donné la possibilité de vérifier. Pourquoi ne veulent-t-ils pas peut être que le bâclage de la justice pour l’empêcher de déterminer les véritables responsabilités des suites du dernier drame de Sfax ne soit pas abordé. Pourquoi tout est magouilles, tout est mystification, censure et désinformation ?

Ils veulent nous faire taire. Lisez s’il vous plait le dernier message concernant la mise au point de ces magistrates de la direction légitime de l’association des magistrats tunisiens. C’est une alerte pour tout les tunisiens. Que peut on attendre encore d’un pouvoir qui traite ses juges de cette façon et qui ment à ses parlementaires.

Pour la dictature je n’ai rien plus à dire sauf continuez à censurer, ceux qui ne peuvent plus lire n’ont plus besoin de chercher l’information pour entendre tout ce dont le pays est en tarin de grouillersur les magouilles et les forfaits occultés. Même si vous parvenez à faire taire tous les tunisiens on n’a plus besoin ni d’entendre ni de voir pour savoir, l’odeur de ce qui se manigançait empeste l’air qu’en est en train de respirer.

Pour mes lecteurs : Tunisia watch sera consultable sur un autre lien et un Tunisia Wach journal en PDF sera publié groupant les articles de tous les 15 jours et envoyé par mail aux 303 personnes déjà inscrit sur la liste de diffusion et téléchargeable directement.

Yahyaoui Mokhtar 15 Mai 2007

Texte publié sur Tunisia Watch le 16 Mai 2007



Cliquez sur l'image pour Télécharger Tunisia Watch en Version PDF







Silencing Monem ?






Ici le contenu alternatif (image, texte)

Silencing Monem? By Malek for Free Monem Campaign


samedi 5 mai 2007

Liberté pour Monem, Liberté pour Kareem


REPORTERS SANS FRONTIÈRES LANCE UNE PETITION EN FAVEUR DES BLOGUEURS KAREEM AMER ET ABDUL-MONEIM MAHMOUD


Six mois après l’arrestation de Kareem Amer, Reporters sans frontières lance une pétition pour demander la libération du blogueur et de son confrère, Abdul-Moneim Mahmoud. Dans ce texte, que les internautes sont appelés à signer en ligne, l’organisation demande aux responsables du Forum sur la gouvernance d’Internet (IGF), conférence organisée sous l’égide de l’ONU, de refuser que l’Egypte soit l’hôte de cet événement, en 2008, si les deux blogueurs ne sont pas relâchés.

Signez la pétition sur : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=21993

Le texte de la pétition :

“Nous demandons la libération d’Abdel Kareem Nabil Suleiman (Kareem Amer) et d’Abdul-Moneim Mahmoud, emprisonnés pour avoir exprimé leurs opinions sur Internet. Nous appelons les organisateurs du Forum sur la gouvernance d’Internet à intervenir en faveur de ces deux blogueurs auprès des autorités égyptiennes. Il serait inacceptable qu’un sommet onusien sur l’avenir d’Internet se tienne dans un pays qui emprisonne des blogueurs.”

Cette pétition sera envoyée, le 6 novembre 2007, soit un an après l’arrestation de Kareem Amer, au président égyptien Hosni Moubarak, au coordinateur exécutif de l’IGF, Markus Kummer, ainsi qu’au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

Kareem Amer

Abdel Kareem Nabil Suleiman, plus connu sous le nom de plume Kareem Amer, a été arrêté, le 6 novembre 2006, pour des articles publiés sur son blog (www.karam903.blogspot.com). Il dénonçait régulièrement les dérives autoritaires du gouvernement de Hosni Moubarak et critiquait les plus hautes institutions religieuses du pays, en particulier l’université sunnite Al-Azhar, dans laquelle il étudiait le droit. Le blogueur a été condamné, le 22 février 2007, à trois ans de prison pour avoir “incité à la haine de l’islam” et à un an pour avoir “insulté” le président égyptien. La sentence a été confirmée en appel le 12 mars.

Abdul-Moneim Mahmoud

Abdul-Moneim Mahmoud, responsable du blog Ana Ikhwan (www.ana-ikhwan.blogspot.com), a été arrêté le 14 avril 2007. Il est officiellement accusé d’appartenance à une “organisation illégale”, les Frères musulmans, mais sa détention semble en réalité liée aux textes et photos qu’il publie en ligne et à son travail de dénonciation des tortures commises par les services de sécurité.

Les premières associations et blogueurs ayant signé la pétition :

- The Free Kareem campaign (www.FreeKareem.org)
- Free Monem (http://freemonem.cybversion.org/)
- Alaa & Manal (http://www.manalaa.net)
- HAMSA initiative of the American Islamic Congress (www.hamsaweb.org)
- Dalia Ziada (http://daliaziada.blogspot.com)
- Milton Mueller, partner, “Internet Governance Project”(www.internetgovernance.org/)
- Ethan Zuckerman - My Heart’s in Accra, htttp://ethanzuckerman.com/blog
- Soci of Singabloodypore at http://singabloodypore.rsfblog.org
- Christophe Grébert (www.monputeaux.com, www.webcitoyen.com)
- Olivier Grobet (Humanitaire.ws)
- Christophe Ginisty (http://www.ginisty.com)
- Cristiano de Sá Fagundes (www.e-squina.blogspot.com)
- Nicolas Vanbremeersch (www.versac.fr)
- Pierre Catalan (http://pierrecatalan.hautetfort.com)
- Sami Ben Gharbia (http://www.kitab.nl/)
- Solana Larsen (http://www.solanasaurus.com)
- Dan Larsen (http://www.blogbyblog.dk)
- Hervé Resse (http://blog-hrc.typepad.com/ressepire)
- Florentine (http://www.Florentine.typepad.com)
- Andriy Ignatov,Maidan International (www.activist.org.ua/eng/)
- Fred de Mai (www.fdmai.com)

jeudi 3 mai 2007

Article 19 : Free Abdel-Monem Mahmoud




l ya des vérités qui ne faut jamais hésiter à rappeler. Surtout quand c’est à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse et alors que des dizaines de journalistes et de bloggeurs ou simplement des citoyens, à travers le monde, sont enlevés, emprisonnés, torturés et même assassinés. Ce droit est aujourd’hui de plus en plus contesté non seulement pour les journalistes, mais aussi à des millions de citoyens dans le monde.

Abd El-Monem Mahmoud est l’un de ces journalistes-bloggeurs, qui, pour avoir usé de son droit fondamental de s’exprimer et informer librement se retrouve aujourd’hui en prison.

Alors en cette journée il est plus que jamais nécessaire de rappeler ce droit garanti par l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’Homme :

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.


Plus que jamais défendre la liberté de ceux qui en usent c’est en réalité défendre notre liberté à tous.


Free Monem Campaign







Monem Was Blogging Freedom
By Sami Ben Gharbia - Freemonem.cybversion.org



s the world celebrates World Press Freedom Day an Egyptian blogger, Abdel Monem Mahmoud, sits in jail, his only crime his desire for a more open Egyptian society. We cannot let the regime succeed in silencing him. We have to show the Egyptian regime that when you imprison a blogger, you don’t silence his voice, you AMPLIFY it! How? By taking action! Here’s what you can do:

1. Watch the protest video. Share it with your friends.

Global Voices Advocacy Director Sami Ben Gharbia has created a video which powerfully explains the reasons for the detention of Monem and demands his freedom. View it. Share it. Post it on your blog:
http://freemonem.cybversion.org/2007/04/29/monem-was-blogging-freedom/

2. Add the Free Monem quote randomizer badge to your blog’s sidebar.

Yeah, we think it’s pretty cool. Activist tech guru Astrubal has created a sidebar badge which cycles through a stream of Monem’s blog quotes (à la Amnesty’s Irrepressible campaign). Fortunately for us, Monem is an eloquent writer. Here’s a taste:

“We [Egyptians] claimed freedom for others and forget our own freedom”

“If I taught a woman to wear a veil, I should teach her to claim her right to enter the university wearing the veil.”

“Freedom is now an obligation and should be implemented before Sharia’a”

Yeah, we think he’s pretty inspiring too. The symbol of a brighter future for the Middle East, in fact. So let’s make sure he gets his freedom, not just by posting his words on World Press Freedom Day, but by broadcasting his words every day. You can get the badge here on our “banner and badges” page or you can just insert the following embed code into your blog:


3. Re-publish Monem’s posts on your own blog.

For the last few days a crack team of volunteers from around the world has been translating Monem’s posts so millions of new readers can read his censored speech. Let’s show Mubarak that his attempt to silence this blogger has been completely counterproductive. Instead of reducing the number of people who read Monem’s words, let’s make sure that the number of readers increases… exponentially!

It’s easy to take part! Just pick a post by Monem from the list below and copy and paste the whole thing (or an excerpt) into your own blog. It would also be great if you could tag your post (using Technorati or deli.cio.us) with the words “FreeMonem” to help us keep track of how many people take part in this action.

MONEM’S POSTS… for you to republish on your blog

Free the Brothers…Free Abdel Kareem… Free Egypt 3/7/07 (one of our favorites - Monem calls for jailed blogger Kareem’s release and points out how secularists and Islamists face the same oppression by the Mubarak’s regime)

The Fourth Anniversary of the Torture of Detainee #25 4/14/07 (essential reading - moving account of torture by Egyptian security forces during his imprisonment in 2003 )

Alexandria University Detour 11/1/06 (frustration with the Muslim Brotherhood at his university and a call for Egyptians to demand their freedom… excerpt)

Birds’ Voices 2/12/07 (how blogging is changing the Muslim Brotherhood… excerpt)

Thanks so much for your support. If you have any questions please contact:

Nora Younis
freemonem@gmail.com
languages: English, العربية

other members of the Free Monem campaign include:
Alaa Abd El Fattah (Egypt)
Amr Gharbeia (Egypt)
Astrubal (Tunisia)
Fatima Azzahra El Azzouzi (Morocco)
Malek khadhraoui (Tunisia)
Mary Joyce (USA)
Sami Ben Gharbia (Tunisia)
S.A (Morocco)


vendredi 6 avril 2007

Halte à la censure de Dailymotion en Tunisie

banner


près les sites et blogs tunisiens censurés, le régime de Ben Ali vient de s’attaquer à Dailymotion.

Bloqué depuis le 1er avril 2007, ce service d’hébergement et de partage vidéo est devenu, il est vrai, l’un des espaces d’expression favoris des Tunisiens. Par son biais, ils ont pu faire partager leurs trouvailles et mettre en ligne des vidéos impossible à diffuser sur les médias audiovisuels locaux, tant ils sont étouffés par la censure. Ainsi, Dailymotion a-t-il permis à beaucoup de Tunisiens de soumettre au public leurs goûts musicaux, mais aussi leurs vidéos personnelles en étant très actifs par les commentaires qu’ils pouvaient y attacher.

(April 7th, 2007) Recent PrintScreen of the 404 - Page Not Found [ISP Topnet]

Pour justifier la censure sur internet, le régime tunisien excipe l’argument des atteintes aux bonnes mœurs locales notamment par la pornographie. Pourtant, les conditions générales d’utilisation de Dailymotion répondent également à cette exigence en permettant à quiconque de signaler et ainsi permettre d’éliminer les contenus répréhensibles.

Curieux argument que celui de vouloir ainsi protéger les Tunisiens alors que des sites comme Human Rights Watch (sur sa page Tunisie) ou d’autres ONG sont censurées. La censure de Dailymotion ne trompe personne. Il ne s’agit ni plus ni moins que de réduire encore plus les espaces sur lesquels les tunisiens s’expriment librement.

Aussi, nous, bloggueurs et internautes Tunisiens, exigeons la levée de cette censure indigne qui frappe aussi bien Dailymotion que d’autres sites et blogs.

Nous lançons également un appel à toute la communauté des bloggeurs pour nous soutenir dans cette dénonciation de la censure qui nous frappe en arborant sur leurs sites et blogs les bannières “Unblock Dailymotion in Tunisia”.




إرفعوا أيديكم عن موقع دايلي موسيون


small logo gold Arabic


بعد الحجب الذي طال بعض المواقع و المدونات التونسية، عمدت السلطات التونسية مؤخرا إلى حجب موقع دايلي موسيون المتخصص بمشاركة الفيديو و ذلك ابتداءا من غرة أفريل 2007.
و يـُعد موقع دايلي موسيون من أكبر المواقع التي يرتادها الشباب التونسي نظرا لمساحة الحرية التي يضمنها و التي تتيح لهم عرض أشرطتهم و مشاركة ما لا يمكن مشاهدته أو بثه على الوسائل السمعية و البصرية المحلية التي طالتها يد الرقابة. فقد سمح موقع دايلي موسيون للتونسيين تقاسم ميولاتهم الموسيقية و أشرطتهم الشخصية و سانحا لهم المجال لنشر ردودهم و التفاعل الحيّ مع أترابهم و زوار الموقع.

لقد اعتاد النظام التونسي على استخدام ذريعة حجب المواقع الإباحية المنافية للأخلاق الحميدة من أجل إحكام سيطرته على الشبكة و حجب المواقع التي تحتوي على معلومات و آراء لا تروق له. و من المفارقة هنا أن النظام الداخلي لموقع دايلي موسيون يسمح بتعقب مثل هذه المواد اللا أخلاقية عبر علم الإعتراض الذي يلجئ إليه المستخدمون لتنبيه إدارة الموقع إلى بعض المواد المنافية للأخلاق أو للقوانين أو للحقوق الفكرية و التي غالبا ما يتم حذفها من الخدمة.

ذريعة “حماية الأخلاق” التي تـُفرط السلطات التونسية في استخدامها لا تصمد أمام واقع حجب بعض المواقع الجدية كموقع “منظمة هيومان رايتس ووتش” و مواقع المنظمات الأهلية. و على هذا الأساس فإن حجب موقع دايلي موسيون لا يمكن أن يـُغالط أي أحد إذ لا يتعدي الأمر أن يكون تضييق الخناق على الفضاءات التي يعبر فيها التونسيون عن أنفسهم بحرية.

إننا كمدونين و نشطاء أنترنت تونسيين نطالب السلطات التونسية برفع هذا الحجب الذي يطال موقع دايلي موسيون و غيره من المواقع و المدونات المحجوبة و ندعو كل المدونين الأحرار من تونس و العالم مساندة هذه الحملة عبر نشر لافتتها على صفحات مواقعهم أو مدوّناتهم (أنظر صفحة الافتات).




Unblock Dailymotion in Tunisia


small banner

fter censoring numerous Tunisian sites and blogs, the Tunisian authorities struck again, on April 1st, 2007, by blocking access to the video-sharing service Dailymotion.

Dailymotion has been very popular among young Tunisians, where they have found refuge to share their favorite videos and publish contents that are impossible to broadcast and even to watch on the local mainstream media, given the aggressive censorship prevailing in the country and the limitations the state imposes on media. Dailymotion has given the connected Tunisian youth the opportunity to submit their personal videos, share their favorite music clips and be part of a thriving and dynamic Dailymotion community.

The Tunisian regime has always used the excuse of preserving moral values and protecting society as a means of limiting access to pornography to legitimize the filtering of all kind of critical contents of Tunisia’s human rights record. However, Dailymotion’s Terms of Use deal with this concern and make it possible for users to report all kind of abuses and offensive contents.

Silly argument of protecting moral values when we see the Tunisian regime blocking access to websites like the Human Rights Watch site (pages containing HRW Reports on Tunisia) and numerous other NGO’s websites. The ban of Dailymotion does not fool anyone. It is just a further step towards a crackdown on the online freedom of expression and information.

We, Tunisian bloggers and Internet users, are asking the Tunisian authorities to lift this unfair ban as well on Dailymotion as on all blocked Tunisian sites and personal weblogs. We call on bloggers and internet communities to support our campaign and protest against this censorship by spreading the word and by putting one of these banners or badges (from the banner page ) on their sites and blogs.


Source : le site de la campagne
http://censorship.cybversion.org

mercredi 14 février 2007

S'exprimer n'est pas un crime ! Liberez Karim Amer !



Chers sympathisants,


Kareem, un jeune étudiant de 22 ans, a été emprisonné et mis en confinement solitaire à Alexandrie, en Egypte, pour avoir défendu les droits des femmes et dénoncé sur son blog l'oppression exercée par le gouvernement de son pays. Son procès s'ouvre dans une semaine. S'il restait en prison, sa vie pourrait être menacée.

Un mouvement mondial de mobilisation en faveur de sa libération s'est immédiatement mis en place grâce à Internet. Liberté Chérie est à la tête du mouvement pour la partie française.

Jeudi 15 février sera une journée de mobilisation mondiale. Des événements divers seront organisés à Londres, Washington, Bucarest, Rome, Ottawa, et New York. Nous vous donnons rendez-vous :

Jeudi 15 février de 13h à 14h devant l'Ambassade d'Egypte à Paris 56 avenue d'Iéna Métro Iéna

Il s'agit de manifester notre soutien à Kareem. La liberté d'expression doit être sans cesse défendue. Plusieurs actions sont prévues lors de ce rassemblement.

N'oubliez pas de vous rendre sur http://www.freekareem.org/ et de signer les pétitions sur www.petitiononline.com/KAmer (en anglais) et sur http://www.hamsaweb.com/c2/home.php?id=Kareem2 (en arabe).

En comptant sur votre soutien,

Cordialement,

Vincent GINOCCHIO, Président
Christophe MAILLARD, Secrétaire Général et Porte-parole
Vincent PONCET, Responsable du Pôle Idées
Guillaume VUILLEMEY, Responsable du Pôle Actions et des Comités Locaux
Jacques de GUENIN, Responsable des relations avec les partenaires

Reçu par mail

samedi 13 janvier 2007

Les bloggeurs égyptiens gagnent une bataille dans la guerre contre la torture !

Par rapport à la blogosphère tunisienne (ou la « sphère 7 » comme voulait sérieusement l’appeler Tarek, le plus réac des pseudo-libéraux qui sévissent sur la « Tunisphère »), la blogosphère égyptienne est carrément sur une autre galaxie à des années lumières de la notre. Ce n’est donc pas un hasard que c’est le blog de Wael Abbas, journaliste et rédac en chef de l’hebdomadaire, الوعي المصري (la conscience égyptienne) qui est à l’origine d’un séisme médiatique qui n’a pas fini d’ébranlé l’appareil sécuritaire de Moubarak.

Le journaliste à mis en ligne une vidéo sur laquelle on voit deux policiers infliger des sévices sexuels à un chauffeur de minibus. Le journal indépendant Al-Fajr (l’aurore), qui a repris l’affaire en main est parvenu à l’identification des agresseurs et de la victime. Voulant etoufer l’affaire un porte-parole du ministère de l'Intérieur a d'abord parlé d'« accusations sans preuve », avant de concéder que le ministère « se conformerait à la décision de la justice, quelle qu'elle soit ». Les agresseurs risquent entre trois et dix ans de prison. La victime, Emad al-Kabir, vient quant à elle d'être condamnée à trois mois de détention pour « résistance aux autorités » alors qu’à l'époque de son arrestation, en janvier 2006, la victime avait pourtant été relâché sans qu'aucune charge soit retenue contre lui, alors que, selon son avocat, il s'était interposé lors d'une altercation entre un proche et des policiers.

Le journaliste Wael Abbes n’est pas à son premier coup d’essai. Déjà en octobre dernier c’était lui qui avait diffusé les images du lynchage en public d’une jeune femme égyptienne le jour de l’Aïd sous le regard des policiers et de la foule en folie. Agressions que la police et les autorités ont, lâchement et totalement, nié malgré les images choquantes tournées dans les rues de la capitale avec un téléphone portable. Il était aussi de la partie pour dénoncer ce qu’ont subit les pauvres travailleurs soudanais lors de leur rassemblement dans le centre du Caire l’année dernière ou plus récemment en publiant la vidéo d’une jeune femme poussée à avouer un meurtre sous la torture*.

Wael Abbas n’est pas un cas isolé. D’autres bloggeurs sont activement impliqués dans cette lutte contre la torture en Egypte et plus généralement contre les atteintes aux libertés qui sont des pratiques qualifiées de "systématique" par les organisations de défense des droits de l’homme. Des blogs comme التعذيب فى مصر , مـَــصْـــِـرنـَـــا , حريتنا et beaucoup d’autres, forment un réseau éfficace et une caisse de résonnance puissante pour porter les revendications légitimes de leurs concitoyens. Ils font ainsi honneur à leurs pays et à l’outil qu’ils utilisent.

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* Vidéo d'une jeune femme accusée de meurtre et torturée dans un poste de police de la capitale egyptienne. la femme est dans la position du "poulet rôti". Tristement connu par les prisonniers politiques mais aussi par les prisonniers de droit commun, cette position de torture est un "classique" des techniques diaboliques utilisées par les appreils de torture et de repression pour humilier les victimes et briser leurs volontés.


lundi 1 janvier 2007

La véritable richesse d'une société !



J’aime beaucoup cette pub de l’entreprise Vinci, bien que ça ne soit que de la pub. Le message qu’elle véhicule est puissant par sa véracité et contraste avec les vraies pratiques des entreprises de nos jours. Mais sur le principe le slogan (les vraies réussites sont celles que l’on partage) est d’une puissance redoutable.

Tout d’abord, parce que de nos jours on oublie souvent que la véritable richesse d’une entreprise en particulier et de la société en général provient essentiellement du travail et donc de ses ressources humaines. Alors que dans la théorie la richesse est produite par le travail et le capital, dans les comptes des entreprises, seul le capital figure dans les ressources. Le travail est quant à lui considéré comme une charge pour l’entreprise. Une aberration comptable qui explique d’une manière flagrante la détériorisation de la valeur du travail au profit des dividendes des actionnaires.

D’un autre coté, cette pub véhicule également, et c’est la où je trouve que son message est le plus parlant, l’avantage d’unir les forces face aux taches colossales qui peuvent se mettre aux travers d’une organisation humaine. D’ailleurs si on regarde bien les individus semblent mus par des volontés individuelles pour finalement s’organiser d’une manière spontané et accomplir ce formidable pont humain. Il n’est donc pas nécessaire de faire le choix entre l’envi d’exister en tant qu’individu et la nécessité de s’engager dans un projet collectif. Je dirais même que plus les libertés des personnes en tant qu’individus sont préservées plus leurs contributions aux bénéfices de la collectivité seront constructives et donc profitables.

En faisant abstraction de l’aspect commercial de cette pub, le message qu’elle tente de faire passer peut servir de plaidoyer pour l’engagement citoyen si nécessaire à toute organisation sociétale qui aspire à instaurer une société responsable et solidaire. Dans cette optique le slogan que je donnerais à cette pub serait plutôt le suivant :
La véritable richesse d’une société, ce sont ses citoyens

mardi 26 décembre 2006

Pour un Internet libre en Tunisie




Ici le contenu alternatif (image, texte)



Si l'animation ne s'affiche pas pour vous, téléchargez-la ICI

mardi 21 novembre 2006

Une leçon magistrale de vigilance

Publié initialement pour saluer la date orwellienne de 1984, cet essai était devenu introuvable. Pressé de le rééditer par de nombreux lecteurs, Simon Leys s'est relu à quelque vingt ans de distance : il a constaté que le sujet n'avait rien perdu de son actualité et que ses propres vues restaient essentiellement inchangées. Il s'est donc contenté de modifier un jugement littéraire sur un point de détail, d'ajouter deux informations inédites et de mettre à jour la bibliographie.

Défiant l'indifférence de ses contemporains, le grand témoin du totalitarisme chinois s'emploie à ­remettre George Orwell à sa place : au centre du champ de bataille. Qu'il s'agisse de politique, de littérature, de psychologie, du socialisme, du pacifisme, du totalitarisme ou des notions de droite et de gauche, cet « anarchiste conservateur » a beaucoup à nous ­apprendre. Avec une modestie qui est la marque de son esprit aiguisé, Simon Leys ­s'efface derrière Orwell et propose, en annexe de son livre, un florilège de citations extraites de son oeuvre journalistique, qui doit donner à tout esprit bien né l'envie de s'y ­reporter sans délai.

La raison est simple : Orwell a tant à dire encore, tant à nous apprendre. A tous ceux qui se demandent encore aujourd’hui si gauche et droite ont encore un sens, l’œuvre d’Orwell est le meilleur moyen de s’en convaincre. Et l’écrivain sait de quoi il parle et il en parle avec une honnêteté et une justesse jamais encore égalées. « Ce qui conférait aux croisades d’Orwell leurs singulières forces de persuasion, c’est ce sentiment qu’il avait lui-même connu, vécu et compris de l’intérieur ce qu’il attaquait » note Simon Leys.

C’est en étant policier en Birmanie qu’il découvre l’horreur de l’impérialisme anglais et c’est en s’engageant en 1936 dans le front anti-fasciste espagnole qu’il découvre la nature totalitaire du communisme. C’est pour cela que selon lui « le totalitarisme peut triompher n’importe où ». Il a été dans le passé nazi ou communiste, il peut être aujourd’hui islamiste, sécuritaire ou technocratique. Personne ne peut prédire le visage que prendra demain « la domination totale de l’homme par l’homme » !

Lire ou relire Orwell, comprendre ces mécanismes de pensées n’est pas seulement revivre ou découvrir l’un des plus grand écrivain que l’humanité ait produit, mais c’est également se rappeler en ces temps ou la résignation et la lâcheté intellectuelle sont fièrement assumées, la nécessité vitale, pour nous tous, de rester vigilent.


Orwell ou l'horreur de la politique, Simon Leys, Plon, novembre 2006, 115 pages.

mercredi 25 octobre 2006

Etre ou simplement exister ?


Il n’a échappé à personne que le blog de notre ami Sami Ben Gharbia, Fikra a été sélectionné pour participer à la phase finale du concours international de blogs "The BOBs - Best of the Blogs" de la Deutsche Welle. Et cela pour deux catégories : prix reporters sans frontières et prix du meilleur blog arabe. C’est une nouvelles qui ne peut que réjouir les lecteurs assidus de son blog et plus particulièrement les blogueurs tunisiens qui viennent de revenir dernièrement sur ce qu’on pourrais appeler « le devoir citoyen » du blogueur. Un sujet qui semble encore diviser la blogosphère tunisienne.

Un an après le texte retentissant de Sami sur les pratiques discriminatoires de l’administrateur autoproclamé de la blogosphère tunisienne et le débat qui s’en est suivi, les mêmes arguments persistent de part et d’autres mais avec à mon avis une nouveauté notable : la solidarité dans le camp, si j’ose dire, du « politiquement correcte » (pour rester gentil), se fissure et de plus en plus de blogueurs franchissent le pas de « l’interdit » dans leurs posts et leurs commentaires. D’autres se remettent en cause, justifient plus honnêtement leurs démarches et finalement créent des liens indépendamment du contenu du blog. Même si cela reste à peine perceptible, il me semble que contrairement à ce qu’on pourrait penser, une frange de la blogosphère tunisienne a changé dans un sens qui ne pourrait qu’être bénéfique pour l’utilisation de cet outil qu’est le blogging.

Parce que dans un pays ou les libertés les plus élémentaires comme celles de l’expression et de l’information sont respectées, on peut considérer le blogging comme un moyen personnel d’expression et lui donner même la plus futile des ambitions. Mais dans des pays comme le notre, le faite de posséder le privilège d’accéder à l’Internet, d’avoir les capacités techniques et intellectuelles pour présenter une réalité proche de celle que vivent les tunisiens, ne permet pas la futilité et l’auto-persuasion. C’est comme si en voyant arriver le déferlement imminent d’une vague de 30m sur la plage ou on est, tout ce qu’on trouve à faire c’est de construire un château de sable !!

Je vous l’accorde, ils y a des blogueurs qui ont plus de chance que d’autres !! Je vous concède également le fait qu’une personne toute seule devant cette vague de 30m ne pourra rien y faire. Mais bon rester dans l’histoire (pour la petite histoire bien évidemment !) comme celui qui a été emporté par la vague alors qui construisait un château de sable, n’est une perspective réjouissante pour personne !

Alors inchallah marbouha pour Sami, cela ne fera que récompenser un travail considérable qui donne de la consistance à notre très chère blogosphère qui en manque désespérément.

N’oubliez pas de voter pour lui !

vendredi 14 juillet 2006

vendredi 7 juillet 2006

Quolibets de Trottoirs

Un groupe de jeunes révoltés, une idée folle et le trottoir comme QG. Tels sont les éléments du magazine Al-Rassif, une publication hors normes éditée et publiée dans des circonstances particulières.


«cher lecteur, si par hasard, notre magazine tombe entre vos mains, vous êtes autorisé à le photocopier et le distribuer à tous vos amis. Al-Rassif (Le trottoir) appartient à tout le monde. Vous pouvez aussi mettre son contenu sur un site Internet. Nous apprécierons la coopération de tous les intellectuels arabes, même si leurs écrits dépassent toutes les lignes rouges. Les portes de notre magazine sont grandes ouvertes à toute personne qui lutte pour la liberté. Nous encourageons aussi tous ceux qui désirent publier d’autres magazines sous le même nom et dans les quatre coins du monde. Car, sur le trottoir de leurs pays, ils découvriront de vrais artistes, intellectuels et créateurs … ». L’éditorial du numéro 10 d’Al-Rassif annonce la couleur. Non aux stéréotypes et les lois qui gèrent le journalisme, que ce soit du point de vue forme ou contenu, tel est le mot d’ordre de la publication. Celle-ci est tout à fait artisanale en quelque sorte. Al-Rassif est un magazine d’une trentaine de pages écrites à la main ou sur ordinateur et ensuite photocopiées. La une est faite des titres des plus importants articles publiés dedans.

A l’intérieur, nous pouvons remarquer quelques photos prises à l’aide d’un appareil photo rudimentaire ou quelques illustrations esquissées à la main, le tout en noir et blanc. Sans oublier que ces illustrations sont faites parfois par de grands artistes. Aucune loi ne gère cette publication. Le nombre de pages peut atteindre les cinquante et peut être réduit à un ou deux feuillets. Certains articles sont rédigés à la main, d’autres sont tapés à la machine à écrire. Tout dépend du budget.

Mais, une chose est certaine : peu importe la mise en page, le contenu sera acerbe. C’est là en fait le but de sa création, déballer ce qu’on a sur le cœur sans être censuré et donner libre cours à son imagination. Dans les articles, tout est permis. De l’insinuation aux insultes et ce, en citant les noms des personnes mises en cause sans se soucier de leur position. Nul n’est épargné, même le lecteur peut se trouver l’objet d’une injure. Il est qualifié dans un article d’« apathique » pour sa passivité.

On s’étonne, en parcourant les pages, comment l’équipe a eu le courage de parler avec un ton aussi osé, voire insolent. Mais, comme ils le disent tous : « On est déjà sur le trottoir, qu’est-ce qui peut nous arriver de plus ? ».

Tout a commencé ici. Sur ce trottoir du café Zahret Al-Bostane, le café des écrivains et artistes, comme l’affiche son enseigne. Dans cet établissement du centre-ville, l’ambiance est impressionnante. Un amalgame de personnes qui, à première vue, semblent ne rien avoir en commun. Les uns suivent les matchs de la Coupe du monde, les autres discutent ou jouent aux dominos, d’autres assis en solitaire suivent du regard les passants comme des indics. En s’arrêtant, on arrive à reconnaître quelques visages familiers d’écrivains, peintres et journalistes. Les chaises sont éparpillées sur les deux trottoirs opposés. Quelques-unes se dressent dans la rue à cause de la cohue.

Réunion à ciel ouvert
Du côté droit, on peut remarquer un groupe de jeunes en train de discuter à haute voix. C’est en fait la réunion de rédaction du magazine Al-Rassif. Une réunion qui n’a pas d’horaire fixe. « On s’appelle sur le portable, on se fixe rendez-vous ici, et on commence à travailler », dit Sameh Qassem, directeur de la publication.

Le magazine est fait de A à Z sur ce trottoir du centre-ville. Sur deux tables du café, ils étalent leurs outils. A savoir, quelques feuilles de papier blanc, des stylos, des règles, des attache-papiers et une petite caméra pour prendre quelques photos. Tout se fait ici. Le choix des articles, la rédaction, la mise en page. Et si jamais on décide de taper quelques pages sur ordinateur, on le fait dans le bureau adjacent au café. De plus, les portraits publiés dans le magazine ne sont que des visages de la rue. Des personnes de passage telles que la vendeuse de mouchoirs, le mendiant du coin, le serveur du café ou le gardien de voitures. Ces personnes marginalisées sont les invités d’Al-Rassif et elles peuvent aussi jouer un rôle plus important. Samah, la vendeuse de mouchoirs qui sillonne les rues du centre-ville, est actuellement la responsable de la distribution d’Al-Rassif. Elle le vend à 2,5 L.E. contre cinquante piastres qu’elle empoche par exemplaire.

« Nous distribuons 500 photocopies et nous demandons aux lecteurs de nous aider dans la distribution, en le faisant circuler de main en main car nos moyens modestes ne nous permettent pas de publier un grand nombre d’exemplaires », dit Saadani Al-Salamouni, rédacteur en chef du magazine. Saadani est le moteur d’Al-Rassif, l’homme-clé, le cerveau mais aussi le polyvalent.

Une figure à part

Al-Rassif est, pour Saadani, toute sa vie. Cela fait plus de 15 ans qu’il s’est installé ici depuis qu’il a quitté son village natal à Ménoufiya, dans le Delta. Il a travaillé comme menuisier et fut analphabète jusqu’à l’âge de 27 ans.

« C’est lorsque j’ai appris à lire et à écrire que j’ai commencé à composer des poèmes », dit-il. C’est à partir de ce moment-là que Saadani a découvert ses talents de poète. Sa poésie a dépassé les frontières de son pays et est traduite dans plusieurs langues. En Allemagne, on le considère comme l’un des plus grands poètes du monde arabe de ce siècle et ses poèmes sont étudiés dans des universités européennes de renommée, affirme-t-il en montrant un ouvrage en allemand où il figure. Un cas particulier et un style de vie exceptionnel. Un nomade, qui passe tout son temps sur le trottoir. « Ce trottoir est le seul endroit qui m’a accueilli lorsque je suis venu pour découvrir la capitale. Nous appartenons l’un à l’autre », dit Saadani. Depuis ce jour, Saadani n’a pas cessé de faire des découvertes sur ce trottoir, le centre-ville, les personnes qui fréquentent le lieu, et les intellectuels … Mais, il y a une réalité qui l’a choqué le plus. « Je pensais qu’en venant au Caire, j’allais découvrir le paradis. Avec le temps, j’ai constaté à quel point il s’agit d’une société fermée sur elle-même, intolérante, austère et qui rejette les nouveaux venus », explique-t-il.

Les portes de toutes les institutions lui sont restées fermées. « Je n’ai trouvé refuge que dans les mosquées, les jardins publics, les cafés et les bars. J’ai essayé de travailler dans l’un des journaux présents sur scène, mais sans y parvenir. Il faut d’autres calculs dont le plus important est celui du piston. J’ai donc compris que seul le trottoir était capable de m’accueillir et d’être la tribune de mes idées ».

C’est ainsi que l’idée de son magazine est née. Le premier numéro composé de deux feuillets est sorti lors de la dernière Foire du livre. Saadani a profité de ce grand événement pour distribuer sa publication aux invités de la foire. Ce qui a surpris beaucoup de monde.

Sur le trottoir, il a croisé des gens de tout bord. Du criminel au philosophe, de la prostituée au chômeur. Il a aussi rencontré des jeunes de toutes les tendances qui croient en ses idées rebelles et même des écrivains, des journalistes et des peintres. Et au fil des ans, sa popularité n’a cessé de croître et ses admirateurs aussi. Des poètes, des représentants de maisons d’éditions étrangères viennent le voir ici pour lui demander de publier ses écrits. Telle une star, il a transformé son trottoir en un siège permanent pour son magazine. « J’ai reçu ici des ministres arabes, des bâtonniers, qui ont lu mon magazine et l’ont apprécié », se vante Saadani.

Faire des vocations

Ahlam Fikri est une jeune peintre. Elle vient de clore son exposition à l’Atelier du Caire. C’est elle qui va exécuter les illustrations du numéro prochain. Cliente du café, elle y a fait la connaissance de Saadani. « J’ai voulu exprimer dans ce magazine l’injustice dont fait l’objet la nouvelle génération de peintres qui n’arrivent pas à faire découvrir leurs talents au grand public. Legrandes salles d’expositions sont monopolisées par de grands noms. Telle est la loi qui gère le milieu culturel », s’indigne Ahlam.

Un cri contre l’injustice. Telle est la philosophie d’Al-Rassif, même si les idées peuvent paraître un peu exagérées. « Sur le trottoir, il y a des trésors, des talents certains dont personne ne connaît l’existence. L’objectif de notre magazine, c’est de les faire dévoiler », dit Saadani.

Sameh Qassem est un jeune journaliste dans le magazine Rose Al-Youssef et le journal Al-Osboue. Ce diplômé de la faculté de sciences politiques a trouvé dans le magazine Al-Rassif la liberté d’expression dont il a toujours rêvé. Mais, depuis qu’il a rejoint l’équipe d’Al-Rassif, sa vie a été chamboulée. « On m’a menacé de licenciement et l’on m’a fait savoir que si je continuais à écrire dans ce magazine, je ne pourrais pas être membre du Syndicat des journalistes », dit Sameh. Des menaces qui inquiètent ce père de famille, qui a besoin de sauvegarder son métier pour subsister. Uuuuuune peur qui plane de temps à autre parmi l’équipe mais qui ne réduit en rien la volonté de Saadani. « Même si je devais l’éditer tout seul, je ne m’arrêterais jamais ».

Mais, la seule menace qui risque de l’empêcher de continuer, c’est le manque de ressources. Il avait en fait vendu l’appartement qu’il possédait à Ménoufiya à 10 000 L.E. Une somme qu’il a dépensée entièrement pour la publication des 10 numéros d’Al-Rassif. Aujourd’hui, l’argent dépensé, son plus grand défi c’est de trouver quelqu’un pour sponsoriser son magazine. Un rêve presque impossible. Car il s’agit d’un magazine qui dérange. Dans son dernier numéro par exemple, Saadani avait mené une campagne contre le célèbre poète Ahmad Fouad Negm l’accusant de gagner sa vie grâce aux aides des hommes d’affaires. Et dans chaque numéro, une bataille différente. Une fois contre le pouvoir et ses symboles, une autre fois contre les Etats-Unis.

Le trottoir d’en face

Mais, ces attaques semblent avoir porté un écho. Mars 2006, Al-Rassif Al-Moqabel (le trottoir d’en face) est né. Un magazine publié par Abdou Al-Baramaoui, une personne qui, poussée par la colère, décide de répondre aux provocations de Saadani. « Il a porté atteinte à de grands symboles de la vie culturelle tels que Ahmad Fouad Negm. Nous ne pouvions rester les bras croisés », dit Mohamad Haridi, responsable de l’imprimerie d’Al-Rassif Al-Moqabel dont deux numéros seulement ont vu le jour, intellectuel et écrivain d’apparence plus sérieuse que Salamouni. « Il n’y aura pas d’autres. Nous avons voulu tout simplement nous venger ». Pour éditer leurs deux numéros, l’équipe d’Al-Rassif Al-Moqabel s’est installée sur le trottoir d’en face de celui de Saadani cernant le café Al-Boustane.

« Nous avons baptisé ce trottoir al-manassa, une estrade, nous avons aussi rédigé nos articles à la main et avons photocopié le magazine. Pour nous, tout ce qui comptait, c’est qu’il tombe entre les mains de Saadani et ses collaborateurs », dit Haridi. Lui, d’ailleurs ouvrier d’imprimerie, prépare son propre journal artisanal. Son but est de changer « les stéréotypes souvent basés sur les apparences trompeuses ».

Cette presse aux critères particuliers, au nombre de lecteurs restreint, aux lois de gestion et de publication originales, ne semble pas un phénomène nouveau. On l’appelle la presse parallèle, la presse du peuple. L’histoire dit que des dizaines de publications de ce genre ont vu le jour en Egypte. Dans les années 1970 et 80, des magazines de ce genre, écrits à la main, ont été conçus sur les trottoirs, les terrasses des immeubles et même dans certains bars. La plupart d’entre eux appartenaient à des personnes de tendance de gauche tels que Harakat (mouvements), 12 février, en mémoire du massacre de Bahr Al-Baqar, Afaq (horizons), Khatwa (étape), Aswat 79 (les voix de 79). Edités par des écrivains, cinéastes, activistes ou simples citoyens, ces magazines exprimaient en toute liberté les opinions et les idées de leurs auteurs. La plupart d’eux n’ont pas dépassé un ou deux numéros. C’est ce qui fait d’Al-Rassif un cas. Et même s’il n’y aura pas de prochain numéro, son nom est marqué dans la mémoire de la presse de la rue, la presse des marginalisés.

Amira Doss

mercredi 21 décembre 2005

Censure : Utile ! On a beau dire




Pire que la censure, l’autocensure, montre la résignation et l’intégration comme réflexes, des pires aspects du totalitarisme.





La censure, ou plutôt l’autocensure, a encore frappé ! Alors qu’un annuaire de blogs tunisien a vu le jour, certains bloggeurs, pourtant tunisiens, ont appris à leurs dépends que pour son créateur, ils n’étaient pas la bienvenue au sein de la blogosphère tunisienne. Le créateur de cet annuaire a décidé par lui même d’exclure certains blogs en prétextant défendre la cause des bloggeurs. Tel un médecin de guerre, l’administrateur de cet annuaire, préfère amputer le membre blessé pour éviter la gangrène. Bien que ce comportement soit vivement condamnable, il me semble qu’il part d’un mal entendu regrettable qui pourrait, le cas échéant, expliquer cette peur exagérée qui semble paralyser l’agrégateur.

Le mépris part, à mon avis, d’une confusion qui semble la règle et qui consiste à ne pas voir la différence entre l’engagement citoyen et l’appartenance à l’opposition politique. De tous les bloggeurs qui ont subit la censure de Tn-Blog, aucun n’est membre d’un parti politique (je parle de censure et je pèse mes mots puisqu’il s’agit d’une décision arbitraire et non motivée). Chacun de ces bloggeurs parle en son nom et défend son point de vu. Plus encore, les écrits de Mokhtar, de Mourad ou de Sami et cela que se soit sur leurs blogs ou sur les sites dissidents, ne montrent aucune sympathie particulière à cette opposition archaïque que nous rejetons autant que ceux qui veulent s’en protéger. Mais ce qui semble échapper à certains est que Internet a changé la donne sur la scène politique tunisienne et permet désormais, de ne plus subir ni la médiocrité et le manque de perspectives de l’opposition historique tunisienne qui s’est transformée au fil des temps en une composante indissociable du système, ni les mensonges éhontés du régime. C’est justement tout le système que nous rejetons chacun à sa manière. Sommes nous pour autant des énergumènes ? Sommes nous obliger de choisir entre le consensus mou de la blogosphère officielle tunisienne et les discours creux de l’opposition politique.
Malgré cela, le projet de cette annuaire et très intéressant et je félicite et encourage son initiateur, mais « exclure pour exister » ne semble pas, à mon humble avis, une bonne devise pour un annuaire qui a une si noble intention. Quant on se lance dans une telle entreprise il faut savoir être à la hauteur des responsabilités et éviter de devenir une partie du décor de la pièce de théâtre qui cartonne depuis 18 ans en Tunisie (je vous laisse deviner son nom).

Mais ne pouvant pas survivre plus longtemps sans avoir le privilège d’être dans le who’s who le plus en vu de la place et plus déterminer que jamais de laver l’affront qui m’a été fait par se refus insupportable, je suis entrain de remplir un nouveau blog de mes états d’âmes, de ma relation avec mon moi intérieur, de mes rapport freudiens et Oedipiens avec mes parents et bien sur sans oublier d’étalé dans les détails les plus croustillants mes pérégrinations amoureuses, ainsi je métrai toutes les chances de mon coté pour enfin y être et pour quoi pas espérer (soyons fous) participer à une des ces après-midi ludiques au café des nattes à Sidi Bou. Et croyais moi mes amis, une fois parmi eux, j’userai de toute l’hypocrisie et la fourberie nécessaire dans ces milieux pour gagner la confiances de agrégator 1er et intervenir en votre faveurs pour vous faire admettre parmi le saint des saints. Alors rassurez vous mes chers amis, rassure toi si Mokhtar, ne vous inquiétez pas, Sami, Mourad et tous les autres indésirables notre heure de gloire est à l’approche. Bientôt nous sortirons de la grisaille de nos blogs qui ne contiennent que des textes rivalisant de longueur et de futilité. Bientôt nous découvrirons the bright side of live ; A nous alors, les vraies choses de la vie ; a nous the sex, the sea and the rock n’roll ; a nous la vie utile quoi!

Voilà mes amis, je suis obligé de vous quitter j’ai entamé ce matin un texte sur le rapport souvent difficile qu’on a avec nos ex et la part de l’inconscient dans les rapports affectifs. Je suis persuadé que c’est un sujet d’une grande utilité et puisque je suis déterminé dorénavant à écrire utile, je pense que je tiens un sujet d’enfer.

lundi 14 novembre 2005

Intervention sur Radio Campus Paris















Paris le 15 novembre 2005

mercredi 1 juin 2005

La rupture au préalable à toute reconstruction.



Bien informés, les hommes sont des citoyens ;
Mal informés ils deviennent des sujets.
Alfred Sauvy
1

Il est patent de constater que la routine et le manque de curiosité et d’innovation entraîne un manque de souplesse, d’ouverture, de recherche d’inédit et d’enjeux collectifs. Il est également constaté que l’absence d’échanges réciproques dans un système viable d’alliance peut non seulement empêcher l’affinement mais également menacer la conservation. Ceux qui n’existent qu’à travers les gesticulations stériles se croyant à l’abri dans le statu quo, ne font que contrarier leur évolution et se condamner, par conséquent, à la perdition et la désintégration. Tel un capital qui se déprécie sans valorisation, leur légitimité est contesté à défaut d’actions constructives.

Mais des fois face à des vrais défis certains s’accrochent à des faux rêves. Face à l’adversité, ils préfèrent le confort de l’habitude. Ils pensent qu’un pseudo privilège acquis prévaut un droit légitime à obtenir se confortant dans l’idée que se qu’on leur donne est plus accessible, donc préférable à ce qu’ils peuvent obtenir par l’effort.
Qu’ils se détrompent ! Les autorisations qu’ils obtiennent pour exister ; Les permissions qu’ils quémandent pour se réunir, circuler ou voyager ; Les incitations à la participation silencieuses, les écarts infimes de langages accordés ne sont que des leurres, des appâts, que des moyens pour mieux les compromettre et entretenir artificiellement l’espoir d’une éventuelle ouverture tant attendue. A force de vouloir exister l’également dans un système dont ils dénoncent les premiers - avec une certaine retenue d’ailleurs - les dérives totalitaires et liberticides, ils se corromprent jusqu'à la moelle. A force de trop s’exposer avec son geôlier, l’opposition visible et légale c’est brûlée les ailles. De trop pactiser avec le diable elle a fini par vendre son âme.

Il est évident que la fonction première d’un parti politique est de porter les aspirations de ceux qui y adhérent en défendant leurs intérêts et leurs revendications. Mais il est manifeste que cela n’est possible que dans un système politique fiable et au sein d’institutions saines. Il est nécessaire que l’opposition admette finalement que le respect des citoyens qui mettent leurs espoirs dans leurs actions passe par l’aveu de leur incapacité à les représenter et à défendre leurs intérêts. C’est, paradoxalement, par ce peccavi que débutera le chemin tortueux de la réconciliation avec le peuple. Il est donc incontestable que la légitimité à la quelle l’opposition tunisienne asspire ne peut être donnée par un système illégitime. Le droit qu’elle exige ne peut être garantie par un état de non droit. Croire ou faire croire qu’un jour Ben Ali finira par accepter un vrai débat démocratique et un pluralisme politique est une grave erreur stratégique et un manque de considération éloquent envers les Tunisiens. Le changement réel ne pourra se faire que sans lui, plus encore, la légitimité d’exister politiquement ne sera possible qu’après l’abolition totale du système qu’il a instauré. Pour cela, les formations politiques de l’opposition qu’elles soient reconnues, ou se battant pour l’être, doivent impérativement cesser d’exister en tant que telle. Elles doivent préconiser, pour exister, une refonte complète des institutions actuelles.

Un constat s’impose donc à nous. L’action émancipatrice de l’opposition tunisienne ne peut pas être politique dans le sens d’un rapport de force électoral dans un système d’alternance fiable. Cette action ne peut, donc, qu’être citoyenne. Elle ne peut se baser que sur le citoyen en tant que fondement indispensable à n’importe quel édifice institutionnel. Le régime a œuvré pour transformer le peuple tunisien en une masse d’individus déconnectés de leurs semblables sans possibilités d’échanges et de débats. Il a érigé l’avidité, la délation, la calomnie et la peur en model social. C’est à vous opposition, et à nous citoyens en devenir, de reprendre notre éducation démocratique en main et briser les carcans du système corrupteur qui liquéfie toute initiative citoyenne. C’est à nous peuple de Tunisie de se réapproprier les réflexes de la citoyenneté. Tous ceux qui oeuvrent pour une renaissance tunisienne qu’ils soient dirigeants, membres, sympathisants d’un parti politique ou simples militants anonymes doivent se diffuser dans la société tunisienne pour amorcer le débat entre les individus. Il est plus qu’évident qu’une première étape nécessaire au préalable de toute action, consiste à démocratiser le débat et la circulation de l’information. Il faut que toutes les forces militantes oeuvrent pour que le dialogue quitte les salles de conférences pour retrouver sa place légitime dans la rue tunisienne. Il est plus que nécessaire que l’information sorte des cercles d’initiés de l’élite intellectuelle pour arriver à la connaissance du plus grand nombre. L’injustice que subie son honneur le juge Mokhtar Yahyaoui ou encore l’incarcération ignoble de Maître Abbou ont connu, et connaissent encore ( à juste titre) une grande médiatisation dans les médias étrangers alors que la grande majorité des tunisiens - en dehors des cercles d’initiés - en ignore même l’existence, et pour ceux qui en ont eux écho ils ne détiennent pas d’éléments susceptible de leurs permettre un quelconque jugement. C’est un exemple parmi tant d’autres qui montre la nécessité d’un changement d’orientation de l’action émancipatrice.

En tant que tunisien défendant ma citoyenneté, en tant que militant oeuvrant pour une renaissance tunisienne. Je lance un appel solennelle à tous les dirigeants des partis politiques de l’opposition tunisienne, qu’ils soient légaux ou tolérés de dissoudre officiellement leurs formations ; à tous les élus des systèmes de quotas et à tous ceux qui ont participé à des élections truqués aux résultats biaisés, de rendre leurs mandats. C’est un signal fort qu’il faut lancer a l’infâme régime. En refusant de participer à son système corrupteur, les forces de l’opposition montreront l’exemple et ouvriront la voie au peuple tunisien pour ce détaché du système et vivre en dehors. C’est seulement de cette manière qu’ils tenteront de s’en défaire eux même dans leur vie quotidienne. Le processus se déclinera à l’infini touchant toutes les classes de notre société. C’est seulement dans les rangs du peuple, débarrassés de tous les dogmes et les slogans que le militantisme peut atteindre sont but initial, à savoir une participation accrue, des tunisiens, au débat et une meilleur conscience citoyenne. Cette fusion volontaire avec la société civile se doit d’être un préambule et un point de départ d’une compagne nationale d’information en préparation du Sommet Mondial de la Société de l’Information. C’est une offensive informative de grande envergure qu’il faudra lancer pour donner des éléments d’informations au peuple afin qu’il puisse mûrire une réflexion constructive sur sa condition et les moyens de la transcender. Il faudra transformer la frustration stérile en une énergie positive qui servira de locomotive à un mouvement populaire, citoyen et apolitique. C’est un discours constructif, pédagogique, dénouer de toute démagogie populiste qu’il faudra adresser au Tunisiens. Cette événement est l’occasion rêvée pour, enfin, offrire à nos compatriotes une tribune pour exprimer leurs mécontentements et montrer leurs maturités civique et citoyenne. C’est leurs voix qui doivent arrivées au oreilles du monde libre. C’est leurs mots qui doivent résonnés dans le ciel bleu de notre Tunisie, chère à nous tous.

1 Alfred Sauvy, sociologue, 1898-1990