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dimanche 3 août 2008

Ordre protocolaire dans la République de Ben Ali



Ben Ali en visite au palais de Bardo pour fêter la République ! Source : Site internet de la présidence

uelques jours avant de répondre positivement et en « toute fierté » à la demande qui lui a été faite (interdiction de rire) d’être Le Candidat du RCD pour l’élection présidentielle de 2009, « au milieu de youyous de femmes de son parti dans une salle archicomble décorée de drapeaux en rouge et blanc de la Tunisie. », notre « fier » président s’est invité, le vendredi 25 juillet, au siège de « l’honorable » chambre des députés à une réception organisée à l’occasion du 51e anniversaire de la proclamation de notre chère République nous dit-on sur le site officiel de la présidence. Il faut dire que cet anniversaire est assez symbolique pour Ben Ali puisque c’est le vingtième qu’il « célèbre » en tant que président de cette République après avoir célébré en grandes pompes le 20e anniversaire du « changement du 7 novembre », et fêter pour la vingtième fois l’indépendance de notre pays en étant à sa tête. Cela méritait bien une petite sauterie républicaine.

Il est vrai que pendant plus de 50 ans qu’on fait semblant de fêter la République, on n’est plus à une cérémonie pompeuse près. Pourtant à la lecture du compte rendu de cette joyeuse fête, une phrase étrange ferait dresser les cheveux sur les têtes des plus blasés d’entre nous. Je cite : « Le Président de la République a été accueilli, à son arrivée au palais du Bardo, par le premier vice-président du Rassemblement Constitutionnel Démocratique, le premier ministre, le président de la chambre des députés et les membres du bureau de la chambre des députés ». Oui vous avez bien lu…le président qui, rappelons-le, est en visite au palais de Bardo, siège des supposés représentants du peuple tunisien, pour célébrer le 51e anniversaire de la République, a été accueilli par…le premier vice-président du parti au pouvoir !

Commençons déjà par ce qui relève des bonnes manières, si j’ose dire. Le président de la chambre des députés n’est que troisième dans cet ordre protocolaire. La moindre des politesses aurait été qu’il soit le premier à souhaiter la bienvenue au président. Après tout, c’est le maitre des lieux en quelques sortes et c’est à lui d’accueillir son invité. Vous…vous vous imaginez inviter, chez vous, une personnalité de l’envergure de « notre président » et accepter que se soit « le premier vice-président » de son « fan club » qui la reçoive à votre place ? Je pense que personne n’accepterait. Détrompez-vous. Le président de notre chambre des députés, lui, accepte. Et il n’est pas le seul. Ses députés non plus ne semblent pas très regardants sur les convenances puisqu’à leur tour ils se sont faits reléguer presque à la dernière place, cette fois-ci derrière les membres du bureau politique du RCD !

S’il ne s’agissait que d’une question de bonnes manières cela ne mériterait certainement pas qu’on en fasse tout un plat. Surtout connaissant les manières de ceux qui nous gouvernent. Mais voilà, une République a ses règles et parmi celles-ci se trouve celle d’un ordre protocolaire bien établi qui classe les personnalités politiques selon l’importance de leurs fonctions au sein de cet édifice. Un ordre d’importance qui, dans une République, se défini en fonction des trois pouvoirs supposés indépendants sur lesquels se base celle-ci, à savoir le pouvoir exécutif, parlementaire et judiciaire.

Dans notre cas précis le protocole républicain aurait donc voulu que le président soit éventuellement accueilli en premier par son premier ministre, étant le chef du gouvernement, et représentant du pouvoir exécutif mais impérativement suivi par le président de la chambre des députés et celui de la chambre des conseillers, représentants du pouvoir législatif. Le président du conseil constitutionnel, s’il était présent (surement un oubli), suivrait et ainsi de suite. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que notre constitution désigne ces trois personnages comme les premiers garants de la continuité du pouvoir « en cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d'empêchement absolu ». Le président de la chambre des députés étant même le premier sur la liste des potentiels intérimaires.

Le plus grave, mais aussi le plus triste, c’est que ce mépris est perpétué par la tête de gondole de l’appareil de propagande du pouvoir en place, j’ai nommé la tristement célèbre Tunis7. Une petite recherche dans les archives des journaux télévisés de la chaine nationale nous permet de voir que cet ordre protocolaire est déjà de mise depuis quelques années, et plus particulièrement depuis le 20e anniversaire du « changement » comme l’atteste ce bref montage.





Il est vrai que le président de cette « chambre introuvable » n’a rien fait pour mériter un meilleur traitement. Ce n’est pas lui qui, à l’unisson avec le président de La chambre des conseillers, a accouché le premier d’une déclaration pour appeler Ben Ali à « renouveler sa candidature aux élections présidentielles de 2009 pour briguer un cinquième mandat de cinq ans » ? Permettant pour que cela puisse se faire qu’on massacre pour la énième fois la constitution tunisienne. Vu de cet angle là il ne mérite même pas d’être le président de cette chambre. Mais puisqu’on est dans cette recherche pathétique de sauver les apparences. Celle qui consiste à mettre en avant la place du pouvoir législatif et ses représentants et « le renforcement des acquis républicains », selon la formule officielle psalmodiée à tous les discours de Ben Ali, ne semble plus de mise. C’est ainsi que, dans la république de Ben Ali, un premier vice-président d’un parti politique peut reléguer au troisième rang de l’importance protocolaire le représentant des élus du peuple tunisien !

Ce manque cruel d’égards vis-à-vis des représentants de deux des trois pouvoirs sur lesquels repose notre République n’a rien de la simple faute de frappe sur une dépêche de la TAP ou de la faute de goût et encore moins d’une méconnaissance des ordres d’importances et des règles protocolaires. Il traduit en réalité, le vrai rapport de force au sein de la république de Ben Ali. Une république du parti unique avec à sa tête un homme…« unique » qui centralise à lui seul tous les pouvoirs, en théorie indépendants. Aucune institution n’échappe à cette mise aux pas de plus en plus ostentatoire. Le RCD ne se contente plus du rôle du Parti du président mais s’affiche clairement aujourd’hui comme la véritable antichambre du pouvoir du président et son unique successeur. Marginalisant ainsi nos institutions certes malmenés depuis 50 ans mais néanmoins existantes. En vingt et un ans de pouvoir Ben Ali aurait-il oublié que c’est par les règles de cette même République qu’il ne cesse de bafouer qu’il a pu, un jour de novembre 1987, en devenir le président ?

Publié sur www.nawaat.org


mardi 6 mai 2008

Mai 1968 – Mai 2008, 40 ans de «liberté» d’expression en Tunisie




C'était pourtant en 1968 ...




Comment ne pas reconnaître l’aspect si surprenant de ces séquences d’un reportage tourné il y a 40 ans. Il s’agit d’un échange entre jeunes étudiants Tunisiens sur un de ces sujets si tabou en Tunisie.

Et pourtant … Des décennies plus tard, on s’aperçoit que la capacité des tunisiens à s’exprimer sur leur quotidien, notamment politique, au sein des médias autorisés, demeure toujours aussi stérilisée. La politique s’avère être encore plus tabou que les mœurs. Pour les plus hardis, la malice, parfois d’une rare cocasserie, se substitue aux propos directs pour lâcher ce qu’ils ont sur le cœur. Tous les interstices, surtout sportifs, sont mis à contribution pour repousser les limites de la répression de la liberté d’expression.




Pour les plus hardis, faute de mieux, la malice se substitue aux propos directs...
"Moncef, pourquoi ris-tu ... ti chbiik !"




Le monde a changé et les Tunisiens avec. Et pour les nantis d’entre-eux, avec l’internet, c’est l’accession enfin à un paysage médiatique plus libre, plus ouvert, malgré les blocages de l’ATI.

L’Internet, par le biais de ses canaux libres, a rendu toute forme de censure ou de travestissement de la réalité bête et ridicule à l’image de ses auteurs. Du procès du défunt Moncef Ben Ali si « blackouté », aux documents de la CIA déclassés, en passant par la mise en ligne publique du calendrier des réservations d’espaces publicitaires sur certains quotidiens, jusqu’au déplacement de l’avion présidentiel... tout est aujourd’hui devenu accessible malgré la censure.




Procès de la "Couscous Connection" - JT FR3, novembre 1992



L'Internet a été une bénédiction pour toutes les plumes libres, mais également la malédiction qui a ringardisé, en un laps de temps si court, tous ces imbéciles qui n’ont toujours pas compris qu’à la désinformation, il y a une limite au-delà de laquelle il ne faut pas s’aventurer. Et en l’occurrence, les temps sont loins où l’on pouvait raconter tout et n’importe quoi en jouissant du monopole de la parole publique tout en excluant les contradicteurs de leur droit à la parole. Aujourd’hui, avec ce qui se passe et s’échange sur près de 500 blogs tunisiens actifs, la lutte pour ces imbéciles de la désinformation est devenue inégale. Il n’y a qu'à voir où et sur quels supports les tunisiens se sont informés à propos des derniers événements d’El Redaif .



Blogs Tunisiens - Tunisian Blogs
Près de 500 blogs actifs à l'affut des écarts de Mbarek et ses semblables ...



Bien qu’encore relativement timorés pour certains, les blogs tunisiens n’hésitent plus désormais à clouer au pilori la « presse boudourou » (Presse à deux sous) telle qu'il la qualifient communément.

Cette blogosphère, après une première période marquée par une défiance exacerbée à l’égard de la chose publique, défiance qui fut particulièrement nourrie à l’époque – et non sans arrières pensés - par une première génération de blogueurs, sous le prétexte de ne pas vouloir faire de la politique, va s’enhardir pour remplir ce rôle en matière d’information, qui n’est normalement pas sa vocation naturelle.

En effet, depuis peu on assiste à une inversion de tendance où la réappropriation de l’espace public et la parole qu’elle suppose n’est plus perçue comme une politisation malsaine, mais comme l’exercice d’un droit à l’information et à la parole, y compris lorsqu’il s’agit d’exercer un droit de regard sur la gestion des affaires de la cité. Se faisant, s’est amorcé ainsi ce positionnement de la blogosphère tunisienne en tant que pôle désormais incontournable dans le paysage informatif tunisien. Il faut reconnaître aussi que la langue de bois des médias officiels, les privant de toute crédibilité, va largement contribuer à mettre en avant la blogosphère, non pas uniquement quant à la circulation de l’information, mais également dans la création de l’événement médiatique.

Et à plus forte raison, une troisième étape se dessine par l’arrivée de plus en plus de journalistes professionnels qui ont choisi de contourner la censure par la création de leurs propres pages en ligne. Aux blogs des journalistes pionniers en la matière comme celui de Nadia Omrane, A. Zouri ou de Slim Boukhdir (actuellement emprisonné et son blog hacké depuis), on voit arriver ceux de Soufiane Ben Farhat ou de Zied El Heni. Et au-delà des journalistes, on trouve également d’autres profils à l’image de Kastalli Chérif, lequel, bien que se revendiquant comme un « militant de base au sein du RCD et défenseur acharné du projet de société civile de Ben Ali », n’hésite pas à relever dans le pays du même Ben Ali, que « le journaliste est en train de perdre son statut pour devenir une loque humaine [...] ».

Tout comme ce cadre et exploitant agricole Tunisien, on en dénombre d’autres, issus de diverses branches, lesquels désormais contribuent à créer de l’information sur leurs blogs. Cette même information que les médias locaux censurent, transforment ou, dans le meilleur des cas, ignorent.

La liberté d’expression des Tunisiens s’exerce effectivement sur l’internet. Et plus celle-ci s’exerce, plus les médias officiels dont la parole est toujours aussi lénifiante s'avèrent ringards et surranés. Tout esprit sensé, aurait pu raisonnablement s’attendre à ce que, avec l’apparition du réseau des réseaux, la liberté de la presse en Tunisie évolue un tant soit peu. Il n’en fut rien. Et l’on assiste aujourd’hui à un constat qui fait que l’un des plus anciens journaux de la place « La Presse de Tunisie », l’un des plus tirés autrefois, soit perçu, non pas par la majorité, mais par quasiment l’ensemble de la blogosphère tunisienne comme l’un des summums de la presse lénifiante, pour ne pas dire de caniveaux. Et parmi ceux qui sont perçus comme les grands toccards de ce journalisme tunisien, quelqu'un comme M M, un des redacs chefs du même journal, "La Presse", occupe le haut de cette liste peu glorieuse. Quel gachis !

En ce jour où se commémore la « Journée Mondiale de la Liberté de la Presse », bonne fête à tous les épris du droit à la parole et du droit pour une circulation sans entrave de l’information.

Astrubal,
Centrist
et Malek

Samedi 3 mai 2008
http://www.nawaat.org



lundi 25 juin 2007

La réussite d’une femme !



Nismet Essbeh - Tunis7 - 25.06.07

lle est belle, elle est jeune, elle s’appelle Besma Ben Brahim, mais tout le monde l’appelle Yousra, et elle vient d’obtenir cette année son baccalauréat littéraire. Présentée comme ça, cette histoire n’a rien d’extraordinaire. Comme elle, des milliers de jeunes tunisiennes et tunisiens, viennent de célébrer leurs réussites et a qui je souhaite, par ailleurs, beaucoup d’autres succès. Mais ce qui donne sa particularité à Yousra, c’est qu’elle est une jeune maman de 39 ans et elle a décroché le précieux sésame au même temps que son fils Mehdi ! Le plus drôle, c’est que ce n’est pas la première fois qu’elle passe son Bac avec son fils, la première fois c’était en 89 et elle le portait dans son ventre !

Encouragée par son mari, professeur d’université, aidée par son fils en sciences naturelles qu’elle a pris en option, en échange de l’aide qu’elle lui apporte en anglais et en philo, c’est une belle histoire d’une réussite familiale. C’est aussi une belle histoire de persévérance et de bonne volonté. Mais c’est avant tout un bel exemple de réussite. La réussite d’une femme qui a su mener à bien son rôle de maman et d’épouse sans pour autant abandonner ses rêves et ses projets personnels, dans une société tunisienne où il n’est certes pas facile d'avoir une seconde chance.


samedi 21 avril 2007

Kahloucha et Tunisie Telecom fêtent l’élection présidentielle en France !



près la Tunisphère et les médias officiels tunisiens, c’est au tour de la pub de récupérer le phénomène Kahloucha. Et c’est le poids lourd des annonceurs tunisiens, Tunisie Telecom, qui tire le premier. La pub est assez drôle et décalée pour ne pas le signaler malgré la qualité médiocre du montage, du doublage et du mixage. Mais ça, j’ai l’impression que c’est la marque de fabrique des techniciens tunisiens qui semblent définitivement fâchés avec la précision du travail bien fait.

Ce qui est aussi drôle, c’est que par le biais de cette pub, TT, annonce 50% de baisse sur les tarifs de communication à partir d’un téléphone fixe pour la France valable pour ce week-end ! je vous avoue que je suis très curieux de savoir pour quoi ce week-end précisément ? Est-ce à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle française ? Serait-elle une offre pour célébrer cette fête démocratique et permettre au tunisiens de Tunisie, de partager avec leurs « cousins » de France les joies du « vote utile » et des sensations fortes de l’annonce des résultats ?

Moi je dirais que c’est plutôt pour distraire les tunisiens et les éloigner de leurs postes de télé pour, peut être, leur faire oublier qu’à deux heures de vol de Tunis, des citoyens célèbrent la démocratie en choisissant entre 12 candidats celui qui sera leur président ! Je vous le concède, mon explication est peut être de mauvaise foi, mais il en fallait pas moins face à cette offre pour le moins curieuse !


dimanche 1 avril 2007

7/7 SUR TUNIS7 - Spéciale 20 Mars

Le Zapping exclusif de la télévision tunisienne





a télévision tunisienne vous saoule ? Elle vous donne envie de crier ? De commettre des actes de vandalismes ? De repeindre votre salon aux couleurs du 7 novembre ? De jeter le tailleur couleur bleu turquoise que votre femme garde même si elle ne rentre plus dedans ?
Ne vous inquiétez pas vous êtes parfaitement normal !

Selon des études scientifiques sérieuses, une forte exposition aux programmes de Tunis7 provoquerait des comportements dépressifs, des délires obsessionnels, une très forte allergie à certaines couleurs telles que : le fuchsia, le turquoise, le jaune canaris…et une accoutumance inexpliquée à la couleur violette et aux compliments et superlatifs de tous genres !

Conscient de la gravité de ce problème de santé publique et du désamour croissant entre les tunisiens et leur télé nationale, nous avons tout mis en œuvre pour y remédier. Pour cela, nous avons fait appel à une nouvelle technologie. Des puissants logiciels, derniers nés des laboratoires Nice systems, scrutent Tunis7, sept jours sur sept pour vous en livrer le meilleur.

Le résultat ? C’est 7/7 sur Tunis7, le Zapping officiel de la télévision tunisienne. Sept minutes et sept secondes de pur bonheur. Les plaisirs de Tunis7 sans les inconvénients, en quelques sortes. Alors profitez en bien en attendant, peut être, le jour où on pourra regarder la télé sans effets secondaires.

Observation : La présence massive du chiffre sept est totalement fortuite et ne correspond à aucune réalité connue.

mardi 6 mars 2007

7/7 Sur Tunis7

Le Zapping officiel de la télévision tunisienne





a télévision tunisienne vous saoule ? Elle vous donne envie de crier ? De commettre des actes de vandalismes ? De repeindre votre salon aux couleurs du 7 novembre ? De jeter le tailleur couleur bleu turquoise que votre femme garde même si elle ne rentre plus dedans ?

Ne vous inquiétez pas vous êtes parfaitement normal !

Selon des études scientifiques sérieuses, une forte exposition aux programmes de Tunis7 provoquerait des comportements dépressifs, des délires obsessionnels, une très forte allergie à certaines couleurs telles que : le fuchsia, le turquoise, le jaune canaris…et une accoutumance inexpliquée à la couleur violette et aux compliments et superlatifs de tous genres !

Conscient de la gravité de ce problème de santé publique et du désamour croissant entre les tunisiens et leur télé nationale, nous avons tout mis en œuvre pour y remédier. Pour cela, nous avons fait appel à une nouvelle technologie. Des puissants logiciels, derniers nés des laboratoires Nice systems, scrutent Tunis7, sept jours sur sept pour vous en livrer le meilleur.

Le résultat ? C’est 7/7 sur Tunis7, le Zapping officiel de la télévision tunisienne. Sept minutes et sept secondes de pur bonheur. Les plaisirs de Tunis7 sans les inconvénients, en quelques sortes. Alors profitez en bien en attendant, peut être, le jour où on pourra regarder la télé sans effets secondaires.

Observation : La présence massive du chiffre sept est totalement fortuite et ne correspond à aucune réalité connue.

samedi 3 mars 2007

L'armée tunisienne fait sa pub !

epuis que, ce qu’on appelle pudiquement, « les événements » qui ont secoué la Tunisie au début de cette année 2007, une autre inquiétude gagne les foyers tunisiens : les rafles pour le service militaire. Des milliers de jeunes ont déserté les terrasses des cafés et guettent la « Baga » comme la souris guetterait les faits et gestes du gros matou. Ces rafles qui inquiètent les mamans et terrorisent leurs progénitures ce sont même, paraît-il, intensifiées ces derniers temps. Ce procédé est d’autant plus traumatisant pour la population qu’il est d’une part dégradant pour les milliers de jeunes qui se font quasiment enlever laissant, des fois, leurs familles plusieurs jours sans nouvelles, mais également injuste puisque généralement se sont les classes populaires et les « sans épaules » qui payent le plus gros tribut à cette « institution ».

Mais pour cette compagne de mobilisation, l’état ne semble pas vouloir se contenter de remplir les casernes. Il accompagne « l’action » sur le terrain par une compagne de sensibilisation qui inonde depuis des semaines la télé nationale. Une série de mini-films d’une quarantaine de secondes qui tentent de répondre aux inquiétudes des familles et aux futurs « obligés ». C’est d’autant plus surprenant que les thématiques semblent bien étudiées, chaque film traitant d’un sujet différent. Mais dans tous les cas il y a une volonté de donner une autre image de l’armée et du service militaire. J’en ai choisi deux en exemple.

Le premier aborde la question des conditions de cet engagement. Il présente une famille tunisienne de la classe moyenne qui voit l’ainé des garçons partir accomplir son service. Faces aux inquiétudes de la maman, le père et plus tard dans le film deux autres appelés donneront les réponses. Le film tente donc de ressuer les familles surtout celles qui d’habitude s’arrangent pour éviter cette aventure à leurs enfants. Le film montre des visages souriants, une caserne exemplaire et des jeunes appelés heureux et fiers. Enfin de compte la maman est rassurer et son enfants peut l’esprit tranquille, continuer à faire son « devoir sacré ».



Le deuxième opus aborde la question d’une manière qui est à ma connaissance inédite dans notre pays. Pour la première fois on associe le devoir du service militaire à l’utilité que cela peut comporter. Le service militaire n’est plus seulement « un devoir sacré » mais également « un devoir utile » selon le slogan de cette compagne. Le film met l’accent sur la formation et la réinsertion professionnelle. La cible est visiblement les dizaines de milliers de chômeurs non qualifiés qui pourraient par ce biais retrouver le chemin de l’emploi ou du moins acquérir une compétence qui lui sera utile dans son parcours professionnels.





Sur le principe cette nouvelle approche est à mon avis intéressante. Mais pour qu’elle soit convaincante pour les tunisiens faut-il qu’elle s’accompagne d’une reconsidération de ces pratiques indignes qui sont les rafles. Le service militaire comme un moyen de cohésion sociale et d’encadrement des jeunes en difficulté est une chose souhaitable et même bénéfique pour la société. Un rite initiatique pour des centaines de milliers de jeunes en perte de repères, déboussolés par le chômage, le manque de qualification, où simplement, pour une certaine jeunesse dorée, inconscients de la diversité de la société tunisienne ou les écarts se creuse entre les différentes couches de la population.

Mais peut-on encore concevoir l’armée et donc le service militaire selon une optique purement nationaliste ? Il est clair que cela ne fera que nous faire prendre une voie sans issus comme celle déjà emprunté, jadis, par les défenseurs de l’idée de l’Etat-Nation. Une armée moderne ne peut être aujourd’hui qu’une armée de valeur et de principes. Une armée au service de la volonté du peuple et garante de ses institutions. C’est qu’en étant le squelette qui fait tenir une certaine idée du « vivre ensemble », qu’en devenant, effectivement, une armée républicaine, qu’elle pourra enfin jouer un rôle positif dans notre société. Faire son service militaire serait en quelques sortes la traduction par les actes de l’adhésion au « pacte républicain ».

Malheureusement dans l’état actuel des institutions, l’armée se retrouve avec rien à offrir, en échange de cet engagement volontaire ou forcé, à part ce qui peut être fait par une véritable politique de l’emploi et une promotion effective du tissu associatif et de l’engagement citoyen. A défaut de pouvoir rassembler autours de valeurs communes, l’armée tunisienne se retrouve encore une fois contrainte de jouer un rôle qui n’est pas le sien.

jeudi 1 mars 2007

La corruption et la douane tunisienne sur Tunis7 !

Extrait de l'émission "Bikol oudhouh", Tunis 7, 1ère diffusion le 22 Fevrier 2007.


’émission « bikoll oudhouh » (en toute clarté), sur la télévision publique tunisienne, Tunis7, est l’une de ces nouvelles émissions qui s’essayent à la fameuse ouverture médiatique, que tout le monde semble constater et saluer depuis quelques temps. Le thème de l’émission était « la douane et l’entreprise en Tunisie ». L’invité de l’émission était le colonel Lotfi El Ayedi, directeur à la direction centrale des douanes. L’extrait que j’ai choisi aborde la question épineuse de la corruption au sein de la douane tunisienne.

Le ton est certes nouveau et les sujets traités audacieux mais si le présentateur semble vouloir poser les bonnes questions, il ne pousse pas l’audace jusqu’à réclamer les bonnes réponses, surtout si l’invité fait partie d’un pilier du système. Malgré cela, le haut responsable était presque sympathique et les efforts qu’il a employé pour redorer l’image de la douane, presque louables. Le journaliste a également tenté de faire son travail au mieux, posant des questions délicates et relançant son inviter quand ce dernier essayait de se dérober. Cela ne marchait pas à tous les coups mais l’intention, me semble-t-il, y était. On peut même percevoir un moment de flottement (02 :00) quand le journaliste sort ses propres chiffres sur le nombre élevé des réunions du conseil de discipline qui excluraient, selon lui, 1 douanier par mois.

Mais malgré ces tentatives le présentateur n’a pas pu amener le douanier à dire autre chose que ce qu’il était venu dire. A savoir que la corruption existe partout et que la douane met tout en œuvre pour traquer et éliminer les « âmes faibles » qui succombent à la tentation et les « saboteurs » et les « criminels » qui les pervertissent. Pour littéralement clouer le bec du journaliste en déclarant quasi-religieusement que « la Tunisie était un état de droit » et que par conséquence « personne ne pourrait se voir demander de contre partie pour obtenir un droit ». Nous voilà rassurer ? Pas tout à fait !

Ceci aurait pu être le cas dans un vrai état de droit ou bien évidement la corruption existerait mais d’une manière résiduelle et entre deux parties intéressées et où les recours possibles sont effectifs et efficaces. De même que l’analyse du colonel El Ayedi, quand il aborde la question de la responsabilité du citoyen dans la question de la corruption est, d’une certaine manière, pas totalement fausse, puisque celle-ci est aussi à rappeler et à condamner. Mais ce que ce responsable feint d’oublier, c’est que dans certains domaines et plus spécialement le sien, le Droit n’à plus droit de citer en Tunisie.

Car le problème principal de la douane tunisienne et dont tous les autres travers découlent, est avant tout, l’impunité dont certains jouissent face à la douane en particulier mais plus généralement face à l’autorité de l’état. Au-delà des petits trafics qui permettent, dans la majorité des cas, à ceux qui les pratiquent de survivre, le plus gros de l’économie souterraine est alimenté par des filières quasi-institutionnelles qui profitent de passe-droits couverts par les autorités elles-mêmes. Pour les trafics qui génèrent le plus de manque à gagner aux caisses de l’état, les commanditaires et les principaux bénéficiaires jouissent de complicités aux plus hauts niveaux du pouvoir. Des personnes qui ne peuvent pas être inquiétées par les conseils de disciplines, même si ces derniers siégeaient quotidiennement. Toutes les mesures que le colonel EL Ayedi avance, ne servent, en fait, qu’à réprimer les conséquences de faits plus graves qui, eux, restent impunis.

Un simple douanier qui surveille un entrepôt sous douane n’a pratiquement aucune chance de faire quoi que ce soit de cette responsabilité. Le poids de la hiérarchie ne lui donne aucun pouvoir réel, ni directement sur la marchandise qu’il surveille, ni sur ses supérieurs qui en quelque sorte ne lui doivent rien. Ce douanier n’a donc pratiquement aucune chance d’étendre son réseau d’influence au sein de la douane et par conséquence d’attirer des corrupteurs potentiels. Même s’il arrive à le faire le préjudice ne sera pas important et certaines mesures de contrôles peuvent facilement le démasquer et le sanctionner.

Prenant maintenant l’exemple inverse : Un colonel de la douane, ou un quelconque haut gradé qui se lie d’affaire avec un membre proche du pouvoir ou une personne influente d’une manière ou d’une autre. Cette alliance peut être entre deux personnes intéressées mais aussi le résultat de pressions d’ordre hiérarchique qui ne donneraient pas trop le choix à cet officier. Cependant le résultat reste le même. Pour mettre en application les termes de l’accord convenu avec « le commanditaire », le colonel a besoin de complicités au sein de l’administration mais aussi sur le terrain. Il choisit parmi ses subordonnés une personne de confiance et lui confie la tache. Cette personne trouvera à son tour quelqu’un d’autre pour se rapprocher encore plus du terrain. Et c’est ainsi, par un effet domino, toute une ligne verticale de responsables plus ou moins importants est ainsi corrompue par l’effet d’une seule personne. D’ailleurs les tarifs pratiqués pour telle ou telle prestation intègrent la rémunération de toute la chaîne.

Bien évidemment l’existence de ces pratiques ne reste pas inaperçue par les « autres » douaniers qui ne « profitent » pas de cette manne financière. Pour les plus malhonnêtes ou les plus « faibles », d’entre eux cela encourage et justifie en quelque sorte leurs petites combines personnelles qui s’ajoutent ainsi aux trafics les plus organisés. C’est un cercle infernal ou chacun justifie son action par celle de son collègue ou de son supérieur. Des supérieurs qui ne peuvent plus avoir de réel pouvoir de contrôle et de sanction étant eux-mêmes impliqués.

Concernant l’envolée lyrique de l’invité de cette émission, sur le thème de « l’état de droit », elle est certes touchante mais n’apporte aucune réponse au problème. Car encore une fois ceux qui pratiquent des trafics organisés, corrompent pour augmenter leur profits et couvrir leurs actions illégales, ceux la n’on aucun problème à payer ce qu’ils ont à payer et l’intègrent dans leurs « prix de revient », si j’ose dire. Ils ne sont en aucun cas les victimes de ce système mais les principaux bénéficières. Ils n’ont théoriquement aucune raison de dénoncer ces pratiques et n’ont donc rien à faire avec le droit. Les recours énumérés par le colonel ne leur serviraient absolument à rien.

Pour les autres, véritables victimes de ce système, la question est beaucoup plus délicate. Car en générale la pression exercé par le douaniers et plus sournoise sur le commun des mortels puisqu’elle ne consiste pas à lui denier un droit mais à lui faire comprendre que s’il veut l’obtenir plus vite et sans complication il aurait intérêt à « récompenser » le douanier. Le douanier se présente ainsi comme une aide précieuse pour l’usager confronté aux lenteurs de la machine administrative. Ce qu’on paye c’est donc l’obtention, dans des délais raisonnables, d’un droit. Pour le petit chef d’entreprise ou le petit commerçant qui a des clients à satisfaire, le facteur temps est primordial. Cet usagé peut parfaitement refuser de payer et aller se peindre aux autorités compétentes, mais il perdra encore plus de temps et donc d’argent. Il se retrouve ainsi obligé de recourir à ces pratiques pour ne pas être pénalisés. Bien évidement Cela n’excuse en rien ces comportements, mais il faut être d’une mauvaise foi sans mesure pour leur faire porter aux simples usagés la responsabilité du fléau de la corruption en Tunisie.

Voila comment en couvrant des pratiques douteuses aux plus hauts sommets du pouvoir on contamine toute une société et on discrédite toute une institution. Beaucoup de douaniers tunisiens vivent ces passe-droits comme une insulte à leur travail et aux valeurs de l’institution qu’ils servent. Des jeunes officiers déçus du décalage entre les cours de droit à l’école des officiers et la réalité de leur travail mais également des anciens qui ne reconnaissent plus l’institution qu’ils ont contribué à mettre en place. Ces douaniers intègres tentent malgré ces dérives de servir au mieux les intérêts de leur institution. Peut être que l’invité de cette émission fait partie de ceux qui pensent encore aux intérêts du pays, je n’ai pas à en douter, mais toutes les actions et toutes les mesures qu’il a énuméré pendant cette émission ne serviront à rien tant que les plus grands « saboteurs » et corrupteurs continuent d’agir impunément sous la bienveillance intéressées des plus hauts responsables de l’état.