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mardi 24 juillet 2007

Libre !!!





ême si beaucoup attendaient cette nouvelle avec impatience, même si à chaque fête nationale, beaucoup caressaient l’espoir de le voir enfin libre, l’annonce faite aujourd’hui de la libération de Mohamed Abbou, est une totale surprise même pour ceux qui suivaient de prés son dossier. Une grande surprise, mais aussi une grande joie, en premier lieu pour sa courageuse femmes et ses deux enfants, mais aussi pour ses amis et tous ceux qui se sont indignés de cette injustice qui n’avait que trop durée.

Bien qu’aujourd’hui la priorité est de savourer cette bonne nouvelle porteuse de beaucoup d’espoir, il n’empêche qu’il ne faut pas oublier que ce n’est qu’une libération conditionnelle, ce qui implique que maitre Abbou sera sous contrôle judiciaire avec toutes les dérives qu’on lui connait dans notre triste système judiciaire. C’est d’autant plus injuste que les deux accusations qui pèsent toujours sur Mohamed Abbou, sont fallacieuses et ne reposent que sur des mensonges et des calomnies. La vigilance est donc toujours de mise pour que sa liberté conditionnelle ne se transforme pas en enfer comme c’est le cas pour beaucoup d’autres anciens prisonniers politiques dont Abdallah Zouari et bien d’autres.

Aussi, et bien que ce ne soit pas le moment, je ne peux pas ne pas penser, à ceux qui ont dénigré, insulté et même des fois réjouis de ce qui est arrivé à ce courageux avocat et à d’autres malheureux prisonniers de la dictature. Je ne peux pas, même en ces moments de joies, chasser de mon esprit les mots et les phrases vomis par certaines énergumènes, ici est la sur le net et ici même sur cette blogosphère. Mais comme on dit chez nous la hal idoum, aujourd’hui l’histoire a donné raison à ceux qui résistent et demain elle jettera dans les affres de l’oubli tous ceux qui par commodité ou pas nature, ont fait le choix de la lâcheté.



mardi 15 mai 2007

Wish You Were Here !








PinkFloyd - Wish You Were Here



So, so you think you can tell
Heaven from Hell,
Blue skys from pain.
Can you tell a green field
From a cold steel rail?
A smile from a veil?
Do you think you can tell?

And did they get you to trade
Your heros for ghosts?
Hot ashes for trees?
Hot air for a cool breeze?
Cold comfort for change?
And did you exchange
A walk on part in the war
For a lead role in a cage?

How I wish, how I wish you were here.
We're just two lost souls
Swimming in a fish bowl,
Year after year,
Running over the same old ground.
What have we found?
The same old fears.
Wish you were here.


mercredi 28 mars 2007

Compassion sélective





’ai assisté samedi dernier aux « premières rencontres du cinquième pouvoir », manifestation organisée par Agoravox, le site référence de ce qu’on appelle désormais « le journalisme citoyens » (Je reviendrai dans un autre billet sur les détails de cette journée). A la fin de l’intervention de Natacha Quester Seméon, fondatrice de Humains Associés, qui s’exprimait sur le travail de son association sur Second Live, elle a appelé à la solidarité avec Karim Amer le blogueur égyptien qui vient d’écoper de 4 ans de prison pour des textes publiés sur internet. Bien évidement cette initiative est à saluer surtout, et à ma grande surprise, qu’il n’y en a pas eux d’autres durant cette journée citoyenne !

Je me suis alors posé la question de savoir pourquoi une affaire attirerait plus l’attention qu’une autre ? Qu’est ce qui fait qu’on retienne un nom, plutôt qu’un autre ? Pourquoi certaines injustices sont elles hyper-médiatisées et d’autres quasiment ignorées ? Autant de questions auxquelles je ne trouve pas de réponses. Bien évidement le but n’est pas de faire de la quantification ou des comparaisons entre les souffrances, mais justement partant du principe que toutes les souffrances sont égales, pourquoi alors une telle compassion sélective ? Plus inquiétant encore, on a le sentiment que la nature des prises de positions et des idées exprimées détermineraient au préalable l’importance de la couverture médiatique ainsi que la mobilisation que susciteront les poursuites judiciaires ou l’incarcération de ceux qui les expriment !

Le phénomène de la compassion sélective n’est pas nouveau. Faut-il certainement y voir la prédominance des médias de masses qui ont formaté l’information en la réduisant à des symboles qui ont pour but de susciter de l’émotion. Selon le pays, la culture et l’histoire du consommateur de l’information, sa réaction face à l’information n’est pas la même. C’est donc tout naturellement que pour les médias occidentaux, un blogueur égyptien incarcéré pour avoir sévèrement « critiquer » l’Islam, est beaucoup plus accrocheur médiatiquement qu’un avocat père de deux enfants, époux d’une femme remarquable, torturer et jeter en prison pour un texte qui dénonce l’état des prisons tunisiennes et les exactions qui s’y pratiquent. Les médias alternatifs qui ont émergé avec les nouvelles technologies de l’Internet, avaient initialement pour objectif de se soustraire à cette information du symbole et de l’émotion. Mais semblent en fin de compte succomber aux mêmes tentations simplificatrices et stéréotypées.

Cela n’est pas seulement le fait des médias français, ou des sphères qui ne sont pas directement concernées par ces pratiques, ce phénomène existe aussi dans les pays touchés par des cas de censures et de représailles. Le net tunisien est un bon exemple de ce renoncement et de cette fascination pour des cas surmédiatisés alors que la majorité de ses acteurs ignorent presque tout de certains de leurs compatriotes emprisonnés ou poursuivis pour des faits similaires. Alors que l’affaire Karim Amer a suscité et suscite encore un fort élan de solidarité, certains blogs arborent même les affiches de soutient au blogueur égyptien, à l’époque de l’enlèvement de Maître Mohamed Abbou, son procès monté de toute pièce et sa condamnation injuste à 3 ans et demi de prison, n’avait que très peu ému le net tunisien en dehors des sites militants. Le triste 2ème anniversaire de son incarcération, n’a suscité que quelques lignes de commentaires sur des billets qui en parlaient à peine. Encore plus consternant, à ma connaissance et j’espère me tromper, l’affaire Abbou n’a pas tant passionné la blogosphère égyptienne ni les autres blogosphères arabes non plus.

Il ne faut pas non plus oublier que la médiatisation du cas Amer est sûrement aussi le fruit de la mobilisation de la blogosphère égyptienne qui fait un travaille remarquable aussi bien sur Internet que sur le terrain. Pour le cas Abbou, Mais aussi de celui de Mohamed Fourati lui aussi poursuivi et condamné par contumas à 14 mois de prison pour deux textes publiés sur Internet. Le juge Mokhtar Yahyaoui, révoqué pour avoir demander l’indépendance de la justice dans une lettre publiée sur Internet, pour autant de noms, parmi tant d’autres, le soupçon de volontarisme que les blogueurs tunisiens emploient pour médiatiser le cas d’un blogueur égyptien ou d’un journaliste marocain, ne semble pas au rendez-vous pour des cas censés plus proches.

Encore une fois le but de ce billet n’est pas de quantifier la solidarité qu’on se doit à tel ou tel personne. Je ne peux que me réjouir qu’on parle autant de Karim Amer, mais j’aurais aimé que cela ne soit pas au dépend d’autres victimes de l’absurdité des dictatures qui sévissent encore dans le monde. Il ne faut pas que toutes ces victimes subissent la double injustice d’être à la fois sanctionnées pour avoir exprimer leurs idées et oubliées par ceux a qui elles étaient destinées.



mardi 27 mars 2007

Keep Talking !

« For millions of years mankind lived just like the animals.
Then something happened which unleashed the power of our imagination:
We learned to talk »
Pink Floyd







a science a longtemps inscrit notre rapport à notre animalité dans une continuité qui s’étend de nos origines animales à notre état évolutif actuel. Or de plus en plus de scientifiques mais aussi de philosophes voient ce rapport, non plus dans la continuité mais précisément dans l'écart nécessaire à nous constituer comme humains. « Ce n'est pas la conjonction de l'homme et de l'animal qu'il faut penser mais leur séparation [1]». Ce qui ferait donc notre humanité, c'est la conscience de ce qui nous différencie de l'animal. Cette recherche de notre « dignité [2] », de notre « conscience de soi », se base sur deux composantes, qui en deviennent fondamentales, qui sont la liberté et la construction de soi faite de questions, d’inquiétudes et de désirs toujours insatisfaits.

La jouissance de la liberté, ainsi que la mise en place de mécanismes de construction de soi, nécessitent la mise ne place d’une construction intellectuelle et donc de prendre le risque d’« être livré à quelque chose qui se refuse ». Henri Laborit[3] définissait la pensée comme irritation, manque d'information et angoisse. En effet, la réflexion provoque une inhibition des mécanismes instinctifs et une « suspension du rapport animal », qui se traduit dans le cerveau par l’inhibition de la réaction immédiate pour introduire des données supplémentaires à plus long terme comme la prise en compte des enjeux sociaux, de l’image de soi, du poids des paroles et du sens…etc. La pensée humaine permet donc de surmonter la fascination animale pour prendre un recul critique et construire une objectivité de la somme des subjectivités du jugement humain.


Ce processus continuel de prise de distance, de rationalisation, d'arrachement à nos fixions et nos préjugés n’est possible que par la réflexion qui constitue un réveil à chaque fois renouvelé de nos rêves imaginaires, des apparences et des projections de nos désirs. L'accession à l'humanité exige un détachement de cette fascination animale, que seul le langage permet en séparant le mot de l'émotion. Seul la parole permet d'analyser sa propre pensée, de l'objectiver, de l'universaliser. L’Homme se trouve donc le lieu d'un conflit, d'un effort perpétuel pour se soustraire des carcans de son instinct animal et s'ouvrir ainsi à la liberté, à la justice, aux possibles et à l'universel, bien au-delà de sa réalité immédiate et prosaïque.

Par ailleurs, si la réflexion et son expression sont inhibitrices de nos instincts archaïques, la confiscation de la parole et l’endoctrinement dans tous leurs aspects sont au contraire les catalyseurs de la régression et du retour à la prédominance de l’instinct sur la réflexion. La résignation, la peur et la violence qui caractérisent nos sociétés modernes, les guerres de territoires ou de dominations qui ensanglantent le monde et la course effrénée pour « la domination de l’Homme par l’Homme », sont, en partie, les conséquences d’une volonté de plus en plus fortes, sous des aspects plus au moins visibles et plus au moins violents, d’un encadrement de la pensée, d’un contrôle de la parole et d’une détermination à imposer une pensée unique de plus en plus restrictive pour la construction de soi.

Pourtant, et encore à ce stade de l’évolution de l’humanité il est encore difficile pour certains d’admettre le caractère fondamental de l’usage de la parole et de l’expression libre de la pensée. L’usage de cette parole salvatrice et humanisante est encore, pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, confisqué, contrôlé et censuré. Pire, pour des milliers de personnes, l’exercice de leur humanité traduit par l’expression de leurs pensées est sévèrement réprimandée par la prison, la torture et des fois même la mort. Se qui constitue notre véritable victoire sur notre animalité, est devenue un sacerdoce pour une majorité de ceux qui en usent.

Sami Ben Gharbia, répondant à Hamdi Qindil qui lui demandait pourquoi il blogue, a répondu : « Je blogue pour me réapproprier ma valeur fondamentale : la parole ». Faut-il d’autres raisons pour continuer de parler, d’user de cette faculté, de ce privilège pour exprimer sa pensée pour affirmer à chaque instant son humanité ?




[1] L'ouvert, De l'homme et de l'animal, Giorgio Agamben, Rivages, 2002
[2] Œuvres philosophiques, Jean Pic de La Mirandole, Paris, P U.F., Épiméthée, 1993
[3] Henri Laborit, biologiste, philosophe du comportement animal et du comportement humain


Ce texte est dédié à Maître Mohamed Abbou, injustement emprisonné pour avoir user de son droit fondamental de penser, de s’exprimer et de revendiquer son humanité.

vendredi 3 novembre 2006

We will never forget




«Abou Gharib» d’Irak et «Abou Gharaib * »
de la Tunisie



Nombreux sont ceux qui ont été choqués d’entendre ce qui s’est passé à nos frères irakiens à la prison d’Abou Gharib par les forces d’occupation (torture, atteinte à la dignité, agressions sexuelles) et ont exprimé leur profonde émotion pour ce qu’ils ont vu.

Cependant, celui qui suit l’actualité sera étonné et s’interrogera sur cette réaction courroucée surtout si l’on sache que ce qui a été rapporté sur les violations à la prison d’Abou Gharib ne dépasse pas dans son horreur ce qui se passe dans les prisons tunisiennes et les locaux des diverses unités de sécurité et postes de sûreté et au siège du ministère de l’intérieur sans que tout cela ne suscite un intérêt semblable.

Cela a-t-il un rapport avec « la lampe de Bab Menara qui « ne s’allume que pour les étrangers» 1 ou s’agit-il alors de troubles de la vue qui engendrent une presbytie accompagnée d’une myopie qui fait que nous ne pouvons voir nos frères qu’à une distance minimale de 2400 km ?

Une réponse objective ne peut négliger l’effet de l’information. En fait, le scandale d’Abou Gharib a été relayé par tous les médias étrangers et locaux au point que la chaîne Tunis 7 a diffusé les photos de la torture et que les journaux de la désinformation ont fait de même.

C’est ainsi qu’un large public a pris connaissance de ces informations contrairement aux échos des violations en Tunisie qui n’ont été diffusés que sur Internet, non accessible à tous, ou grâce à la chaîne «Almustakilla» qui a connue une forte audience durant une certaine période avant que son propriétaire ne découvre les mérites et privilèges de la «modération».

Cela explique encore pourquoi le large public en Tunisie ne soit pas au courant des horreurs commises dans le pays par des compatriotes.

Un autre facteur, cette fois d’ordre culturel, explique le phénomène, à savoir la haine de l’étranger et le refus de l’occupant tout en acceptant la dictature locale pratiquée par un tyran de confession musulmane. Cela trouve appui dans l’idée alimentée par quelques juristes musulmans et qui stipule que vivre 70 ans sous la dictature est mieux que la «Fitna » (discordance).

Aussi est-il que le tunisien qui critique les américains n’a rien à craindre contrairement à la critique adressée à un compatriote pour laquelle il pourra payer une lourde tribu, ce dont beaucoup ne désirent pas le faire.

Cette problématique du sacrifice est d’une importance majeure pour notre sujet. Si on prend, à titre d’exemple, les avocats qui plaident dans les affaires politiques, on constatera que leur nombre est faible en Tunisie. Pour les autres pays arabes, j’ignore leur proportion, à part le fait que près de 2000 avocats se sont portés à la défense du doyen des dictateurs arabes, Saddam Hussein, avant qu’ils ne renoncent à voyager en Irak lorsqu’ils ont réalisé que leur vie sera en danger. A mon avis, cette attitude contredit leur foi dans l’affaire qu’ils défendent, que cette défense ait pour but seulement de garantir un procès équitable à un homme ou la défense d’un leader exceptionnel dont les femmes n’accoucheraient plus jamais d’un semblable.

Tout modestement, et j’espère avoir tort, il y’a parmi nous des gens qui ne veulent pas perdre la qualité de militant devant le public sans qu’ils soient pour autant prêts à assumer les lourdes conséquences que peut engendrer leur lutte. La défense de la cause palestinienne ou irakienne leur offre une échappatoire qui leur permet de mener une lutte confortable et cela sans qu’ils soient capables de fournir un soutien effectif à nos frères en Palestine ou en Irak. Tout ce qu’ils font c’est de consolider le pouvoir du dictateur local en détournant les gens de le confronter et en dirigeant leur regard vers d’autres.

Les irakiens sont capables, à eux seuls, de mettre fin à l’occupation. Parmi eux, il y’a ceux qui mènent avec brio et efficacité une opposition politique. D’autres ont choisi la résistance armée pour renvoyer l’occupant et ont témoigné d’un courage et de hautes capacités guerrières pouvant se passer de tous nos efforts pour les soutenir.

Quant aux tunisiens, louange à Dieu qu’ils ont eu le mérite que quelques jeunes des leurs aient participés à la lutte de leurs frères en Palestine et en Irak. La honte en Tunisie ne nous vient pas des sionistes ou des américains mais des mesures et des jugements trop sévères prononcés, au nom du peuple tunisien, contre ceux qui rêvaient de participer à la lutte palestinienne comme les jeunes internautes de Zarzis et les jeunes de l’Ariana sans qu’il soit prouvé qu’ils aient commis des actes criminels en Tunisie.


La honte nous touche également du fait que les violations commises par les américains à la prison d’Abou Gharib (torture, chocs électriques, agressions sexuelles et déshabillement des détenus) n’a pas égalé l’horreur de ce que des tunisiens ont fait avec leurs compatriotes, notamment par l’arrachement des ongles, l’introduction de bâtons dans l’anus, la brûlure aux cigarettes, l’introduction des fils dans les parties génitales, la sodomisation des jeunes filles et garçons et le fait de forcer les victimes à manger de leurs excréments.

A cela, il faut ajouter l’élargissement du cercle de la répression aux familles et d’autres techniques qui font honte à tous ceux qui se sont tus face à ces pratiques, à commencer par les chefs des tortionnaires en passant par le peuple tunisien et en arrivant au président de l’Etat chargé, par la Constitution, de veiller au respect de la Constitution et de la loi. Ce dernier, soit ignore ce que commet les fonctionnaires de l’Etat, et dans ce cas n’est pas apte à cette fonction, soit sait ce qui se passe ou l’ordonne et dans ce cas il ne mérite pas de gouverner les tunisiens, ni les Hutus et les Tutsis.

Et à ceux qui justifiaient la répression au début des années 90 par l’impératif de confronter à un mouvement puissant qui menaçait l’ordre public, la stabilité et la marche ordinaire des institutions ; en admettant leur hypothèse l’on est en droit de s’interroger comment peuvent-ils expliquer la poursuite des atteintes dont étaient victimes les islamistes, les islamistes présumés, les gens de la gauche et même les prévenus du droit commun ? Comment peut-on expliquer les agressions contre le prisonnier Nabil El Ouaer dans sa cellule à la prison de Borj Erroumi et sa sodomisation par quatre autres prisonniers

sur ordre de l’administration pénitentiaire ? Comment expliquer les obstacles érigés devant la justice l’empêche de jouer son rôle et instruire les plaintes des victimes contre les agents de l’Etat et les détenteurs du pouvoir.

Qu’on le dise franchement que l’occupation de l’Irak a eu des retombées négatives sur les tunisiens qui paraissent être démoralisés ce qui se manifeste dans leur désintérêt à l’actualité surtout nationale alors qu’on s’attendait que les efforts se conjuguent pour chercher une issue à la crise du pays.

Quant à nos rêves panarabes, il est clair que les dirigeants n’en ont rien fait avec leurs slogans et leurs armées et il ne reste de solution que la lutte de tous les arabes dans leurs pays pour se débarrasser de la dictature et l’instauration de régimes démocratiques qui expriment la volonté populaire et c’est à ce moment que l’union arabe sera concrétisée et qu’on trouvera la solution pour la cause palestinienne et toutes les autres causes.

J’adresse un message à nos jeunes qui veulent combattre au sein de la résistance irakienne et qui ont été arrêtés et déférés devant la justice pour avoir simplement pensé aller en Irak sur la base de la loi sur le terrorisme, je les supplie personnellement de choisir la Tunisie comme terre pour mener le combat. Et si celui-ci est armé en Irak, ils n’auront besoin en Tunisie que du courage de dire non face au dictateur qui comme ses pairs dans d’autres pays arabes, est la cause de notre sous-développement.

Cela exige aussi de se débarrasser soi-même des comportements inadéquats qui portent préjudice à notre patrie comme les pots-de-vin, les combines, l’égoïsme et l’hypocrisie. Il exige aussi d’avoir un minimum de culture et de connaissances car le courage à lui seul ne suffit pas. On a l’exemple des afghans qui, après avoir libéré leur pays, se sont tournés les uns contre les autres en raison de l’absence d’un projet politique clair et l’incompréhension des exigences de la vie contemporaine et de la culture démocratique.

Je rappelle aussi à ces jeunes que leur départ pour soutenir la résistance irakienne n’est utile ni aux irakiens ni aux tunisiens. Le seul qui en profitera sera le régime au pouvoir qui se présentera comme un allié engagé dans le projet américain de lutte contre le terrorisme alors que c’est lui qui pratique le terrorisme, l’institutionnalise et l’alimente par la répression, l’oppression, le trucage des accusations contre les innocents et le blocage de toute voie d’alternance pacifique dans le pays.

J’appelle également ceux qui boycottent les produits américains de commencer par le boycott des produits et entreprises détenues par les familles soutenues par le pouvoir politique et qui ont ramassé des fortunes énormes dans peu de temps. L’établissement d’une liste des ces produits et entreprises est un devoir national dans lequel doit s’engager tous les citoyens en l’absence d’une autre solution pour maîtriser leur avidité.

Lorsqu’on arrive à arranger notre ménage intérieur et qu’on puisse créer un vrai changement dans notre pays, on pourra à ce moment viser plus haut.



* « Abou Gharaib » C’est un jeu de mot qui veut dire, mystères de la Tunisie

1 - Proverbe tunisien

Maître Mohamed Abbou, Tunis le 25 Aout 2004



Source : Verité-Action