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dimanche 16 décembre 2007

Hypocratie : Le mal tunisien







près la chute du mur de Berlin et la déliquescence des idéocraties, des nouvelles formes de dictatures ont émargé de se vide idéologique. Alors que des peuples s’émancipaient des affres du communisme, d’autres sombraient sous le joug d’une nouvelle forme de tyrannie : les pseudos-démocraties. Ces régimes politiques d’un genre nouveau, qu’on qualifiera ici d’« hypocraties », ont résolument fait le choix des idéologies triomphantes en adoptant la politique du caméléon. Tout en se déclarant des valeurs démocratiques, les dirigeants de ces « républiques bananières » sont passés maîtres du volte-face stratégique et de la « double pensée » permanente. Le temps qu’il faudrait pour un caméléon de changer de robe, suffirait largement au maître « hypocrate » de troquer ces habits de tortionnaire contre ceux du défenseur des droits humains, aussi aisément que de passer du statut de militaire à celui de civil.

Le terme « hypocratie » porte en lui l’essence même de ces régimes. En effet on peut définir le mot en se basant sur les racines grecques de ces deux composantes sémantiques. Dans ce cas le mot se compose du préfixe, hypo, qui signifie « sous » ou « en dessous » et du mot cratie (cratien en grec) qui signifie pouvoir. Les mots formés du préfix « hypo », exprimant une idée de diminution, le mot ainsi formé désigne un pouvoir diminué ou un « sous-régime ». Le mot peut également être le résultat de la contraction du mot « hypocrisie » et celui de « démocratie ». Cette contraction exprimerait le caractère hypocrite de ces pseudo-démocraties qui proclament le contraire de ce qu’elles appliquent.

Une « hypocratie » est donc, un régime d’une part diminué par l’illégitimité politique de son existence et l’absence chez ses prélats de convictions claires, et d’autre part hypocrite, en s’efforçant de paraître pour ce qu’il n’est pas. Cette nature ne dispense pas « les hypocraties » d’être des régimes totalitaires, bien au contraire. Mais ces derniers présentent la spécificité de s'accommoder d'une façade démocratique avec la conviction que les possibilités d'expansion et de durée dans le temps sont bien plus grandes dans une « hypocratie » que dans une franche dictature. Le régime politique tunisien, Par sa légitimité discutable et son opportunisme hypocrite, est la démonstration vivante de tout ce qui peut faire une « hypocratie ».

Une légitimité politique discutable

Bien que les théories politiques ou juridiques ne soient pas les seules voies de la légitimation d'un pouvoir, elles en sont comme la toile de fond qui freine l'action et oblige le pouvoir à se justifier et à rendre des comptes. Conscient de l’importance de ces facteurs pour asseoir sa légitimité, le régime tunisien a reposé son pouvoir sur plusieurs théories à la fois, qui apparurent au premier plan au fur et à mesure des étapes qui ont rythmé son évolution. Bien qu’habilement distillées, ces théories de légitimation se heurtent à des vérités historiques et politiques de nature à démontrer incontestablement le caractère « hypocratique » de ce pouvoir.

Après le coup d’état médical du 7 novembre 1987, Ben Ali, alors premier ministre et ministre d’Etat, arrive au pouvoir en se présentant comme l’homme providentiel, le sauveur de la Tunisie alors que le pays est secoué par une crise politique doublée d’une crise économique le tout sur fond de menace islamiste. Les conditions adéquates pour que Ben Ali se proclame d’une légitimité matérielle qui consiste à dire : « je suis au pouvoir parce que je suis le plus apte » ou « celui qui mérite le plus d’y être ». Or cette forme de légitimité a le double désavantage d’être d’une part subjective surtout que le ministre putschiste ne s’est illustré pour le grand publique que lors d’une des pages les plus sombre de l’histoire de la Tunisie pour être, pendant « les émeutes du pain » l’organisateur de la plus grande action de répression menée dans le pays depuis son indépendance. D’autre part la légitimité matérielle par son caractère contingent, est d’usage délicat. Parce que supposant même que cette légitimité fut justifiée en 1987, elle n’est pas pour autant valable dans le temps surtout lorsque les circonstances changement et que la situation générale, jugée critique au départ, s’améliore. Il est donc clair qu’après 20 années de règne, l’actuel président ne peut plus prétendre à cette légitimité matérielle. D’une part son inaptitude à mener à bien les réformes institutionnelles nécessaires, promises au départ, a été confirmée par l’expérience et d’autre part les circonstances qui avaient pu justifier une telle légitimité n’existent plus.

Il est également patent que dans n'importe qu'elle société démocratique, la popularité d'un leader ne suffit pas à lui conférer de la légitimité politique. Ce n'est pas le charisme d'un leader qui légitime son pouvoir politique mais bien le processus démocratique qui valide son charisme. On peut tout de même admettre qu’une telle chose est possible lorsqu'un un leader incontesté prend la direction d'un mouvement de libération dans un pays colonisé, quand les conditions légales d'un processus démocratique n'existent pas. C’était le cas pour feu Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie. Dans ce cas précis le rôle d’un leader politique est de créer les conditions fondamentales pour une expression démocratique. Chose que Bourguiba a fait avec une certaine réussite dotant le pays d’outils institutionnels et juridiques avant-gardistes. Contrairement à son prédécesseur, l’actuel président, en plus du fait qu’il ne bénéficie pas des mêmes circonstances qui ont mené Bourguiba au pouvoir, il ne c’est jamais illustré par un charisme exacerbé ni par une personnalité emblématique, bien au contraire. On est effectivement loin de la popularité quasi-naturelle de Bourguiba et ses légendaires bains de foule. Encore une légitimité à la quelle Ben Ali ne peut prétendre. L’adhésion populaire s’est faite par dépit et perdure par la crainte et à défaut. Une adhésion qu’il serait plus judicieux d’appeler « non-opposition » qui devant l’inexistence d’une figure emblématique ou d’une alternative crédible, préfère l’acquiescement sans conviction devant les élans populistes de Ben Ali. Cela est bien sur loin de permettre une légitimation populaire.

Lors du coup d’état médical du 7 novembre 1987, c'est par la constitution et dans le respect scrupuleux des textes que Ben Ali procéda. On peut même dire que les seuls coups d’états illégaux sont ceux qui avortent. Un coup d’état ressui est en quelque sorte toujours légale, portant en lui les éléments de sa propre légalité. Pourtant, cela n’empêche pas l’illégitimité de la manœuvre. En effet, la constitution par la quelle Ben Ali est venu au pouvoir est une coquille vidée de toute force juridique. Elle n’est plus la loi suprême, celle qui, par nature se place au-dessus de toutes les lois de la république ainsi que toutes les considérations personnelles. Cette constitution s’est transformée le 12 septembre 1974 en un instrument de totalitarisme après son amendement par le parlement tunisien de façon à instaurer la présidence à vie pour « le combattant suprême ». Non seulement l’amendement, troque la république pour une quasi-monarchie mais donne le droit de destitution du président de la république au premier ministre alors qu’il n’à aucune légitimité électorale ce qui est en soit une disposition contraire à l’esprit républicain. L’illégitimité de cet amendement est double : constitutionnelle, en trahissant l’esprit de la constitution et le principe d’alternance démocratique à la tête de l’exécutif et républicaine pour ne pas avoir tenu compte d’une règle fondamentale qui veut que seul un élu du peuple puisse assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir.

Ce régime c’est donc construit sur les ruines d’une autocratie devenue illégitime à cause d’une constitution dénaturée, instrumentalisée, aux pratiques antirépublicaines et n’a fait donc que bâtir sur des fondations ébranlées. Bien sur Ben Ali n’est pas responsable de l’origine de cette perte de légitimité mais il n’a montré aucune réelle volonté de remédier à cette désacralisation des textes constitutionnels. Cela s’est révélé clairement dés le premier amendement, celui par lequel la présidence à vie a été abolie pour être remplacer par une formule ingénieuse du « président rééligible deux fois », amendement voté en fanfare par le parlement tunisien en 1989. Cet amendement qui se voulait historique n’a fait que renforcer le pouvoir du président en le préservant de la censure du parlement l’exonérant ainsi de toute justification devant la représentation nationale. Le président se retrouve par ce déséquilibre, au dessus du pouvoir législatif et légalement hors d’atteinte. Bien que faible, l’hypothétique pouvoir de la chambre des députés, conféré par l’amendement constitutionnel de 1976, le président Ben Ali le supprime lui trouvant un caractère dangereux, enlevant ainsi tous les moyens légaux de destitution d’un président en fonction. Ceci donne, bien sur, dors et déjà la possibilité au président de prolonger à l’infini son mandat et d’étendre sans retenue ses prérogatives. Toute action légale contre lui étant impossible, sa succession devient assujettie à son bon vouloir et le degré de développement de son esprit démocratique.

Hypocrisie généralisée

Comme déjà mentionné plus haut les régimes « hypocratiques » à l’instar du régime tunisien, s'accommodent fort bien d'une façade démocratique. En 20 ans d’existence le totalitarisme abouti du pouvoir en place n'a pratiquement plus besoin d'utiliser la force brute pour assoir son pouvoir. Il est vrai que par sa définition le totalitarisme est un système qui entend contrôler et dominer totalement la totalité de la vie et de la pensée de la totalité des populations, et qui interdit et réprime toute tentative de dépassement, de remise en question. Les « hypocraties » ne dérogeant pas à cette règle et détestent autant l'autonomie et la liberté individuelle. Mais à la place de la répression sanguinaire, le régime « hypocratique », préfèrent compter sur la docilité du peuple et sur la notion de « libertés réduites », à entendre, canalisées dans des voies déterminées qui ne peuvent pas lui nuire. Il mise plutôt sur la soumission volontaire, les contraintes économiques, la force de la propagande diffusée en permanence par les médias, l'école, les hommes politiques, les gens eux-mêmes. Une hypocrisie généralisée qui met à jour l’immense pouvoir de l’auto-persuasion de la majorité des gens et le bourrage de crâne exercé par les adultes sur les enfants. Une méthode beaucoup plus efficace que les exécutions sommaires et les camps de rééducation.

Tant que le peuple ne remette pas en cause leurs existences et tant qu’il ne se rende pas capable de construire autre chose, les hypocraties montrent un visage tolérant et ouvert. Les hypocraties tolèrent même l’existence d’une opposition. A condition, bien évidement, que celle-ci ne puisse se passer d’elles. Les quelques défoulassions sporadiques tolérées, permettent à « la dissidence» d'avoir l'impression de faire quelque chose et même d'avoir l'illusion de remporter parfois des petites batailles. Tant que l’opposition reste résiduelle elle ne constitue dans une hypocratie aucune menace. Elle sert même à montrer combien elle est tolérante ! Elle sait que grâce à la censure et à l’implacable jeu de la real politique, ils auront très peu d’accès aux grands médias, et donc que leur audience restera toujours limitée. Elle espère qu'ils finiront par se convertir comme tout le monde, ou par sombrer dans le désespoir ou la violence. A défaut, elle les marginalisera encore plus en les amalgamant à des catégories criminelles. Elle sait que ses sujets adorent les boucs émissaires et n'aiment pas ceux qui mettent le doigt sur les réalités qu'ils tentent d'oublier en adhérant à fond au système « hypocratique».

Au sein d’une hypocratie, les tenants du pouvoir s’évertuent, dans un subtil exercice, à fragiliser la population convaincus et à juste titre qu’il est plus facile de régner sur des gens diminués financièrement, spirituellement et intellectuellement. Il est certainement plus facile de les manipuler tant qu’ils se préoccupent davantage de leur survie quotidienne que de changer le monde. Précarité, chômage, surendettement, insécurité autant de levier sur lesquels les régimes «hypocratiques» jouent pour bloquer les possibilités de révolte à la base. La paupérisation de tous les aspects de la société est un d'excellent moyen de contrôle qui ne dit pas son nom. Mais une des ruses suprêmes des régimes hypocratiques, est d'obliger quasiment tout le monde, contestataires et conformistes, à franchir consciemment ou pas les limites de la loi. Chacun peut alors être l'objet de poursuites. Par exemple, pour s'exprimer, on peut avoir à organiser une manifestation interdite, pour survivre certaines personnes sont obligés de commettre des illégalités, les réglementations de certaines professions sont tellement tatillonnes qu'on est obligé de ne pas les respecter pour pouvoir survivre…Autant de truchement redoutables pour mettre toute la population à la porté d’une justice arbitraire et complètement à la solde du pouvoir et qui en donner, en Tunisie, des résultats remarquables.

Les systèmes « hypocratiques », bien qu’ils soient à la pointe du totalitarisme, peuvent probablement être perfectionnés et approfondis, notamment grâce aux innovations technologiques en matière de censure et de contrôle des populations, mais il semble difficile de faire plus vicieux et plus efficace sur le principe. Par les deux aspects qui les définissent, ces régimes ont réussit à se maintenir et à prospérer sans rencontrer de véritable résistance intérieure et encore moins extérieure. En effet, dans de tels régimes, les gens réclament eux-mêmes leurs chaînes et se révèlent encore plus répressifs que les services de répression d'Etat. Pas besoin de massacrer les opposants, il y en a trop peu et ils sont complètement paralysés par les rouages du système. Les braves citoyens s'auto-surveillent, s'autocensurent, le tout étant recouvert du drap blanc des libertés, du « gouvernement par le peuple ». Il suffit de savoir doser intelligemment répression, atteintes aux libertés, récompenses et biens matériels pour éviter révoltes et rejet en bloc. Le peuple veut y croire, il n'est donc pas trop difficile de le contenter, malgré tous les faits qui démontrent le contraire. De grandiloquentes déclarations, des élections pour élire un candidat unique ou des gens qui n'ont pas de pouvoir réel, suffisent à donner l’impression de vivre dans un système convenable.


Dans le monde beaucoup de régime optent pour une « hypocratie » et parviennent tant bien que mal à maintenir une illusion de liberté et une façade plus au moins convenable, mais de ceux qui ont le plus réussit l’application de ce modèle, le régime tunisien peut prendre valeur d’exemple. Depuis son installation à la tête du pouvoir il n’a cessé de perfectionner le système pour le rendre presque invisible, indétectable pour l’observateur étranger et complètement intégré par la majorité des tunisiens. Même ceux parmi eux qui découvrent la vraie nature du régime trouvent peu d’oreilles intéressées. Le visage humain du système « hypocratique » profère à ces tenants un certain « bénéfice du doute »…c’est peut être là sa plus grande réussite.



mardi 7 août 2007

De la république de Carthage au "changement" du 7 novembre 1987

Ou quand la télé tunisienne découvre qu’il y avait une vie avant Ben Ali !



Extrait documentaire « De la constitution de Carthage à la république de demain » - Réalisation : Mohamed El Ghoghben - Texte :Abdelkader Ben Hadj Nasser - Tunis7 - 2007



ans le cadre des festivités de la commémoration du 50ème anniversaire de la proclamation de la république tunisienne, la télévision nationale, Tunis7, nous a, entre autres, gratifié d’un documentaire de 58 minutes retraçant l’histoire glorieuse de notre chère république, de la première constitution carthaginoise à la très conceptuelle « Tunisie de demain », qui n’est en fait, selon ce documentaire, rien d’autre, que la Tunisie d’aujourd’hui mais avec encore plus « d’acquis » et de « changements » et évidement avec la même constante, de 20 ans maintenant : le président Ben Ali. On a déjà hâte d’y être !

Le style est toujours aussi barbant et le texte qui accompagne ce documentaire est d’une rhétorique toujours aussi anachronique, mais la grande nouveauté cette année, c’est la place que les gardiens de la propagande ont voulu accorder à tout ce qui a existé avant le fameux « changement » du 7 novembre. Généralement expédiés en 10 minutes, les centaines d’années d’histoire qui précédent l’heureux avènement ont, cette année, eu droit à pas moins de 25 minutes sur les 58 que compte ce documentaire. Alors ont découvre stupéfait qu’il y avait une vie avant le 7 novembre. Il était temps ! Surtout que depuis presque 20 ans qu’on nous dise le contraire, beaucoup ont fini par le croire.

Ne voulant pas vous faire perdre votre temps mais aussi vous faire vivre ce que j’ai vécu en visionnant le documentaire dans sa totalité, je vous propose donc un extrait des 27 premières minutes qui traitent de l’avant 7 novembre et plus spécialement du mouvement de libération nationale et les 31 années du règne du feu Bourguiba. Je tiens tous de même à dire à tous les férus d’histoires, qu’il ne faille pas s’attendre à une précision académique. L’histoire ainsi présentée est comme d’habitude en Tunisie, diluée, débarrassée de tout ce qui peut paraître subversif ou qui pourrait, sait-on jamais, donner des idées à certains.

Mais cette partie du documentaire n’est pas pour autant dépourvue d’intérêt. Au-delà d’une séquence d’archive assez rare et très émouvante qui témoigne de la séance extraordinaire du parlement tunisien proclamant l’abolition de la monarchie et l’instauration de la république, beaucoup d’images sont intéressantes, avec une valeur historique certaine bien que gâchées par un texte insipide, qui ne faisait que préparer la deuxième partie celle de « la délivrance » ou comme dans les séries américaines : tout fini par rentrer dans l’ordre ! Merci à qui ?

J’espère donc qu’on ne m’en vaudra pas trop pour le choix d’amputer ce documentaire de la partie qui traite des « acquis du 7 novembre » et de toutes les merveilles qui nous attendent au sein de la « république de demain ». Surtout que les acquis, nous les vivons tous les jours et « la république de demain », nous y avons déjà adhéré, si on se fie à ce qui est écrit sur toutes les banderoles qui ont enlaidi les rues de la Tunisie, en ce 25 juillet 2007, 50ème anniversaire de la proclamation de la république Tunisienne.



mercredi 11 juillet 2007

Mme Belhassen espère "moins de complaisance" et "moins de cécité" de la part de la France


Mme Souhayr Belhassen – Le journal de l’international – iTélé – le 10.07.07


l’occasion de la visite en Tunisie du président français Nicolas Sarkozy, Souhayr Belhassen, la présidente fraichement élue de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), était l’invité du journal de l’international de la chaine d’information continue, iTélé.

Lors de cet entretien, Mme Belhassen a formulé le souhait de la fédération de ne plus faire face à « la même complaisance et à la même cécité de l’ancien président Jacques Chirac » en espérant une défense, où du moins, une reconnaissance de la part de la France du travail de la société civile tunisienne. Une société civile dont les membres, comme la relevé Mme Belhassen, subissent des pressions quotidiennes allant jusqu’aux agressions physiques et à l’emprisonnement pour les cas les plus extrêmes.

La présidente de la FIDH, s’est également inquiétée des dérives relatives aux arrestations dans le cadre des nouvelles lois antiterroristes en dénonçant les traitements inhumains et les procès inéquitables qui accompagnent ce dispositif. L’entretien s’est achevé sur la question de l’immigration et les projets d'accords de partenariats avec les pays du sud pour une immigration choisie qui serait pour Mme Belhassen, « condamnable » parce qu’elle « écrémerait les pays producteurs d’immigration », les privant ainsi de leurs potentiel humain de développement.


vendredi 6 juillet 2007

07.07.07....





samedi 26 mai 2007

Rapport annuel d’Amnesty International : La peur : Arme de répression massive

omme tous les ans, Amnesty International publie son bilan sur la situation des droits humains dans le monde. Cette année, un bilan particulièrement sombre où, comme il est signalé à l’introduction de ce document, « la politique de la peur a dominé l’année 2006 ». La peur, arme suprême, que de plus en plus de régimes, qu’ils soient franchement totalitaires ou dits « démocratiques », utilisent sans vergogne. Cette instrumentalisation de la peur permet de légitimer les guerres, la torture, la censure ainsi que toutes les pires exactions. Drôle de monde, où tout devient acceptable pourvu qu’on ne dérange pas notre paisible servitude.

Dans notre chère Tunisie, le règne de la peur ne date pas de l’année dernière. Il est bien installé depuis un moment. Une peur qui paralyse tout un pays. Une peur reçue en héritage, enseignée dans les familles et dans les écoles depuis le plus jeune âge. Une peur que le régime actuel exploite avec une efficacité redoutable. Non seulement elle lui permet de perdurer et de prospérer au dépend des tunisiens et de la Tunisie, mais également, de recourir pour y arriver à des méthodes brutales et inhumaines.

La peur permet également de faire accepter les « lois antiterroristes », des lois qui n’ont de légale que leur appellation. Des dizaines de jeunes et moins jeunes compatriotes broyés par ces lois d’exception qui bafouent les droits les plus élémentaires de l’accusé. Des aveux extorqués sous la torture, des avocats privés des éléments du dossier et incapables de communiquer avec leurs clients et traitements inhumains en prison, autant d’atteintes aux droits humains qui décréditent notre justice et exaspère les divisions au sein de notre société. Cette même peur viscérale poussent certains jusqu'à expliquer et justifier la censure, la torture et le manque de liberté au nom de je n’en sais quelle stabilité.

La peur justifie tout, même l’injustifiable !


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Ci-dessous la partie du rapport qui concerne la Tunisie :





a liberté d’expression et d’association restait soumise à d’importantes restrictions. À l’issue de procès inéquitables, au moins 12 personnes poursuivies pour activités terroristes ont été condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement. Une cinquantaine d’autres étaient toujours en procès à la fin de l’année. De nouveaux cas de torture et de mauvais traitements ont été signalés. Condamnés les années précédentes à l’issue de procès iniques, des centaines de prisonniers politiques, y compris des prisonniers d’opinion, restaient incarcérés. Un grand nombre d’entre eux étaient détenus depuis plus de dix ans, et leur état de santé se serait dégradé.


Contexte

Les organisations de défense des droits humains ont critiqué l’élection de la Tunisie au nouveau Conseil des droits de l’homme des Nations unies, en mai, du fait des restrictions sévères imposées aux libertés fondamentales dans le pays. En novembre, un groupe de parlementaires a appelé le président Ben Ali à se représenter à l’élection de 2009, date à laquelle il aura exercé le pouvoir pendant vingt-deux ans. Des modifications apportées à la Constitution, à la suite d’un référendum organisé en 2002, permettaient au président de se représenter sans limitation pour des mandats successifs de cinq ans.

Cent trente-cinq prisonniers ont été remis en liberté conditionnelle à la faveur d’amnisties ; 81 ont été élargis en février et les autres ont recouvré la liberté en novembre. Ils étaient tous incarcérés depuis plus de quatorze ans, après avoir été jugés de manière inique et reconnus coupables d’appartenance à l’organisation islamiste interdite Ennahda par les tribunaux militaires de Bouchoucha et Bab Saadoun en 1992. Une centaine d’autres membres d’Ennahda étaient maintenus en détention. Certains étaient, semble-t-il, en mauvaise santé, du fait des conditions carcérales extrêmement pénibles et des tortures subies lors de la détention qui avait précédé leur procès, des années auparavant. Plusieurs d’entre eux avaient besoin de soins médicaux de toute urgence.

En juin, le Parlement européen a adopté une résolution réclamant l’organisation d’une session du conseil d’association Union européenne – Tunisie, afin de discuter de la situation des droits humains dans le pays, après le maintien de l’interdiction visant le congrès de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), une organisation non gouvernementale. En octobre, l’Union européenne a de nouveau critiqué le gouvernement tunisien à la suite de l’annulation d’une conférence internationale sur le droit au travail dans l’espace euro-méditerranéen, qui devait se tenir en septembre à Tunis. En décembre, des fusillades ont eu lieu dans le sud de Tunis entre la police et des membres présumés du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui serait lié à Al Qaïda. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et de nombreuses autres, dont des policiers, ont été blessées.

Atteintes aux droits humains dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme »

Les autorités n’ont pas répondu à la demande formulée par le rapporteur spécial des Nations unies sur la protection et la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste. Le rapporteur voulait se rendre en Tunisie pour y examiner la situation des droits humains. Comme les années précédentes, des suspects de terrorisme ont été arrêtés, emprisonnés et jugés en vertu de la loi antiterroriste controversée qui avait été adoptée en 2003. Certains ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement. Les dispositions de cette loi et du Code de justice militaire étaient également utilisées contre des citoyens tunisiens renvoyés contre leur gré par les autorités d’autres pays, notamment de Bosnie-Herzégovine, de Bulgarie et d’Italie. Bon nombre d’entre eux, placés en détention à leur retour en Tunisie, ont été inculpés d’appartenance à des organisations terroristes opérant à l’étranger. Certains ont été traduits devant des juridictions militaires. Dans ce genre d’affaires, les contacts des avocats avec leurs clients étaient soumis à des restrictions de plus en plus nombreuses.

En juin et en juillet, de très nombreuses personnes soupçonnées d’activités terroristes, dont des membres présumés du GSPC, ont été arrêtées et maintenues au secret, dans certains cas pendant plusieurs semaines, avant d’être déférées à un tribunal pénal de Tunis qui devait les juger. Ces prisonniers ont, semble-t-il, été torturés pendant leur garde à vue. À la fin de l’année, ils étaient toujours en détention et le jugement n’avait pas eu lieu. Beaucoup ont été transférés dans des prisons éloignées, distantes de plusieurs centaines de kilomètres du lieu de résidence de leur famille. Hicham Saadi, qui avait été condamné en 2004 à une peine de douze ans d’emprisonnement pour activités terroristes, a été libéré en février à la faveur d’une amnistie présidentielle. Il a de nouveau été arrêté en juin et maintenu au secret pendant vingt cinq jours, au cours desquels il aurait été torturé. Cet homme a été accusé d’appartenance au GSCP. En octobre, il a tenté de s’évader en sautant par une fenêtre lors de sa comparution devant un juge d’instruction de Tunis. À la fin de l’année, Il était toujours en détention dans l’attente de son procès.

En septembre, Badreddine Ferchichi (alias Abu Malek) a été renvoyé en Tunisie par la Bosnie- Herzégovine après le rejet de sa demande d’asile. Détenu pendant plusieurs jours, il aurait été maltraité. Il a comparu, le 6 septembre, devant un juge militaire qui l’a inculpé, aux termes du Code de justice militaire, de « service, en temps de paix, dans les rangs d’une armée étrangère ou d’une organisation terroriste opérant à l’étranger ». Cet homme avait combattu comme volontaire au sein des forces musulmanes bosniaques durant la guerre de 1992 à 1995 en ex-Yougoslavie. Maintenu en détention à la fin de l’année dans l’attente de son procès devant un tribunal militaire, il était passible d’une peine de dix ans d’emprisonnement.

Six membres du « groupe de Zarzis » ont été libérés en février. Abdelghaffar Guiza, Omar Chlendi, Hamza Mahroug, Ridha Ben Hajj Ibrahim, Omar Rached et Aymen Mcharek, tous originaires de Zarzis, dans le sud du pays, avaient été arrêtés en 2003. Ils avaient été condamnés, en avril 2004, à des peines d’emprisonnement pour activités terroristes à l’issue d’un procès inéquitable qui s’était déroulé devant un tribunal pénal de Tunis. Ils ont été placés en garde à vue au secret et des « aveux » leur auraient été arrachés sous la torture pendant cette période. Ces éléments ont par la suite été utilisés comme preuve principale contre eux.

Liberté d’expression

La liberté d’expression restait soumise à d’importantes restrictions. Au moins deux journalistes qui critiquaient le gouvernement ont été licenciés par la direction de leur journal. D’autres ont pu continuer à exercer leur profession, mais ont subi des pressions de la part des autorités et fait l’objet de procédures judiciaires visant à les intimider.

En avril, les autorités ont empêché la réunion du conseil d’administration du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), dont les membres continuaient de se voir intimidés et harcelés par la police. Cette année, Lotfi Hajji, le président du SJT, a été détenu à au moins trois reprises pendant de courtes périodes.

Les autorités ont intensifié le harcèlement contre les femmes portant le hijab (voile islamique). Ces actions faisaient suite aux déclarations des ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, et à celles du secrétaire général du parti politique au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique, qui critiquaient l’augmentation du port du hijab chez les femmes et les jeunes filles, et de la barbe et du qamis (tunique) chez les hommes. Les déclarations allaient également dans le sens d’une application plus stricte du décret 108 de 1985 du ministère de l’Éducation, qui interdit aux femmes de porter le hijab dans les établissements scolaires ou lorsqu’elles travaillent pour le gouvernement. Des femmes auraient reçu l’ordre d’ôter leur voile avant d’être autorisées à entrer dans une école, une université ou un lieu de travail, et d’autres ont dû l’enlever dans la rue. Certaines auraient été conduites dans des postes de police où on leur aurait demandé de s’engager par écrit à ne plus porter le hijab.

Militants et organisations pour la défense des droits humains

Les défenseurs des droits humains continuaient d’être la cible de mesures de harcèlement, et parfois de violences physiques. Bon nombre étaient surveillés par les autorités, de même que leur famille et leurs amis, et leurs activités étaient fortement restreintes. Plusieurs organisations non gouvernementales de défense des droits humains n’avaient toujours pas été reconnues légalement.

La LTDH était toujours empêchée de tenir son sixième congrès et seuls les membres de son comité directeur pouvaient se rendre au siège de la Ligue, situé à Tunis. Les bureaux régionaux de cette organisation restaient inaccessibles au public ainsi qu’aux membres élus. L’examen de la plainte contre le comité directeur de la LTDH a été renvoyé à janvier 2007. Les autorités ont pris contact avec les ambassades de plusieurs pays et auraient menacé de rompre les relations diplomatiques si les représentants de ces pays continuaient de rencontrer des défenseurs tunisiens des droits humains. Elles auraient spécifiquement interdit les rencontres avec des membres de la LTDH, prétextant qu’une procédure pénale était en instance contre cette organisation. Des diplomates de plusieurs pays se sont toutefois rendus au siège de la LTDH pour y manifester leur solidarité.

En octobre et en novembre, des responsables des services de sécurité ont placé sous étroite surveillance les locaux du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), une organisation non gouvernementale privée de reconnaissance légale. Cette mesure empêchait les anciens prisonniers politiques et les proches de prisonniers de s’y rendre. Certaines personnes auraient été arrêtées en sortant du CNLT et conduites dans des postes de police voisins, où elles auraient été contraintes de s’engager par écrit à ne plus réitérer leur visite.

En mai, des policiers sont venus chercher Yves Steiner, membre du comité exécutif de la section suisse d’Amnesty International, dans l’hôtel de Sidi Bou Saïd où avait lieu l’assemblée générale de la section tunisienne de l’organisation. Ils l’ont emmené de force à l’aéroport et l’ont expulsé du pays. Lors de son interpellation et de son transfert à l’aéroport, il a été malmené par les forces de l’ordre, qui ont confisqué son téléphone mobile. Dans un discours prononcé la veille devant les membres de la section tunisienne d’Amnesty International, il avait dénoncé les violations des droits humains signalées en Tunisie, et notamment les entraves à la liberté d’expression et d’association.

Hichem Osman, alors président de la section tunisienne d’Amnesty International, a été arrêté en mai à l’université, où il travaillait, puis retenu pendant six heures au cours desquelles il a été interrogé à propos de l’assemblée générale de la section. Les policiers lui ont dit que la réunion n’avait pas respecté les statuts car elle avait servi de tribune pour critiquer le gouvernement tunisien et le président de la République. Il a été informé officiellement que la section serait dissoute si de tels faits se reproduisaient.

Indépendance de la justice

En octobre, à la fin de son mandat, le chef de la délégation de la Commission européenne à Tunis a déploré publiquement la lenteur des réformes politiques et réclamé une amélioration de la formation des juges et des avocats en vue de renforcer l’indépendance de la justice. En mai, des avocats ont organisé plusieurs sit-in afin de protester contre une nouvelle loi instaurant un Institut supérieur des avocats. Ils dénonçaient le fait que le Parlement examinait cette loi sans prendre en compte les conclusions de la consultation menée avec l’Ordre des avocats, ainsi que le prévoyait la convention entre l’Union européenne et la Tunisie sur le financement de la réforme du système judiciaire. Cet institut, placé sous le contrôle des ministères de la Justice et de l’Enseignement supérieur, serait chargé de la formation des futurs avocats, une mission qui incombait auparavant à l’Ordre des avocats et à l’Association des magistrats tunisiens (AMT). Les avocats se sont opposés à cette loi en faisant valoir qu’elle portait atteinte à l’indépendance de la justice. Bon nombre d’entre eux ont été agressés par des policiers au cours des sit-in.

En septembre, Wassila Kaabi, juge et membre du conseil exécutif de l’AMT, a été empêchée de se rendre en Hongrie, où elle devait participer à une réunion de l’Union internationale des magistrats. Aux termes de la loi tunisienne, les juges doivent obtenir l’autorisation du secrétaire d’État à la Justice pour se rendre à l’étranger.

Prisonniers d’opinion

Comme les années précédentes, les opposants et les détracteurs du gouvernement risquaient d’être emprisonnés, harcelés et menacés pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions.

Mohammed Abbou, un prisonnier d’opinion, a effectué plusieurs grèves de la faim pour protester contre son maintien en détention et les mauvais traitements qui lui étaient infligés par les responsables de la prison d’El Kef. Son épouse et ses enfants ont été harcelés et intimidés à plusieurs reprises par des policiers postés en permanence devant leur domicile de Tunis. En novembre, Mohammed Abbou a été transféré à l’hôpital d’El Kef pour subir des examens néphrologiques. En décembre, son épouse Samia, ainsi que Samir Ben Amor, un avocat, Moncef Marzouki, une personnalité de l’opposition, et Slim Boukhdir, un journaliste, ont tenté de lui rendre visite en prison. Ils ont été interceptés neuf fois par la police sur la route reliant Tunis à El Kef, officiellement pour une vérification de leur identité et des papiers du véhicule. Un peu plus tard, alors qu’ils sortaient d’un restaurant d’El Kef, ils ont été agressés par une cinquantaine d’hommes, de femmes et de jeunes gens qui les ont insultés, malmenés et frappés à coups de poing tout en crachant sur eux. Ils ont réussi à échapper à leurs agresseurs et à rejoindre leur véhicule. D’autres personnes les auraient encore agressés à leur arrivée à la prison, les empêchant ainsi d’atteindre l’entrée du bâtiment. Ces attaques ont eu lieu en présence de policiers qui n’ont rien fait pour protéger les victimes ni pour appréhender les agresseurs.

Visites d’Amnesty International

Des délégués d’Amnesty International se sont rendus en Tunisie en juillet. Ils ont rencontré des défenseurs des droits humains et des responsables gouvernementaux, ainsi que des représentants d’États de l’Union européenne.



jeudi 5 avril 2007

Discours pompeux et sombre réalité


Extraits du discours de Ben Ali à l'occasion du 51ème anniversaire de l'indépendance de la Tunisie - 20 Mars 2007 - Tunis7


e discours tenu par Ben Ali à l’occasion du 51ème anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, n’avait aucune raison d’être différent des dix-neuf précédents, et comme on pouvait le prévoir, n’a pas échappé à la phraséologie habituelle produite par des technocrates du système de propagande, servie à toutes les sauces et à toutes les occasions. Se sont toujours les mêmes mots, la même rengaine, toujours les mêmes slogans répétés, psalmodiés jusqu'à la nausée, sans convictions, sans aucun appui concret dans la réalité de la Tunisie.

Au moment même où le chef de l’état devant un parterre de personnalités toutes aussi conquises que peu motivées, disait tout le bien que « le changement du 7 novembre » a apporté à la Tunisie, ses sous-fifres et les différents appareils de l’état qui leur ont été confiés, s’emploient à faire tous le contraire de son beau discours de circonstance. Le ridicule de cette situation est passé à un point où il suffirait d’entendre systématiquement l’opposé de ce que dit le discours pour coller à la réalité de la situation. Tel des messages codés les discours du président décrivent en réalité d’une manière, pour le moins détournée, le fond de sa politique depuis sont arrivée au pouvoir.


Certain que ses mensonges éhontés n’émeuvent plus grand monde, il se permet même de narguer ses interlocuteurs en vantant « l’image resplendissante de la résistance des Tunisiennes et des Tunisiens, de toutes les catégories et régions, de la profondeur de leur sens patriotique, de leur attachement à la liberté et à la dignité, et de leur aptitude à se dresser en rangs serrés pour sauvegarder l'intégrité de la patrie et défendre sa bannière ». Il sait qu’il ne prend aucun risque en parlant d’une époque ou effectivement les Tunisiens et les tunisiennes étaient prêt à tous les sacrifices pour leurs dignités et leurs libertés, Une époque ou ces mots avaient encore une signification en Tunisie.

Les extraits choisis sont une illustration parfaite de cette double-pensée permanente qui caractérise les discours présidentiels depuis pré de 20 ans. Ils ne nécessitent aucun commentaire, ils se suffisent à eux mêmes. Plus les affirmations et les mises en avant des actions entreprises sont pompeuses plus la réalité est sombre et aux antipodes du discours.


mardi 20 mars 2007

jeudi 1 mars 2007

La corruption et la douane tunisienne sur Tunis7 !

Extrait de l'émission "Bikol oudhouh", Tunis 7, 1ère diffusion le 22 Fevrier 2007.


’émission « bikoll oudhouh » (en toute clarté), sur la télévision publique tunisienne, Tunis7, est l’une de ces nouvelles émissions qui s’essayent à la fameuse ouverture médiatique, que tout le monde semble constater et saluer depuis quelques temps. Le thème de l’émission était « la douane et l’entreprise en Tunisie ». L’invité de l’émission était le colonel Lotfi El Ayedi, directeur à la direction centrale des douanes. L’extrait que j’ai choisi aborde la question épineuse de la corruption au sein de la douane tunisienne.

Le ton est certes nouveau et les sujets traités audacieux mais si le présentateur semble vouloir poser les bonnes questions, il ne pousse pas l’audace jusqu’à réclamer les bonnes réponses, surtout si l’invité fait partie d’un pilier du système. Malgré cela, le haut responsable était presque sympathique et les efforts qu’il a employé pour redorer l’image de la douane, presque louables. Le journaliste a également tenté de faire son travail au mieux, posant des questions délicates et relançant son inviter quand ce dernier essayait de se dérober. Cela ne marchait pas à tous les coups mais l’intention, me semble-t-il, y était. On peut même percevoir un moment de flottement (02 :00) quand le journaliste sort ses propres chiffres sur le nombre élevé des réunions du conseil de discipline qui excluraient, selon lui, 1 douanier par mois.

Mais malgré ces tentatives le présentateur n’a pas pu amener le douanier à dire autre chose que ce qu’il était venu dire. A savoir que la corruption existe partout et que la douane met tout en œuvre pour traquer et éliminer les « âmes faibles » qui succombent à la tentation et les « saboteurs » et les « criminels » qui les pervertissent. Pour littéralement clouer le bec du journaliste en déclarant quasi-religieusement que « la Tunisie était un état de droit » et que par conséquence « personne ne pourrait se voir demander de contre partie pour obtenir un droit ». Nous voilà rassurer ? Pas tout à fait !

Ceci aurait pu être le cas dans un vrai état de droit ou bien évidement la corruption existerait mais d’une manière résiduelle et entre deux parties intéressées et où les recours possibles sont effectifs et efficaces. De même que l’analyse du colonel El Ayedi, quand il aborde la question de la responsabilité du citoyen dans la question de la corruption est, d’une certaine manière, pas totalement fausse, puisque celle-ci est aussi à rappeler et à condamner. Mais ce que ce responsable feint d’oublier, c’est que dans certains domaines et plus spécialement le sien, le Droit n’à plus droit de citer en Tunisie.

Car le problème principal de la douane tunisienne et dont tous les autres travers découlent, est avant tout, l’impunité dont certains jouissent face à la douane en particulier mais plus généralement face à l’autorité de l’état. Au-delà des petits trafics qui permettent, dans la majorité des cas, à ceux qui les pratiquent de survivre, le plus gros de l’économie souterraine est alimenté par des filières quasi-institutionnelles qui profitent de passe-droits couverts par les autorités elles-mêmes. Pour les trafics qui génèrent le plus de manque à gagner aux caisses de l’état, les commanditaires et les principaux bénéficiaires jouissent de complicités aux plus hauts niveaux du pouvoir. Des personnes qui ne peuvent pas être inquiétées par les conseils de disciplines, même si ces derniers siégeaient quotidiennement. Toutes les mesures que le colonel EL Ayedi avance, ne servent, en fait, qu’à réprimer les conséquences de faits plus graves qui, eux, restent impunis.

Un simple douanier qui surveille un entrepôt sous douane n’a pratiquement aucune chance de faire quoi que ce soit de cette responsabilité. Le poids de la hiérarchie ne lui donne aucun pouvoir réel, ni directement sur la marchandise qu’il surveille, ni sur ses supérieurs qui en quelque sorte ne lui doivent rien. Ce douanier n’a donc pratiquement aucune chance d’étendre son réseau d’influence au sein de la douane et par conséquence d’attirer des corrupteurs potentiels. Même s’il arrive à le faire le préjudice ne sera pas important et certaines mesures de contrôles peuvent facilement le démasquer et le sanctionner.

Prenant maintenant l’exemple inverse : Un colonel de la douane, ou un quelconque haut gradé qui se lie d’affaire avec un membre proche du pouvoir ou une personne influente d’une manière ou d’une autre. Cette alliance peut être entre deux personnes intéressées mais aussi le résultat de pressions d’ordre hiérarchique qui ne donneraient pas trop le choix à cet officier. Cependant le résultat reste le même. Pour mettre en application les termes de l’accord convenu avec « le commanditaire », le colonel a besoin de complicités au sein de l’administration mais aussi sur le terrain. Il choisit parmi ses subordonnés une personne de confiance et lui confie la tache. Cette personne trouvera à son tour quelqu’un d’autre pour se rapprocher encore plus du terrain. Et c’est ainsi, par un effet domino, toute une ligne verticale de responsables plus ou moins importants est ainsi corrompue par l’effet d’une seule personne. D’ailleurs les tarifs pratiqués pour telle ou telle prestation intègrent la rémunération de toute la chaîne.

Bien évidemment l’existence de ces pratiques ne reste pas inaperçue par les « autres » douaniers qui ne « profitent » pas de cette manne financière. Pour les plus malhonnêtes ou les plus « faibles », d’entre eux cela encourage et justifie en quelque sorte leurs petites combines personnelles qui s’ajoutent ainsi aux trafics les plus organisés. C’est un cercle infernal ou chacun justifie son action par celle de son collègue ou de son supérieur. Des supérieurs qui ne peuvent plus avoir de réel pouvoir de contrôle et de sanction étant eux-mêmes impliqués.

Concernant l’envolée lyrique de l’invité de cette émission, sur le thème de « l’état de droit », elle est certes touchante mais n’apporte aucune réponse au problème. Car encore une fois ceux qui pratiquent des trafics organisés, corrompent pour augmenter leur profits et couvrir leurs actions illégales, ceux la n’on aucun problème à payer ce qu’ils ont à payer et l’intègrent dans leurs « prix de revient », si j’ose dire. Ils ne sont en aucun cas les victimes de ce système mais les principaux bénéficières. Ils n’ont théoriquement aucune raison de dénoncer ces pratiques et n’ont donc rien à faire avec le droit. Les recours énumérés par le colonel ne leur serviraient absolument à rien.

Pour les autres, véritables victimes de ce système, la question est beaucoup plus délicate. Car en générale la pression exercé par le douaniers et plus sournoise sur le commun des mortels puisqu’elle ne consiste pas à lui denier un droit mais à lui faire comprendre que s’il veut l’obtenir plus vite et sans complication il aurait intérêt à « récompenser » le douanier. Le douanier se présente ainsi comme une aide précieuse pour l’usager confronté aux lenteurs de la machine administrative. Ce qu’on paye c’est donc l’obtention, dans des délais raisonnables, d’un droit. Pour le petit chef d’entreprise ou le petit commerçant qui a des clients à satisfaire, le facteur temps est primordial. Cet usagé peut parfaitement refuser de payer et aller se peindre aux autorités compétentes, mais il perdra encore plus de temps et donc d’argent. Il se retrouve ainsi obligé de recourir à ces pratiques pour ne pas être pénalisés. Bien évidement Cela n’excuse en rien ces comportements, mais il faut être d’une mauvaise foi sans mesure pour leur faire porter aux simples usagés la responsabilité du fléau de la corruption en Tunisie.

Voila comment en couvrant des pratiques douteuses aux plus hauts sommets du pouvoir on contamine toute une société et on discrédite toute une institution. Beaucoup de douaniers tunisiens vivent ces passe-droits comme une insulte à leur travail et aux valeurs de l’institution qu’ils servent. Des jeunes officiers déçus du décalage entre les cours de droit à l’école des officiers et la réalité de leur travail mais également des anciens qui ne reconnaissent plus l’institution qu’ils ont contribué à mettre en place. Ces douaniers intègres tentent malgré ces dérives de servir au mieux les intérêts de leur institution. Peut être que l’invité de cette émission fait partie de ceux qui pensent encore aux intérêts du pays, je n’ai pas à en douter, mais toutes les actions et toutes les mesures qu’il a énuméré pendant cette émission ne serviront à rien tant que les plus grands « saboteurs » et corrupteurs continuent d’agir impunément sous la bienveillance intéressées des plus hauts responsables de l’état.

samedi 13 janvier 2007

Cinq ans de Guantanamo par Ricardo



Caricature du dessinateur Ricardo Publiée dans le quotidien espagnol El Mundo et reprise par Le Monde du dimanche 14 dans la rubrique « Opinion » page 15.

A lire également un entretien avec Francis Fukuyama : (il y a chez George Bush une "incapacité à reconnaître la réalité") . Fukuyama qui c'est trompé sur "la fin de l'histoire", semble vouloir se ratraper en faisant une analyse assez pertinante de la politique internationale de Bush.

PS : Merci Marco ! de me fait, tous les samedis, le plaisir de me faire découvrir un peu avant tout le monde Le Monde du Week-end.

lundi 6 novembre 2006

Trop de temps sous le même régime ? (1)






Ici le contenu alternatif (image, texte)

vendredi 13 janvier 2006

Avancerions nous mieux, si nous avancions, pour ainsi dire, masqués ?



« La sincérité est une ouverture de coeur. On la trouve en fort peu de gens, et celle que l'on voit d'ordinaire n'est qu'une fine dissimulation pour attirer la confiance des autres ».
La Rochefoucauld



Il y a des notions, qui par leurs caractères universels et indéniables, posent problème au sein de certains milieux de pensée sclérosés par le dogme du déterminisme. La plus fondamentale de ces notions : la notion de liberté, représente un mur, hélas, encore infranchissable pour des esprits en manque d’indépendance. Bien sur, affronter frontalement une si noble valeur est impossible. C’est même un exercice qui ne peut que révéler à la lumière du jour la peur viscérale qu’éprouvent certains de se retrouver confronter à une si lourde tache, celle d’être les maîtres de leurs destinées. Ne pouvant pas contester la pertinence d’un système basé sur la liberté d’être, la liberté de croire et de pratiquer selon une approche individuelle et indépendante, on s’attaque, comme c’est généralement le cas, à l’intégrité intellectuelle de ceux qui se réclament de ce droit fondamental. Les réactions de certains, suscitées par l’entretien de M.Talbi[i] et le texte de M.Dridi[ii], sont l’illustration parfaite de cette intransigeance primitive et de l’espace de plus en plus restreint, dans le quel certains esprits réactionnaires, tentent de cantonner, ceux qui par leurs approches réformistes, tentent de penser loin des dogmes du passé.

Dans l’affirmation de M.Talbi de « pouvoir vivre son éthique musulmane dans n’importe quelle société, même les plus permissives d’entre elles », il n’y guère un appel au désintéressement des affaires de la cité, ni une incitation à vivre « en vase clos et en ghetto ». Affirmer cela ne peut être qu’une tentative pathétique de déformation, bien que je puisse comprendre son utilité, pour le raisonnement de ceux qui la pratique, elle ne constitue pas, à mon avis, une méthode intellectuellement honnête. Ce qui semble clairement émaner de cette affirmation c’est la place prépondérante qui doit être donnée aux choix individuels et son rejet de toute forme de prosélytisme, et la on voit bien la confusion dans les esprit de certains quant au rôle du citoyen dans la cité. Dans une cité, l’individu est en premier lieu citoyen avant d’être musulman, chrétien, juif, hâté, agnostique où que s’ai-je encore. Cela est d’ailleurs valable sans considération de la tradition ou la culture de la société en question. En tant que citoyen musulman, il peut s’impliquer dans les affaires de la cité pour apporter sa pierre à l’édifice de la citoyenneté, mais son rôle ne peut être celui de faire en sorte que les autres citoyens deviennent musulmans à leur tour. L’aide qu’il pourra porter aux autres ne peut être assujettie à l’appartenance religieuse de celui envers qui il le fait. Par définition l’engagement citoyen est basé sur l’altruisme et la responsabilité, du moment ou il se transforme en un calcul, il perd son caractère citoyen pour se transformer en un prosélytisme primaire. C’est donc la citoyenneté qui oblige l’individu à l’implication dans les affaires de la cité et non pas sa religiosité par l’intermédiaire de la citoyenneté qui lui confère ce droit ou cette obligation. Le plus surprenant dans la critique faite à cette affirmation de M.Talbi, c’est qu’elle prétend prévenir du communautarisme et de la ghettoïsation, alors que baser l’implication citoyenne sur la religiosité est le principe même du communautarisme religieux.

Un autre point fondamental semble poser problème, celui de la « conciliation de l’islam avec la démocratie ». Sur ce point je suis d’accord avec les détracteurs de M.Talbi. Cette question est bien dépassée, mais nullement parce qu’on a définitivement résolu le problème des « réformes du corpus des textes juridiques », cette question reste encore une épine dans le pieds de toutes les sociétés de culture musulmane et je ris presque en lisant que la charia ne sert plus que les « archaïques qui font le malheur de l’islam ». L’esprit brillant qui a accoucher de cette affirmation prend peut être ces rêves pour des réalités. Ou a t-il oublié que ces même régimes « usurpateurs » ont été et restent encore les meilleurs soutiens pour toutes les mouvances islamistes que ce soit dans le monde ou en Tunisie et Ennahdha ne fait pas exception. Je parle d’Ennahdha, parce que j’apprends aujourd’hui qu’elle ne représente (ou ce qu’il en reste) plus rien en Tunisie. Je veux bien l’admettre, mais celui qui affirme que « Ghannouchi a fait beaucoup de mal au mouvement islamique Tunisien », a sûrement oublié de dire que c’est depuis le schisme provoquer par Slah Karker (que soit dit en passant, rabbi ichfih) qu’il est considéré de la sorte. Du moment de leur « combat » sur le sol Tunisien, ils ont largement profité de la générosité de ceux qui représentent aujourd’hui, nouvelle stratégie oblige, le malheur de l’islam. Quelle manière élégante de bouter en touche la question qui occupe le monde musulman depuis l’écriture par l’homme du dit corpus. Les exemples des régimes qui ont appliqué ou qui appliquent encore aujourd’hui la charia et en dépit de tout le mal qu’ils ont perpétré, sont selon cette « brillante analyse » une aberration et une perversion de l’esprit des textes. Raisonnement circulaire qui suppose démontrer la thèse que précisément, l’expérience vient de réfuter. C’est comme si l’horreur des conséquences prouve l’excellence du principe ! Plus encore que la conciliation de l’islam avec la démocratie, c’est la conciliation de l’interprétation de l’islam avec la liberté, et donc du corpus juridique, avec celle-ci. L’islam du fait de son essence divine étant parfait dans l’absolu, ce qui est perfectible, c’est la relation du musulman avec l’islam.

Je vous avouerai que devant cette vague de reconversions aux valeurs démocratiques qui semble toucher toutes les formations politiques tunisiennes même les plus idéologiquement éloigner de ce concept, je me pose la question de la pertinence de concevoir une alliance sur une valeur aussi abstraite. La démocratie est-elle un rempart suffisamment solide contre le fanatisme et les idiologies totalisantes ? Les expériences passées et actuelles, et cela même au sein des démocraties occidentales, ont montré que la démocratie ne peut être à elle seule un rempart contre le totalitarisme. Cette démocratie du plus grand nombre, dont les « forces démocratiques tunisiennes » se référent et qui semble faire l’unanimité aux prés de leurs leaders, ne nous préserve en rien de la répétition à l’infini de se que nous vivons aujourd’hui, à savoir une « démocratie des tyrans [iii]». Je comprends aisément que les mouvances islamistes tunisiennes se reconvertissent à la foi démocratique, et qu’un parti comme Ennahdha renoncent même à son caractère islamique. Quel moyen plus simple et indétectable, que celui du suffrage du plus grand nombre pour arriver à ce qu’on voulait accomplir par la violence ou la révolution ? Dans ces conditions il est clair qu’il faut rester prudent et avancer en connaissant les intentions des uns et des autres. Il ne s’agit point de se contenter de professions de foi démocratiques et des discours de circonstances. Il ne suffit pas de dire : je suis jésus, pour pouvoir marcher sur l’eau. Renoncer à la charia comme le préconise M.Talbi, est une première condition, mais elle est à mon sens, insuffisante pour se prémunir des intentions totalisantes de l’islamisme. C’est la reconnaissance claire et formelle du caractère circonstanciel d’une partie des textes. Ceci ne remet pas en cause l’intemporalité du coran, mais nous permet de faire une lecture actuelle tout en gardant l’esprit avant-gardiste et réformateur de ces origines. Le Coran n’a pas seulement vocation d’être un texte en avance sur son époque, mais également en avance sur toutes les époques, dont la notre.

Evoquer Tarek Ramadan pour admirer son progressisme et son savoir incommensurable est une chose que je veux bien admettre, chacun à le droit de choisir ses idoles, mais tous ceux qui ont déjà assisté à une conférence de Tarek Ramadan vous dirons l’écart flagrant entre son discours pour le « publique universel » et celui d’un publique ciblé et conquis. Exemple parfait de « dissimulation » ? Je ne serais le dire. Mais ce qui est certain c’est qu’à la question : faut-il, oui ou non, condamner la lapidation : Ramadan dit « je dois être pédagogue dans un monde musulman ou mon opinion est minoritaire [iv]» sans pour autant condamner cette pratique barbare. Devant une question, ou la réponse pour un progressiste, devait être évidente, et alors qu’il est écouté par des milliers et milliers de musulmanes et de musulmans en France et dans le monde, Tarek Ramadan semblait mal à l’aise et a préféré ménager la cessibilité des males musulmans. Je ne sais pas ce qui est le plus inquiétant dans la réponse de Ramadan, est-ce le fait qu’il faille être pédagogue, pour expliquer que tuer une femme à coup de pierres, plus d’être une pratique odieuse pour tout musulman, est injuste puisque seule la femme est généralement punie, ou le fait qu’un tel progressisme, aussi mou soit t-il, ne représente qu’une minorité dans le monde musulman. Les deux suppositions me font personnellement froid au dos. Le cheikh Rashar Hasseen Khalil, égyptien et ex-recteur de la faculté de El Azhar, n’a pas eu la même gêne que Ramadan pour fulminer une Fatwa invalidant le mariage pour les couples qui procréent dans la nudité ; Ou comment procréer sans copuler ! Question fondamentale qui montre le chemin qui reste à parcourir avant que certains hommes arrêtent de se prendre pour Dieu. Alors quoi de plus naturel que de pousser aussi bien Tarek Ramadan que tous ceux qui parlent au non de l’islam, dans leurs retranchements. Il y des questions dont il vaut mieux connaître très vite les réponses !

Il y a des chemins, par la convoitise de ceux qui veulent les gravir, sont semés d’embûches ; Le chemin vers la liberté est de ceux la. Ceux qui espèrent le gravir, doivent porter leurs idées au bout de leurs bras, bien visibles au commun des mortels. Ceux qui prétendent au suffrage universel, doivent avoir leurs intentions bien en vues et non dans l’arrière de leurs pensées. Les mouvances islamistes au même titre que le reste des partis et organes de l’opposition tunisienne, doivent être acculés à s’engager devant le peuple tunisien sur des questions cruciales concernant les libertés de tous : La liberté religieuse, la liberté intellectuelle et la liberté d’entreprendre. Ils doivent être acculés à s’engager devant le peuple tunisien pour une démocratie « véritable », loin du mythe de « l’homme providence » et du culte de la personnalité. Pour l’instant rien, ni dans leurs idées ni dans leurs comportements, ne nous laisse croire que les leaders de l’opposition tunisienne ont choisi d’emprunter le bon chemin. Ils se veulent démocrates mais ne pratiquent que la langue de bois et le double discours, il faut dire qu’ils étaient à bonne école : celle de la dictature. Ils crient à l’abus de pouvoir alors qu’ils sont autant de dictateurs en herbes, qui, au sein de leurs partis, monopolisent le pouvoir depuis des lustres, mènent leurs barques loin de l’avis de leurs bases et imposent leur dictature à des jeunes embrigadés innocents, ou volontaires. Gardons nous de croire trop vite aux professions de foi de nos « démocrates ». Méfions nous des discours creux et faussement nouveaux qui inondent, de nos jours, la scène politique tunisienne. Pour citer le fameux duo, Mounji El Ouni et Noureddine Ben Ayed, méfions nous des « msamer lim sâddaa » là ou ils se trouvent. Les chants des nouvelles sirènes démocratiques tunisiennes n’arriveront pas à séduire ne serait ce que le plus naïf des tunisiens.



[i] « La charia ou l'islam, il faut choisir », Mohamed Talbi, propos recueillit par Dominique Mataillet, JA/L’Intelligent N° 2346-2347 du 25 décembre 2005 au 7 janvier 2006, pages 100-107.
[ii] « Ce dont nous avons besoin, c’est une sécularisation », Mourad Dridi, Tunisnews 05 janvier 2006
[iii] « De la dictature démocratique à la démocratie des tyrans », Mourad Dridi, Réveil Tunisien 26 février 2004
[iv] 100 Minutes, France 2, 20 novembre 2003

mercredi 1 juin 2005

La rupture au préalable à toute reconstruction.



Bien informés, les hommes sont des citoyens ;
Mal informés ils deviennent des sujets.
Alfred Sauvy
1

Il est patent de constater que la routine et le manque de curiosité et d’innovation entraîne un manque de souplesse, d’ouverture, de recherche d’inédit et d’enjeux collectifs. Il est également constaté que l’absence d’échanges réciproques dans un système viable d’alliance peut non seulement empêcher l’affinement mais également menacer la conservation. Ceux qui n’existent qu’à travers les gesticulations stériles se croyant à l’abri dans le statu quo, ne font que contrarier leur évolution et se condamner, par conséquent, à la perdition et la désintégration. Tel un capital qui se déprécie sans valorisation, leur légitimité est contesté à défaut d’actions constructives.

Mais des fois face à des vrais défis certains s’accrochent à des faux rêves. Face à l’adversité, ils préfèrent le confort de l’habitude. Ils pensent qu’un pseudo privilège acquis prévaut un droit légitime à obtenir se confortant dans l’idée que se qu’on leur donne est plus accessible, donc préférable à ce qu’ils peuvent obtenir par l’effort.
Qu’ils se détrompent ! Les autorisations qu’ils obtiennent pour exister ; Les permissions qu’ils quémandent pour se réunir, circuler ou voyager ; Les incitations à la participation silencieuses, les écarts infimes de langages accordés ne sont que des leurres, des appâts, que des moyens pour mieux les compromettre et entretenir artificiellement l’espoir d’une éventuelle ouverture tant attendue. A force de vouloir exister l’également dans un système dont ils dénoncent les premiers - avec une certaine retenue d’ailleurs - les dérives totalitaires et liberticides, ils se corromprent jusqu'à la moelle. A force de trop s’exposer avec son geôlier, l’opposition visible et légale c’est brûlée les ailles. De trop pactiser avec le diable elle a fini par vendre son âme.

Il est évident que la fonction première d’un parti politique est de porter les aspirations de ceux qui y adhérent en défendant leurs intérêts et leurs revendications. Mais il est manifeste que cela n’est possible que dans un système politique fiable et au sein d’institutions saines. Il est nécessaire que l’opposition admette finalement que le respect des citoyens qui mettent leurs espoirs dans leurs actions passe par l’aveu de leur incapacité à les représenter et à défendre leurs intérêts. C’est, paradoxalement, par ce peccavi que débutera le chemin tortueux de la réconciliation avec le peuple. Il est donc incontestable que la légitimité à la quelle l’opposition tunisienne asspire ne peut être donnée par un système illégitime. Le droit qu’elle exige ne peut être garantie par un état de non droit. Croire ou faire croire qu’un jour Ben Ali finira par accepter un vrai débat démocratique et un pluralisme politique est une grave erreur stratégique et un manque de considération éloquent envers les Tunisiens. Le changement réel ne pourra se faire que sans lui, plus encore, la légitimité d’exister politiquement ne sera possible qu’après l’abolition totale du système qu’il a instauré. Pour cela, les formations politiques de l’opposition qu’elles soient reconnues, ou se battant pour l’être, doivent impérativement cesser d’exister en tant que telle. Elles doivent préconiser, pour exister, une refonte complète des institutions actuelles.

Un constat s’impose donc à nous. L’action émancipatrice de l’opposition tunisienne ne peut pas être politique dans le sens d’un rapport de force électoral dans un système d’alternance fiable. Cette action ne peut, donc, qu’être citoyenne. Elle ne peut se baser que sur le citoyen en tant que fondement indispensable à n’importe quel édifice institutionnel. Le régime a œuvré pour transformer le peuple tunisien en une masse d’individus déconnectés de leurs semblables sans possibilités d’échanges et de débats. Il a érigé l’avidité, la délation, la calomnie et la peur en model social. C’est à vous opposition, et à nous citoyens en devenir, de reprendre notre éducation démocratique en main et briser les carcans du système corrupteur qui liquéfie toute initiative citoyenne. C’est à nous peuple de Tunisie de se réapproprier les réflexes de la citoyenneté. Tous ceux qui oeuvrent pour une renaissance tunisienne qu’ils soient dirigeants, membres, sympathisants d’un parti politique ou simples militants anonymes doivent se diffuser dans la société tunisienne pour amorcer le débat entre les individus. Il est plus qu’évident qu’une première étape nécessaire au préalable de toute action, consiste à démocratiser le débat et la circulation de l’information. Il faut que toutes les forces militantes oeuvrent pour que le dialogue quitte les salles de conférences pour retrouver sa place légitime dans la rue tunisienne. Il est plus que nécessaire que l’information sorte des cercles d’initiés de l’élite intellectuelle pour arriver à la connaissance du plus grand nombre. L’injustice que subie son honneur le juge Mokhtar Yahyaoui ou encore l’incarcération ignoble de Maître Abbou ont connu, et connaissent encore ( à juste titre) une grande médiatisation dans les médias étrangers alors que la grande majorité des tunisiens - en dehors des cercles d’initiés - en ignore même l’existence, et pour ceux qui en ont eux écho ils ne détiennent pas d’éléments susceptible de leurs permettre un quelconque jugement. C’est un exemple parmi tant d’autres qui montre la nécessité d’un changement d’orientation de l’action émancipatrice.

En tant que tunisien défendant ma citoyenneté, en tant que militant oeuvrant pour une renaissance tunisienne. Je lance un appel solennelle à tous les dirigeants des partis politiques de l’opposition tunisienne, qu’ils soient légaux ou tolérés de dissoudre officiellement leurs formations ; à tous les élus des systèmes de quotas et à tous ceux qui ont participé à des élections truqués aux résultats biaisés, de rendre leurs mandats. C’est un signal fort qu’il faut lancer a l’infâme régime. En refusant de participer à son système corrupteur, les forces de l’opposition montreront l’exemple et ouvriront la voie au peuple tunisien pour ce détaché du système et vivre en dehors. C’est seulement de cette manière qu’ils tenteront de s’en défaire eux même dans leur vie quotidienne. Le processus se déclinera à l’infini touchant toutes les classes de notre société. C’est seulement dans les rangs du peuple, débarrassés de tous les dogmes et les slogans que le militantisme peut atteindre sont but initial, à savoir une participation accrue, des tunisiens, au débat et une meilleur conscience citoyenne. Cette fusion volontaire avec la société civile se doit d’être un préambule et un point de départ d’une compagne nationale d’information en préparation du Sommet Mondial de la Société de l’Information. C’est une offensive informative de grande envergure qu’il faudra lancer pour donner des éléments d’informations au peuple afin qu’il puisse mûrire une réflexion constructive sur sa condition et les moyens de la transcender. Il faudra transformer la frustration stérile en une énergie positive qui servira de locomotive à un mouvement populaire, citoyen et apolitique. C’est un discours constructif, pédagogique, dénouer de toute démagogie populiste qu’il faudra adresser au Tunisiens. Cette événement est l’occasion rêvée pour, enfin, offrire à nos compatriotes une tribune pour exprimer leurs mécontentements et montrer leurs maturités civique et citoyenne. C’est leurs voix qui doivent arrivées au oreilles du monde libre. C’est leurs mots qui doivent résonnés dans le ciel bleu de notre Tunisie, chère à nous tous.

1 Alfred Sauvy, sociologue, 1898-1990

dimanche 1 mai 2005

L'enfer est pavé de bonnes intentions


Nous combattons tous pour une Tunisie libre démocratique et prospère. Chaque contribution, chaque question, chaque réponse à une valeur égale à toutes les autres. Les efforts de chacun sont le bienvenu et cela qu’il soit connu ou anonyme, qu’il signe par son propre nom ou sous pseudonyme. J’ai, moi-même, adhéré à ce site pour participer à mon humble niveau à l’accomplissement de notre cause. Bien que notre cible et ennemie reste le criminel Ben Ali et son régime maffieux. Bien que chaque voix, chaque personne compte pour relever ce défi. Il ne faut pas succomber à la facilité de croire que prendre le pouvoir et une fin en soit. Il faut en faire quelque chose. Pour cela, il nous faut en premier et avant tout, procéder à l’examen minutieux des solutions de rechange et des alternatives qui s’offrent à nous, aspirants citoyens vivant en Tunisie ou ailleurs. L’opposition légale ou underground nous promets ce qu’on veut entendre à savoir plus de démocratie, plus de liberté plus d’égalité. Comment vont t’ils faire ? Quel programme vont t’ils appliquer ? Plus important encore : Quel est leur position devant la mutinerie au palais de Carthage et la prise du pouvoir par Mme Laila Ben Ali ? Quelle réponse aurons t’ils à la, probable, candidature de celle-ci aux élections présidentielles de 2009 soutenue par le RCD et les féministes étatiques ? Et si Ben Ali n’est qu’un défouloir pour des « Don Quichotte » idéalistes ? Et si on est déjà dans l’après Ben Ali ?

Il ne vous est, certainement, pas étranger qu’un certain nombre des contributions sur les sites militants pour la cause tunisienne, émanent de représentants (officiels ou officieux) de formations politiques de tous bords. Ceci est, non seulement, légitime mais, carrément, indispensable. Dans ce cas précis, ces personnes parlent au nom d’une solution possible. Ils représentent, par conséquent, une des alternatives qu’on attend de nos vœux. Il est donc légitime de discuter leurs propositions, de les remettre en cause, montrer leurs carences ou prouver leurs inapplicabilités. Mais au lieu de défendre leurs idées auxquelles ils croient tant, ils tombent dans des considérations secondaire. Ils voient dans la critique de leurs idéologies une attaque contre leurs personnes. Alors ils répondent tantôt par la menace tantôt par la dérision ou le dédain. Ou bien on n’a rien compris, ou bien on est des pantins dans les mains de j’en sais quels corpuscules manipulateurs. Allons ! Ce n’est pas digne d’un débat citoyen. Ce discours et celui de la dictature pas d’une opposition qui se veux crédible. Parce qu’il faut peu être rappeler que sur ce site ( je l’espère en tous les cas) ils ne sont pas dans un meeting politique devant un publique conquis mais belle et bien en face d’individus déterminés à ne choisir que la bonne voie, à n’approuver que les solutions qui marchent. Alors s’ils vous plais messieurs ! Un peu moins d’ego et beaucoup plus d’humilité. Assumez vos erreurs stratégiques et votre complaisance cachée ou déclarée envers le régime. Repentissez vous de votre inaction et admettez les limites de vos propositions. Ce n’est qu’après une telle rétrospection que votre contribution au débat sera constructive parce que dénouer de pédagogie politicienne.

Alors acceptons le débat démocratique et citoyen et adoptons ces règles. Continuons à combattre avec tous les moyens dont on dispose, la dictature ignoble du couple Ben Ali. Mais ne laissons personnes récupérer cette effervescence régénératrice et la déployer pour légitimer son action ou démonter son influence sur l’échiquier politique tout en accueillant avec joie toute initiative ou proposition susceptible de nous guider dans le chemin fastidieux, le chemin de l’émancipation de toutes les dictatures.

A bon entendeur,

jeudi 14 avril 2005

Pour en finir définitivement avec les querelles partisanes


Quelle alternative politique, économique et sociale sans remise en cause des dogmes du passé ?

Pour en finir définitivement avec les querelles partisanes. Pour se convaincre une fois pour toutes de s’extirper des dogmes moisis et poussiéreux qui nous emprisonnent. Je voudrais procéder, à travers cette contribution, à une petite rétrospective des expériences aux pouvoir des partis appliquant les idéologies que certaines formations politiques tunisiennes nous présentent comme une alternative sérieuse à la dictature de Ben Ali. Cette référence à l’histoire ne se limite pas à l’histoire de la Tunisie en particulier. Notre histoire fait partie d’un tout qu’il ne faut jamais perdre de vue.
Alors commençons par les communistes et leurs armada de crépuscules trotskistes, marxistes et autres maoïstes. Après les atrocités pendant l’ère soviétique, toutes les atteintes aux droits du peuple, l’asservissement physique et intellectuel engendré par le propagande diabolique et la terreur, les déportations, les camps de concentration et les goulags staliniens pour aboutir à l’échec total et retentissant dont on paye, jusqu’à nos jours, les conséquences. Les quelques survivants ne me semblent pas être des très bons exemples en respect de la démocratie et des droits de l’homme. L’existence d’un parti communiste ou toute autre avatar de la révolution bolchevique, me semble anachronique et décalé.
Quant aux partis nationalistes arabes, les exemples ne manquent pas. Le meilleur spécimen du partie nationaliste arabe c’est le partie baâth qui a exercé en Irak et qui exerce encore en Syrie avec une efficacité totalitaire redoutable. La Syrie est en état d’urgence depuis 30 ans, c’est a dire le contrôle total du pays par l’armée et la restriction des droits civiques pour raison d’état. Le parti nationaliste arabe baâth soutient une dictature militaire, une des plus oppressantes de la planète. Son action néfaste s’étend même en Jordanie et surtout au Liban qui risque de sombrer encore une fois dans la guerre civile. Sans oublier la schizophrénie des autorités égyptiennes qui oscillent entre le nationalisme arabe armé et l’adhésion aux aspirations américaines pendant la première guerre du golfe en empochant par l’occasion une réduction d’un tiers de sa dette.
En ce qui concerne le socialisme, je n’ai pas à citer d’autres pays, notre expérience douloureuse suffirait. Les années Ben Saleh sont là pour nous rappeler les conséquences d’un aveuglement idéologique qui avait entraîné le pays au bord du gouffre et a permis à notre cher dictateur de nous faire goûter au joies amères de sa fausse démocratie.
Concernant les partis « islamistes » le tableau n’est guère meilleur (que dieu les pardonne). La mentalité moyenageuse de la pétro-monarchie wahhabite et son influence sur toute la région du golfe persique et au-delà. Les chiffres en Arabie saoudite sont effarants. En plus du déficit de liberté, on remarque une insuffisante promotion du savoir (un enfant sur deux n’atteint pas le niveau secondaire [*]). Un chômage chronique qui touche selon les estimations plus de 30% de la population et cela malgré la manne des pétrodollars. Un immobilisme qui n’est pas digne de l’épicentre de l’islam. L’expérience éphémère des talibans en Afghanistan est si grotesque qu’elle ne représente pas un cas pertinent à citer. Quant aux espérances que certains ont porté à la révolution islamique, elles se sont très vite estompées. Fascinés par l’expérience chinoise, certains dirigeants iraniens ont espéré mener à bien des réformes économiques indépendamment des rivalités politiques ou religieuses. Ces réformes sont pourtant « totalement enlisées aujourd’hui, malgré l’abondance de ressources et la nécessité urgente de créer des emplois [**] ». Deux raisons principales à cette paralysie : la résistance du secteur traditionnel, porté au pouvoir à la révolution, ayant de l’économie une vision purement commerciale et non industrielle. Mais aussi, comme en politique, la multiplication de centres de pouvoirs dont les idéologies et les intérêts divergent. Encore une fois la déception des jeunes iraniens était grande malgré leur implication politique et religieuse.
Pour le régime actuel, le mélange du despotisme, népotisme, libéralisme, clientélisme, populisme et socialisme, a plongé le pays dans une crise politique, économique et identitaire sans précédent. Sans oublier les humiliations quotidiennes que subit le peuple tunisien. Cette mortification n’est pas seulement physique mais aussi intellectuelle. Il y a bien sûr tant d’autres choses à dire sur la dictature du général président, mais je pense que vous en savez autant que moi et sûrement plus pour ceux qui le vivent dans leur chaire.
Enfin, et pour en finir avec ce constat je pense qu’on peut facilement comprendre ma réticence à adhérer à des idées qui ont montré leur limites. Ma démarche n’est donc pas provocatrice, mais au contraire constructive. Je joins donc ma voix à l’appel de Mourad Dridi pour un « front libéral tunisien, populaire, réformiste et patriote [***] ». J’appelle toute les forces vives du pays a se mobiliser pour un débat réaliste dénouer d’idéologie et d’aspirations partisanes.

[*] Atlas géopolitique et culturel, Le Robert 2003, 167p
[**] Les acteurs de l’économie iranienne, Serge Michel, Iranrepoter.com
[***] De la nécessité d’un mouvement libéral tunisien, par Mourad Dridi, Réveil tunisien 2005

samedi 9 avril 2005

Le peuple tunisien a t-il les moyens de faire sa révolution ?


C’est les peuples qui font la démocratie, pas les partis politiques.
Je pense personnellement qu’aucun parti, rassemblement, groupe ou même crépuscule, n’est en mesure de représenter une alternative sérieuse au pouvoir corrompu en place.
Pour cette raison, que l’on soit membre d’une mouvance « islamiste » aux mains d’obscures organisations étrangères ou sympathisants des vestiges de l’aire soviétique, que l’on soit porte parole de ceux qui croient encore que notre salut nous viendra de nos frères arabes ou tous les autres qui n’appartiennent qu’à eux-mêmes, nous devons réfléchir à quoi faire après le départ de notre ennemi commun.

Ma conviction intime m’amène à dire que c’est les peuples qui font la démocratie et non les partis politiques et notre peuple est pour l’instant dans une phase critique de délabrement intellectuel incapable de la moindre initiative, ne ratant pour rien au monde la finale de « la star académie » version libanaise en se disant que les filles seraient plus belles sur un écran plasma. C’est de ça qu’il s’agit. C’est là que réside notre défi. Offrons à ces pauvres forcés de l’esprit un débat digne et une réflexion féconde pour les aider à casser le carcan qui les enveloppe. Verront-ils peut-être leur vie misérable d’apparence si paisible ?

Quant je visite la Tunisie ce qui me révolte le plus c’est le manque de civisme du tunisien en général. Une sorte de sentiment que dans ce pays c’est chacun pour soi où même dieu n’est pas pour tous. La corruption, le clientélisme et le favoritisme sont ancrés dans l’esprit de ce peuple tel la marque du fer sur le bétail.
Chacun prend ce qu’il pense lui revenir de droit et cela selon des critères qui échappent au commun des mortels. Du simple "préposé" au grand commis de l’état, du boucher de quartier au chirurgien des cliniques luxueuses de Notre Dame ; le système est rodé et les mécanismes bien huilés.

Convaincre les tunisiens de céder leurs pseudos privilèges, tel est le vrai combat. Car dans ce pays le seul privilège qui prime c’est celui de l’impunité.

el ansari