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dimanche 24 janvier 2010

Tunisie : Pour Noël, Ben Ali s'offre un Airbus présidentiel à 300 M$ !

Le contribuable tunisien, même sans le savoir, aime son Président et ne semble rien lui refuser. Ce qui permet à notre président de faire quelques folies. La dernière en date, lui a été livrée le 12 décembre dernier. Sa récompense pour avoir répondu aux appels des tunisiens de se représenter pour un 5e mandat à la tête du pays; un cadeau à la hauteur des sacrifices qu'il a consenti pendant les 22 dernières années : Un nouvel avion présidentiel.

L\'Airbus A340-541 de la présidence de la République tunisienne.Le nouvel avion de la présidence de la République tunisienne photographié le 19 décembre 2009 à l'aéroport Toulouse-Blagnac avant son décollage pour la Tunisie. Crédit photo : Terence Li. www.airliners.net.


Mais attention, pas n'importe quel avion : Un Airbus A340, flambant neuf, dans l'une de ses plus chères versions. Avec 68 mètres de long et 63 d'envergure, le modèle A340-541HGW (pour « High Gross Weight »), est un quadrimoteur qui peut franchir 16 700 km sans ravitaillement et peut décoller avec une masse maximale de 380 tonnes. Ça en fait des "choses" à transporter !

Un bijou qui figure au catalogue d'Airbus pour la modique somme de 237 M$, mais dont la version "VIP", celle commandée par notre Président, peut atteindre les 300 M$ , soit près de 400 millions de nos Dinars. A ce prix, on comprend mieux les raisons pour lesquelles cet achat n'a pas fait la une des organes de propagande officielle. Il y a des moments où il faut avoir la dépense discrète.

La discrétion, n'a pas suffit à garder cette nouvelle acquisition au secret trop longtemps. Très vite, l'image de l'avion, estampillé "Présidence de la République Tunisienne", a fait son apparition sur les sites d'amateurs de photographie aéronautique, les mêmes qui avaient permis au blogueur, Astrubal, de retracer les péripéties de l'ancien avion présidentiel. Encore une fois, la magie d'internet a opéré et l'image s'est retrouvée sur le net tunisien à travers Facebook et Twitter.

Quelques exemples de Tweets évoquant le nouvel achat présidentiel. Traduction (2e tweet): "Durant la visite de Sarkozy en 2008, Airbus a vendu 19 avions à la Tunisie dont un pour Ben Ali"


Mais, au fait, notre Président, a-t-il besoin d'un nouvel avion ? Qu'en est-il de son Boeing 737, compagnon de ses voyages officiels et officieux ? Est-il trop vieux pour voler en toute sécurité ? En y regardant de plus près, on découvre que l'ancien coucou présidentiel ne vole que depuis le 20 août 1999, date de sa livraison, encore une fois, flambant neuf et en configuration "VIP". Une dizaine d'années d'une exploitation plutôt occasionnelle lui donnait au moins deux décennies d'expoitation devant lui. Quelle mouche a donc piqué notre Président ?

La flotte de la présidence de la République comporte deux avions qui ont une moyenne d'age de 6,5 années tous deux en configuration "VIP". Source : www.planespotters.net


La réponse nous viendrait peut-être de nos voisins algériens. En effet, en juin 2008, Airbus a livré le même model dans une configuration moins garnie, à la présidence algérienne qui en a fait commande 6 mois plus tôt. Pendant sa visite en Tunisie en février 2008, le président Bouteflika, aurait-il attisé la convoitise de notre président en vantant les mérite du nouveau joujou qu'il venait de commander ?

Et puis, le président algérien n'est pas le seul séduit par cet avion. Son homologue français, Nicolas Sarkozy a failli succomber aux paroles de Louis Gallois, président d’EADS qui lui conseillait un Airbus A340 avec un argument qui parle : « un quadrimoteur, ça en jette tout de suite plus ». Finalement le président français à du se rabattre sur un A330 d'occasion.

Mais l'idée a fait son chemin et l'argument de Louis Gallois a dû servir pendant l'accord pour une commande ferme de seize avions ainsi que trois options, dont une sur celui de la présidence, à l'occasion de la visite du président Nicolas Sarkozy en Tunisie en avril 2008. Quelques mois plus tard, l'avion présidentiel sortait des chaines de montage d'Airbus comme l'atteste sa date de fabrication. Mais il a fallu la visite du premier ministre, François Fillon, pour confirmer l'option mise sur l'avion. Sept mois plus tard, l'avion quittait les hangars de l'aéroport Toulouse-Blagnac.

Mais, en fin de compte savoir comment cela s'est passé ne répond pas à notre question : pourquoi un nouvel avion ? Il est fort à parier que, ni le parlement, qui a déjà voté cet achat, ni la Cour des comptes qui ne touche jamais aux comptes de la présidence, ne répondront à notre question. Car, la seule explication plausible est celle d'un caprice du Président. Après les millions de dinars dépensés pour la mascarade qui a amené à sa réélection, cette nouvelle dépense faramineuse, pour se donner une image qui "en jette", est une preuve supplémentaire de sa mégalomanie.

Ecrit par : Punica Fides
Publié sur : www.nawaat.org

lundi 13 avril 2009

Stabilité politique et démocratie en Tunisie : La TAP ne risque pas la mise à “l’index” !


Le journalisme tunisien ressemble de plus en plus à un torchon chinois, la presse dans ce pays faisant œuvre d'instrument de propagande et non source d'information selon le code déontologique du journaliste qui a conscience de l'importance de son rôle dans le processus démocratique.

Encore une fois c’est notre sinistrée agence de presse nationale, la TAP, qui en a fait l’illustration dans un article publié hier commentant « le classement de la Tunisie au 32me rang de la stabilité politique »...devant lequel le décodeur d'Astrubal pour la langue de bois fait figure de petit joueur. Et les mensonges commencent dès les premières lignes :

« La Tunisie a été classée au 32e rang mondial, parmi 165 pays, de l'indicateur de la stabilité politique, selon le classement de l'équipe de "The economist intelligence Unit". »

pouvons-nous lire dans l’introduction du ce chef d’œuvre de la malhonnêteté journalistique.

Or le rapport en question classe les pays selon le degré « d’instabilité politique » et non « la stabilité politique » comme l’indique l’article. La Tunisie est dans ce classement 134e sur les 165 pays étudiés. Le 165e pays étant le pays qui présente le moins de risque « d’instabilité politique ». Comme on peut le voir sur le tableau du classement.



Bien que...renversante, cette « interprétation » de l'index est surement due à « un souci de clarté » de la part de la TAP. On les comprend. Parler « d’instabilité » dans le pays de « la sécurité et de la stabilité », selon la formule officielle, risque de… « déstabiliser » le lecteur !

Le journaleux rappel un peu plus loin que :

« La Norvège, le Danemark, le Canada, la Suède, la Finlande, le Japon, la Suisse, l'Autriche et l'Allemagne sont considérés comme les pays les plus stables politiquement, dans le monde. »

en oubliant de préciser que pour ces pays le faible risque d’instabilité est surtout du à la maturité de leurs systèmes de gouvernances hautement démocratiques alors que la place obtenu par notre pays est plutôt due à l’autoritarisme de notre système politique qui laisse peu de place aux "changements". Surtout que pour le régime tunisien, tout "changement" autre que celui du "7 novembre" est considéré comme source d'"instabilité" !

La stabilité par l’apaisement contre la stabilité par la répression en quelques sortes. « Chacun son model » dirons certainement les supporters de "l'unique changement".

Et c’est surement pour cela que la TAP ne consacre aucune ligne concernant d'autres classements qui sont pourtant publiés par la même source, tel que la dégringolade en l'espace de deux années, du rang de 135e en 2006 au 141e en 2008 du Democracy Index toujours par la même The economist intelligence Unit, cette section de la CIA basée à Londres.

Les rapports du Demcracy index démontrent, preuve à l'appui qu'il n'y a pas de quoi pavoiser, et que la stabilité se paie au prix fort. Il y aurait même de quoi s'inquiéter. Comme le montre le tableau suivant qui récapitule les classements de la Tunisie pour les années 2006 et 2008.


A noter qu'en 2006 la Tunisie devançait la Chine (138e), maintenant elle est derrière (136e), et pour cause ! Si le processus électoral reste ironiquement stable avec un zéro pointé, (on ne peut faire pire) il y a une détérioration de la culture politique et des libertés civiles, toutes deux en baisse.

Il est clair qu’avec de tels résultats il aurait était difficile pour le scribe de la TAP de conclure son article par cette envolée propagandiste :

« Ce classement est une nouvelle reconnaissance internationale des acquis de la Tunisie et de ses réalisations qui en font un modèle de réussite, de bonne gouvernance et de stabilité politique. »

Après cela, ce qui semble certain c'est que les pontes de la TAP ne risquent pas d'être mis à...l'index !

*Article écrit avec la précieuse aide de Alyssa.

Article publié sur www.nawaat.org

vendredi 3 avril 2009

Tunisie : La « jeunesse du monde » a déjà voté pour Ben Ali

Caricature de Z. Source : Le blog Débat Tunisie.


Après avoir élevé « le dialogue avec les jeunes » au rang de priorité nationale (si ! si !) et sans même qu’on ait le temps d’en voir les résultats sur notre jeunesse nationale, notre convalescent président veut déjà ouvrir le dialogue avec les jeunes du monde entier ! Et pour faire plaisir au président, c’est naturellement un de ses innombrables « fans clubs » qui s’y colle.

Pour cette occasion, c’est l’Union Tunisienne des Organisations de Jeunesse (UTOJ), avatar affilié au parti unique, qui a eu « le plaisir » d’organiser les 18 et 19 du moins dernier, un colloque international sur le thème « Jeunesse du monde : enjeux et défis ».

Cette grande sauterie internationale se voulait, selon ses organisateurs, « un lieu de rencontre, de débat et d’échange interculturel », nous annonce la page d’accueil du site internet créé à l’occasion. Et les objectifs annoncés sont à la hauteur de la grandeur de cet événement.

Le premier affiché par les organisateurs, est celui de « répondre à l’appel du Président de la République Tunisienne son Excellence Zine El Abidine Ben Ali pour la mise de l’année 2010 sous le signe de l’année internationale de la jeunesse et l’organisation d’un congrès mondial de la jeunesse. » Si ça, ce n’est pas de l’ambition ?

En plus de vouloir faire plaisir à notre président, ce séminaire se donnait accessoirement pour mission de « développer la capacité de dialogue entre les jeunes vivant dans les différents contextes…; Favoriser le rôle des jeunes dans l'élaboration des politiques…» et enfin et ce n’est pas le moindre : « exhorter les chefs des gouvernements nationaux et des autorités locales et les organismes internationaux à renforcer les politiques de jeunesse ».

Pour atteindre ces nobles objectifs, finis les forums fantomatiques en manque d’inspiration, aux oubliettes les salles poussiéreuses des maisons de jeunes locales, réservées à notre jeunesse. Les heureux participants ont été entièrement pris en charge par les organisateurs.

Transport des participants des quatre coins du monde, hébergement et activités culturelles sur mesures ont été au programme. Tout a été mis en œuvre pour permettre à nos jeunes hôtes de donner le meilleur d’eux-mêmes pour répondre aux grands enjeux des années à venir.

Pour joindre l’utile à l’agréable, qui mieux que le beau frère pour accueillir tout ce beau monde dans son hôtel 5 étoiles à Hammamet ? Surtout qu’en temps de crise, plus de deux cents clients facturés au prix fort permettent de mettre un œuf ou deux dans le bol de Lablabi des Trabelssi.

Et vu qu’on n’est jamais mieux servi que par les siens, c’est donc Abdelwaheb Abdallah, membre du Bureau politique du RCD et accessoirement ministre des « affaires mensongères », bien évidement « sur instructions du Président », qui a présidé, l’ouverture de cette grande messe du dialogue.

Destinée aux « organisations internationales, jeunes entre 18 et 35 ans, responsables des associations de jeunes et d'étudiants, jeunes des partis politiques et les chercheurs en matière de jeunesse … » cette joyeuse fête du dialogue à été comme en ont témoigné certain participants, bien sur sous couvert d’anonymat, un peu trop… « prévisible ».

Comme c’est le cas généralement dans ce genre de manifestations, le colloque s’est résumé à une grande mascarade inutile où des jeunes « patriotes » RCDisto-compatibles, presque aussi nombreux que les invités, ont excellé dans l’art de l’autosatisfaction, vantant, avec toute l’objectivité qu’on leur connait, les biens fait du model tunisien. Cela devant d’autres jeunes, non moins embrigadés, tout simplement content de profiter du voyage !

Toujours selon ses « ingrats » anonymes, pendant les 4 jours de leur séjour tunisien, ils n’avaient eu aucune possibilité de sortir du groupe et aller flâner librement dans les alentours de l’hôtel. En plus des activités hautement encadrées annoncées dans le programme, les invités se sont vus alloués des accompagnateurs, pour « faciliter » leurs séjours parmi nous, leur a-t-on dit. « C’est plutôt pour nous éviter les « mauvaises rencontres » » ironise un des participants.

Pourtant, il aurait été pertinent pour les organisateurs, pour pimenter un peu ses joyeuseries et montrer, preuve à l’appui, notre grande aptitude au dialogue, de convier quelques invités surprises :

Ainsi pour la session « Jeunes et participation à la vie publique », qui s’est déroulée le 18 mars, ils auraient pu inviter les 4 étudiants grévistes de la faim, exclus de leur université, à cause de leurs activités syndicales et qui après plus de cinquante jours de jeûne, attendent désespérément de « dialoguer » avec les autorités pour pouvoir reprendre leurs études.

Dans la même veine, une délégation de jeunes habitants de la région du bassin minier de Gafsa, auraient pu animer la session qui traitait le lendemain d’«insertion sociale et économique ». Dans le domaine, ils en connaissent un rayon. Surtout que 38 habitants de la région se sont fait « insérés »…en prison pour avoir réclamé une meilleure…« insertion sociale et économique » en dénonçant le népotisme des responsables locaux.

Une délégation des 1200 candidats à l’immigration qui croupissent dans le centre de rétention de Lampedusa, aurait pu faire le déplacement pour parler de « dialogue interculturel et compréhension intercivilisationnelle ». Ils sont pourtant la preuve vivante qu’un tel dialogue est possible.

Après un « dialogue intercivilisationnel » italo-tunisien, nos voisins italiens peuvent parquer nos jeunes candidats à l’immigration dans des camps insalubres et surpeuplés avant de les renvoyer en Tunisie ou ils seront accueillis par notre police avec la plus grande « compréhension ». Si cela n’est pas un exemple de dialogue !

Mais ça serait trop demander aux organisateurs. Entre coller aux basques de nos hôtes, « les soirées dansantes » et « les après-midis culturelles » ils leurs restait à peine le temps de se fendre d’un message vibrant à notre grand président pour lui dire tout le bien qu’ils pensent de son approche « dans le domaine de la jeunesse et sa démarche consistant à adopter le dialogue comme méthodologie dans ce domaine, […] pour favoriser la participation des jeunes à la conception des contours de l’avenir de la Tunisie. ».

Notre jeunesse mondiale ne tiendra sûrement pas rigueur de ce manque d'audace des organisateurs. La preuve : Les participants se sont eux aussi empressés d'exprimer leur « gratitude au Président de la République pour son initiative visant à proclamer l’année 2010, « Année internationale de la jeunesse »». Voilà une bonne raison pour réinviter tout ce beau monde !

Malek Khadhraoui
http:stranger-paris.blogspot.com
www.nawaat.org

* Caricature de Z. Source : Le blog Débat Tunisie


vendredi 7 novembre 2008

Trop de temps ?







dimanche 3 août 2008

Ordre protocolaire dans la République de Ben Ali



Ben Ali en visite au palais de Bardo pour fêter la République ! Source : Site internet de la présidence

uelques jours avant de répondre positivement et en « toute fierté » à la demande qui lui a été faite (interdiction de rire) d’être Le Candidat du RCD pour l’élection présidentielle de 2009, « au milieu de youyous de femmes de son parti dans une salle archicomble décorée de drapeaux en rouge et blanc de la Tunisie. », notre « fier » président s’est invité, le vendredi 25 juillet, au siège de « l’honorable » chambre des députés à une réception organisée à l’occasion du 51e anniversaire de la proclamation de notre chère République nous dit-on sur le site officiel de la présidence. Il faut dire que cet anniversaire est assez symbolique pour Ben Ali puisque c’est le vingtième qu’il « célèbre » en tant que président de cette République après avoir célébré en grandes pompes le 20e anniversaire du « changement du 7 novembre », et fêter pour la vingtième fois l’indépendance de notre pays en étant à sa tête. Cela méritait bien une petite sauterie républicaine.

Il est vrai que pendant plus de 50 ans qu’on fait semblant de fêter la République, on n’est plus à une cérémonie pompeuse près. Pourtant à la lecture du compte rendu de cette joyeuse fête, une phrase étrange ferait dresser les cheveux sur les têtes des plus blasés d’entre nous. Je cite : « Le Président de la République a été accueilli, à son arrivée au palais du Bardo, par le premier vice-président du Rassemblement Constitutionnel Démocratique, le premier ministre, le président de la chambre des députés et les membres du bureau de la chambre des députés ». Oui vous avez bien lu…le président qui, rappelons-le, est en visite au palais de Bardo, siège des supposés représentants du peuple tunisien, pour célébrer le 51e anniversaire de la République, a été accueilli par…le premier vice-président du parti au pouvoir !

Commençons déjà par ce qui relève des bonnes manières, si j’ose dire. Le président de la chambre des députés n’est que troisième dans cet ordre protocolaire. La moindre des politesses aurait été qu’il soit le premier à souhaiter la bienvenue au président. Après tout, c’est le maitre des lieux en quelques sortes et c’est à lui d’accueillir son invité. Vous…vous vous imaginez inviter, chez vous, une personnalité de l’envergure de « notre président » et accepter que se soit « le premier vice-président » de son « fan club » qui la reçoive à votre place ? Je pense que personne n’accepterait. Détrompez-vous. Le président de notre chambre des députés, lui, accepte. Et il n’est pas le seul. Ses députés non plus ne semblent pas très regardants sur les convenances puisqu’à leur tour ils se sont faits reléguer presque à la dernière place, cette fois-ci derrière les membres du bureau politique du RCD !

S’il ne s’agissait que d’une question de bonnes manières cela ne mériterait certainement pas qu’on en fasse tout un plat. Surtout connaissant les manières de ceux qui nous gouvernent. Mais voilà, une République a ses règles et parmi celles-ci se trouve celle d’un ordre protocolaire bien établi qui classe les personnalités politiques selon l’importance de leurs fonctions au sein de cet édifice. Un ordre d’importance qui, dans une République, se défini en fonction des trois pouvoirs supposés indépendants sur lesquels se base celle-ci, à savoir le pouvoir exécutif, parlementaire et judiciaire.

Dans notre cas précis le protocole républicain aurait donc voulu que le président soit éventuellement accueilli en premier par son premier ministre, étant le chef du gouvernement, et représentant du pouvoir exécutif mais impérativement suivi par le président de la chambre des députés et celui de la chambre des conseillers, représentants du pouvoir législatif. Le président du conseil constitutionnel, s’il était présent (surement un oubli), suivrait et ainsi de suite. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que notre constitution désigne ces trois personnages comme les premiers garants de la continuité du pouvoir « en cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d'empêchement absolu ». Le président de la chambre des députés étant même le premier sur la liste des potentiels intérimaires.

Le plus grave, mais aussi le plus triste, c’est que ce mépris est perpétué par la tête de gondole de l’appareil de propagande du pouvoir en place, j’ai nommé la tristement célèbre Tunis7. Une petite recherche dans les archives des journaux télévisés de la chaine nationale nous permet de voir que cet ordre protocolaire est déjà de mise depuis quelques années, et plus particulièrement depuis le 20e anniversaire du « changement » comme l’atteste ce bref montage.





Il est vrai que le président de cette « chambre introuvable » n’a rien fait pour mériter un meilleur traitement. Ce n’est pas lui qui, à l’unisson avec le président de La chambre des conseillers, a accouché le premier d’une déclaration pour appeler Ben Ali à « renouveler sa candidature aux élections présidentielles de 2009 pour briguer un cinquième mandat de cinq ans » ? Permettant pour que cela puisse se faire qu’on massacre pour la énième fois la constitution tunisienne. Vu de cet angle là il ne mérite même pas d’être le président de cette chambre. Mais puisqu’on est dans cette recherche pathétique de sauver les apparences. Celle qui consiste à mettre en avant la place du pouvoir législatif et ses représentants et « le renforcement des acquis républicains », selon la formule officielle psalmodiée à tous les discours de Ben Ali, ne semble plus de mise. C’est ainsi que, dans la république de Ben Ali, un premier vice-président d’un parti politique peut reléguer au troisième rang de l’importance protocolaire le représentant des élus du peuple tunisien !

Ce manque cruel d’égards vis-à-vis des représentants de deux des trois pouvoirs sur lesquels repose notre République n’a rien de la simple faute de frappe sur une dépêche de la TAP ou de la faute de goût et encore moins d’une méconnaissance des ordres d’importances et des règles protocolaires. Il traduit en réalité, le vrai rapport de force au sein de la république de Ben Ali. Une république du parti unique avec à sa tête un homme…« unique » qui centralise à lui seul tous les pouvoirs, en théorie indépendants. Aucune institution n’échappe à cette mise aux pas de plus en plus ostentatoire. Le RCD ne se contente plus du rôle du Parti du président mais s’affiche clairement aujourd’hui comme la véritable antichambre du pouvoir du président et son unique successeur. Marginalisant ainsi nos institutions certes malmenés depuis 50 ans mais néanmoins existantes. En vingt et un ans de pouvoir Ben Ali aurait-il oublié que c’est par les règles de cette même République qu’il ne cesse de bafouer qu’il a pu, un jour de novembre 1987, en devenir le président ?

Publié sur www.nawaat.org


jeudi 3 juillet 2008

Les autorités tunisiennes confirment par les actes les accusations d’Amnesty International


l est grand temps que les autorités cessent de rendre un hommage de pure forme aux droits humains et qu’elles prennent des mesures concrètes pour mettre fin aux atteintes commises », déclarait voilà à peine une dizaine de jours Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International dans le dernier rapport de l’organisation sur l’état des droits de l’homme en Tunisie. Les autorités tunisiennes, qui avaient vivement rejeté les accusations formulées par AI, les qualifiant de « totalement subjectives et dépourvues de crédibilité » jurant la main sur le cœur que la loi anti-terroristes « est conforme aux standards internationaux et offre toutes les garanties aux accusés, […] et n'autorise aucune prorogation abusive ou arbitraire des délais de garde à vue et de détention préventive », ont eu, depuis la publication du rapport, l’occasion de montré leur « bonne foi ».

Dans un communiqué reçu par courrier électronique le 2 juillet 2008, AI affirme que Ziad Fakraoui, ancien prisonnier et victime présumée d’actes de tortures lors de sa détention et dont le cas a été cité dans le rapport, et depuis « victime de ce qui s’apparente à des représailles de la part des autorités tunisiennes.»
« Ziad Fakraoui, […] a été arrêté par des agents des services de sécurité en civil, le 25 juin 2008, deux jours après la publication du document, et n’a pas été revu depuis son arrestation. Les responsables des services de sécurité qui l’ont emmené ont dit à sa mère qu’ils le conduisaient au ministère de l’Intérieur mais ont refusé d'indiquer le motif de son arrestation. Sa famille et ses avocats ont cherché, en vain, à obtenir de ses nouvelles après son arrestation. Les avocats ont appris ce mercredi 2 juillet uniquement, soit sept jours après son arrestation, qu’il avait été présenté à un juge d’instruction le 28 juin et inculpé d’appartenance à une organisation terroriste et d’incitation au terrorisme. »
Rapporte le communiqué.

Or, il se trouve, comme le rappelle AI, que Ziad Fakraoui a déjà été arrêté en 2005, jugé puis condamné à douze ans d’emprisonnement en décembre 2007 - peine ramenée à 3 ans après appel en mai 2008 - pour les mêmes faits qui lui sont reprochés aujourd’hui. C’est donc pour répondre aux mêmes accusations qu’il a été présenté devant le juge d’instruction au mépris du droit tunisien ainsi qu’au mépris de toutes les conventions internationales condamnant les peines multiples (voir le documentaire sur le drame des peines multiples en Tunisie). Cette entorse flagrante au droit n’est pas la seule commise à l’encontre de M Fakraoui par les autorités tunisiennes. « Le fait que personne n’ait été informé du lieu où il était détenu signifie qu’il a été détenu au secret pendant plus longtemps que la période de six jours autorisée par la loi tunisienne. » Précise Amnesty international.

Craignant pour sa sécurité, l’organisation à par ailleurs lancé un appel pour soutenir le prisonnier en exprimant dans un communiqué reçu par email le 3 juillet 2008 (le communiqué en anglais), « ses craintes de tortures et mauvais traitements » dont pourrait être victime M Fakraoui, rappelant l’article 13 du code de procédures criminelles tunisien qui stipule que :
« Les suspects ne peuvent être détenus par la police ou par la gendarmerie nationale pendant plus de trois jours. Le procureur public à le pouvoir d’étendre cette détention de trois jours supplémentaires « en cas de nécessité ». Les autorités sont obligées d’informer les prisonniers des poursuites engagées à leur encontre, la raison et la durée de leur détention et de leurs droits garantis par la loi, incluant le droit à un examen médical durant ou après la détention. Ils sont également tenus d’informer un membre de la famille proche du détenu de son arrestation et de sa détention. »

Comme nous venant de le voir et comme presque toujours, c’est plus au niveau des responsables de l’application de la loi qu’a la loi elle-même qu'incombe les pratiques les plus honteuses décriées ici par Amnesty international mais aussi ailleurs par d’autres organisations nationales et internationales. Encore une fois la justice tunisienne accepte de se salir les mains en effectuant les basses besognes d’un régime totalitaire qui a fait de l’intimidation, de la répression et de la torture un pilier de sa politique exercée en Tunisie depuis voilà maintenant plus de deux décennies.

Malek
www.nawaat.org


lundi 16 juin 2008

Violentes attaques subies par l’équipe de Nawaat.org



ujourd’hui l’équipe de Nawaat a subi la plus brutale des attaques comparativement à toutes celles subies antérieurement. Le Blog de Nawaat a été défacé, les bases de données effacées également. Cette attaque a concerné aussi bien le Blog de Nawaat, que celui de Sami Ben Gharbia et d’Astrubal. De même, les bases de données de l’agrégateur de Nawaat n’ont pas été épargnées.

Nous avons commencé la restauration, mais les blogs remis en ligne ne sont pas cependant exempt de quelques dysfonctionnements sur lesquels nous travaillons. Nous donnerons de plus amples informations dès que possible. Pour l’instant, bien que le blog de Nawaat soit remis en ligne, nous avons encore des difficultés à mettre correctement en ligne des informations.

Que ceux qui ont porté cette attaque sachent qu’à chaque fois, l’équipe de Nawaat mettra un point d’honneur à ce que l’indisponibilité des blogs soit la plus courte que possible. Et à ce jeu, nous serons toujours les vainqueurs. Ils ont l’argent et les moyens, nous avons la détermination pour ne pas être réduit au silence.

nawaat will survive



لقد تمت اليوم قرصنة موقع نواة و إتلاف جميع محتوياته التي تحوي أربع سنواة من أرشيف العمل السياسي و الحقوقي و النشاط الألكتروني التونسي. و تعد هذه القرصنة الأخطر منذ ولادة موقع نواة سنة 2004، مع الذكر أن محاولات القرصنة لم تتوقف يوما لا عن نواة و لا عن مدوناتنا. .و قد قام القراصنة بإتلاف محتويات موقع نواة و مدونة صدربعل و تمكنوا من دخول قاعدة البيانت و أتلفوها بالجملة.

إلا ان الأمر الذي لا يعلمه هؤلاء هو أننا لن نستسلم يوما للقرصنة و التخريب و الحجب و أن مواقعنا و مدوناتنا الحاضرة و التي ستولد غدا و بعد غد ستكون كما كانت دائما فضاءا لفضح أساليب هذا النظام الذي اتخذ من المعلومة الحرة عدوا. فاليعي هؤلاء أننا سنهزمهم و أن زمام المبادرة على الشبكة سيكون بأيدينا.

و كما قلناها سنة 2004 بعد أول محاولة تخريب تعرض لها موقع نواة، نعيدها اليوم:أنا أقاوم فأنا موجود



L’équipe de Nawaat.org





jeudi 31 janvier 2008

Décés d’un lycéen des suites des coups reçues hier lors de la dispersion d’une manifestation à Jbeniana






ne marche lycéenne spontanée de protestation effectuée par les écoliers du lycée secondaire de Jbeniana contre les augmentations des prix hier après midi à Jbeniana c’est terminé par un drame après l’intervention musclé de la police pour la disperser.

Parmi les victime de cette intervention le jeune Bassem ben Fraj qui à été transporté à l’hôpital ou il a été gardé est décédé aujourd’hui, comme on vient de l’apprendre à sa famille.

Bassem ben Fraj est en deuxième année secondaire au lycée de Jbeniana, il a reçu les coups de matraque de la police sur le crâne hier lors de la manifestation. Il ne s’est pas relevée de son coma jusqu’a l’annonce de son décès par les médecins à sa famille aujourd’hui.

Lu sur Tunisia Watch


samedi 12 janvier 2008

"Lois de séries" et "Lois de conneries"






ous avez certainement tous entendu dire qu’«un malheur n'arrive jamais seul» ou que «jamais deux sans trois». Tout le monde a vécu ces moments où des événements totalement improbables s'enchaînent, des rencontres, des contrariétés ou même parfois des bonnes nouvelles qui nous donnent l'impression que cela est régi par une «loi des séries». Mais sous l’aspect faussement prémonitoire de ces adages se cache pourtant une certaine vérité qui explique l’accumulation de coïncidences, ou autrement appelé, hasard. Bien qu’il semble échapper à toute rationalité, c'est même sa nature, il peut être mis en équations. Et celles-ci peuvent servir à démasquer ce que l'on nomme « la loi des séries ». Pour mieux appréhender cette « loi », les mathématiques, qui se préoccupent beaucoup du hasard, possèdent quelques outils. Ainsi en est-il des probabilités, capables de quantifier les phénomènes aléatoires. Le hasard ne serait en fin de compte qu’une vulgaire histoire de probabilités* ?

Ainsi, par exemple, en théorie, il y a une chance sur deux d'avoir un garçon ou une fille. De même pour le lancer d'une pièce, chacune des deux faces ayant la même chance d'apparaître. Mais cela ne veut pas dire qu'une famille ne pourra pas avoir six filles ou que l'on ne pourra pas voir sortir dix fois de suite la face pile d'une pièce non truquée. Les lois du hasard nous disent simplement que la probabilité d'avoir six filles et aucune garçon est d'une chance sur 64 (0,0156), une telle famille sera donc plus rare que les autres, et que celle de voir sortir la même face de la pièce dix fois de suite est de 1 chance sur 1 024 (0,001).

Mais là où les probabilités deviennent plus intéressantes, c'est précisément dans l'étude des séries de coïncidences. Quand on veut savoir si des événements apparemment indépendants peuvent être liés. Prenons l'exemple des accidents d'avion. Il arrive parfois que les crashs se suivent de près. Ce fut le cas en 2005 par exemple, avec cinq crashs entre le 2 et le 23 août. Plus de 300 victimes en une vingtaine de jours. En regardant de plus près, des mathématiciens ont constaté que pendant les dix années précédentes, il y a eu environ 20 000 décollages par jour et un accident pour 500 000 vols. La probabilité d'un accident est donc de 1 pour 500 000. La probabilité qu'il y ait 5 crashs en même temps est donc quasiment impossible. Par contre, la probabilité que 5 crashs se produisent sur une période de 22 jours n'importe quand dans l'année est de 0,1, soit une «chance» sur 10 d'observer une telle série dans l'année. Ce qui n'est pas négligeable et permet de mettre en cause le hasard.

Il est vrai que la variable humaine est un peu plus complexe que celle d’un objet ou d’une mécanique puisqu’après un événement, et avant de faire face à un éventuel second événement, l'être humain s’imprègne d’une expérience qui le modifie et modifie par conséquences sont comportement. La spirale de l'échec, par exemple, met en conditions défensives et prépare, en quelques sortes, un nouvel échec. Par ailleurs, bien que l'individu dispose bien d'un libre-arbitre contextuel difficile à probabiliser, les comportements de groupe eux sont plus facile à déterminer d'un point de vue probabilistique car il s'agit de fonctionnements sociaux, reflexes, voire naturels.

On se basant sur ces faits statistiques et considérant la variable humaine et les spécificités historiques, politiques, et sociétales de la Tunisie, la probabilité qu’on avait pour se retrouver aujourd’hui sous le règne d’une dictature avec des atteintes graves aux libertés individuelles, une mise au pas des moyens d’informations, un désintérêt assumés des citoyens de leurs rôle dans la société ainsi que le triomphe de l’esprit du déni et de l’exclusion, la probabilité qu’autant de comportements déviants s’expriment dans une même société, est loin d’être négligeable et n’a surtout rien à voir avec le hasard ou la fatalité.

Comme il est tout aussi vrai, qu’aussi infime soit elle, chaque probabilité à une chance de se réaliser. Donc aussi improbable soit elle, la possibilité de voir un jour nos libertés respectées en Tunisie, d’y lire une presse libre, de voir certains bloggeurs, par exemple, s’intéresser à autre chose qu’à leur petites personnes, que d’autres bloggeurs arrêtent de les féliciter pour leur nombrilisme où, improbabilité suprême, voir la fin de l’apartheid qui sévit sur les agrégateurs des blogs tunisiens, aussi infinitésimale soient-elles, ces probabilités sont réalisables, la science des probabilités acceptant tout à fait la survenue de miracles qui ne sont, en fin de comptes, rien d’autre que des probabilités proches du zéro.

La question qui s’impose alors est celle de connaitre la probabilité pour que ces événements se réalisent tous dans un laps de temps bien déterminé. Personnellement je n’ai pas de réponse à cet épineux problème mais il est certain que pour le résoudre, il faudrait impérativement prendre en compte « la variable humaine » et chercher aussi bien dans « les lois de séries » que dans « les lois de conneries ».



* Nombre, compris entre 0 et 1, que l'on attribue à un événement susceptible de se produire en fonction des informations que l'on possède sur lui. La valeur 0 est celle que l'on attribue à un événement que l'on estime impossible, la valeur 1 à un événement qu'on estime certain de se produire.



vendredi 21 décembre 2007

L’acharnement policier contre Ali Ben Salem continue



li Ben Salem, 76 ans, président de la section de Bizerte de la Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme (LTDH) et vice-président de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT) a encore une fois été victime le 20 décembre 2007 d’agressions policières devant son domicile situé à Bizerte alors qu’il recevait la visite d’un groupe de militants à l’occasion de la fête de l’Aïd.

L’agression de Mr Ben Salem survient alors qu’il tentait d’exprimer son refus quand les nombreux policiers qui encerclaient sa maison, empêchant ses amis d’y accéder. Pris à parti, il est violemment bousculé et piétiné. Sachant qu’en plus de son âge, M. Ben Salem a subi il y’a quelques temps une opération au cœur. Ses amis ont dû l’emmener à l’hôpital car il souffrait de douleurs au niveau du cœur.

Rappelons que le 07 novembre 2007 le Comité contre la torture (CAT) des Nations unies a considérée comme recevable la requête N° 268/2005 présentée par l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) en mai 2005 au nom de Mr Ben Salem, pour « torture et mauvais traitements » dans le poste de police d'El Manar en avril 2000, après épuisement des voies de recours internes.(voir sur le blog d'Astrubal le texte integral de la décision)

Mr Ali Ben Salem s’exprime à propos de la condamnation de la Tunisie par le Comité contre la torture de l’ONU pour mauvais traitement à son encontre. El Hiwar Ettounsi. Source : Nawaat.org

Cette lâche agression contre Mr Ben Salem n’est pas la première et n’est pas non plus étrangère à cette décision onusienne qui constitue une grande victoire non seulement pour Mr Ben Salem qui a fait preuve de grand courage et de grande détermination, mais pour toutes les victimes de l’arbitraire qui attendent justice et réparation des crimes dont ils ont fait l’objet.

Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie CRLDHT
qui s’indigne quant à cette nouvelle agression perpétuée à l’encontre d’un honnête citoyen qui a tant donné à la Tunisie et exige l’arrêt de cet acharnement sans fin à l’encontre de Mr Ali Ben Salem ainsi que ceux à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme qui font l’objet d’un harcèlement permanent dans leur vie quotidienne, visant leur intégrité et leur sécurité.

* Selon communiqués de la section de Bizerte de la LTDH


dimanche 16 décembre 2007

Hypocratie : Le mal tunisien







près la chute du mur de Berlin et la déliquescence des idéocraties, des nouvelles formes de dictatures ont émargé de se vide idéologique. Alors que des peuples s’émancipaient des affres du communisme, d’autres sombraient sous le joug d’une nouvelle forme de tyrannie : les pseudos-démocraties. Ces régimes politiques d’un genre nouveau, qu’on qualifiera ici d’« hypocraties », ont résolument fait le choix des idéologies triomphantes en adoptant la politique du caméléon. Tout en se déclarant des valeurs démocratiques, les dirigeants de ces « républiques bananières » sont passés maîtres du volte-face stratégique et de la « double pensée » permanente. Le temps qu’il faudrait pour un caméléon de changer de robe, suffirait largement au maître « hypocrate » de troquer ces habits de tortionnaire contre ceux du défenseur des droits humains, aussi aisément que de passer du statut de militaire à celui de civil.

Le terme « hypocratie » porte en lui l’essence même de ces régimes. En effet on peut définir le mot en se basant sur les racines grecques de ces deux composantes sémantiques. Dans ce cas le mot se compose du préfixe, hypo, qui signifie « sous » ou « en dessous » et du mot cratie (cratien en grec) qui signifie pouvoir. Les mots formés du préfix « hypo », exprimant une idée de diminution, le mot ainsi formé désigne un pouvoir diminué ou un « sous-régime ». Le mot peut également être le résultat de la contraction du mot « hypocrisie » et celui de « démocratie ». Cette contraction exprimerait le caractère hypocrite de ces pseudo-démocraties qui proclament le contraire de ce qu’elles appliquent.

Une « hypocratie » est donc, un régime d’une part diminué par l’illégitimité politique de son existence et l’absence chez ses prélats de convictions claires, et d’autre part hypocrite, en s’efforçant de paraître pour ce qu’il n’est pas. Cette nature ne dispense pas « les hypocraties » d’être des régimes totalitaires, bien au contraire. Mais ces derniers présentent la spécificité de s'accommoder d'une façade démocratique avec la conviction que les possibilités d'expansion et de durée dans le temps sont bien plus grandes dans une « hypocratie » que dans une franche dictature. Le régime politique tunisien, Par sa légitimité discutable et son opportunisme hypocrite, est la démonstration vivante de tout ce qui peut faire une « hypocratie ».

Une légitimité politique discutable

Bien que les théories politiques ou juridiques ne soient pas les seules voies de la légitimation d'un pouvoir, elles en sont comme la toile de fond qui freine l'action et oblige le pouvoir à se justifier et à rendre des comptes. Conscient de l’importance de ces facteurs pour asseoir sa légitimité, le régime tunisien a reposé son pouvoir sur plusieurs théories à la fois, qui apparurent au premier plan au fur et à mesure des étapes qui ont rythmé son évolution. Bien qu’habilement distillées, ces théories de légitimation se heurtent à des vérités historiques et politiques de nature à démontrer incontestablement le caractère « hypocratique » de ce pouvoir.

Après le coup d’état médical du 7 novembre 1987, Ben Ali, alors premier ministre et ministre d’Etat, arrive au pouvoir en se présentant comme l’homme providentiel, le sauveur de la Tunisie alors que le pays est secoué par une crise politique doublée d’une crise économique le tout sur fond de menace islamiste. Les conditions adéquates pour que Ben Ali se proclame d’une légitimité matérielle qui consiste à dire : « je suis au pouvoir parce que je suis le plus apte » ou « celui qui mérite le plus d’y être ». Or cette forme de légitimité a le double désavantage d’être d’une part subjective surtout que le ministre putschiste ne s’est illustré pour le grand publique que lors d’une des pages les plus sombre de l’histoire de la Tunisie pour être, pendant « les émeutes du pain » l’organisateur de la plus grande action de répression menée dans le pays depuis son indépendance. D’autre part la légitimité matérielle par son caractère contingent, est d’usage délicat. Parce que supposant même que cette légitimité fut justifiée en 1987, elle n’est pas pour autant valable dans le temps surtout lorsque les circonstances changement et que la situation générale, jugée critique au départ, s’améliore. Il est donc clair qu’après 20 années de règne, l’actuel président ne peut plus prétendre à cette légitimité matérielle. D’une part son inaptitude à mener à bien les réformes institutionnelles nécessaires, promises au départ, a été confirmée par l’expérience et d’autre part les circonstances qui avaient pu justifier une telle légitimité n’existent plus.

Il est également patent que dans n'importe qu'elle société démocratique, la popularité d'un leader ne suffit pas à lui conférer de la légitimité politique. Ce n'est pas le charisme d'un leader qui légitime son pouvoir politique mais bien le processus démocratique qui valide son charisme. On peut tout de même admettre qu’une telle chose est possible lorsqu'un un leader incontesté prend la direction d'un mouvement de libération dans un pays colonisé, quand les conditions légales d'un processus démocratique n'existent pas. C’était le cas pour feu Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie. Dans ce cas précis le rôle d’un leader politique est de créer les conditions fondamentales pour une expression démocratique. Chose que Bourguiba a fait avec une certaine réussite dotant le pays d’outils institutionnels et juridiques avant-gardistes. Contrairement à son prédécesseur, l’actuel président, en plus du fait qu’il ne bénéficie pas des mêmes circonstances qui ont mené Bourguiba au pouvoir, il ne c’est jamais illustré par un charisme exacerbé ni par une personnalité emblématique, bien au contraire. On est effectivement loin de la popularité quasi-naturelle de Bourguiba et ses légendaires bains de foule. Encore une légitimité à la quelle Ben Ali ne peut prétendre. L’adhésion populaire s’est faite par dépit et perdure par la crainte et à défaut. Une adhésion qu’il serait plus judicieux d’appeler « non-opposition » qui devant l’inexistence d’une figure emblématique ou d’une alternative crédible, préfère l’acquiescement sans conviction devant les élans populistes de Ben Ali. Cela est bien sur loin de permettre une légitimation populaire.

Lors du coup d’état médical du 7 novembre 1987, c'est par la constitution et dans le respect scrupuleux des textes que Ben Ali procéda. On peut même dire que les seuls coups d’états illégaux sont ceux qui avortent. Un coup d’état ressui est en quelque sorte toujours légale, portant en lui les éléments de sa propre légalité. Pourtant, cela n’empêche pas l’illégitimité de la manœuvre. En effet, la constitution par la quelle Ben Ali est venu au pouvoir est une coquille vidée de toute force juridique. Elle n’est plus la loi suprême, celle qui, par nature se place au-dessus de toutes les lois de la république ainsi que toutes les considérations personnelles. Cette constitution s’est transformée le 12 septembre 1974 en un instrument de totalitarisme après son amendement par le parlement tunisien de façon à instaurer la présidence à vie pour « le combattant suprême ». Non seulement l’amendement, troque la république pour une quasi-monarchie mais donne le droit de destitution du président de la république au premier ministre alors qu’il n’à aucune légitimité électorale ce qui est en soit une disposition contraire à l’esprit républicain. L’illégitimité de cet amendement est double : constitutionnelle, en trahissant l’esprit de la constitution et le principe d’alternance démocratique à la tête de l’exécutif et républicaine pour ne pas avoir tenu compte d’une règle fondamentale qui veut que seul un élu du peuple puisse assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir.

Ce régime c’est donc construit sur les ruines d’une autocratie devenue illégitime à cause d’une constitution dénaturée, instrumentalisée, aux pratiques antirépublicaines et n’a fait donc que bâtir sur des fondations ébranlées. Bien sur Ben Ali n’est pas responsable de l’origine de cette perte de légitimité mais il n’a montré aucune réelle volonté de remédier à cette désacralisation des textes constitutionnels. Cela s’est révélé clairement dés le premier amendement, celui par lequel la présidence à vie a été abolie pour être remplacer par une formule ingénieuse du « président rééligible deux fois », amendement voté en fanfare par le parlement tunisien en 1989. Cet amendement qui se voulait historique n’a fait que renforcer le pouvoir du président en le préservant de la censure du parlement l’exonérant ainsi de toute justification devant la représentation nationale. Le président se retrouve par ce déséquilibre, au dessus du pouvoir législatif et légalement hors d’atteinte. Bien que faible, l’hypothétique pouvoir de la chambre des députés, conféré par l’amendement constitutionnel de 1976, le président Ben Ali le supprime lui trouvant un caractère dangereux, enlevant ainsi tous les moyens légaux de destitution d’un président en fonction. Ceci donne, bien sur, dors et déjà la possibilité au président de prolonger à l’infini son mandat et d’étendre sans retenue ses prérogatives. Toute action légale contre lui étant impossible, sa succession devient assujettie à son bon vouloir et le degré de développement de son esprit démocratique.

Hypocrisie généralisée

Comme déjà mentionné plus haut les régimes « hypocratiques » à l’instar du régime tunisien, s'accommodent fort bien d'une façade démocratique. En 20 ans d’existence le totalitarisme abouti du pouvoir en place n'a pratiquement plus besoin d'utiliser la force brute pour assoir son pouvoir. Il est vrai que par sa définition le totalitarisme est un système qui entend contrôler et dominer totalement la totalité de la vie et de la pensée de la totalité des populations, et qui interdit et réprime toute tentative de dépassement, de remise en question. Les « hypocraties » ne dérogeant pas à cette règle et détestent autant l'autonomie et la liberté individuelle. Mais à la place de la répression sanguinaire, le régime « hypocratique », préfèrent compter sur la docilité du peuple et sur la notion de « libertés réduites », à entendre, canalisées dans des voies déterminées qui ne peuvent pas lui nuire. Il mise plutôt sur la soumission volontaire, les contraintes économiques, la force de la propagande diffusée en permanence par les médias, l'école, les hommes politiques, les gens eux-mêmes. Une hypocrisie généralisée qui met à jour l’immense pouvoir de l’auto-persuasion de la majorité des gens et le bourrage de crâne exercé par les adultes sur les enfants. Une méthode beaucoup plus efficace que les exécutions sommaires et les camps de rééducation.

Tant que le peuple ne remette pas en cause leurs existences et tant qu’il ne se rende pas capable de construire autre chose, les hypocraties montrent un visage tolérant et ouvert. Les hypocraties tolèrent même l’existence d’une opposition. A condition, bien évidement, que celle-ci ne puisse se passer d’elles. Les quelques défoulassions sporadiques tolérées, permettent à « la dissidence» d'avoir l'impression de faire quelque chose et même d'avoir l'illusion de remporter parfois des petites batailles. Tant que l’opposition reste résiduelle elle ne constitue dans une hypocratie aucune menace. Elle sert même à montrer combien elle est tolérante ! Elle sait que grâce à la censure et à l’implacable jeu de la real politique, ils auront très peu d’accès aux grands médias, et donc que leur audience restera toujours limitée. Elle espère qu'ils finiront par se convertir comme tout le monde, ou par sombrer dans le désespoir ou la violence. A défaut, elle les marginalisera encore plus en les amalgamant à des catégories criminelles. Elle sait que ses sujets adorent les boucs émissaires et n'aiment pas ceux qui mettent le doigt sur les réalités qu'ils tentent d'oublier en adhérant à fond au système « hypocratique».

Au sein d’une hypocratie, les tenants du pouvoir s’évertuent, dans un subtil exercice, à fragiliser la population convaincus et à juste titre qu’il est plus facile de régner sur des gens diminués financièrement, spirituellement et intellectuellement. Il est certainement plus facile de les manipuler tant qu’ils se préoccupent davantage de leur survie quotidienne que de changer le monde. Précarité, chômage, surendettement, insécurité autant de levier sur lesquels les régimes «hypocratiques» jouent pour bloquer les possibilités de révolte à la base. La paupérisation de tous les aspects de la société est un d'excellent moyen de contrôle qui ne dit pas son nom. Mais une des ruses suprêmes des régimes hypocratiques, est d'obliger quasiment tout le monde, contestataires et conformistes, à franchir consciemment ou pas les limites de la loi. Chacun peut alors être l'objet de poursuites. Par exemple, pour s'exprimer, on peut avoir à organiser une manifestation interdite, pour survivre certaines personnes sont obligés de commettre des illégalités, les réglementations de certaines professions sont tellement tatillonnes qu'on est obligé de ne pas les respecter pour pouvoir survivre…Autant de truchement redoutables pour mettre toute la population à la porté d’une justice arbitraire et complètement à la solde du pouvoir et qui en donner, en Tunisie, des résultats remarquables.

Les systèmes « hypocratiques », bien qu’ils soient à la pointe du totalitarisme, peuvent probablement être perfectionnés et approfondis, notamment grâce aux innovations technologiques en matière de censure et de contrôle des populations, mais il semble difficile de faire plus vicieux et plus efficace sur le principe. Par les deux aspects qui les définissent, ces régimes ont réussit à se maintenir et à prospérer sans rencontrer de véritable résistance intérieure et encore moins extérieure. En effet, dans de tels régimes, les gens réclament eux-mêmes leurs chaînes et se révèlent encore plus répressifs que les services de répression d'Etat. Pas besoin de massacrer les opposants, il y en a trop peu et ils sont complètement paralysés par les rouages du système. Les braves citoyens s'auto-surveillent, s'autocensurent, le tout étant recouvert du drap blanc des libertés, du « gouvernement par le peuple ». Il suffit de savoir doser intelligemment répression, atteintes aux libertés, récompenses et biens matériels pour éviter révoltes et rejet en bloc. Le peuple veut y croire, il n'est donc pas trop difficile de le contenter, malgré tous les faits qui démontrent le contraire. De grandiloquentes déclarations, des élections pour élire un candidat unique ou des gens qui n'ont pas de pouvoir réel, suffisent à donner l’impression de vivre dans un système convenable.


Dans le monde beaucoup de régime optent pour une « hypocratie » et parviennent tant bien que mal à maintenir une illusion de liberté et une façade plus au moins convenable, mais de ceux qui ont le plus réussit l’application de ce modèle, le régime tunisien peut prendre valeur d’exemple. Depuis son installation à la tête du pouvoir il n’a cessé de perfectionner le système pour le rendre presque invisible, indétectable pour l’observateur étranger et complètement intégré par la majorité des tunisiens. Même ceux parmi eux qui découvrent la vraie nature du régime trouvent peu d’oreilles intéressées. Le visage humain du système « hypocratique » profère à ces tenants un certain « bénéfice du doute »…c’est peut être là sa plus grande réussite.



jeudi 13 décembre 2007

Kadhafi à Paris : Les caricatures d'une visite




Le canard Enchaîné du 12.12.2007


Le Canard Enchaîné du 12.12.2007 Charlie Hébdo du 12.12.2007

Charlie hébdo du 12.12.2007
Charlie hébdo du 12.12.2007





dimanche 9 décembre 2007

Les "Ben Ali's Angels" de la censure






armi les nombreux domaines où la Tunisie occupe les premiers rangs dans les classements internationaux, il en existe deux où elle est particulièrement brillante : l’émancipation de la femme et la pratique de la censure. Alors, quand le régime tunisien décide de mettre à profits l’expérience accumulée dans ces deux domaines, cela donne l’Agence Tunisienne de l’Internet ou ATI pour les intimes. En effet depuis sa création en 1996 l’agence publique n’a été dirigée que par des femmes. Pas moins de 3 directrices successives qui ont constitué à elles trois un tableau de chasse impressionnant. Celles qui auraient pu être le symbole de cette Tunisie paritaire ce retrouvent être les administratrices pour le compte de l’état de l’une des pires de ses entreprises : celle de la censure et de la désinformation.

Elles s’appellent Khadija Ghariani, Feriel Béji et Lamia Cheffai. Leurs noms ne vous disent peut être rien, pourtant, elles participent de jours en jours, à mener à bien l’étouffement et la mise aux pas de l’Internet libre en Tunisie tant espérés par le pouvoir en place. Plus de 50 sites et blogs tunisiens sont depuis censurés sans compter des dizaines d’autres de diverses nationalités également inaccessibles. Pour y parvenir elles travaillent main dans la main et en dehors de tout cadre légal avec la police du Net tunisien. Il ne serait être autrement puisque depuis le 3 septembre 2007 et la censure de Dailymotion, le fournisseur d’accès TopNet a désigné directement l’ATI comme responsable du « filtrage » du site. Un aveu qui confirme se que tout le monde savait déjà. Etant le fournisseur de tous les autres fournisseurs d’accès, l’ATI peut filtrer à sa guise l’accès à l’Internet.

Il faut dire que si on lit bien entre les lignes les déclarations des différentes administratrices, l’activité de « filtrage » de l’internet tunisien n’a jamais été formellement niée par l’agence. Déjà, Mme Ghariani, première à avoir tenu les reines de l’agence et à qui on doit la première vague de censure qui a vu interdire les premiers sites indépendants de la toile tunisienne, répondant aux accusations de censure déclarait : « il n’y a pas de censure en Tunisie puisque les proxys n’y sont pas interdits ». Ce qui en d’autre termes veut dire « nous censurons mais nous permettons de contourner cette censure ». Admirez toute la subtilité de la réponse qui sous-entend que pour les internautes avertis sachant utiliser les Proxys, il n’était pas impossible de contourner les blocages. Mais elle oublie tout de même de préciser que le recours aux proxys est possible surtout parce qu’il est techniquement impossible de les censurer tous et que ceux utilisés étaient censurés à-fur-et-à-mesure que ses techniciens les découvraient.

Pour Mme Béji qui lui succède, le discours est toujours aussi subtil mais beaucoup plus explicite. Puisque tout en niant l’existence de la censure, elle justifie celle-ci par un besoin de servir l’intérêt général ! « Certaines voix calomnient la Tunisie en disant qu'Internet y serait censuré. » dit-elle. « La vérité, c'est que nous souhaitons une bonne utilisation du réseau, pour que cet outil serve réellement au peuple ». Voilà donc pourquoi censure-t-on en Tunisie : c’est pour éviter au peuple les lectures inutiles. Quelle abnégation et quel sens du devoir. Un sens du devoir qui lui permet de battre un record de rapidité en censurant Yezzi.org, le site de la manifestation permanente contre Ben Ali, moins de 18 heures après sa mise en ligne ! Encore, dans l’une de ses dernières actions à la tête de l’agence, surement dans un excès d’abnégation, elle censure Dailymotion l’un des sites les plus visités par les internautes tunisiens. « Le peuple », lui, n’apprécie pas vraiment, à en croire les dizaines de voix mecontentes des utilisateurs tunisiens de se site.

Mme Lamia Chafaï qui est venue dans les baguages de Mr Haj, le ministre actuel, et que la presse présente comme «une vraie communicatrice, très joviale, toujours souriante, courtoise et est dotée d’une grande maîtrise du Web et de l’Internet», n’est quant à elle, pas étrangère à la maison. Elle s’y occupait déjà de marketing et de commerce électronique sous le règne de Mme béji avant d’aller exercer ses talents à l'Agence nationale de certification électronique (ANCE) dont elle a été la directrice générale. D’ailleurs pour bien marquer son retour et montrer à ses commanditaires qu’elle peut faire aussi bien, voir mieux que ses prédécesseurs, elle censure You Tube un autre site de partage de vidéo qui est devenu le refuge de tous ceux qui ne pouvaient plus accéder à Dailymotion. Ce qui ne semble pas poser de problème à celle qui déclarait que « La Tunisie est certainement aussi avancée dans la voie de la société de l'information que de nombreux pays européens. […] Dans un certain nombre de cas, elle donne l'impression d'avancer plus vite que la France ». Il est évident qu’administrer la censure des deux sites les plus emblématiques du Web 2.0, et de dizaines d’autres sites est en soit un exploit que peu de pays peuvent égaler. Mme Cheffai vient même d’élever encore le niveau d’un cran en censurant il y à quelques jours un autre blog qui s’ajoute à une liste qui commence à être longue. Difficile donc de faire mieux !

Sur Tunisie Haut débit, un blog qui parle des services Internet en Tunisie on peut lire la présentation suivante : « L’ATI, vous connaissez ? C’est la police du net tunisien. Plus efficace que le contrôle parental, elle veille à ce que notre navigation sur internet soit la plus saine que possible. L’ATI joue, aussi, le rôle du « Big Brother » qui décide à notre place et à la place des FAI de ce qui est le mieux pour les exigences des Tunisiens sur le net». La réputation de l’ATI n’est plus donc à faire en matière de « flicage » et même si l’auteur de ces quelques lignes espérait « une bienveillance plus maternelle » de la part de Mme Cheffai, le palmarès déjà bien garni de cette dernière finira pas le convaincre du contraire. Reste encore un petit effort à faire pour l’agence pour assumer son rôle « de police de l’internet » au grand jour, puisque jusqu’ici elle cachait la censure qu’elle exerce en reproduisant une fausse page d’erreur, la fameuse page « 404 ».

Le journaliste, du site d’informations économiques, webmanagercenter.com ne croyait pas si bien dire en écrivant : « Décidément les femmes réussissent bien à l’ATI (Agence Tunisienne d’Internet). En effet, depuis sa création, l’ATI a été dirigée par des femmes (à trois reprises), ce qui dénote la capacité de ces dernières dans la gestion technique du nœud Internet national. ». En ce qui concerne la gestion du nœud les trois administratrices ont montré leur savoir faire à part que ce nœud est coulissant et qu’il est entrain d’étouffer le seul vrai espace de liberté en Tunisie. Je ne sais pas si le fait que cela soit l’œuvre de femmes tunisiennes le rend plus condamnable mais ce qui est certain c’est que cela est indigne de notre pays. Mais il semblerait que malheureusement la dignité a déserté depuis longtemps les couloirs du pouvoir en Tunisie. Ceci est aussi bien vrai pour les hommes que pour les femmes qui les arpentent.



jeudi 6 décembre 2007

Tunisnews hacked



e journal en ligne TUNISNEWS vient de subir une attaque. Cette action de piratage à fait disparaître totalement ses archives de la toile. On ne voit plus sur le lien du site que cette inscription « TUNISNEWS HACKED PAR BRK2 » au milieu de l’écran avec la photo reproduite en haut

La disparition du site a été signalée depuis hier « la requête vers http://www.tunisnews.net donne une erreur 403 (accès non autorisé). De même si l’on cherche à y accéder par Google cache, on y arrive mais, ensuite, les liens vers les différentes éditions demeurent bloqués. » par Astrubal. On doutait déjà que quelqu’un voulais donner le coup de grâce final à ce journal.

L’annonce le premier décembre par les gestionnaires du site de l’arrêt de leur publication après 7 ans et 7 mois a pris tout le monde par surprise. Des réaction amers ont été partout exprimés, tellement la publication s’est imposée au passage des années comme un source incontournable d’information indépendante et ouverte à tous dans un pays ou la liberté de la presse et d’expression sont totalement bloqués. Les messages de protestation et d’exhortation ont fini par amener les responsables du site à reconsidérer leur décision le 4 décembre 2007 :

« Nous n’avons pas pu obtenir de votre part la permission de prendre notre retraite. Un grande majorité parmi vous nous a fait comprendre que TUNISNEWS n’est plus notre affaire personnelle et qu’il s’agit dorénavant d’un projet patriotique, de portée nationale et civilisationnelle.

Les causes - personnelles et de force majeure - qui nous ont poussé à prendre la décision - pénible et trés difficile - n’ont malheureusement pas changé mais nous décidons de reprendre le travail tout en fixant un délai (La fin de notre 8éme année d’existence) pour élaborer un projet qui assurera- nous l’espérons- la pérennité, l’élargissement et l’amélioration de TUNISNEWS… »


Cette décision saluée par tous les sites indépendants n’aurait que l’effet d’une démobilisation face à la véritable épreuve que vient de subir ce journal citoyen. Ce n’est pas la première fois qu’il subit une semblable attaque et on ne peu que douter des origine d’un tel acharnement. Mais c’est le prix du combat pour la liberté, un archive de 2772 jours à reconstituer.

Bon courage TUNISNEWS, certain ont tendance à oublier que Tunisnews n’est pas un journal mais avant tout un instrument de combat pour alerter et dévoiler les supplices et les persécutions que subissent tout ceux qui ont besoin de son support derrière notre rideau de fer pour faire parvenir leurs voix.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis Le 06 12 2007

samedi 1 décembre 2007

Le Lobby des dictateurs et des corrompus



i vous pensiez qu’à un certain niveau d’éducation, d’instruction, qu’à un certain niveau de responsabilités, surtout celles susceptibles d’engager celle de tout un pays, on ne pouvait pas dire n’importe quoi, Vous allez très vite déchanter. Le ministre algérien des moudjahidines (anciens combattants), vient de balayer d’un revers de main toutes ces naïves croyances. Lors d’un entretien publié par le quotidien algérien El Khabar, à l’occasion de la visite éminente du président français, Monsieur Abbés a eu l’opportunité de montré l’étendu affligeante de son sens du jugement de la mesure.

Dans un discours qui, tantôt sent la naphtaline, tantôt les centrales d’épuration de l’ONAS, il affirme d’emblé qu’« au jour d’aujourd’hui, des relations de parité entre Alger et Paris ne sont pas envisageables ». Ici on se dit que comptes tenus du passé douloureux des deux pays, on peut comprendre que beaucoup d’injustices et de souffrances restent encore non reconnues ; qu’il reste surement beaucoup à faire des deux cotés ; que cela prendra encore du temps pour qu’on puisse concevoir des relations apaisées entre Paris et Alger. Tout cela est concevable et même naturel. Les victimes, pour pouvoir pardonner ont besoin qu’on reconnaisse leurs statuts de victimes.

Mais notre brillant esprit illuminé, lors d’une démonstration sans aucune ambigüité sort un argument fatal qui cloue le bec à toutes nos suppositions, surement trop terre-à-terre. « Vous connaissez les origines du président français et les parties qui l’ont amené au pouvoir ?» demande-t-il. « Saviez-vous que les autorités israéliennes avaient mis en circulation un timbre à l’effigie de Nicolas Sarkozy, en pleine campagne électorale ? Le gouvernement d’ouverture que dirige M. Sarkozy, qui a vu plusieurs personnalités de gauche rejoindre un gouvernement de droite soulève plusieurs interrogations comme pourquoi Bernard Kouchner a décidé de sauter le pas, cela ne s’est pas fait pour des croyances personnelles ? » S’interroge-t-il avant de conclure très sur de lui : « Ceci était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de la décision en France ». Apprécions particulièrement l’argument du timbre postal à l’effigie de Sarkozy, surement une nouvelle pièce maitresse dans le dossier déjà épais du « complot juif » qui menace le monde.

Mais bon après ces effarantes révélations sur cette « obscure machination », nous voilà rassurer par la vigilance de ce courageux fonctionnaire. Il faut dire que nous avons la chance de vivre dans des pays qui recèlent d’armées entières de soldats de son calibre, qui ne ratent aucune occasion de dénoncer « les desseins maléfiques de ces organisations secrètes qui lorgnent nos richesses et convoitent nos souverainetés ». Chez nos aussi, en Tunisie, mais aussi ailleurs dans notre sinistré Monde Arabe, on sait très bien déceler « les jaloux et les conspirateurs » qui emploient « des agents à leurs soldes et complètement ralliés à leurs causes ». Pourtant, toute cette ingéniosité à « inventer » des « grand méchants loups », s’évanouie en un aveuglement pathétique quand il s’agit de voir notre réalité pourtant visible à l’œil nu.

Quand il s’agit de dénoncer « le lobby des dictateurs », « le lobby des corrompus » ou encore « le lobby des raquetteurs » qui pourtant sévissent dans nos pays, au vus et aux sus de tout le monde, et composés de gens qui ont les mêmes « origines » que nous. Quand il s’agit par exemple pour l’Algérie d’expliquer comment ce fait-il que le pays, désendetté, est de plus en plus riche alors que la majorité des algériens restent désespérément pauvres ? Quand en Tunisie, les meilleurs affaires du pays et une grande partie des entreprises publiques se retrouvent dans les mains d’une poigné de familles sans aucun patrimoine propre mais miraculeusement proche du président actuel ? Ou quand au Maroc, plus de la moitié de la population est tout bonnement exclu du progrès certain que connaît le pays en termes d’investissement et de croissance économique. Les exemples ne manquent pas, pour illustrer les méfaits de ces « lobbys » bien de chez nous qui s’activent méticuleusement et par tous les moyens (même les plus violents) à faire triompher leurs intérêts particuliers au détriment de ceux de leurs pays et par conséquences, de leurs peuples.

Vous l’aurez certainement compris, la question ici n’est pas tant de savoir si « le lobby juif » existe (à cette question Mitterrand en son temps avait répondu par l’affirmatif) ou si ce fameux « lobby » est pour quelque chose dans l’élection du président actuel de la France. Ces questions intéressent en premier le peuple français qui, et comme l’histoire l’a montré à maintes reprises, n’accepte jamais que ses dirigeants aillent à l’encontre de ses intérêts et cela même pour des dirigeants qui ont, à un certain moment, reçu son approbation. La question est de savoir si une relation de parité, une relation d’égale à égale est possible entre la France et l’Algérie ou entre n’importe quelle autre « puissance » et nos pays « en voie de développement » ? À cette question la réponse ne peut être que « non ». Non pas à cause de j’en sais quel passé douloureux ou j’en sais quel « lobby » aux intentions malveillantes. Cette parité n’est tout simplement pas envisageable essentiellement à cause du manque de légitimité de nos dirigeants.

Alors bien évidement, Les dirigeants américains, français, allemands, israéliens et j’en passe, profitent de cette situation pour servir leurs intérêts, qui ne sont, en fin de compte, rien d’autre que ceux de leur citoyens. Mais, pour quelle raison ces pays ou leurs dirigeants se préoccuperaient de nous plus que nos propres dirigeants ? Pourquoi voulons-nous qu’ils pensent à nos intérêts avant les leurs ? Pourquoi oublions-nous toujours les vraies causes de nos problèmes pour trouver des justifications ailleurs que chez nous. La vraie cause de nos problèmes se sont nos dirigeants. Se sont eux qui oublient les intérêts de leurs peuples pour ne servir que les leurs. Se sont eux qui hypothèquent nos avenirs pour assurer la pérennité de leurs pouvoirs. Tant que nous acceptons « le lobby des dictateurs », des voleurs et des voyous à la tête de nos pays, tant que nos pays ne sont pas gouvernées par la seule volonté de nos peuples et non par celles, brutales et corrompues de ceux qui nous gouvernent actuellement, beaucoup profiteront de leurs soif de pouvoir au détriment de nos intérêts.


jeudi 26 juillet 2007

Appel à Solidarité







es mercenaires de la dictature Tunisienne ont procédé aujourd’hui à une attaque contre ce Blog ( http://tunisiawatch.rsfblog.org ), Une opération criminelle qui à fini par détruire complètement les quelques 650 articles de son contenu ainsi qu’une quantité équivalente de documents, photos et rapports concernant les luttes démocratiques pour la liberté, la justice et le libre expression en Tunisie. Mon blog personnel à subi le même sort en même temps

Ce blog d’information sur la Tunisie qui a été mis en ligne grâce à RSF en geste de solidarité après la destruction de mon blog précédent http://yahyaoui.blogspot.com , il y a sept mois à pu s’affirmer en cette courte duré comme une source d’information indépendante sur la Tunisie par le flux de lecteurs qui le consulte quotidiennement du monde entier. Face à cette audience interne et internationale la dictature à procédé à sa censure il y a moins de deux mois. Une censure qui à privé beaucoup de tunisiens d’une source indépendante d’information mais dont la majorité ont pu le surmonté comme l’attestait le nombre des lecteur anonyme qui occupe la troisième position dans les statistiques de ses lecteurs.

Face à la déroute du système d’information officiel et le détournement massif observé depuis quelques temps des journaux, radios et télévisions officiels qui sont devenu synonyme de désinformation, propagande et manipulation une attaque en règle à été observée depuis quelques semaines visant tous les sites et blogs dissidents ou opposé à l’information truqué que la dictature veut imposer. Après l’échec de la stratégie de la censure la dictature a commencé à procédé depuis quelque temps par l’infiltration des sites visées et la destruction pure et simple de leur contenu. Cela c’est répété deux fois en moins d’un mois pour le site PDP info et pour plusieurs autre sites qui l’ont signalé ces dernière journées.

Aujourd’hui que la Tunisie commémore un demi siècle de dictature sous couvert d’une proclamation de République qui n’a jamais existé et alors que la dernière dépêche concernant le dernier discours de son président « prône l'audace de la presse et ordonne la création d'une nouvelle TV » beaucoup sont encore assez naïf pour croire que la dictature cherche à procéder à plus d’ouverture alors qu’elle ne fiait que s’enfoncer davantage dans sa fuite en avant avec l’illusion de restaurer la crédibilité perdue de sa parole et de son information.

Les temps ont changé, la dictature par ces procédés ne fait que montrer qu’elle est en train de se battre en retrait. L’opinion publique nationale autant qu’internationale, sont en train de se rendre compte de sa triste réalité. Il suffit de constater à l’image des commémoration de ce triste cinquantenaire d’une république volé qu’il n’a été retenue et évoqué dans la rue comme par les médias internationaux que par le relâchement de quelques prisonniers politiques et d’opinion sous les pressions internes et les interventions internationaux.

J’appelle et j’implore tous les tunisiens à croire que cette sombre ère va bien tôt finir, à se solidariser et à travailler tous dans la même voie de la liberté en faisant éclater toutes les vérités que cette dictature tient à cacher pour dissimiler la face hideuse de sa véritable nature. J’appelle aussi tous nos amis nombreux dans le monde entier de ne pas se réjouir démesurément de la libération de Mohamed Abbou car en plus des centaines de tunisien innocents encore en prison ou exilés des millier ne sont qu’en sursis aux portes des prisons.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis 26 Juillet 2007