EDITORIAL
mardi 5 décembre 2006
La Chambre introuvable
EDITORIAL
jeudi 9 novembre 2006
ABSOLUT
Ses deux affiches sont extraites du dernier numéro du Libre Tunisien. Je les publie sur mon blog espérant que ceux qui n’ont pas réussi à les voir sur le site internet du mensuel puissent les voir et donné leurs avis dessus en toute connaissance de cause.
Mais dors et déjà ces affiches ont fait l’objet ainsi que la compagne « trop de temps sous le même régime » de vives critiques et de chaleureux encouragements de la part de ceux qui nous fond l’honneur de lire le mensuel. Certains trouvent qu’elles manquent d’esthétisme et d’autres qu’elles sont contre productives et nuisent à la crédibilité du contenu et des rédacteurs du mensuel. Alors que d’autres y trouvent de l’humour et même de la pertinence.
Dans tous les cas j’attends vos réactions.
mercredi 8 novembre 2006
Et une de plus !
EDITORIAL
Et une de plus !
D’un côté, un régime vieillissant, au pouvoir depuis maintenant 19 ans, déchiré par des luttes intestines qui, paradoxalement, loin de minimiser sa nuisance en amplifie les effets. Un pouvoir politique qui c’est transformé au fil des ans en un syndicat du crime organisé avec ses clans, ses familles et ses règlements de comptes. Des officines secrètes au sein du palais présidentiel aux intentions obscures et aux intérêts contraires à ceux du pays, milices privées au sein des forces de l’ordre à la solde de chacun des clans rivaux et une main mise sur tout ce qui peut ou pourrait rapporter de l’argent. Une telle déliquescence aux plus haut sommet de l’état qu’il en devienne presque impossible d’identifier clairement le rôle et le réel pouvoir de chacun des protagonistes et à leur tête le président lui-même.
Le président qui, pour sortir de se bourbier, prépare un deal à la russe en préparant son poulain, l’actuel ministre de la défense, en lui offrant un tremplin constitutionnel sur-mesure. La partie se complique quand on sait que ce diplomate de carrière a été et pour plus de 20 ans loin de la politique intérieure et qu’il lui reste beaucoup à apprendre sur les nouveaux rapports de forces aux plus hauts sommets de l’état. Quant à la gestion des affaires courantes, celles qui n’apportent aucun bénéfice pécuniaire au tenants du pouvoir, elle est devenue l’affaire d’une horde de conseillers et technocrates aussi dépourvus de réels pouvoirs que de convictions politiques. Le plus souvent, produit du parti unique, véritable vivier de bons exécutants d’une politique absurde aux conséquences désastreuses.
Face à ce régime, une opposition politique complè-tement absorbée par sa lutte pour l’existence, elle peine à renouveler ses idées et à proposer un véritable projet alternatif, capable de répondre aux véritables besoins des tunisiens et surtout capable de susciter chez eux le désir de l’entreprendre. Un manque d’inspiration qui dure depuis des décennies et qui semble s’aggraver avec le temps. Bien qu’en apparence l’opposition tunisienne semble plus visible pour les observateurs étrangers, elle reste en Tunisie inaccessible à une large majorité des tunisiens. Ce manque de visibilité et donc de popularité, n’est pas seulement imputable aux manquements des barons de l’opposition, le régime avec sa répression aussi redoutable qu’efficace, y est pour beaucoup, mais cela ne change rien aux faits. Le manque d’adhésion aux appels de l’« opposition démocratique » la prive d’un facteur déterminant dans son rapport de force avec le pouvoir en place. Le retour en Tunisie de Moncef Marzouki, bien qu’il soit à saluer, ne pourra malheureusement pas changer grand chose à la donne. Apres seulement quelques jours, il s’est résigné à ne plus quitter son domicile, ne supportant plus les attaques, indignes mais prévisibles, des sbires du régime.
Que dire alors des tunisiens ordinaires qui eux ne disposent d’aucune couverture médiatique ou de réseaux de soutiens. Ceux-là malgré leur passivité apparente luttent dans le quotidien pour survivre dans un contexte politique et économique de plus en plus incertain. Pour les maintenir loin de la politique, le régime n’exerce pratiquement plus de pression sur eux laissant au « miracle économique tunisien » le soin de le faire. D’ailleurs le nouveau massacre constitutionnel qui se prépare n’échappera malheureusement pas à l’indifférence de la majorité d’entre eux comme c’est le cas pour la polémique contre le port du voile. Alors le défit pour toute tentative visant à capter l’attention des tunisiens et obtenir leurs soutiens, semble résider dans la capacité de leur présenter un projet alternatif capable de les rassurer sur leurs avenirs. Parce que si les tunisiens sont conscients d’une chose c’est de l’incertitude de ce que leur demain sera fait. Peur de l’avenir qui les pousse à s’accrocher à ce qui existe par crainte de ce qui n’existe pas.
Pour lire la suite : Le Libre Tunisien
vendredi 3 novembre 2006
We will never forget
«Abou Gharib» d’Irak et «Abou Gharaib * »
de la Tunisie
Nombreux sont ceux qui ont été choqués d’entendre ce qui s’est passé à nos frères irakiens à la prison d’Abou Gharib par les forces d’occupation (torture, atteinte à la dignité, agressions sexuelles) et ont exprimé leur profonde émotion pour ce qu’ils ont vu.
Cependant, celui qui suit l’actualité sera étonné et s’interrogera sur cette réaction courroucée surtout si l’on sache que ce qui a été rapporté sur les violations à la prison d’Abou Gharib ne dépasse pas dans son horreur ce qui se passe dans les prisons tunisiennes et les locaux des diverses unités de sécurité et postes de sûreté et au siège du ministère de l’intérieur sans que tout cela ne suscite un intérêt semblable.
Cela a-t-il un rapport avec « la lampe de Bab Menara qui « ne s’allume que pour les étrangers» 1 ou s’agit-il alors de troubles de la vue qui engendrent une presbytie accompagnée d’une myopie qui fait que nous ne pouvons voir nos frères qu’à une distance minimale de 2400 km ?
Une réponse objective ne peut négliger l’effet de l’information. En fait, le scandale d’Abou Gharib a été relayé par tous les médias étrangers et locaux au point que la chaîne Tunis 7 a diffusé les photos de la torture et que les journaux de la désinformation ont fait de même.
C’est ainsi qu’un large public a pris connaissance de ces informations contrairement aux échos des violations en Tunisie qui n’ont été diffusés que sur Internet, non accessible à tous, ou grâce à la chaîne «Almustakilla» qui a connue une forte audience durant une certaine période avant que son propriétaire ne découvre les mérites et privilèges de la «modération».
Cela explique encore pourquoi le large public en Tunisie ne soit pas au courant des horreurs commises dans le pays par des compatriotes.
Un autre facteur, cette fois d’ordre culturel, explique le phénomène, à savoir la haine de l’étranger et le refus de l’occupant tout en acceptant la dictature locale pratiquée par un tyran de confession musulmane. Cela trouve appui dans l’idée alimentée par quelques juristes musulmans et qui stipule que vivre 70 ans sous la dictature est mieux que la «Fitna » (discordance).
Aussi est-il que le tunisien qui critique les américains n’a rien à craindre contrairement à la critique adressée à un compatriote pour laquelle il pourra payer une lourde tribu, ce dont beaucoup ne désirent pas le faire.
Cette problématique du sacrifice est d’une importance majeure pour notre sujet. Si on prend, à titre d’exemple, les avocats qui plaident dans les affaires politiques, on constatera que leur nombre est faible en Tunisie. Pour les autres pays arabes, j’ignore leur proportion, à part le fait que près de 2000 avocats se sont portés à la défense du doyen des dictateurs arabes, Saddam Hussein, avant qu’ils ne renoncent à voyager en Irak lorsqu’ils ont réalisé que leur vie sera en danger. A mon avis, cette attitude contredit leur foi dans l’affaire qu’ils défendent, que cette défense ait pour but seulement de garantir un procès équitable à un homme ou la défense d’un leader exceptionnel dont les femmes n’accoucheraient plus jamais d’un semblable.
Tout modestement, et j’espère avoir tort, il y’a parmi nous des gens qui ne veulent pas perdre la qualité de militant devant le public sans qu’ils soient pour autant prêts à assumer les lourdes conséquences que peut engendrer leur lutte. La défense de la cause palestinienne ou irakienne leur offre une échappatoire qui leur permet de mener une lutte confortable et cela sans qu’ils soient capables de fournir un soutien effectif à nos frères en Palestine ou en Irak. Tout ce qu’ils font c’est de consolider le pouvoir du dictateur local en détournant les gens de le confronter et en dirigeant leur regard vers d’autres.
Les irakiens sont capables, à eux seuls, de mettre fin à l’occupation. Parmi eux, il y’a ceux qui mènent avec brio et efficacité une opposition politique. D’autres ont choisi la résistance armée pour renvoyer l’occupant et ont témoigné d’un courage et de hautes capacités guerrières pouvant se passer de tous nos efforts pour les soutenir.
Quant aux tunisiens, louange à Dieu qu’ils ont eu le mérite que quelques jeunes des leurs aient participés à la lutte de leurs frères en Palestine et en Irak. La honte en Tunisie ne nous vient pas des sionistes ou des américains mais des mesures et des jugements trop sévères prononcés, au nom du peuple tunisien, contre ceux qui rêvaient de participer à la lutte palestinienne comme les jeunes internautes de Zarzis et les jeunes de l’Ariana sans qu’il soit prouvé qu’ils aient commis des actes criminels en Tunisie.
La honte nous touche également du fait que les violations commises par les américains à la prison d’Abou Gharib (torture, chocs électriques, agressions sexuelles et déshabillement des détenus) n’a pas égalé l’horreur de ce que des tunisiens ont fait avec leurs compatriotes, notamment par l’arrachement des ongles, l’introduction de bâtons dans l’anus, la brûlure aux cigarettes, l’introduction des fils dans les parties génitales, la sodomisation des jeunes filles et garçons et le fait de forcer les victimes à manger de leurs excréments.
A cela, il faut ajouter l’élargissement du cercle de la répression aux familles et d’autres techniques qui font honte à tous ceux qui se sont tus face à ces pratiques, à commencer par les chefs des tortionnaires en passant par le peuple tunisien et en arrivant au président de l’Etat chargé, par la Constitution, de veiller au respect de la Constitution et de la loi. Ce dernier, soit ignore ce que commet les fonctionnaires de l’Etat, et dans ce cas n’est pas apte à cette fonction, soit sait ce qui se passe ou l’ordonne et dans ce cas il ne mérite pas de gouverner les tunisiens, ni les Hutus et les Tutsis.
Et à ceux qui justifiaient la répression au début des années 90 par l’impératif de confronter à un mouvement puissant qui menaçait l’ordre public, la stabilité et la marche ordinaire des institutions ; en admettant leur hypothèse l’on est en droit de s’interroger comment peuvent-ils expliquer la poursuite des atteintes dont étaient victimes les islamistes, les islamistes présumés, les gens de la gauche et même les prévenus du droit commun ? Comment peut-on expliquer les agressions contre le prisonnier Nabil El Ouaer dans sa cellule à la prison de Borj Erroumi et sa sodomisation par quatre autres prisonniers
sur ordre de l’administration pénitentiaire ? Comment expliquer les obstacles érigés devant la justice l’empêche de jouer son rôle et instruire les plaintes des victimes contre les agents de l’Etat et les détenteurs du pouvoir.
Qu’on le dise franchement que l’occupation de l’Irak a eu des retombées négatives sur les tunisiens qui paraissent être démoralisés ce qui se manifeste dans leur désintérêt à l’actualité surtout nationale alors qu’on s’attendait que les efforts se conjuguent pour chercher une issue à la crise du pays.
Quant à nos rêves panarabes, il est clair que les dirigeants n’en ont rien fait avec leurs slogans et leurs armées et il ne reste de solution que la lutte de tous les arabes dans leurs pays pour se débarrasser de la dictature et l’instauration de régimes démocratiques qui expriment la volonté populaire et c’est à ce moment que l’union arabe sera concrétisée et qu’on trouvera la solution pour la cause palestinienne et toutes les autres causes.
J’adresse un message à nos jeunes qui veulent combattre au sein de la résistance irakienne et qui ont été arrêtés et déférés devant la justice pour avoir simplement pensé aller en Irak sur la base de la loi sur le terrorisme, je les supplie personnellement de choisir la Tunisie comme terre pour mener le combat. Et si celui-ci est armé en Irak, ils n’auront besoin en Tunisie que du courage de dire non face au dictateur qui comme ses pairs dans d’autres pays arabes, est la cause de notre sous-développement.
Cela exige aussi de se débarrasser soi-même des comportements inadéquats qui portent préjudice à notre patrie comme les pots-de-vin, les combines, l’égoïsme et l’hypocrisie. Il exige aussi d’avoir un minimum de culture et de connaissances car le courage à lui seul ne suffit pas. On a l’exemple des afghans qui, après avoir libéré leur pays, se sont tournés les uns contre les autres en raison de l’absence d’un projet politique clair et l’incompréhension des exigences de la vie contemporaine et de la culture démocratique.
Je rappelle aussi à ces jeunes que leur départ pour soutenir la résistance irakienne n’est utile ni aux irakiens ni aux tunisiens. Le seul qui en profitera sera le régime au pouvoir qui se présentera comme un allié engagé dans le projet américain de lutte contre le terrorisme alors que c’est lui qui pratique le terrorisme, l’institutionnalise et l’alimente par la répression, l’oppression, le trucage des accusations contre les innocents et le blocage de toute voie d’alternance pacifique dans le pays.
J’appelle également ceux qui boycottent les produits américains de commencer par le boycott des produits et entreprises détenues par les familles soutenues par le pouvoir politique et qui ont ramassé des fortunes énormes dans peu de temps. L’établissement d’une liste des ces produits et entreprises est un devoir national dans lequel doit s’engager tous les citoyens en l’absence d’une autre solution pour maîtriser leur avidité.
Lorsqu’on arrive à arranger notre ménage intérieur et qu’on puisse créer un vrai changement dans notre pays, on pourra à ce moment viser plus haut.
* « Abou Gharaib » C’est un jeu de mot qui veut dire, mystères de la Tunisie
1 - Proverbe tunisien
Maître Mohamed Abbou, Tunis le 25 Aout 2004
Source : Verité-Action
mardi 3 octobre 2006
La tête ou le petit orteil ?
Editorial du Libre Tunisien Numéro 4 - 02 Octobre 2006
Il est vrai et pour être honnête, dans notre pays, les théories révolutionnaires sont servies à toutes les assiettes et cuisinées à toutes les sauces idéologiques. Chacun mijote son petit plat sur le feu doux de la phraséologie qui, comme chacun la sait, ne mange pas de pain. Mais de toutes les recettes la mixtion servie par les gamelles gauchistes demeure certainement la plus dépourvue de goût.
La grande famille de notre gauche nationale croit dur comme fer que la solution miracle à tous les maux de la société tunisienne, qu’ils soient politiques, économiques ou sociétaux, consiste à s’attaquer directement à la tête du régime. Un soulèvement populaire généralisé, « une révolution », pour utiliser un terme à la mode, qui ébranlerait le pays et décapiterait d’un seul coup le pouvoir en place. Toujours selon les mêmes, sans tête, le régime est sensé s’effondrer comme un château de carte. Le pays se débarrasserait alors, comme par magie, de ce qui fait notre malheur depuis des décennies. Nos institutions joueraient pleinement leurs rôles et un vent de pluralisme et de démocratie soufflerait sur notre belle Tunisie !
Bien évidement, à première vue cette croyance peut paraître séduisante, surtout pour les partisans du moindre effort et tous ceux qui espèrent, le moment venu, être portés par la vague. Cette idée l’aurait été encore plus si les élans révolutionnaires de notre « élite » bien pensante seraient le fruit d’une profonde réflexion nourrie par les spécificités tunisiennes et non mue par les résidus poussiéreux des idéologies par lesquelles ils justifient leurs existences. On aurait certainement adhéré à cette « vision » si on ne connaissait pas, depuis le temps qu’on le subit, la nature profonde du système en place qui, justement, pour se préserver donne l’illusion de tirer sa force de sa tête alors que ce qui fait sa pérennité se sont ses rouages. Enfin, et c’est de loin le facteur le plus déterminant, cette idée aurait gagné en crédibilité si elle aurait acquis, depuis le temps qu’ils l’a professent, une once de crédit aux yeux des tunisiens, premiers concernés par « un soulèvement » dont ils sont censée être la composante principale.
Pour ce « combat », pour le moins ambitieux pour de si minuscules formations politiques, aucun mode d’emploi n’est fourni. Pire encore, rien de se qui prépare un tel événement, à savoir des objectifs clairs élaborés aux seins de structures crédibles et en interaction avec les citoyens et leurs réalités…, n’a été jusqu’alors entrepris. Ils crient à tous ceux qui veulent l’entendre qu’il faut couper la tête mais ils ne savent toujours pas comment ! Quant au pourquoi…évitant les sujets sensibles ! Alors devant l’impuissance de ces « guides révolutionnaires » et de leurs camarades à faire émerger une prise de conscience généralisée de cette nécessité et compte tenu de l’échec cuisant des actions jusqu’alors entreprises à ce titre, il leur est nécessaire de revoir leurs pompeuses prétentions à la baisse.
Alors pour exorciser, ne serait-ce qu’un moment, cette obsession de la décapitation, et à défaut de pouvoir atteindre la tête, ils pourraient bien commencer par se poser la question de savoir à quoi pourrait bien servir le petit orteil ? La question est essentielle en elle-même ! A rien, me direz-vous et vous auriez sans doute raison dans le cas où celui-ci se porte bien et ne soufre d’aucune anomalie. Supposant maintenant que sur ce petit orteil si méprisé, une grosse ampoule c’est formée. Une de celles qu’on développe après une semaine de marche avec des chaussures de fabrication tunisienne, surtout celles qui portent des noms à consonances italiennes. Les atroces souffrances que vous inflige le mal qui affecte cet orteil vous obligent à marcher en vous appuyant sur la partie gauche du pied. Du coup vous attrapez mal sous le gros orteil et sous son coussinet, qui supportent tout le poids du corps au moment de l'appui pour lancer le pas.
Conséquences, terribles mais inévitables, de ce qui précède, vous vous collez une tendinite à la voûte plantaire et une autre au tendon d'Achille en essayant de soulager l'avant du pied. Cela fait si vite si mal que votre cheville en est toute endolorie, tout comme l'extérieur du mollet qui ne tardera pas à souffrir de crampes. Ce qui vous incite à mois appuyer sur la jambe endolorie et vous oblige à marcher en vous déhanchant ! Evidemment vous le ressentez au niveau des genoux et des reins. Aussi tôt se sont les côtes et en suite la nuque qui en souffrent. C’est forcément le moral qui en prend un coup et vous cessez, alors, d’avancer !
Vous l’aurez sans doute compris, loin de vouloir dissuader les amateurs de randonnée pédestre ni ceux des chaussures de fabrication tunisienne aux noms à consonances italiennes, il serait utile et même salutaire pour cette opposition d’admettre que faire la révolution c’est avant tout révolutionner leurs approches du problème. Sur ce sujet malheureusement ils leurs restent beaucoup à apprendre. D’autres, par contre, l’ont déjà compris et se retrouvent par conséquence aux premiers rangs pour récolter, le moment venu, les fruits de leur longanimité…
Pour des raisons d’organisation au sein de la rédaction du Libre Tunisien, la publication de votre mensuel se fera désormais chaque premier Lundi du mois.
Merci pour votre compréhension.
SOMMAIRE :
EDITORIAL………………………………………………page 3
SOCIETE
- Chronique d’une violence ordinaire
Leila Fourati & Chiheb Lakhoua………………….……....page 4
- Censure ! Vous avez dit censure ?
- Crédit express, conséquences allongées
Selma Alouani…..............................................................page 9
TRIBUNE…………….……………………………… page 10
AFFAIRES INTERNATIONALES
- La main du Mossad derrière un réseau d’espionnage au Liban
Walid Snoussi...……....….……………………………………page 11
REFLEXIONS ET OPINIONS
- Hypocratie : Le mal tunisien
Malek Khadhraoui........................................................page 13
- Corps A, corps B… l’œcuménisme menacé par une autonomie fantasque
Wafa Khlif…...…..……….……………………………………page 17
- L’option du logiciel libre pour le développement en Tunisie
Sadri Sarray...................................................................page 18
HISTOIRE ET CIVILISATIONS
- Le lourd héritage de « la traite orientale »
Selma Alouani….......……...................................................page 20
CULTURE
- Jean Michel Basquiat : Le peintre maudit
Chiheb Lakhoua…...………………………………………….....page 22
PINCE-SANS-RIRE…………………………………..page 24
Pour lire la suite: Le Libre Tunisien
jeudi 20 juillet 2006
Des vacances qui tombent à pic !
Pour bon nombre de tunisiens, les vacances d’été tombent à pic. En plus de posséder la caractéristique de se reproduire à date fixe, ces vacances présentent en réalité une nécessité réparatrice certaine. Non seulement pour chacun mais pour le pays tout entier. Il est vrai, me diriez-vous, que la Tunisie n’est pas en reste en matière de vacances. De célébrations disproportionnées en horaires « ramadanésques », des sacro-saintes « temps morts », des grandes compétitions sportives internationales en séance unique estivale, les tunisiens ont dors et déjà une conception très élargie de la notion de repos. De cette farnienté institutionnalisée, une grande majorité n’en trouve rien à en redire et trouverait même qu’il y aurait matière à l’améliorer. Dans certains cas, le droit à la paresse n’est pas loin d’être revendiqué !A l’instar des grands rendez-vous de fainéantise collective, les vacances estivales sont la période d’insouciance préférée des tunisiens. Dés le mois de juillets et les premières heures des journées de travail écourtées, les préoccupations des tunisiens s’adaptent aux exigences de l’époque. Ce qui consiste en somme à penser à comment faire pour profiter autant que son voisin, si non plus, des milles et une joie que promettent les moiteurs de l’été. Cette torpeur volontaire profite à plus d’un. D’abord, le législateur qui en profite généralement, et non sans une certaine lâcheté, pour voter des lois absurdes ou décréter des hausses de prix en cascades sans que cela ne soit le moins du monde contesté. Voter les mêmes lois ou procéder aux mêmes hausses en d’autres périodes de l’année ne susciterait point plus de réactions. Mais pour quoi rompre une si belle tradition républicaine ? Pour ceux qui s’opposent au dit législateur, les mois d’été représentent une trêve intellectuelle salvatrice ! Là aussi, ce n’est pas que leurs propositions constructives fusent pendant le reste de l’année, mais pendant cette période, au moins ils ne sont pas obliger de faire semblant.
Apres la frénésie alimentaire du mois du jeûne, arrive donc, la fièvre festive des mois d’été. Deux mois pendant lesquels l’outrance est élevée en art de vivre ; Deux mois d’excès généralisés. Excès de vitesse, excès d’alcool, excès de violence, excès de soleil, excès de crème glacée et j’en passe. Des excès qui touchent à la santé des tunisiens mais aussi, et d’encore de plus prés, à la santé de leurs portefeuilles. Les familles, qui se relèvent à peine des ardoises des grandes cérémonies festives qui ont ponctué l’année écoulée ainsi que les cours particuliers quasi-obligatoires des examens de fin d’années, affrontent avec beaucoup de courage des nouvelles dépenses souvent disproportionnées par rapport à leurs moyens réels. Cette volonté instinctive de dépenser, certains excellent dans l’art de la canalisée et dans celui d’alléger le vacancier de l’argent que souvent, il ne possède pas. C’est ainsi qu’on voit fleurir des terrasses où on vous propose différentes sortes de boissons qui coûtent jusqu’à 50 fois leurs prix de revient et qu’on met une heure à vous les servir ! C’est ainsi également que certains se bousculent pour déguster des pizzas mi-cuites saupoudrées d’ingrédients, qui n’existent réellement que sur la carte. C’est aussi grâce aux mêmes que d’autres payent le prix fort pour louer une maison qui donne sur la route derrière laquelle se trouvent les maisons d’où l’on aperçoit la mer ! Une mer qui devient de plus en plus inaccessible au commun des mortels.
Les vacances d’été c’est également des millions de touristes en sandales et chaussettes blanches qui débarquent sur nos plages et interdisent à leurs insu l’accès aux hôtels au plus part des tunisiens. A part quelques privilégiés et pour la plus grande majorité des tunisiens, obtenir une chambre d’hôtel ou même pouvoir se débarbouiller dans la piscine pendant la haute saison relève du miracle ou tout du moins d’un grand sacrifice financier. Pourtant, les tunisiens n’en veulent pas aux hôteliers qui eux, par leurs pratiques discriminatoires, semblent leur en vouloir et pas seulement aux avocats d’entre eux. Par ailleurs, la moindre baisse de régime dans les réservations des tours opérateurs étrangers et les mêmes hôteliers se transforment en véritables amis du peuple en lui proposant de profiter de la grande tradition hôtelière tunisienne à des prix abordables d’habitude réservés à nos hôtes. Avec 318 US $ dépensés par touriste, les tunisiens n’auront qu’à ne pas déroger à leurs habitudes pour faire mieux.
Mais les vacances estivales c’est aussi et surtout, le retour au pays pour des centaines de milliers de nos compatriotes vivants à l’étranger. Après une année de dur labeur, les tunisiens en mal de pays, reviennent d’année en année se soulager de leurs économies patiemment constituées. Ce n’est ni l’économie tunisienne ni les familles et les proches qui se plaindront ! Mais au-delà, des considérations financières, c’est principalement un moment de retrouvaille privilégié. C’est d’autant plus primordial que s’il gagne en sincérité et en franchise il nous permettrait de mieux voir notre réalité que l’on vie en Tunisie ou ailleurs dans le monde. Ceux vivant en Tunisie arrêteraient de fantasmer de l’eldorado occidental à travers le niveau de vie des émigrés en vacances, qui est généralement loin d’être le leur durant le reste de l’année. Ces même tunisiens expatriés chercheraient plus à regarder derrière l’armada de mesures et de directives que le régime en place déploie pour leur laisser le meilleur souvenir de leurs vacances et d’occulter ainsi, le temps d’une baignade, sa vrai nature.
Bon nombres de ceux qui contribuent à l’élaboration du mensuel Le Libre Tunisien n’échappent pas aux exigences de ce grand rendez-vous estival. Pour cela et en concertation avec tous les rédacteurs, nous avons décidé de suspendre la publication du mensuel pour les mois de juillet et août, et permettre ainsi à toutes et à tous de faire le plein de famille, le plein d’énergie et surtout le plein de Tunisie si chère à nous tous.
Le Libre Tunisien
jeudi 22 juin 2006
Privilège peu flatteur
Dans la langue liste des domaines où la Tunisie tient les premières places mondiales, on peut aisément rajouter le privilège d’avoir « l’opposition la plus bête du monde ». Bien évidemment loin de moi l’idée de mettre en cause leurs capacités intellectuelles ou leurs équilibres psychologiques en doute, quoi que des fois on a légitimement le droit de le faire, mais il est question dans cette affirmation d’une bêtise politique et idéologique qui dépassent des fois les limites de la tolérance humaine.
De ces vestiges, l’opposition « révolutionnaire », a gardé quelques reliques linguistiques de « la grande époque glorieuse ». Cette opposition ne défont pas des idées, elle ne se mobilise guère pour des opinions. Trop banal ! Elle mène des « combats » ! Comme s’ils venaient de battre avec le Che les sentiers de la compagne sud-américaine. On regardant de plus prêt ils sont aussi inoffensifs qu’un manche à balai contre un porte-avion ! A la première bousculade ils crient aux « tabassages en règle » et aux « agissements barbares ».
La palme revient à l’une de ces reliques qui crie à l’harcèlement et appelle à l’aide internationale dès qu’un passant s’attarde trop devant chez lui. Un autre, baathiste récemment reconverti dans le libéralisme alimentaire, un peu plus téméraire, appelle aux manifestations publiques sur les chaines de télévisions. Manifestations dans les- quelles il est le premier absent ! Quel culot diront les uns. Moi je dis que c’est une bonne manière de se répartir le boulot ! A lui les appels pompeux à la télé, aux tunisiens la matraque et les coups de pompes. Logique surtout pour un ancien collectiviste convaincu. Le rêve révolutionnaire de ces apparatchiks de salon refuse de mourir. Au sein de ces pseudo-formations politiques existe surement les derniers avatars vivants de la folie communiste.
L’existence de cette gauche révolutionnaire est encore présente dans les esprits des ces doux rêveurs. Le pire c’est qu’ils ont pour exemple une autre anomalie historique : la gauche française. Alors que tous les autres partis de la gauche européenne ont définitivement fait la paix avec l’économie de marché et montrent partout en Europe un pragmatisme insolent, la gauche tunisienne, à l’instar de sa grande sœur française, pense faire face aux défis actuels en renforçant le rôle de l’état. On sentirait pratiquement une pointe de nostalgie pour la folie collectiviste de Ben Salah !
Un certain « astre », pas très visible, appelait à l’indulgence et au soutien pour ces anomalies. Et de quelle manière ? En admettant tous ce qu’on vient de porter à leurs griefs. Par un raisonnement par l’absurde, il explique que bien qu’archaïques, bien qu’ils n’aient rien de démocratique dans leurs fonctionnements et encore bien qu’ils ne représentent absolument rien dans l’opinion populaire, c’est pourtant dans leurs seins que les jeunes militants pleins de bonnes volontés pourront aider leurs pays à trouver la voie du changement ! Alors maintenant, avant de changer le pays, il faut au paravent changer l’opposition ! Voila un chantier qui s’annonce encore plus difficile.
En suivant ce résonnement, et si ni l’archaïsme ni l’esprit totalitaire ne doivent dissuader les bonnes volontés d’intégrer un parti politique, il serait alors plus judicieux d’intégrer directement les rangs du RCD, le parti au pouvoir. Si pour changer le pays il faudrait au paravent changer ses partis politiques, l’acharnement thérapeutique serait plus judicieux sur un corps malade, mais encore en vie, que sur un cadavre.
--------------------------------------------------------------------------------
SOMMAIRE
EDITORIAL .................................................page 2
ACTUALITES
- L’alcool en Tunisie : phénomène de société ou problème de santé publique
Selma Alouani & Chiheb Lakhoua..........................page 3
- « Abus », « dépendance », c’est quoi la différence ?
Leila Fourati.......................................page 7
- L’islam et la consommation d’alcool
Walid Snoussi...........................................page 9
AFFAIRES INTERNATIONALES
- Bouteflika nomme un conservateur à la tête de son gouvernement
- Les femmes et les enfants oubliés de « la charte » de Bouteflika
Leila Fourati..............................................page 11
- Algérie : Des associations contre « la loi du silence »
Selma Alouani......................................page 12
REFLEXIONS ET OPINIONS
- Libéralisme : Le double avantage
Malek Khadhraoui..................................page 14
- Pour un retour aux sources libérales de l’Islam
Walid Snoussi.....................................page 17
HISTOIRE ET CIVILISATIONS
- Hannibal à Las Vegas
CULTURE
- Entretien avec le jeune réalisateur Najib Belkadhi
Hind Charbeji....................................page 20
- Fadhel Jaïbi fait honneur au théâtre tunisien..........page 21
- Paris s’offre un nouveau musée
Chiheb Lakhoua.......................................page 22
SPORTS HORIZONS
- L’argent et la morale sportive
Emine Laribi.......................................page 23
PINCE-SANS-RIRE
- une solution ! Oui mais à quel problème ?
Pour lire la suite : Le Libre Tunisien
Bonne lecture.
jeudi 25 mai 2006
Patriotisme utilitaire !

Il existe un sentiment très cher aux acteurs de la scène politique tunisienne : le sentiment patriotique. Véritable fonds de commerce inépuisable et adaptable à toutes les idéologies. Qu’ils soient au pouvoir, dans l’opposition ou le cul entre deux chaises, ils se proclament tous de ce sentiment. Chacun d’eux renchérissant sur les autres en ferveurs patriotiques. Chacun à sa manière et selon son intérêt use et abuse de ce mot magique qui s’est transformé au fil des temps en une superstition artificielle alimenté par toute une faune de fossoyeurs « patriotiques ».
La folklorisation du patriotisme et le renforcement de l’Etat-Nation par les pouvoirs en place, la volonté de sa perversion en nationalisme totalitaire par certain, voir en fanatisme religieux par d’autres, constituent autant de truchements aussi subtils qu’efficaces pour ancrer dans les esprits, une identité collective, comme seule identité possible pour l’individu. Ils espèrent par cet artifice trouver le moyen de sceller leurs destins à celui du pays et se prémunir ainsi du jugement de leurs « compatriotes ». Les uns appellent à l’altruisme et à « l’amour de la Patrie » pour accomplir leurs desseins égoïstes, d’autres sous leurs vœux d’union œuvrent pour la discrimination et l’exclusion. Drôle de réalité où l’on appelle à l’altruisme au nom de l’égoïsme, où l’union conduit à la discrimination.
Les tenants du pouvoir, dénoncent « le manque d’esprit patriotique » de ceux qui tentent de « porter préjudice à la Tunisie et à son image ». Vous me direz que cette déclaration est pleine de bons sens pour tous ceux d’entre nous qui aimons notre pays. Cela aurait été le cas si par « Tunisie » il ne fallait pas comprendre : le régime en place ! Détenteur de la loi et à qui revient le droit d’administrer le signifiant de ce qu’est ou non un « patriote ». Certainement quelqu’un qui ne questionne pas, qui ne critique pas, avec une mention spéciale pour ceux qui ne pensent pas ! Encore un signe ostentatoire de ce patriotisme utilitaire et une preuve de cette volonté flagrante de lier notre image collective à celle de l’état et à ceux qui le gouvernent.
L’opposition « démocratique » et « éclairée » ne fait pas mieux ! Les uns, par patriotisme, figurez-vous, crient leurs hontes dés que tel ou tel événement est organisé en Tunisie ou que tel ou tel personne ou pays salue, félicite ou encourage notre pays. « Nous disons au monde entier que c’est une honte d’organiser un tel sommet dans un pays ou il n’y a pas de liberté de presse. (En l'occurrence la Tunisie !) », avait déclaré une des figures de la gauche tunisienne. Plus récemment et à la suite de la candidature de la Tunisie pour siéger au nouveau machin onusien, un autre faiseur d’opinion a appelé à « une opération coup de poing contre cette candidature indigne de la Tunisie de Ben Ali pour ce siège prestigieux » ! Pour être patriote il faut désormais porter la honte universelle sur soi ou carrément se sentir indigne d’exister parmi les nations. Certainement une autre définition du patriotisme !
Les définitions du patriotisme tel qu’elles sont diffusées et pratiquées dans notre pays découlent d’un patriotisme utilitaire. Un moyen efficace pour éviter les critiques et les questionnements envers ceux qui possèdent les bénéfices de ces pseudo-alliances patriotiques. Qu’ils soient religieux, exacerbés, raciaux ou étatiques, ces appels au sentiment patriotique ont été, au cours de ces dernière décennies, le facteur déterminant dans la perte de l’individualité au bénéfice de symboles artificiels brandis ici est là par des marchants sans scrupules.
Dans sa définition du patriotisme, Mark Twain dit : « le patriotisme c’est : soutenir son pays tout le temps, et soutenir son gouvernement quant il le mérite ». C’est déroutant de bon sens mais nous sommes tentés de rajouter : « ...et s’opposer à toute personne qui tenterait d’usurper l’image du pays pour accomplir ces desseins personnels »...
Le Libre Tunisien
N.B : Nous nous excusons auprès de nos lecteurs pour ce retard dans la publication de ce numéro 2 du mensuel Le Libre Tunisien, dû à des problèmes techniques rencontrés pendant le week-end.
--------------------------------------------------------------------------------
SOMMAIRE :
EDITORIAL :...................................................page 2
ACTUALITES
L’économie tunisienne à l’épreuve du pétrole cher
Selma Alouani & Chiheb Lakhoua...........................page 3
La crise iranienne maintient le prix du pétrole à la hausse
Fraj Brik....................................................page 6
Le combat de Chahrazed Akacha pour sa liberté de penser
Malek Khadhraoui.............................................page 7
Le discours de Mourad Dridi au congrès d’Alternative Libérale
Mourad Dridi.................................................page 8
AFFAIRES INTERNATIONALES
Entretien avec Aurélien Veron, cofondateur d’Alternative Libérale
Malek Khadhraoui............................................page 10
Changements d’attitudes envers la Syrie
Leila Fourati...............................................page 13
REFLEXIONS ET OPINIONS
Préserver notre avenir économique avec une stratégie verte
Sadri Sarray................................................page 14
Les origines Nazies du social-socialisme arabe
Malek Khadhraoui............................................page 16
HISTOIRE ET CIVILISATIONS
Romans go home ?
Hédi Dridi..................................................page 18
Identités plurielle, histoire plurielle ?
Cyrine Ben Hamouda..........................................page 20
CULTURE
Gustave Klimt, l’anticonformiste
Walid Snoussi...............................................page 22
PINCE-SANS-RIRE
Rira bien qui rira le dernier !
Zahwa.......................................................page 24
--------------------------------------------------------------------------------
Le Libre Tunisien est un mensuel payant. Toutefois, nous le proposons, pour les prochains mois, gratuitement à tous nos lecteurs. Ceci ne vous empêche pas de soutenir le développement, la promotion et la production dudit mensuel en l’achetant en ligne.
Nous vous remercions d’avance pour votre soutien financier et participation active à la promotion du mensuel, Le Libre Tunisien.
vendredi 21 avril 2006
Le pouvoir et l'action

La politique, dans sa définition la plus noble est synonyme d’action et de proposition. Toute prétention politique doit forcement s’accompagner, pour être crédible, de propositions tangibles et de perspectives claires. A défaut, elle se transforme en une course effrénée et pathétique pour le pouvoir. Le pouvoir non plus comme un moyen d’action positive, mais le pouvoir en tant que fin en soi.
Le mouvement, communément appelé, « mouvement du 18 octobre », qui, toute proportion gardée, peut être considéré comme l’action politique d’opposition, la plus aboutie depuis 1987, a révélé un fait inédit. Une configuration nouvelle qui, si elle est prise à sa juste mesure, pourrait changer à jamais la réalité de la scène politique tunisienne. Ce qu’a confirmé l’après 18 octobre c’est l’existence en Tunisie d’une nouvelle forme d’oppositions. A l’instar du pou -voir pour le pouvoir, il existe maintenant, l’opposition politique comme un moyen d’exister ; L’opposition comme une fin en soi.
Une fois la fièvre de cet élan démocratique du 18 octobre retombée, et tous les beaux discours d’unions et de concertations se sont transformés en une grande sauterie politicienne, la nature profonde de chacun des protagonistes a repris le dessus. La nature de ces tractations entre les forces politiques d’opposition n’était pas de savoir comment faire pour être à la hauteur des espérances suscitées, mais comment faire pour étendre un peu plus son pouvoir d’opposant !
Alors que l’action et la proposition, donnent à la politique tout son pouvoir, l’action et la proposition sont devenues, pour l’opposition tunisienne, leurs pires ennemis. Cette peur viscérale de l’action et le manque de projets qui la caractérise, reflètent principalement, l’incapacité de l’opposition actuelle d’apporter une critique constructive aux actions du pouvoir en place. En dehors de ce qui sert le pouvoir à se maintenir, à savoir la répression, la censure et l’intimidation, inévitable au sein d’un régime totalitaire, les forces politiques d’oppositions n’arrivent pas à formuler la moindre contre proposition, le moindre projet d’alternance crédible.
Pour pallier à ce manque d’idées, les chefs de files de l’opposition dite « démocratique » ont choisi la solution de la facilité. En anaphore au désert intellectuel qui caractérise leurs rangs, ils appellent à la révolution et au soulève- ment populaire. De la phraséologie, pour remédier aux manques de propositions ! Ce qui consiste en somme à vendre de l’utopie pour pouvoir condamner ce qui existe par ce qui n’existe pas.
La force politique en place, en plus de posséder le pouvoir absolu, se trouve être dans les faits le vrai moteur de l’action politique, économique et sociale dans le pays. Le régime actuel, en plus de faire le nécessaire pour s’accaparer le pouvoir, tante tant bien que mal de s’inscrire dans une logique d’action. Apres presque vingt années du même pouvoir politique, personne ne peut contester que le vecteur du progrès soit incontestablement positif.
Toutes les forces vives de cette nation qui acceptent par défaut le pouvoir politique en place, ont indubitablement fait le choix de l’action. Ils acceptent de payer de leur liberté cette action, en étant convaincu que c’est le prix à payer pour ne pas se complaire dans les affres de l’immobilisme et la régression. Entre être « des chiens errants » selon le vocabulaire d’un baron de l’opposition, partir en croisade contre des moulins à vent ou sacrifier une partie de leurs libertés pour aller de l’avant, et cela même, à pas de tortu, les tunisiens semblent avoir choisi...mais avaient-ils vraiment le choix ?
Le Libre Tunisien
SOMMAIRE :
EDITORIAL :.......................................................page 2
ACTUALITES
Grippe aviaire : Pourquoi les tunisiens doutent-ils des déclarations officielles ?
Malek Khadhraoui..................................................page 3
Grippe aviaire : quels risques pour l’Homme ?
Chiheb Lakhoua....................................................page 4
Rapprochement stratégique entre la Tunisie et l’Algérie dans le domaine des hydrocarbures
Selma Alouani.....................................................page 6
Pour la promotion d’une économie libre
Mourad Dridi......................................................page 8
AFFAIRES INTERNATIONALES
Menaces américaines de frappes nucléaires sur des sites stratégiques iraniens
Malek Khadhraoui................................................. page 9
La communauté internationale hésite devant l’intransigeance de l’Iran
Walid Snoussi................................................. ..page 10
L’Ukraine peine à se libérer de l’emprise de son voisin Russe
Leila Fourati....................................................page 11
REFLEXIONS ET OPINIONS
Discours et réalités des clans de la démocratie en Tunisie
Mokhtar Yahyaoui.................................................page 13
Toutes les économies libres mènent à la liberté
Mourad Dridi.....................................................page 17
HISTOIRE ET CIVILISATIONS
histoire, mémoire et identité où les piliers de la conscience citoyenne
Cyrine Ben Hammouda..............................................page 20
CULTURE
Anselm Kiefer, majestueux !
Fraj Brik....................................................... page 22
PINCE-SANS-RIRE
Péage douloureux
Zahwa............................................................page 24
mardi 21 mars 2006
Le Libre Tunisien
Cette première édition du Le Libre Tunisien, est, le début d’une nouvelle relation, que nous voulons développer avec nos lecteurs afin de remettre les tunisiens au centre des préoccupations sociales, politiques, économiques, etc... Le Libre Tunisien se propose d’offrir un regard nouveau sur la réalité tunisienne, en ne s’arrêtant pas à l’événement mais à ses implications sur le quotidien de nos lecteurs. Partir de l’actualité pour explorer se qu’elle renferme, tel est notre credo !
Le Libre Tunisien, mensuel de réflexion et de proposition, donne la parole à tous ceux, qui par leur engagement citoyen, la prennent, la portent et la diffusent. Loin de la « martyrisation » et des larmoiements stériles, nous nous efforcerons à apporter l’éclairage nécessaire sur les questions politiques, économiques et sociales qui affectent notre quotidien. Le Libre Tunisien, fait de la réflexion et de l’élaboration de propositions objectives, sa ligne éditoriale.
Le Libre Tunisien est aussi un mensuel indépendant, financé exclusivement par l’association Le Libre Tunisien, ainsi que par le produit de sa vente. Pour assurer son indépendance éditoriale et garantir à ces lecteurs une information de qualité, nous le proposant à la vente dans les prochains numéros sur le site Internet de l’association, Le Libre Tunisien. Le Libre Tunisien, cherche aussi à proposer une édition papier, mise à la disposition de nos lecteurs dans les Kiosques à journaux des principales villes francophones, dont les grandes villes tunisiennes.
Les recettes générées par la vente du mensuel serviront à pérenniser sa parution et à couvrir les frais de sa production. Ceci s’inscrit dans une logique d’engagement, de valorisation du travail de nos rédacteurs tunisiens et de la mise en place d’une relation de partenariat entre le mensuel et ses lecteurs. Ils seront, nous l’espérons, ses meilleurs porte-parole. Aussi, Le libre Tunisien envisage de rémunérer ses collaborateurs tunisiens résidant en Tunisie.
Enfin, ce numéro est le premier d’une série que nous espérons longue. Au fil des prochaines parutions, Le Libre Tunisien s’enrichira de nouvelles rubriques, toujours en réponse aux attentes de nos lecteurs. Pour cela, nous comptons sur vos contributions, vos suggestions et vos remarques, pour rendre ce magazine à l’image de ces lecteurs : à votre image.
Le mensuel Le Libre Tunisien est publié le 20 de chaque mois.
Aujourd’hui, le Libre Tunisien est née, à vous d’opter pour la liberté des Tunisiens.
mercredi 21 décembre 2005
Censure : Utile ! On a beau dire

Pire que la censure, l’autocensure, montre la résignation et l’intégration comme réflexes, des pires aspects du totalitarisme.
La censure, ou plutôt l’autocensure, a encore frappé ! Alors qu’un annuaire de blogs tunisien a vu le jour, certains bloggeurs, pourtant tunisiens, ont appris à leurs dépends que pour son créateur, ils n’étaient pas la bienvenue au sein de la blogosphère tunisienne. Le créateur de cet annuaire a décidé par lui même d’exclure certains blogs en prétextant défendre la cause des bloggeurs. Tel un médecin de guerre, l’administrateur de cet annuaire, préfère amputer le membre blessé pour éviter la gangrène. Bien que ce comportement soit vivement condamnable, il me semble qu’il part d’un mal entendu regrettable qui pourrait, le cas échéant, expliquer cette peur exagérée qui semble paralyser l’agrégateur.
Le mépris part, à mon avis, d’une confusion qui semble la règle et qui consiste à ne pas voir la différence entre l’engagement citoyen et l’appartenance à l’opposition politique. De tous les bloggeurs qui ont subit la censure de Tn-Blog, aucun n’est membre d’un parti politique (je parle de censure et je pèse mes mots puisqu’il s’agit d’une décision arbitraire et non motivée). Chacun de ces bloggeurs parle en son nom et défend son point de vu. Plus encore, les écrits de Mokhtar, de Mourad ou de Sami et cela que se soit sur leurs blogs ou sur les sites dissidents, ne montrent aucune sympathie particulière à cette opposition archaïque que nous rejetons autant que ceux qui veulent s’en protéger. Mais ce qui semble échapper à certains est que Internet a changé la donne sur la scène politique tunisienne et permet désormais, de ne plus subir ni la médiocrité et le manque de perspectives de l’opposition historique tunisienne qui s’est transformée au fil des temps en une composante indissociable du système, ni les mensonges éhontés du régime. C’est justement tout le système que nous rejetons chacun à sa manière. Sommes nous pour autant des énergumènes ? Sommes nous obliger de choisir entre le consensus mou de la blogosphère officielle tunisienne et les discours creux de l’opposition politique.
Malgré cela, le projet de cette annuaire et très intéressant et je félicite et encourage son initiateur, mais « exclure pour exister » ne semble pas, à mon humble avis, une bonne devise pour un annuaire qui a une si noble intention. Quant on se lance dans une telle entreprise il faut savoir être à la hauteur des responsabilités et éviter de devenir une partie du décor de la pièce de théâtre qui cartonne depuis 18 ans en Tunisie (je vous laisse deviner son nom).
Mais ne pouvant pas survivre plus longtemps sans avoir le privilège d’être dans le who’s who le plus en vu de la place et plus déterminer que jamais de laver l’affront qui m’a été fait par se refus insupportable, je suis entrain de remplir un nouveau blog de mes états d’âmes, de ma relation avec mon moi intérieur, de mes rapport freudiens et Oedipiens avec mes parents et bien sur sans oublier d’étalé dans les détails les plus croustillants mes pérégrinations amoureuses, ainsi je métrai toutes les chances de mon coté pour enfin y être et pour quoi pas espérer (soyons fous) participer à une des ces après-midi ludiques au café des nattes à Sidi Bou. Et croyais moi mes amis, une fois parmi eux, j’userai de toute l’hypocrisie et la fourberie nécessaire dans ces milieux pour gagner la confiances de agrégator 1er et intervenir en votre faveurs pour vous faire admettre parmi le saint des saints. Alors rassurez vous mes chers amis, rassure toi si Mokhtar, ne vous inquiétez pas, Sami, Mourad et tous les autres indésirables notre heure de gloire est à l’approche. Bientôt nous sortirons de la grisaille de nos blogs qui ne contiennent que des textes rivalisant de longueur et de futilité. Bientôt nous découvrirons the bright side of live ; A nous alors, les vraies choses de la vie ; a nous the sex, the sea and the rock n’roll ; a nous la vie utile quoi!
Voilà mes amis, je suis obligé de vous quitter j’ai entamé ce matin un texte sur le rapport souvent difficile qu’on a avec nos ex et la part de l’inconscient dans les rapports affectifs. Je suis persuadé que c’est un sujet d’une grande utilité et puisque je suis déterminé dorénavant à écrire utile, je pense que je tiens un sujet d’enfer.






