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dimanche 24 janvier 2010

Tunisie : Pour Noël, Ben Ali s'offre un Airbus présidentiel à 300 M$ !

Le contribuable tunisien, même sans le savoir, aime son Président et ne semble rien lui refuser. Ce qui permet à notre président de faire quelques folies. La dernière en date, lui a été livrée le 12 décembre dernier. Sa récompense pour avoir répondu aux appels des tunisiens de se représenter pour un 5e mandat à la tête du pays; un cadeau à la hauteur des sacrifices qu'il a consenti pendant les 22 dernières années : Un nouvel avion présidentiel.

L\'Airbus A340-541 de la présidence de la République tunisienne.Le nouvel avion de la présidence de la République tunisienne photographié le 19 décembre 2009 à l'aéroport Toulouse-Blagnac avant son décollage pour la Tunisie. Crédit photo : Terence Li. www.airliners.net.


Mais attention, pas n'importe quel avion : Un Airbus A340, flambant neuf, dans l'une de ses plus chères versions. Avec 68 mètres de long et 63 d'envergure, le modèle A340-541HGW (pour « High Gross Weight »), est un quadrimoteur qui peut franchir 16 700 km sans ravitaillement et peut décoller avec une masse maximale de 380 tonnes. Ça en fait des "choses" à transporter !

Un bijou qui figure au catalogue d'Airbus pour la modique somme de 237 M$, mais dont la version "VIP", celle commandée par notre Président, peut atteindre les 300 M$ , soit près de 400 millions de nos Dinars. A ce prix, on comprend mieux les raisons pour lesquelles cet achat n'a pas fait la une des organes de propagande officielle. Il y a des moments où il faut avoir la dépense discrète.

La discrétion, n'a pas suffit à garder cette nouvelle acquisition au secret trop longtemps. Très vite, l'image de l'avion, estampillé "Présidence de la République Tunisienne", a fait son apparition sur les sites d'amateurs de photographie aéronautique, les mêmes qui avaient permis au blogueur, Astrubal, de retracer les péripéties de l'ancien avion présidentiel. Encore une fois, la magie d'internet a opéré et l'image s'est retrouvée sur le net tunisien à travers Facebook et Twitter.

Quelques exemples de Tweets évoquant le nouvel achat présidentiel. Traduction (2e tweet): "Durant la visite de Sarkozy en 2008, Airbus a vendu 19 avions à la Tunisie dont un pour Ben Ali"


Mais, au fait, notre Président, a-t-il besoin d'un nouvel avion ? Qu'en est-il de son Boeing 737, compagnon de ses voyages officiels et officieux ? Est-il trop vieux pour voler en toute sécurité ? En y regardant de plus près, on découvre que l'ancien coucou présidentiel ne vole que depuis le 20 août 1999, date de sa livraison, encore une fois, flambant neuf et en configuration "VIP". Une dizaine d'années d'une exploitation plutôt occasionnelle lui donnait au moins deux décennies d'expoitation devant lui. Quelle mouche a donc piqué notre Président ?

La flotte de la présidence de la République comporte deux avions qui ont une moyenne d'age de 6,5 années tous deux en configuration "VIP". Source : www.planespotters.net


La réponse nous viendrait peut-être de nos voisins algériens. En effet, en juin 2008, Airbus a livré le même model dans une configuration moins garnie, à la présidence algérienne qui en a fait commande 6 mois plus tôt. Pendant sa visite en Tunisie en février 2008, le président Bouteflika, aurait-il attisé la convoitise de notre président en vantant les mérite du nouveau joujou qu'il venait de commander ?

Et puis, le président algérien n'est pas le seul séduit par cet avion. Son homologue français, Nicolas Sarkozy a failli succomber aux paroles de Louis Gallois, président d’EADS qui lui conseillait un Airbus A340 avec un argument qui parle : « un quadrimoteur, ça en jette tout de suite plus ». Finalement le président français à du se rabattre sur un A330 d'occasion.

Mais l'idée a fait son chemin et l'argument de Louis Gallois a dû servir pendant l'accord pour une commande ferme de seize avions ainsi que trois options, dont une sur celui de la présidence, à l'occasion de la visite du président Nicolas Sarkozy en Tunisie en avril 2008. Quelques mois plus tard, l'avion présidentiel sortait des chaines de montage d'Airbus comme l'atteste sa date de fabrication. Mais il a fallu la visite du premier ministre, François Fillon, pour confirmer l'option mise sur l'avion. Sept mois plus tard, l'avion quittait les hangars de l'aéroport Toulouse-Blagnac.

Mais, en fin de compte savoir comment cela s'est passé ne répond pas à notre question : pourquoi un nouvel avion ? Il est fort à parier que, ni le parlement, qui a déjà voté cet achat, ni la Cour des comptes qui ne touche jamais aux comptes de la présidence, ne répondront à notre question. Car, la seule explication plausible est celle d'un caprice du Président. Après les millions de dinars dépensés pour la mascarade qui a amené à sa réélection, cette nouvelle dépense faramineuse, pour se donner une image qui "en jette", est une preuve supplémentaire de sa mégalomanie.

Ecrit par : Punica Fides
Publié sur : www.nawaat.org

vendredi 16 octobre 2009

Élections présidentielles en Tunisie : Prêts pour les résultats de 2009 ?


Comme la méchante sorcière du conte de "La belle au bois dormant" qui demande quotidiennement à son miroir : qui est la plus belle ? Notre président, demande tous les cinq ans, à son peuple, de lui dire à quel point il est le grand président qu'il aurait aimé être. Grand Président : il s'est même engagé à l'être dans un discours historique, un jour, qui ne l'est pas moins, le 7 novembre 1987.

22 ans de règne plus tard, les mots de ce discours sonnent plutôt comme ceux d'un conte imaginaire que ceux de notre réalité amère. Plus triste encore, ils peuvent être ceux qu'on pourrait dire aujourd'hui de sa présidence...

Punica Fides
www.nawaat.org | www.yezzi.org


vendredi 13 juin 2008

Tunisie : les récents événements dramatiques de Redeyef sous les projecteurs du Canal du dialogue.



Ed. 165 du 12/06/08 - Canal du Dialogue Tunisien (El Hiwar



a 165ème édition du journal télévisé du Canal du Dialogue a été en grande partie consacrée aux derniers développements dramatiques que connait le bassin minier et plus particulièrement la ville de Redeyef où des affrontements avec les forces de polices ont fait un mort et huit blessés - cinq manifestants et trois policiers -, selon un bilan gouvernemental, et un mort et 28 blessés, selon des sources syndicales. A découvrir également dans cet extrait mis en ligne par Astrubal et publié sur Nawaat.org, le précieux témoignage du responsable syndicale d’Adnen El Hajji qui se trouvait à proximité de l’endroit où les tires à balle réelles ont touché mortellement le jeune Hafnaoui ben Ridha Belhafnaoui.

Lors de cette entretien téléphonique avec le journaliste de la chaine, M. El Hajji, met fortement en doute la thèse officielle selon laquelle les forces de l’ordre auraient tiré pour empêcher « des éléments perturbateurs » de jeter des cocktails Molotov sur la police, les récipients remplis d’essence servaient, selon lui, à faire bruler les pneus qui servaient de barricades. Et que par ailleurs cela se serait passé dans un autre quartier de la ville et pas à l’endroit où la police avait ouvert le feu.

Les saccages, les pillages, et les violations de domiciles ont également étaient confirmés par M El hajji qui rendait compte du sentiment de « colère » et d’« humiliation » qui prévalent aujourd’hui chez les habitants de Redayef. En effet plusieurs vidéos montraient déjà comment les forces de polices lançaient leurs assauts sur des maisons et des commerces causant d’énormes dégâts matériels. Sans compter les dégâts moraux et psychologiques causés par ces violations de l’intimité et de la propriété privée des habitants de cette ville assiégée depuis maintenant plus de 5 mois.

Des habitants, dont certains auraient fui la ville, ont, par désespoir appelé l’armée pour les protéger de la violence et la cruauté de la police nationale. L’armée a été, parait-il, reçu en protectrice et le dialogue avec les responsables de ce mouvement de protestation ont permis de revenir au calame. Mais, comme le rappelle, M El Hajji, le retour au calame ne signifie en aucun cas l’abondant des revendications initiales ni le silence sur la mort dramatique du jeune manifestant.




lundi 24 décembre 2007

Les dessins de 2007




Sur le pupitre-cercueil : La politique du président des Etats-Unis en Irak. 10 Jeanvier 2007. Dans un discours à la nation George Bush annonce l'envoi de 20 000 soldats supplémantaires en Irak. Fin 2007, le nombre de millitaires américains tués en Irak depuis le début de l'invasion de 2003 approchera les 4000. Dessin de Martyn Turner, Irlande.



14 Janvier 2007. Nicolas Sarkozy devient officiellement le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle. Dessin de Dave Brown, Royaume-Uni.



13 Février 2007. Lors de pourparlers à Pékin, la Corée du Nord accepte de renoncer au nucléaire en échange d'une aide économique et énergétique. Dessin de Francisco, Philippines.



"Dire qu'après quatre ans je ne sais toujours pas distinguer un chiite d'un sunnite". 19 Mars 2007. Le 19 mars 2003 les Etats-Unis attaquent l'Irak. Ala fin "officielle" de cette guerre, le 1 mai 2003, a succédé une période - qui continue - d'attentatset de guerre civile entre sunnites, chiites et Kurdes. En quatre ans la guerre aurait fait plus de 650 000 morts, selon une étude du journal britanique The Lancet. Dessin de Matson, Etats-Unis.



La filiale d'EADS annonce, sous le nom de "power 8" un plan de restructuration prévoyant 10 000 suppréssions d'emploi. Il s'agit entre autres, de compenser les pertes dues aux retards accumulés dans la fabrication du très gros porteur A380. Dessin d'Herrmann, Suisse.



6 mai 2007. Nicolas Sarkozy est élu président de la république française avec 53% des suffrages. Il prend ses fonctions le 16. Dessin de Glez, Burkina Faso.



17 juin 2007. Ségolène Royal et François Hollande annoncent leur séparation. La rupture entre le premier secrétaire du PS et celle qui brigue la succession brouille un peu plus les cartes au PS. Dessin de Barrigue, Suisse.



"Maintenant c'est nous qui contrôlons la situation."14 juin 2007. Après plusieurs jours de combats entre le Fatah et le Hamas, les deux composantes du gouvernement d'union palestinien, ce dernier prend le contrôle de la bande de Gaza. Celle-ci devient, de fait, un territoire où s'applique la loi islamique. Dessin de Riddell, Royaume-Uni.



26 Septembre. Au Myanmar, après plusieurs semaines de manifestations pacifiques menées par les bonzes, les forces de l'ordre chargent les manifestants. La répression de ce mouvement réclamant plus de démocratie, amorcé à l'occasion de l'augmentation du prix des carburants, fait au moins 31 morts. Une chape de plomb retombe sur le pays. Dessin de Marco de Angelis, Italie.



"Cette guerre est privée ! Voici VOTRE guerre !" La France, par la voix de Kouchner et Sarkozy, tient des propos fermes, voire belliqueux, à l'encontre de l'Iran. Pendant ce temps, un nouveau scandale éclate en Irak, lié à la présence massive sur place de sociétés de sécurité privées telles que Blackwater. Leurs salariés ont la gâchette facile et juissent d'une totale impunité. Dessin de Steve Bell, Royaume-Uni.



3 décembre 2007. Selon un rapport des agences de renseignements américaines, l'Iran aurait gelé son programme nucléaire millitaire en 2003. Dessin de Chappatte, Suisse.



3 décembre 2007. Après avoir été condamnée au Soudan pour avoir laissé ses élèves donner le nom du prophète à un ours en peluche, l'institutrice britannique Gillian Gibbons est graciée par le président Omar El-Béchir. Dessin de Mix & Remix, Suisse.


Source : Courrier International n° 894-895 du 20 décembre 2007 au 1er janvier 2008.


vendredi 20 avril 2007

François Bayrou : Pour moi, ça aurait été lui !




e choix du conditionnel pour le titre de ce billet, est bien évidement du fait que je ne vote pas en France (Je ne vote pas en Tunisie non plus ! Mais bon, ça c’est une autre histoire !) Mais puisque j’y vie depuis maintenant bientôt 12 ans, il est clair que le choix du président, de la majorité parlementaire, ou du conseil municipal de la ville ou j’habite, ont une incidence plus au moins directe sur mes conditions de vie dans ce pays. A chaque échéance électorale je me prends donc à jouer à l’électeur, non sans une certaine amertume d’être condamner à imaginer ce rôle sans jamais pouvoir réellement l’exercer.

lundi 19 février 2007

Et si c'était lui ?


D’après un sondage IFOP pour Fiducial et LCI, si François Bayrou était au second tour face à Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal, il l'emporterait. Le candidat de l'UDF obtiendrait 52 % des voix face au candidat de l'UMP et 54 % face à la candidate socialiste.

Non ce n’est pas une blague. Ce sondage n’est pas bidon…enfin pas plus que les autres sondages. Le « phénomène Bayrou » est belle est bien réel. Déjà depuis le début de la compagne le béarnais (sa région natale) n’a cessé de grimper dans les sondages. Mais delà à devenir vainqueur possible, Il n’y avait que le candidat lui-même pour y croire.

Bien évidement il ne faut pas trop se fier aux sondages, surtout à deux mois du premier tour. Mais on peut par contre constater une progression spectaculaire qui correspond forcement à une tendance dans l’opinion. Entre les premières enquêtes d’opinions qui le plaçaient à à-peine 20% au second tour et les 52% face à Sarkozy de ce sondage, beaucoup de chemin a été parcouru par celui qui se voulait être le troisième homme.

Mais encore faut-il qu’il arrive à passer le cap du premier tour. Il est vrai que sa progression dans les intentions de vote au premier tour est visible mais il n’arrive toujours pas à dépasser les 16%, comme c’est le cas pour ce sondage Ifop qui le plaçait en tête au second tour. Sa position de troisième homme semble donc se confirmer, mais sa progression reste lente : plus 3,5 % des voix par rapport au sondage effectué un mois plus tôt, derrière Ségolène Royal (25,5 %) et Nicolas Sarkozy (32 %). D’autres sondages le placent encore derrière Jean-Marie Le Pen comme c’est le cas du baromètre TNS-Sofres publié dans Le Figaro le même jour, qui l’accréditait de 12% contre 13% pour le leader de l’extrême droite. C’est donc loin d’être gagné et la déculotté de Jean-Pierre Chevènement en 2002 malgré les très bons sondages, est la pour rappeler au candidat UDF de ne pas seulement se contenter de progresser dans les sondages.

Ce qui semble aujourd’hui certain c’est que Bayrou a réussi à créer de l’intérêt autour de ces prises de positions. Quand il fustige le manque d’indépendance des medias français ou le clivage gauche-droite qu'il juge « préhistorique », il marque des points chez les électeurs, toutes sensibilités politiques confondues. D’ailleurs, 83 % des Français seraient favorables à « un gouvernement d'union nationale composé de personnalités politiques de divers camps ». Ce qui le conforte dans sa proposition de nommer un premier ministre d’une autre formation politique s’il était élu président. Ce positionnement permet donc au candidat de séduire au-delà des clivages traditionnels mais aussi, brouille encore plus les prévisions d’un éventuel report des voix au second tour. Parce que, contrairement aux voix FN qui sont globalement de droite, personne ne peut affirmer aujourd’hui pour qui voteront ceux qui voteraient Bayrou au premier tour.

Mais il reste au candidat centriste beaucoup à faire pour être crédible comme candidat du second tour. D’ailleurs, sa 3eme position au premier tour et sa victoire au second (selon ce sondage) montre qu’il est encore, pour beaucoup d’électeurs, un choix « par dépit » et qu’il ne jouit pas encore d’une assise électorale à même de l’imposer au 2ème tour. Mais ce qui est certain c’est que dans tous les cas il faudra compter avec lui pour cette élection présidentielle qui, malgré l’intérêt certain des français, reste d’un niveau très moyen pour ne pas dire médiocre comptes tenus des enjeux. Le candidat centriste réussirait-il à élever le débat ?

Je reviendrai dans un prochain billet sur les idées de Bayrou et sur son programme politique. Bien qu’il n’a pas encore publié de programme définitif (prévu pour la fin du mois), les quelques pistes de réflexion ouvertes sont très intéressantes et méritent qu’on s’y attarde.