vendredi 7 novembre 2008
lundi 24 décembre 2007
dimanche 16 décembre 2007
Hypocratie : Le mal tunisien
Le terme « hypocratie » porte en lui l’essence même de ces régimes. En effet on peut définir le mot en se basant sur les racines grecques de ces deux composantes sémantiques. Dans ce cas le mot se compose du préfixe, hypo, qui signifie « sous » ou « en dessous » et du mot cratie (cratien en grec) qui signifie pouvoir. Les mots formés du préfix « hypo », exprimant une idée de diminution, le mot ainsi formé désigne un pouvoir diminué ou un « sous-régime ». Le mot peut également être le résultat de la contraction du mot « hypocrisie » et celui de « démocratie ». Cette contraction exprimerait le caractère hypocrite de ces pseudo-démocraties qui proclament le contraire de ce qu’elles appliquent.
Une « hypocratie » est donc, un régime d’une part diminué par l’illégitimité politique de son existence et l’absence chez ses prélats de convictions claires, et d’autre part hypocrite, en s’efforçant de paraître pour ce qu’il n’est pas. Cette nature ne dispense pas « les hypocraties » d’être des régimes totalitaires, bien au contraire. Mais ces derniers présentent la spécificité de s'accommoder d'une façade démocratique avec la conviction que les possibilités d'expansion et de durée dans le temps sont bien plus grandes dans une « hypocratie » que dans une franche dictature. Le régime politique tunisien, Par sa légitimité discutable et son opportunisme hypocrite, est la démonstration vivante de tout ce qui peut faire une « hypocratie ».
Une légitimité politique discutable
Bien que les théories politiques ou juridiques ne soient pas les seules voies de la légitimation d'un pouvoir, elles en sont comme la toile de fond qui freine l'action et oblige le pouvoir à se justifier et à rendre des comptes. Conscient de l’importance de ces facteurs pour asseoir sa légitimité, le régime tunisien a reposé son pouvoir sur plusieurs théories à la fois, qui apparurent au premier plan au fur et à mesure des étapes qui ont rythmé son évolution. Bien qu’habilement distillées, ces théories de légitimation se heurtent à des vérités historiques et politiques de nature à démontrer incontestablement le caractère « hypocratique » de ce pouvoir.
Après le coup d’état médical du 7 novembre 1987, Ben Ali, alors premier ministre et ministre d’Etat, arrive au pouvoir en se présentant comme l’homme providentiel, le sauveur de la Tunisie alors que le pays est secoué par une crise politique doublée d’une crise économique le tout sur fond de menace islamiste. Les conditions adéquates pour que Ben Ali se proclame d’une légitimité matérielle qui consiste à dire : « je suis au pouvoir parce que je suis le plus apte » ou « celui qui mérite le plus d’y être ». Or cette forme de légitimité a le double désavantage d’être d’une part subjective surtout que le ministre putschiste ne s’est illustré pour le grand publique que lors d’une des pages les plus sombre de l’histoire de la Tunisie pour être, pendant « les émeutes du pain » l’organisateur de la plus grande action de répression menée dans le pays depuis son indépendance. D’autre part la légitimité matérielle par son caractère contingent, est d’usage délicat. Parce que supposant même que cette légitimité fut justifiée en 1987, elle n’est pas pour autant valable dans le temps surtout lorsque les circonstances changement et que la situation générale, jugée critique au départ, s’améliore. Il est donc clair qu’après 20 années de règne, l’actuel président ne peut plus prétendre à cette légitimité matérielle. D’une part son inaptitude à mener à bien les réformes institutionnelles nécessaires, promises au départ, a été confirmée par l’expérience et d’autre part les circonstances qui avaient pu justifier une telle légitimité n’existent plus.
Il est également patent que dans n'importe qu'elle société démocratique, la popularité d'un leader ne suffit pas à lui conférer de la légitimité politique. Ce n'est pas le charisme d'un leader qui légitime son pouvoir politique mais bien le processus démocratique qui valide son charisme. On peut tout de même admettre qu’une telle chose est possible lorsqu'un un leader incontesté prend la direction d'un mouvement de libération dans un pays colonisé, quand les conditions légales d'un processus démocratique n'existent pas. C’était le cas pour feu Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie. Dans ce cas précis le rôle d’un leader politique est de créer les conditions fondamentales pour une expression démocratique. Chose que Bourguiba a fait avec une certaine réussite dotant le pays d’outils institutionnels et juridiques avant-gardistes. Contrairement à son prédécesseur, l’actuel président, en plus du fait qu’il ne bénéficie pas des mêmes circonstances qui ont mené Bourguiba au pouvoir, il ne c’est jamais illustré par un charisme exacerbé ni par une personnalité emblématique, bien au contraire. On est effectivement loin de la popularité quasi-naturelle de Bourguiba et ses légendaires bains de foule. Encore une légitimité à la quelle Ben Ali ne peut prétendre. L’adhésion populaire s’est faite par dépit et perdure par la crainte et à défaut. Une adhésion qu’il serait plus judicieux d’appeler « non-opposition » qui devant l’inexistence d’une figure emblématique ou d’une alternative crédible, préfère l’acquiescement sans conviction devant les élans populistes de Ben Ali. Cela est bien sur loin de permettre une légitimation populaire.
Lors du coup d’état médical du 7 novembre 1987, c'est par la constitution et dans le respect scrupuleux des textes que Ben Ali procéda. On peut même dire que les seuls coups d’états illégaux sont ceux qui avortent. Un coup d’état ressui est en quelque sorte toujours légale, portant en lui les éléments de sa propre légalité. Pourtant, cela n’empêche pas l’illégitimité de la manœuvre. En effet, la constitution par la quelle Ben Ali est venu au pouvoir est une coquille vidée de toute force juridique. Elle n’est plus la loi suprême, celle qui, par nature se place au-dessus de toutes les lois de la république ainsi que toutes les considérations personnelles. Cette constitution s’est transformée le 12 septembre 1974 en un instrument de totalitarisme après son amendement par le parlement tunisien de façon à instaurer la présidence à vie pour « le combattant suprême ». Non seulement l’amendement, troque la république pour une quasi-monarchie mais donne le droit de destitution du président de la république au premier ministre alors qu’il n’à aucune légitimité électorale ce qui est en soit une disposition contraire à l’esprit républicain. L’illégitimité de cet amendement est double : constitutionnelle, en trahissant l’esprit de la constitution et le principe d’alternance démocratique à la tête de l’exécutif et républicaine pour ne pas avoir tenu compte d’une règle fondamentale qui veut que seul un élu du peuple puisse assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir.
Ce régime c’est donc construit sur les ruines d’une autocratie devenue illégitime à cause d’une constitution dénaturée, instrumentalisée, aux pratiques antirépublicaines et n’a fait donc que bâtir sur des fondations ébranlées. Bien sur Ben Ali n’est pas responsable de l’origine de cette perte de légitimité mais il n’a montré aucune réelle volonté de remédier à cette désacralisation des textes constitutionnels. Cela s’est révélé clairement dés le premier amendement, celui par lequel la présidence à vie a été abolie pour être remplacer par une formule ingénieuse du « président rééligible deux fois », amendement voté en fanfare par le parlement tunisien en 1989. Cet amendement qui se voulait historique n’a fait que renforcer le pouvoir du président en le préservant de la censure du parlement l’exonérant ainsi de toute justification devant la représentation nationale. Le président se retrouve par ce déséquilibre, au dessus du pouvoir législatif et légalement hors d’atteinte. Bien que faible, l’hypothétique pouvoir de la chambre des députés, conféré par l’amendement constitutionnel de 1976, le président Ben Ali le supprime lui trouvant un caractère dangereux, enlevant ainsi tous les moyens légaux de destitution d’un président en fonction. Ceci donne, bien sur, dors et déjà la possibilité au président de prolonger à l’infini son mandat et d’étendre sans retenue ses prérogatives. Toute action légale contre lui étant impossible, sa succession devient assujettie à son bon vouloir et le degré de développement de son esprit démocratique.
Hypocrisie généralisée
Comme déjà mentionné plus haut les régimes « hypocratiques » à l’instar du régime tunisien, s'accommodent fort bien d'une façade démocratique. En 20 ans d’existence le totalitarisme abouti du pouvoir en place n'a pratiquement plus besoin d'utiliser la force brute pour assoir son pouvoir. Il est vrai que par sa définition le totalitarisme est un système qui entend contrôler et dominer totalement la totalité de la vie et de la pensée de la totalité des populations, et qui interdit et réprime toute tentative de dépassement, de remise en question. Les « hypocraties » ne dérogeant pas à cette règle et détestent autant l'autonomie et la liberté individuelle. Mais à la place de la répression sanguinaire, le régime « hypocratique », préfèrent compter sur la docilité du peuple et sur la notion de « libertés réduites », à entendre, canalisées dans des voies déterminées qui ne peuvent pas lui nuire. Il mise plutôt sur la soumission volontaire, les contraintes économiques, la force de la propagande diffusée en permanence par les médias, l'école, les hommes politiques, les gens eux-mêmes. Une hypocrisie généralisée qui met à jour l’immense pouvoir de l’auto-persuasion de la majorité des gens et le bourrage de crâne exercé par les adultes sur les enfants. Une méthode beaucoup plus efficace que les exécutions sommaires et les camps de rééducation.
Tant que le peuple ne remette pas en cause leurs existences et tant qu’il ne se rende pas capable de construire autre chose, les hypocraties montrent un visage tolérant et ouvert. Les hypocraties tolèrent même l’existence d’une opposition. A condition, bien évidement, que celle-ci ne puisse se passer d’elles. Les quelques défoulassions sporadiques tolérées, permettent à « la dissidence» d'avoir l'impression de faire quelque chose et même d'avoir l'illusion de remporter parfois des petites batailles. Tant que l’opposition reste résiduelle elle ne constitue dans une hypocratie aucune menace. Elle sert même à montrer combien elle est tolérante ! Elle sait que grâce à la censure et à l’implacable jeu de la real politique, ils auront très peu d’accès aux grands médias, et donc que leur audience restera toujours limitée. Elle espère qu'ils finiront par se convertir comme tout le monde, ou par sombrer dans le désespoir ou la violence. A défaut, elle les marginalisera encore plus en les amalgamant à des catégories criminelles. Elle sait que ses sujets adorent les boucs émissaires et n'aiment pas ceux qui mettent le doigt sur les réalités qu'ils tentent d'oublier en adhérant à fond au système « hypocratique».
Au sein d’une hypocratie, les tenants du pouvoir s’évertuent, dans un subtil exercice, à fragiliser la population convaincus et à juste titre qu’il est plus facile de régner sur des gens diminués financièrement, spirituellement et intellectuellement. Il est certainement plus facile de les manipuler tant qu’ils se préoccupent davantage de leur survie quotidienne que de changer le monde. Précarité, chômage, surendettement, insécurité autant de levier sur lesquels les régimes «hypocratiques» jouent pour bloquer les possibilités de révolte à la base. La paupérisation de tous les aspects de la société est un d'excellent moyen de contrôle qui ne dit pas son nom. Mais une des ruses suprêmes des régimes hypocratiques, est d'obliger quasiment tout le monde, contestataires et conformistes, à franchir consciemment ou pas les limites de la loi. Chacun peut alors être l'objet de poursuites. Par exemple, pour s'exprimer, on peut avoir à organiser une manifestation interdite, pour survivre certaines personnes sont obligés de commettre des illégalités, les réglementations de certaines professions sont tellement tatillonnes qu'on est obligé de ne pas les respecter pour pouvoir survivre…Autant de truchement redoutables pour mettre toute la population à la porté d’une justice arbitraire et complètement à la solde du pouvoir et qui en donner, en Tunisie, des résultats remarquables.
Les systèmes « hypocratiques », bien qu’ils soient à la pointe du totalitarisme, peuvent probablement être perfectionnés et approfondis, notamment grâce aux innovations technologiques en matière de censure et de contrôle des populations, mais il semble difficile de faire plus vicieux et plus efficace sur le principe. Par les deux aspects qui les définissent, ces régimes ont réussit à se maintenir et à prospérer sans rencontrer de véritable résistance intérieure et encore moins extérieure. En effet, dans de tels régimes, les gens réclament eux-mêmes leurs chaînes et se révèlent encore plus répressifs que les services de répression d'Etat. Pas besoin de massacrer les opposants, il y en a trop peu et ils sont complètement paralysés par les rouages du système. Les braves citoyens s'auto-surveillent, s'autocensurent, le tout étant recouvert du drap blanc des libertés, du « gouvernement par le peuple ». Il suffit de savoir doser intelligemment répression, atteintes aux libertés, récompenses et biens matériels pour éviter révoltes et rejet en bloc. Le peuple veut y croire, il n'est donc pas trop difficile de le contenter, malgré tous les faits qui démontrent le contraire. De grandiloquentes déclarations, des élections pour élire un candidat unique ou des gens qui n'ont pas de pouvoir réel, suffisent à donner l’impression de vivre dans un système convenable.
Dans le monde beaucoup de régime optent pour une « hypocratie » et parviennent tant bien que mal à maintenir une illusion de liberté et une façade plus au moins convenable, mais de ceux qui ont le plus réussit l’application de ce modèle, le régime tunisien peut prendre valeur d’exemple. Depuis son installation à la tête du pouvoir il n’a cessé de perfectionner le système pour le rendre presque invisible, indétectable pour l’observateur étranger et complètement intégré par la majorité des tunisiens. Même ceux parmi eux qui découvrent la vraie nature du régime trouvent peu d’oreilles intéressées. Le visage humain du système « hypocratique » profère à ces tenants un certain « bénéfice du doute »…c’est peut être là sa plus grande réussite.
dimanche 9 décembre 2007
Les "Ben Ali's Angels" de la censure
Elles s’appellent Khadija Ghariani, Feriel Béji et Lamia Cheffai. Leurs noms ne vous disent peut être rien, pourtant, elles participent de jours en jours, à mener à bien l’étouffement et la mise aux pas de l’Internet libre en Tunisie tant espérés par le pouvoir en place. Plus de 50 sites et blogs tunisiens sont depuis censurés sans compter des dizaines d’autres de diverses nationalités également inaccessibles. Pour y parvenir elles travaillent main dans la main et en dehors de tout cadre légal avec la police du Net tunisien. Il ne serait être autrement puisque depuis le 3 septembre 2007 et la censure de Dailymotion, le fournisseur d’accès TopNet a désigné directement l’ATI comme responsable du « filtrage » du site. Un aveu qui confirme se que tout le monde savait déjà. Etant le fournisseur de tous les autres fournisseurs d’accès, l’ATI peut filtrer à sa guise l’accès à l’Internet.
Il faut dire que si on lit bien entre les lignes les déclarations des différentes administratrices, l’activité de « filtrage » de l’internet tunisien n’a jamais été formellement niée par l’agence. Déjà, Mme Ghariani, première à avoir tenu les reines de l’agence et à qui on doit la première vague de censure qui a vu interdire les premiers sites indépendants de la toile tunisienne, répondant aux accusations de censure déclarait : « il n’y a pas de censure en Tunisie puisque les proxys n’y sont pas interdits ». Ce qui en d’autre termes veut dire « nous censurons mais nous permettons de contourner cette censure ». Admirez toute la subtilité de la réponse qui sous-entend que pour les internautes avertis sachant utiliser les Proxys, il n’était pas impossible de contourner les blocages. Mais elle oublie tout de même de préciser que le recours aux proxys est possible surtout parce qu’il est techniquement impossible de les censurer tous et que ceux utilisés étaient censurés à-fur-et-à-mesure que ses techniciens les découvraient.
Pour Mme Béji qui lui succède, le discours est toujours aussi subtil mais beaucoup plus explicite. Puisque tout en niant l’existence de la censure, elle justifie celle-ci par un besoin de servir l’intérêt général ! « Certaines voix calomnient la Tunisie en disant qu'Internet y serait censuré. » dit-elle. « La vérité, c'est que nous souhaitons une bonne utilisation du réseau, pour que cet outil serve réellement au peuple ». Voilà donc pourquoi censure-t-on en Tunisie : c’est pour éviter au peuple les lectures inutiles. Quelle abnégation et quel sens du devoir. Un sens du devoir qui lui permet de battre un record de rapidité en censurant Yezzi.org, le site de la manifestation permanente contre Ben Ali, moins de 18 heures après sa mise en ligne ! Encore, dans l’une de ses dernières actions à la tête de l’agence, surement dans un excès d’abnégation, elle censure Dailymotion l’un des sites les plus visités par les internautes tunisiens. « Le peuple », lui, n’apprécie pas vraiment, à en croire les dizaines de voix mecontentes des utilisateurs tunisiens de se site.
Mme Lamia Chafaï qui est venue dans les baguages de Mr Haj, le ministre actuel, et que la presse présente comme «une vraie communicatrice, très joviale, toujours souriante, courtoise et est dotée d’une grande maîtrise du Web et de l’Internet», n’est quant à elle, pas étrangère à la maison. Elle s’y occupait déjà de marketing et de commerce électronique sous le règne de Mme béji avant d’aller exercer ses talents à l'Agence nationale de certification électronique (ANCE) dont elle a été la directrice générale. D’ailleurs pour bien marquer son retour et montrer à ses commanditaires qu’elle peut faire aussi bien, voir mieux que ses prédécesseurs, elle censure You Tube un autre site de partage de vidéo qui est devenu le refuge de tous ceux qui ne pouvaient plus accéder à Dailymotion. Ce qui ne semble pas poser de problème à celle qui déclarait que « La Tunisie est certainement aussi avancée dans la voie de la société de l'information que de nombreux pays européens. […] Dans un certain nombre de cas, elle donne l'impression d'avancer plus vite que la France ». Il est évident qu’administrer la censure des deux sites les plus emblématiques du Web 2.0, et de dizaines d’autres sites est en soit un exploit que peu de pays peuvent égaler. Mme Cheffai vient même d’élever encore le niveau d’un cran en censurant il y à quelques jours un autre blog qui s’ajoute à une liste qui commence à être longue. Difficile donc de faire mieux !
Sur Tunisie Haut débit, un blog qui parle des services Internet en Tunisie on peut lire la présentation suivante : « L’ATI, vous connaissez ? C’est la police du net tunisien. Plus efficace que le contrôle parental, elle veille à ce que notre navigation sur internet soit la plus saine que possible. L’ATI joue, aussi, le rôle du « Big Brother » qui décide à notre place et à la place des FAI de ce qui est le mieux pour les exigences des Tunisiens sur le net». La réputation de l’ATI n’est plus donc à faire en matière de « flicage » et même si l’auteur de ces quelques lignes espérait « une bienveillance plus maternelle » de la part de Mme Cheffai, le palmarès déjà bien garni de cette dernière finira pas le convaincre du contraire. Reste encore un petit effort à faire pour l’agence pour assumer son rôle « de police de l’internet » au grand jour, puisque jusqu’ici elle cachait la censure qu’elle exerce en reproduisant une fausse page d’erreur, la fameuse page « 404 ».
Le journaliste, du site d’informations économiques, webmanagercenter.com ne croyait pas si bien dire en écrivant : « Décidément les femmes réussissent bien à l’ATI (Agence Tunisienne d’Internet). En effet, depuis sa création, l’ATI a été dirigée par des femmes (à trois reprises), ce qui dénote la capacité de ces dernières dans la gestion technique du nœud Internet national. ». En ce qui concerne la gestion du nœud les trois administratrices ont montré leur savoir faire à part que ce nœud est coulissant et qu’il est entrain d’étouffer le seul vrai espace de liberté en Tunisie. Je ne sais pas si le fait que cela soit l’œuvre de femmes tunisiennes le rend plus condamnable mais ce qui est certain c’est que cela est indigne de notre pays. Mais il semblerait que malheureusement la dignité a déserté depuis longtemps les couloirs du pouvoir en Tunisie. Ceci est aussi bien vrai pour les hommes que pour les femmes qui les arpentent.
vendredi 6 juillet 2007
samedi 9 juin 2007
mardi 5 juin 2007
L'union des dictateurs et des bénis oui-oui !
Et le coup, ils l’ont bien marqué, tous fière d’arborer leurs beaux logos, ils se sont longuement félicités et congratulés sur leur brillante idée. Chacun a alors donné sa vision de son Maghreb à lui. Sérieux et fières de leurs bêtises, ils ont pourtant oublié une donné fondamentale, une de celle qui conditionne toute cette guimauve unioniste : ils ont oublié ou feint de le faire, qu’ils ne sont, tout simplement, pas libres, ne disposant ni de cette terre qu’ils veulent voir sans frontière, ni du contrôle de leurs propres vies qu’ils veulent liées à celles de leurs voisins ! Ce qui revient en somme à vouloir disposer à sa guise d’un bien déjà donné en gérance exclusive à d’autres. Que ce soit pour les pays et ce qu’ils renferment en ressources et en richesses où qu’il s’agisse de leurs propres vies, ils ne sont plus que des locataires.
Le plus drôle ou dramatique dans cette initiative, c’est que le seul effort intellectuel que son instigateur a consenti à faire, était celui de changer l’entête de son blog ! Illustrant les références culturelles de ce dernier, à savoir, sexe, Cetlia et fazzani mirtah, cette composition artistique a failli tout faire capoter, beaucoup estimant qu’elle était contraire à la morale et aux bonnes meures alors qu’elles auraient même pu être la devise de la Tunisphère. L’effort était tellement surhumain qu’il est retourné à son ancienne mise en page à peine cette journée mémorable écoulée. P’tite frappe Boy, un spécialiste du « tanbir », comme il s'auto-proclame lui-même, ne s’en cache pas pour dire qu’il en avait marre d’être sérieux. D’ailleurs il recommande à tous ceux qui ont participé a cette journée de ranger leurs beaux logos jusqu'à l’année prochaine date à laquelle ils pourront à nouveau jouer aux émissaires de l’union et de la paix dans le Maghreb et, pour quoi pas…dans le monde entier. A l’instar de la meurtrière Star Academy Maghreb, à la fin de chaque saison on range le décor et on passe à autre chose. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que le site officiel de cette émission télé, n’a pas raté l’occasion de récupérer ainsi une si belle initiative. Tous ce qui peut abrutir est bon à prendre et ce n’est pas à ces spécialistes du marketing émotionnel qu’échappera un tel parallèle. L’année prochaine on verra peut être les blogueurs maghrébins ainsi unis, à la place du jury de l’émission.
Dans un texte franchement pathétique, la très vaillante MettalicNaddou, chauffée à blanc, allant jusqu'à s’emmêler les pinceaux en s’adressant à Sami en employant la troisième personne du pluriel ! S’indigne, qu’à chaque fois qu’elle et ses camarades voulaient faire « quelque chose à plusieurs », « ils » (je présume les remplis « d'amertume et de déception »), viennent pour gâcher cette orgie militante. Je peux comprendre que cela puisse être gênant. Mais n’est-il pas étrange, pour celle qui crie au sectarisme, de qualifier de tous les mots et les maux, une seule personne ou du moins une petite minorité ? Il a suffit d’un seul texte, une seule note discordante, sur des dizaines presque à l’unissons. Une seule expression franche sur des dizaines d’insipides professions de foi, suffit pour crier au crime de lèse-majesté. Si ce n’est pas une attitude totalitaire, ça doit en être une proche cousine. Mais la volonté d’uniformatisation de la pensée n’est elle pas une des grandes avancées du changement démocratique du 7 novembre ?
Cette réaction est pathétique aussi parce qu’elle montre une mauvaise foi que je ne soupçonnais pas chez cette personne. Elle crie au mépris et exige le respect pour les convictions et les degrés d’implications de chacun tout en se permettant de distribuer ses bons points pour ceux qui savent être, comme elle, « subtils et intelligents ». Pour les autres, les Abbou et compagnie qui sont donc par opposition à « subtils et intelligents », bornés et stupides, ils n’ont rien compris au militantisme et à l’engagement. Elle se croit donc légitime quand elle estime qu’une personne comme Abbou n’a pas fait le bon choix en s’exposant ainsi alors qu’elle s’indigne qu’on critique son choix, ou celui de ses semblables, de vivre dans le consensus. Un avocat ayant fait serment de défendre ses clients et de veiller à ce que justice leur soit faite, que peut il faire d’autre s’il est honnête avec lui-même et avec ces engagements que de dénoncer les conditions de leurs détentions et les tortures qu’ils subissent dans les geôles de notre chère pays. Mais il parait que le sens de l’engagement, l’honnêteté intellectuelle, le courage, ne sont pas affaire de « simples citoyens », comme elle se définie elle-même.
L’envolé patriotique de Nadia montre également sa vision biaisé du sentiment d’appartenance à la Tunisie qu’elle conditionne à la présence physique sur le territoire nationale. Les personnes qui n’ont pas se privilège sont censé ne plus savoir à quoi ressemble la Tunisie. Drôle de conception alors que bon nombre de bloggeurs, que pourtant elle classe dans son camp, celui « des subtils et intelligents », ne vivent pas en Tunisie. En se basant sur son échelle de jugement, un bloggeur comme Samsoum, qui vie aux Etats-Unis, ne peut avoir qu’une vision fantasmé de la Tunisie ? Houssein, le gourou de cette Tunisphère et l’un des ses plus représentatif spécimen, qui est aussi citoyen canadien, impliquer jusqu'à dans la vie politique de son deuxième pays, n’aurait donc pas de légitimité à être l’administrateur de l’annuaire référence des blogs tunisiens ? Un Tarek, aussi antipathique soit-il, n’aurait donc pas le droit de déblatérer sur les obstacles aux développements (même si il en constitue un lui-même) dans notre pays puisqu’il vie dans les dorures d’Oxford ? Les exemples ne manquent pas pour montrer l’absurdité de l’analyse faite par Nadia qui nous a indéniablement habitué à mieux. A moins que ce soit le statut de « réfugié politique » qui lui pose problème ? Dans un autre registre et sur une autre échelle, je l’invite chaleureusement à reprendre ses livres d’histoires et de se renseigner sur le rôle des étudiants tunisiens à l’étranger (spécialement en France) dans le combat pour l’indépendance et le rôle toujours aussi actif dans les années qui ont suivi.
En fin de compte, ce qui est regrettable dans cette affaire c’est de mettre en opposition le droit d’agir selon ses moyens et ses convictions et le droit tout aussi valable de critiquer les actions et les avis des un et des autres. Bien que toutes personnes est libre d’exprimer ses conviction (ou ses manques de convictions), aucune n’est exemptée de critique ou de remise en cause. Quand on a le courage d’exprimer ses opinions on doit se prémunir de se même courage pour accepter d’en répondre. Ceux qui y voient une question de personne montre en réalité l’étendu de leurs égaux surdimensionnés.
Quand cette Tunisphère, appel à soutenir trois blogs censurés, tout en s’efforçant d’enlever à cette manifestation toute portée protestante allant jusqu’à prier tout ceux qui se sont déclarés solidaires mais qui ne correspondaient pas aux exigences des organisateurs de cette manifestation, de cacher leur soutient. Nadia, l’une des initiatrices de cette action, avait même dit explicitement que cette action était destinée exclusivement à la Tunisphère. Tous ceux qui n’y étaient pas admis étaient priés de s’en écarter. D’ailleurs dans la liste des participants à cette manifestation de solidarité, plusieurs blogs pourtant solidaires, ne sont même pas mentionnées. Depuis plusieurs blogs tunisiens ont été censurés sans que cela suscite la moindre « note blanche », ni noire ni d’aucune autre couleur. Mokhtar Yahyaoui par exemple, qui a été solidaire de tous ce que cette blogosphère a entrepris, a vu son blog personnel, puis le blog d’information, Tunisia Watch, censurés, encore une fois, sans que cela ne suscite la moindre réaction. Ils étaient pourtant fiers de dire que le juge soutient leur action du 1er juin ! Le juge et blogueur Mokhtar Yahyaoui, est égale à lui-même et à ses convictions quand il soutient la liberté d’expression des blogueurs ou qu’il manifeste son soutien pour le Grand Maghreb, malheureusement cela est loin d’être le cas pour bon nombre de ses compatriotes blogueurs.
Devenues maîtres dans l’art de « regarder ailleurs alors que la maison brûle », les étoiles (filantes) qui évoluent au sein de la Tunisphère, n’hésitent pas à faire leurs les plus improbables et les plus inutiles et prématurées des causes. Tout ce qui peut avoir l’aspect de la contestation sans sortir du cadre du conformisme ambiant ; Tout ce qui peut leurs donner une bonne conscience sans pour autant les contraindre à se frotter à la réalité ; Tout ce qui peut donner l’illusion du mouvement sans toute fois aller jusqu’a faire bouger les choses ; Tous ce qui pourrait donner l’apparence d’une certaine liberté, d’une certaine prise d’initiative, d’un semblant de volonté d’organisation, tout en se défendant de remettre en cause quoi que ce soit est reçu comme du pain bénit par cette bonde de bénis oui-oui.
Conséquence de cette politique de l’apparence, qui fait rage sur la scène politico-médiatique nationale, c’est qu’elle sert en premier les intérêts de la dictature et de la pensée unique. Qu’elle l’admette ou pas, que cela soit volontaire ou inconscient, et avec tous le respect que j’ai pour certains et la tolérance que dois à tous, la Tunisphère sert en premier les intérêts de la dictature en Tunisie. Il est clair que pour ce premier juin par exemple il était plus rassurant pour les tenants du régime de voir les blogueurs tunisiens faire semblants de bloguer pour le Maghreb que de commémorer le 48ème anniversaire de la promulgation de notre si chère mais si bafouée constitution garante de notre république !
La Boétie disait dans son « discours sur la servitude volontaire », que « Pour être esclave, il faut que quelqu'un désire dominer et...qu'un autre accepte de servir ! ». Partant du principe que ceux qui sont privés de leur liberté sont mille fois plus nombreux que ceux qui s’exercent à les maintenir dans cette privation, on ne peut qu’en déduire qu’ils ne sont en servitude que parce que, quelque part, ils l’acceptent volontiers. La lâcheté qui sert de prétexte, avoué ou caché, à beaucoup de candidats à l’esclavage intellectuel, ne peut a elle seule expliquer un comportement aussi contraire à la nature. Mais désormais, pour « servir », ceux qui « aspirent à dominer », les ressources ne manqueront plus. Surtout que celles-ci viennent d’afficher solennellement leur volonté d’être collectivisées.
* Ils se ruèrent vers l’esclavage
jeudi 9 novembre 2006
ABSOLUT
Ses deux affiches sont extraites du dernier numéro du Libre Tunisien. Je les publie sur mon blog espérant que ceux qui n’ont pas réussi à les voir sur le site internet du mensuel puissent les voir et donné leurs avis dessus en toute connaissance de cause.
Mais dors et déjà ces affiches ont fait l’objet ainsi que la compagne « trop de temps sous le même régime » de vives critiques et de chaleureux encouragements de la part de ceux qui nous fond l’honneur de lire le mensuel. Certains trouvent qu’elles manquent d’esthétisme et d’autres qu’elles sont contre productives et nuisent à la crédibilité du contenu et des rédacteurs du mensuel. Alors que d’autres y trouvent de l’humour et même de la pertinence.
Dans tous les cas j’attends vos réactions.


