Affichage des articles dont le libellé est Economie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Economie. Afficher tous les articles

dimanche 24 janvier 2010

Tunisie : Pour Noël, Ben Ali s'offre un Airbus présidentiel à 300 M$ !

Le contribuable tunisien, même sans le savoir, aime son Président et ne semble rien lui refuser. Ce qui permet à notre président de faire quelques folies. La dernière en date, lui a été livrée le 12 décembre dernier. Sa récompense pour avoir répondu aux appels des tunisiens de se représenter pour un 5e mandat à la tête du pays; un cadeau à la hauteur des sacrifices qu'il a consenti pendant les 22 dernières années : Un nouvel avion présidentiel.

L\'Airbus A340-541 de la présidence de la République tunisienne.Le nouvel avion de la présidence de la République tunisienne photographié le 19 décembre 2009 à l'aéroport Toulouse-Blagnac avant son décollage pour la Tunisie. Crédit photo : Terence Li. www.airliners.net.


Mais attention, pas n'importe quel avion : Un Airbus A340, flambant neuf, dans l'une de ses plus chères versions. Avec 68 mètres de long et 63 d'envergure, le modèle A340-541HGW (pour « High Gross Weight »), est un quadrimoteur qui peut franchir 16 700 km sans ravitaillement et peut décoller avec une masse maximale de 380 tonnes. Ça en fait des "choses" à transporter !

Un bijou qui figure au catalogue d'Airbus pour la modique somme de 237 M$, mais dont la version "VIP", celle commandée par notre Président, peut atteindre les 300 M$ , soit près de 400 millions de nos Dinars. A ce prix, on comprend mieux les raisons pour lesquelles cet achat n'a pas fait la une des organes de propagande officielle. Il y a des moments où il faut avoir la dépense discrète.

La discrétion, n'a pas suffit à garder cette nouvelle acquisition au secret trop longtemps. Très vite, l'image de l'avion, estampillé "Présidence de la République Tunisienne", a fait son apparition sur les sites d'amateurs de photographie aéronautique, les mêmes qui avaient permis au blogueur, Astrubal, de retracer les péripéties de l'ancien avion présidentiel. Encore une fois, la magie d'internet a opéré et l'image s'est retrouvée sur le net tunisien à travers Facebook et Twitter.

Quelques exemples de Tweets évoquant le nouvel achat présidentiel. Traduction (2e tweet): "Durant la visite de Sarkozy en 2008, Airbus a vendu 19 avions à la Tunisie dont un pour Ben Ali"


Mais, au fait, notre Président, a-t-il besoin d'un nouvel avion ? Qu'en est-il de son Boeing 737, compagnon de ses voyages officiels et officieux ? Est-il trop vieux pour voler en toute sécurité ? En y regardant de plus près, on découvre que l'ancien coucou présidentiel ne vole que depuis le 20 août 1999, date de sa livraison, encore une fois, flambant neuf et en configuration "VIP". Une dizaine d'années d'une exploitation plutôt occasionnelle lui donnait au moins deux décennies d'expoitation devant lui. Quelle mouche a donc piqué notre Président ?

La flotte de la présidence de la République comporte deux avions qui ont une moyenne d'age de 6,5 années tous deux en configuration "VIP". Source : www.planespotters.net


La réponse nous viendrait peut-être de nos voisins algériens. En effet, en juin 2008, Airbus a livré le même model dans une configuration moins garnie, à la présidence algérienne qui en a fait commande 6 mois plus tôt. Pendant sa visite en Tunisie en février 2008, le président Bouteflika, aurait-il attisé la convoitise de notre président en vantant les mérite du nouveau joujou qu'il venait de commander ?

Et puis, le président algérien n'est pas le seul séduit par cet avion. Son homologue français, Nicolas Sarkozy a failli succomber aux paroles de Louis Gallois, président d’EADS qui lui conseillait un Airbus A340 avec un argument qui parle : « un quadrimoteur, ça en jette tout de suite plus ». Finalement le président français à du se rabattre sur un A330 d'occasion.

Mais l'idée a fait son chemin et l'argument de Louis Gallois a dû servir pendant l'accord pour une commande ferme de seize avions ainsi que trois options, dont une sur celui de la présidence, à l'occasion de la visite du président Nicolas Sarkozy en Tunisie en avril 2008. Quelques mois plus tard, l'avion présidentiel sortait des chaines de montage d'Airbus comme l'atteste sa date de fabrication. Mais il a fallu la visite du premier ministre, François Fillon, pour confirmer l'option mise sur l'avion. Sept mois plus tard, l'avion quittait les hangars de l'aéroport Toulouse-Blagnac.

Mais, en fin de compte savoir comment cela s'est passé ne répond pas à notre question : pourquoi un nouvel avion ? Il est fort à parier que, ni le parlement, qui a déjà voté cet achat, ni la Cour des comptes qui ne touche jamais aux comptes de la présidence, ne répondront à notre question. Car, la seule explication plausible est celle d'un caprice du Président. Après les millions de dinars dépensés pour la mascarade qui a amené à sa réélection, cette nouvelle dépense faramineuse, pour se donner une image qui "en jette", est une preuve supplémentaire de sa mégalomanie.

Ecrit par : Punica Fides
Publié sur : www.nawaat.org

samedi 18 novembre 2006

La liberté pleure Friedman

Prix Nobel d'économie en 1972, Milton Friedman, décédé hier à l'âge de 94 ans, a notamment inspiré les politiques économiques de Ronald Reagan, dont il a été un conseiller, et de Margaret Thatcher. Son ouvrage « Capitalisme et liberté», publié en 1962, a marqué toute une génération.

Défenseur inlassable de l'ouverture des marchés, de la réduction des impôts et des dépenses publiques, Friedman a résumé sa position par cette simple phrase : « Personne ne dépense l'argent de quelqu'un d'autre aussi consciencieusement que le sien.»

Sa lutte pour « réduire la taille et l'étendue du gouvernement» constituait une véritable promotion des libertés individuelles et du rôle essentiel de la société civile. Il prônait un gouvernement dont le rôle se limiterait à fixer les règles du jeu et à veiller à leur application.

Friedman démontre ensuite que dans une société capitaliste libre, il est naturel que des hommes "puissent ouvertement plaider la cause du socialisme et travailler à sa venue". Alors que, à supposer qu'il puisse exister une société socialiste soucieuse de liberté, l'omniprésence de l'Etat induit "des difficultés très réelles à y créer des institutions qui préserveront efficacement la possibilité de ne pas être d'accord".

Milton Friedman affichait également une grande confiance dans la mondialisation pour réduire « les différences entre les pays » et permettre aux plus pauvres d'entre eux de « parvenir à la croissance économique et à la prospérité ».

Enfin, il consacra les dernières années de sa vie à la promotion du libre choix scolaire. Dès 1995, il avait proposé la création de « chèques-éducation » pour permettre aux parents de choisir librement l'école de leurs enfants.




Milton Friedman

Capitalisme et Liberté
"extraits"



On croit généralement que politique et économie sont des domaines distincts et, pour l'essentiel, sans rapport ; que la liberté individuelle est un problème politique et le bien-être matériel un problème économique ; enfin, que n'importe quel régime politique peut se combiner avec n'importe quel régime économique. [...] Ma Thèse est que pareille opinion est illusoire, qu'il y a un rapport intime entre économie et politique, que seules certaines combinaisons sont possibles entre régimes économiques et régimes politiques, et qu'en particulier, une société socialiste ne peut être démocratique -- si être démocratique, c'est garantir la liberté individuelle.

Dans une société libre, le dispositif économique joue un double rôle. D'une part, la liberté économique est elle-même une composante de la liberté au sens large, si bien qu'elle est une fin en soi. D'autre part, la liberté économique est indispensable comme moyen d'obtenir la liberté politique [...]

Si l'on considère le régime économique comme un moyen destiné à atteindre ce but qu'est la liberté politique, son importance est à la mesure des effets qu'il a sur la concentration ou la dispersion du pouvoir. Le type d'organisation économique qui assure directement la liberté économique, à savoir le capitalisme de concurrence, est en même temps favorable à la liberté politique car, en séparant le pouvoir économique du pouvoir politique, il permet à l'un de contrebalancer l'autre.

L'histoire témoigne sans équivoque de la relation qui unit liberté politique et marché libre. Je ne connais, dans le temps et dans l'espace, aucun exemple de société qui, caractérisée par une large mesure de liberté politique, n'ait pas aussi recouru, pour organiser son activité économique, à quelque chose de comparable au marché libre [...]


L'économie libre donne aux gens ce qu'ils veulent, et non pas ce que tel groupe particulier pense qu'ils devraient vouloir ; ce qui se cache derrière la plupart des arguments contre le marché libre, c'est le manque de foi dans la liberté elle-même.

Néanmoins, l'histoire, si elle indique que le capitalisme est une condition nécessaire de la liberté politique, ne nous dit pas qu'il en est la condition suffisante. L'Italie et l'Espagne fasciste, l'Allemagne [...] et le Japon avant la Première et la Seconde Guerre mondiale, la Russie tsariste durant les décennies qui précédèrent la Grande Guerre -- voilà autant de sociétés dont on ne peut pas dire qu'elles aient été ou soient politiquement libres. Dans chacune d'entre elles, pourtant, l'entreprise privée était la forme dominante de l'organisation économique. Il est par conséquent fort possible qu'à un régime économique fondamentalement capitaliste ne corresponde pas un régime politique de liberté [...]

Il n'y a fondamentalement que deux manières de coordonner les activités économiques de millions de personnes. La première est la direction centralisée, qui implique l'usage de la coercition : c'est la technique de l'armée et de l'Etat totalitaire moderne. La seconde est la coopération volontaire des individus : c'est la technique du marché. La possibilité d'une coordination assurée grâce à la coopération volontaire repose sur cette proposition élémentaire -- quoique fréquemment niée -- que, dans une transaction économique, les deux parties sont bénéficiaires, pourvu que cette transaction soit bilatéralement volontaire et informée. Une coordination sans coercition peut par conséquent être le produit de l'échange. Le modèle d'une société organisée grâce à l'échange volontaire est l'économie libre de l'échange et de l'entreprise privée, c'est-à-dire ce que nous avons appelé le capitalisme de concurrence [...]

Dans la société moderne, nous disposons d'entreprises qui sont des intermédiaires entre les individus, considérés d'une part en tant que fournisseurs de services et, d'autre part, en tant qu'acquéreurs de biens. De même l'argent a-t-il été créé comme moyen de faciliter l'échange et de distinguer nettement entre l'acte de vendre et celui d'acheter.

Ce qui est fondamentalement indispensable, c'est de maintenir la loi et l'ordre, si bien que la coercition physique exercée par tel individu sur tel autre soit impossible et que les contrats volontairement passés soient respectés ; c'est donc de donner quelque contenu au mot "privé". A part cela, les problèmes peut-être les plus épineux sont posés par le monopole -- qui paralyse la liberté en déniant aux individus la possibilité de choisir --, et par les "effets de voisinage" -- effets sur les tierces parties, à propos desquels il n'est pas possible de pénaliser ou de récompenser ces dernières. Aussi longtemps que l'on maintient une liberté d'échange effective, le trait central du mécanisme du marché est qu'il empêche une personne de s'immiscer dans les affaires d'une autre en ce qui concerne la plupart des activités de cette dernière. Du fait de la présence d'autres vendeurs avec lesquels il peut traiter, le consommateur est protégé contre la coercition que pouvait exercer sur lui un vendeur ; le vendeur est protégé contre la coercition du consommateur par l'existence d'autres consommateurs auxquels il peut vendre ; l'employé est protégé contre la coercition du patron parce qu'il y a d'autres employeurs pour lesquels il peut travailler, etc. Le marché y parvient de façon impersonnelle et sans qu'il soit besoin d'une autorité centralisée.

A vrai dire, c'est précisément et surtout parce qu'elle remplit si bien cette tâche que l'économie libre se heurte à des objections ; car elle donne aux gens ce qu'ils veulent, et non pas ce que tel groupe particulier pense qu'ils devraient vouloir ; ce qui se cache derrière la plupart des arguments contre le marché libre, c'est le manque de foi dans la liberté elle-même.

L'existence d'un marché libre n'élimine évidemment pas le besoin d'un gouvernement. Au contraire, ce dernier est essentiel, et comme forum où sont fixées les "règles du jeu", et comme arbitre qui interprète et fait appliquer ces règles. Le marché, cependant, réduit grandement le champ des questions auxquelles doivent être données des réponses politiques, et par là minimise la mesure dans laquelle il est nécessaire que les pouvoirs publics participent directement au jeu. C'est le trait caractéristique de l'action politique que sa tendance à exiger ou à imposer une certaine conformité ; et c'est, en revanche, le grand avantage du marché que de permettre une large diversité. Pour parler le langage de la politique, le marché est un système de représentation proportionnelle. Chacun peut, si j'ose dire, voter pour la couleur de la cravate qui lui plaît ; il n'a ni à savoir quelle couleur veut la majorité, ni à se soumettre s'il est parmi les minoritaires.

C'est à cette caractéristique du marché que nous faisons référence quand nous disons que le marché assure la liberté économique. Mais cela comporte des implications qui vont bien au-delà. [...] En ôtant à l'autorité politique le droit de regard sur l'organisation de l'activité économique, le marché supprime cette source de pouvoir coercitif ; il permet que la puissance économique serve de frein plutôt que de renfort au pouvoir politique. [...]

Extraits de Capitalisme et Liberté, pages 21 à 31.


Principaux ouvrages de Friedman :

- Study in the Quanty Theory of Money (Théorie quantitative de la monnaie), 1956.

- Capitalism and Freedom, 1963 (trad. française Capitalisme et Liberté, Laffont, 1971).




dimanche 17 avril 2005

Libéralisme : le double avantage


Dans la grande marche des concepts philosophiques qui ont marqué l’évolution de l’humanité l’émergence de la doctrine libérale au XVIII siècle fût un progrès majeur. La protection des droits et des libertés de l’individu et la limitation de l’intervention politique ont impulsé l’évolution de l’humanité. La contribution du libéralisme à l’épanouissement de la créativité et du progrès humain est incontestable, ainsi que son apport dans l’élévation du niveau des richesses et du confort n’est plus à prouver ! Bien que le mot libéralisme puisse avoir plusieurs sens selon la personne qui l’emploie, et le contexte dans lequel elle le fait. Cependant, en se basant sur le sens communément admis, on peut définir le libéralisme comme une « philosophie du droit », une « éthique de la liberté et de la responsabilité » et c’est en cela qu’il représente la seule idéologie « authentiquement subversive.» Aujourd’hui que le libéralisme s’est imposé sur l’ensemble de la planète et qu’il semble être « le meilleur système actuel » pour notre évolution alors que la « fin de l’histoire[i] » annoncée par Fukuyama après « l’implosion du communisme et la guerre victorieuse des « nations unies » contre l’invasion de l’Irak[ii] », ne s’est pas produite. » Le libéralisme constituerait t-il toujours le moteur de l’histoire ? Favorise t-il le progrès économique, la paix et la démocratie ? Ces notions semblent être implicitement interdépendantes.

Le libéralisme dans son essence originelle n’est pas une doctrine économique ou politique ni une organisation partisane. Par ce fait, il ne se plie pas aux exigences du clivage politico-économique traditionnel. Par son universalité, il affirme les principes de liberté de responsabilité, dans tous les domaines de la vie de l’Homme et de la « Cité.»
Les aspirations des uns et des autres se confrontent dans un lieu « d’échanges » ou « marché. » Les échanges qui s’y font ne peuvent aboutir que si tous les échangeurs y voient un bénéfice sous une forme ou sous une autre. Cette recherche du bénéfice mutuel représente la condition sine qua none pour l’existence d’un marché quel qu’il soit. Dans un marché, le meilleur choix est donc le choix libre et informé. Plus un marché offre de choix, meilleur sont les opportunités. De plus, le mécanisme des prix est lui-même, dans un marché libre, le meilleur moyen de relayer l’information, raison pour laquelle l’obstruction à la liberté des échanges est doublement néfaste et le dirigisme toujours mal informé.
La loi n’instaure pas le marché, qui préexiste, elle ne fait que l’encadrer par des règlements. Quand les règlements aident à rétablir l’équilibre qui est rompu, quand certains utilisent la force pour s’arroger des droits usurpatoires sur le marché, quand ils éliminent les perturbations en permettant une meilleure circulation de l’information. Ils agissent à bon escient; mais alors, nul besoin d’instaurer un tel règlement par la force publique ! Car à partir du moment où un tel standard est promulgué, celui-ci peut, à moindre frais, le faire respecter quand il est utile. Quand les règlements aident à établir un déséquilibre et font force de loi aux prétentions des uns au détriment des autres, alors c’est le comble de l’injustice. C’est l’iniquité artificielle et légale. L’instauration d’un tel règlement par la force publique n’est que la légalisation de la spoliation et le concours apporté au crime par le gouvernement. Toutes lois instaurant des monopoles industriels ou institutionnels publics ou privés, instituant des subventions ou avantages fiscaux, créant des droits de propriété sur l’intangible, empêchant par la censure ou le monopole la libre circulation de l’information, trompant le public en faveur des détenteurs de droits artificiels, ont pour effet une telle iniquité. Ainsi, dans un régime de liberté économique, un avantage ne saurait exister qu’initialement, avant l’apparition de concurrents. Cet avantage est la récompense de l’innovateur, de celui qui apporte une information positive dans la marche du progrès. Cet avantage est donc l’encouragement même au progrès. Bien évidemment, la libre concurrence atténue cet avantage avec le temps, le progrès retombant ainsi dans le domaine public, au bénéfice de tous, après que son auteur en ait été récompensé. C’est seulement par l’innovation continue, par les progrès répétés, par la création permanente, que chacun pourra maintenir longtemps un bénéfice au-dessus de la moyenne grâce à la liberté des échanges et à l’action civilisatrice du progrès au bénéfice de tous. En effet. L’un des principes fort du libéralisme, est de responsabiliser les acteurs en présence. Cette responsabilité est « la face duale de la liberté », et c’est toujours conjointement que les deux agissent. Là ou la liberté de l’un est restreinte, sa responsabilité est diminuée ; là ou la liberté de l'un est bafouée, la responsabilité du coupable a été négligée ; là ou la liberté est étendu, la responsabilité qui en découle, guidera l’individu libre vers les bonne décisions, tandis que l’absence de celle-ci lui le rendra incapable.
Devant les tâches qui semblent incomber à l’humanité actuelle tel que la poursuite du puissant mouvement d’unification universelle et de paix entre les nations, la finalisation du développement de la technologie, de la recherche, de la justice et l’évolution sociale ou encore l’amélioration des moyens de communications et d’échanges entre les peuples. Le libéralisme semble être un formidable catalyseur des énergies créatrices. A l’égalité communiste, le libéralisme préfère le concept d’équité. Ce concept n’a rien de nouveau, au contraire, il a régenté le déroulement de l’histoire de l’humanité. Aucune société lointaine ou contemporaine ne semble échapper à cette notion de « hiérarchie compétitive. . Pourtant, le libéralisme ne s’oppose pas au progrès sociale, bien au contraire. Il s’oppose au socialisme, c’est en ce que ce dernier demande à l’état. Le libéralisme sait bien qu’il ne ressort de l ‘Etat que ce que la société y met. En soustrayant tout ce que l’état consomme à son propre fonctionnement. La philosophie libérale sait qu’en enseignant aux citoyens de tout attendre de l’Etat, on aboutit qu’à les déresponsabiliser, et par la même, liquéfier la société entière. En faisant reposer la solidarité sur l’Etat, on détruit la solidarité chez les citoyens. L’Etat peut, tout au plus, et doit, tout au moins, garantir à chaque citoyen les moyens légaux de s’exprimer, en mettant a la disposition des citoyens un espace publique d’échanges et de discutions. Pourtant cette garantie n’implique aucunement une gestion directe, loin de là, et bien au contraire. Alexis de Tocqueville disait à ce sujet : « Le plus grand soin d'un bon gouvernement devrait être d'habituer peu à peu les peuples à se passer de lui. »
Le libéralisme et sa pratique économique et politique semble être un puissant instrument de progrès, puisqu’il met en oeuvre toutes les capacités de chaque individu et garantit les droits aux peuples de vivre libre et être maître de leur destin. Le développement économique qu’il impulse favorise un épanouissement des droits individuels et, par conséquent, une meilleure implication politique et citoyenne qui ne peut que favoriser la démocratie dans la mesure ou le surcroît de richesse permet l’élévation du niveau intellectuel par l’accès à la culture et au loisirs qui représentent un formidable accélérateur d’évolution et renferme de réels vertus civilisatrices. L’avantage d’évoluer dans un cadre juridique et social saint encourage l’entreprenariat et les initiatives personnelles. Favorable aux libertés individuelles, « le libéralisme tend donc vers une satisfaction des besoins par une mobilité croissante des ressources humaines et matérielles et par la libre négociation généralisée de contrats et autres accords, en se substituant à la violence politique » et par conséquent à la Guerre.

Malgré toutes les possibilités formidables qu’offre la pensée libérale, la notion d’équité telle qu ‘elle est pratiquée par le monde libéral de nos jours, semble parfois injuste. Ceux qui décident des avantages sont les mêmes qui s’attribuent la plus grande part de ceux-ci. Le libéralisme par son interprétation biaisée en augmente les effets négatifs. Si certains écarts de traitement inter individu sont nécessaires pour stimuler la construction lorsque celui-ci devient trop énorme et baigne dans un monde juridiquement inachevé, il peut devenir l’instrument d’un véritable assujettissement. C’est ce qui se passe aujourd’hui dans des pays ou le libéralisme, détourné de son sens, sert les intérêts d’une minorité dirigeante criminelle qui par l’accumulation de richesses hors normes, en profite pour abuser, maltraiter et réduire à l’esclavage la partie vulnérable du peuple. Le libéralisme ainsi employé par les dirigeants des républiques bananières, dictatures policières ou autres pays communistes, ne devient plus qu’un moyen efficace et rapide pour augmenter leur richesses personnelles et celles de certains privilégiés et ce, toujours, aux dépends du peuple, sur qui ils basent- pourtant -leur assises politiques et puisent leur puissance et leur pouvoir. Ces régimes totalitaires et féodaux qui distribuent les privilégiés par le truchement de lois sur-mesure qui ne servent qu’une partie infime de l’ensemble de la population. Ils créent ainsi un système d’interdépendance ou dirigeants et nantis se soutiennent mutuellement pour préserver leurs privilèges. On peut également rajouter au totalitarisme trois autres facteurs qui me semblent faire dériver la pratique libérale vers des agissements condamnables. La prédominance de la pulsion sur la conscience, la mystification de la dimension spirituelle de l’homme et l’éviction des forces de contradictions et d’oppositions. En effet cette hégémonie des « tendances sur la conscience » semble caractériser encore la majorité des rapports humains. Ce fait été à l’origine de toutes les guerres et la cause de l’échec des diplomaties pour la résolution des conflits qui ensanglantent notre planète. La nature instinctive et aventureuse du marché fait de lui un puissant réservoir d’action et de créativité. Elle lui permet de supporter la compétition féroce qu’il s’impose a lui-même. Ces qualités particulières des acteurs du marché sont nécessaires pour notre évolution mais leur suprématie est à contester. Bien entendu, il n’est pas question de remettre en cause les qualités véritables du marché mais de les remettre à leur place et contenir ainsi son agressivité dans des proportions admissibles pour l’ensemble du peuple. Finalement, ce n’est pas au marché qu’incombe la responsabilité des excès qu’il commet, ce sont les pouvoirs chargés de le maîtriser (justice, médias, pouvoirs politiques...) qui ont failli à leur prérogatives. Un autre reproche fait au libéralisme, semble être son incapacité à tenir compte de la nature spirituelle de l’homme. Depuis la nuit du temps, l’homme n’a cesser de s’élever de sa condition d’être mortel et périssable par une aspiration à transcender son enveloppe corporelle et ses contraintes matérielles. Il a toujours trouvé dans son environnement les ressources indispensables à assouvir son désir de démarcation des vénalités animales par la recherche du Créateur. La fascination devant les éléments naturels, l’a toujours amené à aller vers l’autre et à développer une réelle envie de générosité d’entraide et de désir de bien faire. Alors que les doctrines traditionnelles au pouvoir ou celles de l’opposition perpétuelle, ont sous-estimé ces valeurs profondes par la répression pour les uns et la négation pour les autres. Le libéralisme se présente comme garant de toutes les libertés, même celle de croire en un dieu ! Si un « mouvement libéral tunisien[iii] » doit voir le jour il ne peut que puiser dans ce formidable vivier de générosité et de spiritualité pour revenir à l’origine même de l’esprit libéral. Notre combat ne peut que se baser sur la spécificité historique de notre pays à préserver dans l’absolu certaines valeurs morales, une ouverture d’esprit légendaire et une aptitude avérée dans les pratiques commerciales qui peuvent être renforcées par la pratique religieuse mais pas nécessairement. Le « libéralisme dirigé » exercé par notre régime actuel choisit pour stimuler l’action, les tendances primaires tel que la soif de puissance, l’appât du gain, la consommation frénétique et la compétition agressive. A partir du moment où il néglige les valeurs spirituelles de l’homme, il ne peut, par ces agissements, se reposer que sur ses valeurs matérielles qui nuisent tant à notre « cohésion sociale. » Il est certain qu’en mettant l’individu au « centre des préoccupations », le libéralisme l’émancipe de l’unité somatique de la société. La démocratie, quant à elle, le fait associer à ces semblables pour reconstituer le tissu social non comme un tout organique mais comme une mutualité d’individus libres et égaux. La démocratie par cette recomposition des liens sociaux conserve l’énergie des lois de la nature. Une démocratie libérale, est une démocratie qui optimise l’exploitation de ces forces vives, pour le bien de tous. Elle est l’arbitre mais pas le maître. La garante sans être la propriétaire.

En regardant les choses de façon synthétique et humaine, la réflexion semble simple. Puisque la mondialisation et son moteur, la compétition, sont nécessaires au progrès et puisque les valeurs humaines sont notre seule bouclier pour empêcher tout retour à un fonctionnement sauvage, nous devons admettre qu’un libéralisme parfaitement maîtrisé basé sur des « valeurs universelles » retrouvant sa véritable place dans la hiérarchie des valeurs, est le meilleur rempart contre le despotisme, le totalitarisme militaire ou idéologique et les extrêmes de tous bords. Par conséquences, il représente l’amorce obligatoire pour l’établissement d’une démocratie authentique. C’est en cela que réside le « double avantage » du libéralisme. Par son action émancipatrice est primordiale à la création d’une démocratie viable. Cette démocratie garantira en retour l’expression d’un libéralisme maîtrisé. Le libéralisme crée ainsi les conditions idéales à son épanouissement et le cadre légal de son application. Ce combat où « la seule valeur qui vaille d’être défendu, est celle de l’Homme[iv] », doit s’inscrire dans une logique constructive et non partisane loin des clivages traditionnels. Sortant du carcan de la politique politicienne qui a abouti à cinquante années d’action stérile et contre-productive. Gardant nous de faire de la politique là ou la seule politique qui domine est celle de la répression. Occupons nous de ce qui fera notre avenir : la jeunesse tunisienne, c’est ainsi que nous jetterons ce qui fait notre présent aux oubliettes. Car « penserions-nous beaucoup et penserions-nous bien si nous ne pensions pas pour ainsi dire avec d'autre ?[v] »



[i] La fin de l’histoire et le dernier homme, Francis Fukuyama, Paris, Flammarion, 1992, 456 p.
[ii] Maurice Lagueux, professeur de philosophie et d’économie, Université de Montréal.
[iii] De la nécessité d’un mouvement libéral tunisien, Mourad Dridi, http://www.réveiltunisien.org/ 2005
[iv] Charles de gaules, président de la république,1890-1970.
[v] Emmanuel Kant, philosophe, 1727-1804.

Bibliographie et sources :
- La philosophie politique, Anne Baudart, collection Dominos, Flammarion, 1996, 149 p.
- La politique économique ou la maîtrise des contraintes, André Grjebine, 1991, Paris, Seuil.
- Emmanuel Kant, oeuvres complètes, Gallimard éditions.
- http://www.geoscopie.com/.
- http://agora.qc.ca/