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mercredi 20 août 2008

Tunisie : Opération main basse sur les emails





ntrusion, prise de contrôle et destruction totale de comptes email, réception de messages d’erreurs, apparition de messages farfelus qui disparaissent après consultation, ce sont là quelques-unes des fâcheuses mésaventures qui constituent le quotidien de certains utilisateurs tunisiens des services de messagerie électronique. D’après les différents témoignages recueillis de Tunisie, il semblerait qu’une personne ou une organisation dispose d’un moyen d’intercepter, de modifier et de bloquer le contenu envoyé et reçu via certains comptes de messagerie.

En effet, depuis quelques mois, des associations et organisations militantes, des personnalités de l’opposition politique et de la société civile ou encore de simples militants ou internautes un peu trop curieux, sont la cible d’une campagne de sabotage sans précédent. Une campagne qui a commencé au début du mois d’avril et qui s’intensifie depuis la fin du mois de juin touchant de plus en plus d’utilisateurs.

C’est, par exemple, le cas pour Mokhtar Yahyaoui, magistrat révoqué suite à une lettre adressée à Ben Ali et animateur de plusieurs blogs actifs dont le blog d’information, plusieurs fois piraté, Tunisia Watch. Rencontré à Tunis, fin mai, le magistrat racontait déjà comment plusieurs de ses adresses de messagerie ont été neutralisées :
« J’avais remarqué que je ne recevais plus de mails sur mon adresse publique, j’ai essayé de faire des redirections sur d’autres adresses, sans résultats. Alors pour en avoir le cœur net j’ai fait un test avec un ami en France et aucun des emails envoyés n’est parvenu à mes différentes adresses testées. Un dernier essai sur une adresse que personne ne possédait a permis à la police du net de la bloquer dans l’heure qui suit. La rapidité avec laquelle ils ont réagi montre qu’ils possèdent des moyens techniques et humains redoutables», a-t-il raconté.
Mais ce filtrage peut également être partiel ne concernant que certains emails provenant d’adresses particulières. Ainsi, par exemple, une adresse de messagerie peut continuer à recevoir certains messages et pas d’autres. Comme c’est le cas pour une des adresses du magistrat :
« Je reçois sur l’adresse email du blog Tunisia Watch toutes les notifications de Facebook mais aucunes des notifications de commentaires du blog ni aucun message personnel et aucun email envoyé de cette adresse n'arrive à destination. Les notifications d'actualité de Google News ou les lettres de diffusions quotidiennes de Rue89 ou Bakchich sont, quant à elles, effacées à leur arrivée sur tous mes comptes email ».
La même mésaventure semble se reproduire avec l’avocat Abdelwahab Maatar qui n’a trouvé que la messagerie interne du site communautaire Facebook pour lancer l’alerte et informer ses contacts que sa messagerie électronique venait d’être « compromise » :
« Je tiens à vous informer que ma boite email (abdoumat2000) a été complètement compromise, voire détruite […]. La police de l’Internet l'a complètement maîtrisé. Aucune réception ou envoi n'est possible depuis le 27 mai. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir en prendre note et d'en avertir nos amis communs pour me permettre de reconstituer mes contacts.»
Contacté à la suite de ce message, Maître Maatar raconte son expérience « troublante » suite à laquelle il a déjà perdu 3 comptes de messagerie, dont le premier, une adresse sur la messagerie Gmail de Google, complètement effacée le 22 avril 2008 :
« La boîte Gmail annonce : ‘communiqué de presse EL Mawkef, Tunisnews Arabic 21 4, Tunisnews French 21’. A l’ouverture de la boite de réception : il n’y a absolument rien ! A l’ouverture de la case des messages envoyés, je découvre que tout a sauté ! […] Mieux, à ma grande surprise, je découvre que tous mes dossiers (Presse, AISPP, Amis, Profession, Personnel et Autres) ont tout simplement disparu. Il en est de même de toutes les adresses email figurant dans mes Contacts […] Les paramètres du « défunt» compte m’indiquent : vous utilisez actuellement 0 Mo (0 %) de votre espace de 6649 Mo.»; raconte-t-il, non sans une certaine amertume.
Pour maître Maatar, tout a commencé le 9 avril 2008 par d’étranges messages reçus sur cette adresse email. Des messages aux contenus non moins étranges : « Ça vous dirait de dîner ? Hier j’ai acheté une nouvelle voiture » reçu de allgirls@lifeisgreat.us ou « Salut ! J’ai besoin d’un nouveau travail, parle-moi de ton entreprise ? Peux-tu m’introduire auprès de ton patron ? Merci » reçu de twin.spark@enterprise.mars dont l’objet est « vas-y » et le tout en anglais !

Le plus déroutant, explique l’avocat, c’est que les messages paraissaient en premier sur la boîte de réception comme des messages provenant d’adresses de personnes qu’il connaît, ou de lettres de diffusions auxquelles il est abonné, puis une fois consultés, ils disparaissent comme par enchantement de la boîte de réception n’y laissant que « la conversation demandée ne se trouve plus dans la boîte de réception » quand il tente de retourner au message !

Abdallah Zouari, journaliste et blogueur tunisien, emprisonné pendant 11 ans pour ses activités politiques et qui subit une mesure d’éloignement forcé qui le condamne, depuis sa libération en 2002, à vivre sous résidence surveillée à 500 km de sa famille, s’est plein des mêmes problèmes au blogueur et coadministrateur de Nawaat Sami Ben Gharbia à qui il a confié plusieurs captures d’écran qui attestent du sabotage de sa boite de messagerie.


« Salut ! J’ai besoin d’un nouveau travail, parle moi de ton entreprise ? Peux-tu m’introduire au pré de ton patron ? Merci » Traduction d'un des messages qui apparaissent à la place du contenu des emails. Capturé sur l'ordinateur de Abdallah Zouari.


Abdallah Zouari et Sami Ben Gharbia se sont alors livrés à quelques tests pour voir si ces messages apparaissaient également pour ceux qui se connectent de l’extérieur du pays. Le résultat est sans appel. Le contenu d’un même message était disponible pour Sami qui vit aux Pays-Bas mais pour le journaliste il s’ouvre sur le message suivant : « Salut ! J’ai besoin d’un nouveau travail, parle moi de ton entreprise ? Peux-tu m’introduire au pré de ton patron ? Merci ». Ceci démontre, au moins pour les tests effectués, que ces messages n’apparaissent que pour les utilisateurs se connectant de la Tunisie. On peut aussi supposer qu’il s’agisse de messages préenregistrés et générés d’une manière automatique et aléatoire. Enfin, certains messages sont récurrents comme le message ci-dessus reçu par plusieurs personnes, dont maître Mataar.



Capture d'écran de l'email de la lettre de diffusion de Tunisnews consultée sur le compte de messagerie de Abdallah Zouari à partir des Pays-Bas.



Le même email consulté à partir de la Tunisie.


D’autres témoignages rapportés font état de messages similaires comme le confirme un communiqué de l’AISPP du 13 juin 2008 et appelant à mener une « campagne internationale pour dénoncer le piratage de l’internet en Tunisie. » :
« […] Quel étonnement pour celui qui consulte un message électronique d’une association militante en découvrant les insultes ordurières du contenu du message ou des phrases comme : « hier j’ai eu un mal de ventre. Est-ce que tu es un docteur ? » Ou « je cherche Carla, l’as-tu croisé ? » Ou encore « hier j’ai marché jusqu’à la lune, je sens une extrême fatigue ».
Ces messages fantomatiques et plus au moins équivoques n’apparaissent pas seulement dans les boites de réceptions des messageries des personnalités de la société civile et de l’opposition tunisienne. Selon plusieurs témoignages reçus d’internautes tunisiens, le même type de messages apparaît à des abonnés « anonymes »s aux lettres de diffusion (newsletters) d’organisations interdites ou de sites censurés.

Une lectrice de notre site voulant s’abonner à Manchour, la newslettre de Nawaat, à eu la surprise, à l’ouverture du mail de confirmation de l’abonnement, de découvrir un message intitulé « 10 miles away » et contenant la phrase suivante : « I’m running too fast, much more than Lewis : a policeman catch me. » (Je cours très vite, encore plus vite que Lewis : le policier m’a rattrapé) ! Surprise et un peu inquiète, elle nous contacte croyant à une plaisanterie. Trois essais consécutifs d’envois de mails de confirmations plus tard, tous reçus avec des messages aussi étranges les uns que les autres, montrent que très probablement les envois à partir de l’adresse de messagerie par laquelle est diffusée notre newsletter sont filtrés pour les boites de réception tunisiennes. Les essais ont également montré que cela se faisait d’une manière instantanée.


Captures d'écrans effectuées par une abonnée de la newslettre de Nawaat.org.


Des abonnées d’autres lettres de diffusion se sont également plaint de problèmes similaires dont certains abonnés de la lettre de diffusion du site d’information Tunisnews. A signaler tout de même que ce n’est pas le cas de tous les abonnés dont certains contactés ont affirmé ne rencontrer aucun problème de ce genre.

Plus généralement, et en se basant sur les différents témoignages, « le filtrage » semble s’opérer à deux niveaux. Tout d’abord, sur des adresses de messagerie ciblées. La totalité ou certains des emails envoyés à partir de ces adresses ne sont tout simplement pas délivrés à leurs destinataires. La même chose se produit pour les emails envoyés par des tiers à destination de ces adresses. Les propriétaires de ces comptes ainsi ciblés continuent à y avoir accès et ce sont en général leurs interlocuteurs étonnés de ne pas recevoir un email attendu ou une réponse à un email envoyé qui avertissent la victime de ces dysfonctionnements. Ce sabotage ciblé peut aussi aller jusqu'à l’effacement de la totalité du contenu d’une adresse donnée ou encore par le piratage pur et simple du compte de messagerie en changeant les identifiants du compte. La victime perd alors l’accès à ce compte.

En conséquence de ce ciblage, les malfaiteurs peuvent alors étendre leurs filtrages à tous les destinataires de ces comptes de messageries. Ils peuvent selon le contenu de l’email envoyé, soit le modifier ou le supprimer ou alors le substituer par un message d’erreur ou par un message farfelu comme nous l’avons vu dans les témoignages précédents. C’est comme ça que par exemple des abonnés de différentes lettres de diffusion se retrouvent eux aussi touchés par ce sabotage. Très probablement cette manipulation se fait directement sur le flux de leur boite de messagerie puisque les messages ainsi modifiés ne sont consultables qu’une seule fois et disparaissent ensuite de leurs boites de réceptions.

Ce qui nous ramène à la question fatidique, à savoir : qui se cache derrière cette campagne de sabotage des boites de messageries en Tunisie ? Vu l’ampleur des sabotages et la réactivité des malfaiteurs et surtout les moyens humains et techniques nécessaires à de tels agissements, ont peut raisonnablement exclure l’acte de piraterie gratuit œuvre d’un pirate solitaire ou d’un groupe de pirates en manque de notoriété. Sami Ben Gharbia parle lui de Deep packet inspection (DPI) et qui « est une technologie qui permet de contrôler l'activité en ligne et filtrer les échanges sur le réseau en effaçant le contenu « indésirable » des courriers électroniques reçus ». Une technologie qui s’installe sur un réseau donnée et opère comme un filtre en temps réel sur les échanges des contenus.

Pour les victimes, il n’y a pourtant aucun doute. Cela ne peut être que l’œuvre de la fameuse police de l’Internet comme l’affirme maître Mataar qui estime que tout le contenu de ses comptes de messagerie ont été « détournés par et au profit de la police d’Internet». Et il est difficile de chercher ailleurs tant qu’il est vrai que tous les éléments recueillis montrent que cette censure s’opère au sein du réseau Internet tunisien. Un réseau qui se trouve justement sous le contrôle de Tunisie Télécom en tant qu’opérateur historique et la fameuse ATI en tant qu’administratrice du réseau. Deux entités qui ont un sombre passé avec la censure de l’Internet tunisien. Et puis le caractère ciblé de ces attaques, le fait qu’elles ne touchent, a priori, que ceux qui ont un rapport de près ou de loin avec la scène contestataire au régime tunisien met l’Agence Tunisienne de l’Internet et par conséquent le pouvoir tunisien au premier banc des accusés.

Et les charges ne sont pas légères, les plus importantes sont certainement celles en rapport avec « la violation du secret de la correspondance » qui comme le rappelle Astrubal lors de l’attaque du blog de Nawaat :
« nous sommes en plein dans le crime organisé et qualifié comme tel par la loi tunisienne. Il s’agit, en effet, ni plus ni moins que de la violation systématique des réseaux informatiques et du secret de la correspondance. ». En rappelant « la nécessite pour toutes les victimes de ces agressions de se réunir afin de rassembler et recouper les preuves en vue d’un dépôt de plainte contre X ».
En attendant, bien qu’il soit impossible de dénombrer toutes les victimes de ces violations, mais si toutefois les malfaiteurs s’avisaient à les étendre à toutes les lettres de diffusion et à leurs abonnés, les victimes potentielles seraient à compter par milliers…

Malek.k
http://stranger-paris.blogspot.com

Article publié sur www.nawaat.org



mercredi 21 mai 2008

Tunisie : La e-gouvernance ne séduit pas ceux qui gouvernent


ans le cadre d’un programme de développement du projet e-gouvernance en Tunisie, qui vise à améliorer l’accès aux tunisiens aux services administratifs en ligne, la Banque Mondiale, a commandé à un cabinet d’audit français une étude sur « l’état de la e-gouvernance en Tunisie ». Un état des lieux qui s’impose alors que la Tunisie venait d’être classée 124ème - entre le Surinam et le Swaziland - dans dernier rapport de l’ONU sur la e-gouvenance dans le monde. Les résultats, accablants, de cette étude françaises ont été présentés le jeudi 15 mai, devant un parterre de hauts fonctionnaires des administrations concernées et en présence de Zouheir Mdhaffar ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Fonction publique et du Développement administratif a raporté le site internet AfricanManager.com







Gestion complexe et inadaptée du dossier e-gouv, manque d’attractivité des services, difficultés pour y accéder, manque de formation et de conviction aux seins des administrations, débit très faible, ont été les principaux points soulevés par la présentation du dit rapport. Le cabinet conseil pointera surtout l’accès à l’Internet haut-débit dont il dit qu’il «n’est pas suffisamment accessible, n’est pas disponible en terme de pouvoir d’achat, à cause du manque de concurrence». Plus généralement les experts pensent que « le coût des télécommunications reste élevé en Tunisie » alors que le développement de l’administration électronique nécessite un débit plus fort, plus disponible et à faible coût ! Avant de conclure conciliants : «la Tunisie est allée [en matière d’Administration électronique] au bout de ce qu’elle pouvait faire, sans aller au bout du chemin».Voilà qui nécessite sûrement une autre étude qui nous expliquera comment aller « au bout du chemin ».

Le ministre délégué, M Zouheir Mdhaffar, a quand à lui commencé par contester le classement en précisant que « sur certains aspects, le diagnostic n’était pas réel » et en prétendant que ce classement a été corrigé et donne désormais la 106ème place à la Tunisie. Une correction qui n’apparaît pourtant pas encore dans le rapport disponible en ligne (voir l’extrait du classement plus haut). Peu importe pour le délégué ce classement « ne traduit pas la volonté qui existe en Tunisie, d’améliorer les choses ». M Mdhaffar confond sûrement politique et religion si non il saurait qu’en politique les bonnes intentions ne sont pas comptabilisées en tant que bonnes actions.

Mais après ce moment de mauvaise foi obligatoire, le ministre délégué se voulais, parait-il, plus sincère. Devant les caciques de cette administration, il a fait amende honorable en reconnaissant que les « services en lignes ne sont pas performants et l’accès du citoyen y est limité » […] ils ne sont même pas utilisés par les usagers même de l’administration », déplore-t-il. « Il n’y a pas de formation au sein des différents ministères ».a t-il ajouté. Il a également exhorté les fonctionnaires à se mobiliser pour « ne pas se laisser dépasser par les autres », en rappelant qu’un budget de 5 MDT, alloué a ce programme, reste mal ou pas utilisé. Sur ces 5MDT qui dorment selon lui en attendant qu’on les utilise, notre naïf ministre délégué continu de confondre intentions ostentatoirement affichées et réalité politique du pays.

Sûrement pour justifier son post, M Zouheir Mdhaffar terminera son constat, pourtant accablant, en parlant de l’ambition de la Tunisie de se doter d’une administration sans papier « la seule voie » selon lui « pour éradiquer tous les maux de l’administration et pour éviter le va et vient du citoyen à l’administration.». une ambition louable qui toujours selon ses affirmations « contribuera aussi, à réduire le coût des prestations administratives et qui représentent actuellement 13 % du PNB. ». Mais comme toujours en Tunisie ou rien n’est jamais la faute du législateur puisque «nous avons le cadre juridique qu’il faut » se sont naturellement « l’infrastructure et la pratique de l’administration, [qui] ne suivent pas». Le législateur appréciera sûrement tant reconnaissance. L’administré, lui, attend plutôt que « l’infrastructure et la pratique de l’administration » suivent !

Et cela ne risque pas de produire de si tôt au regard de ce qu’en pense l’administration à travers les réactions de ses éminents représentants raportées par le site Internet. Un ancien responsable d’un centre informatique aurait même fait l’apologie de l’ancien système et un autre celui du système d’archivage papier qui existe en Tunisie et demandera qu’on l’introduise dans ce nouveau système d’administration électronique. Ou « pourquoi faire du neuf quand on peut faire ce qu’on a toujours fait ? ». D’où le commentaire assassin d’un des présent : «on les comprend lorsqu’on voit la moyenne d’âge des personnes chargées de la coordination du e-gouv au seins des ministères». Voilà qui n’aidera sûrement pas « la pratique » à suivre !

Malek
Publié sur www.nawaat.org


lundi 5 mai 2008

Les internautes français jugent les propos du président Sarkozy

lors que les internautes tunisiens réagissent timidement à la visite de Nicolas Sarkozy en Tunisie et à son fumeux Discours de Tunis, leurs amis français, eux, n’ont pas perdu du temps pour être nombreux à le faire. Un discours, qui, contenu des premières déclarations du président français, s’annonçait déjà très prometteur. Et on peut dire, sans risque de se tromper, qu’il l’a été !

Les mêmes ingrédients qui ont fait le succès du candidat puis du président Sarkozy, les mêmes qui lui valent aujourd’hui une dégringolade sans précédent dans les enquêtes d’opinions en France, ont été employés pour montrer encore une fois, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, son soutien total et inconditionnel, à son hôte le dictateur-président Ben Ali.




Nicolas Sarkozy devant les étudiants de l'INSAT - Tunis - 30 Avril 2008 - Images: Public Sénat



Tout cela n’a donc pas échappé à la critique, le plus souvent cinglante, des compatriotes internautes de M. Sarkozy qui sont sûrement plus à même de décortiquer les subtilités de son discours. Comme le montre ce commentaire publié sur le site internet du quotidien Le Monde :


« On avait eu droit à “Est-ce que vous trouvez normal qu’une jeune femme soit brûlée vive dans un bus… ?” (Ben non, toi oui ?) […] C’était avant de faire Président. On continue à présent avec: “Alors tout n’est pas parfait en Tunisie, certes, tout n’est pas parfait en France non plus”. Ou encore la voix de son maître: “la Tunisie n’est pas la Corée du Nord”. Ben ouai, faudrait voir à pas oublier que tout est relatif… »


L’internaute fait référence à cette fâcheuse tendance de M. Sarkozy à poser des questions dont les réponses sont évidentes et qui bien évidemment servent la logique de son argumentaire. Donc, il est clair que si la question est : « voulez-vous que « les barbares » s’emparent de la Tunisie ? » La réponse des bientôt 11 million de tunisiennes et tunisiens ne pourrait être qu’un grand oui à l’unisson. Mais là où la manœuvre est payante, c’est quand il rajoute derrière : « C’est pour cela que je suis venu ici soutenir les efforts du président Ben Ali » !

Mais l’ironie n’a pas été le choix de tous et les commentaires étaient pour la plupart très virulents d’où il ressort en premier un sentiment de « honte » et d’« indignation ». En effet, pour beaucoup, le président français n’a pas été « digne de ses fonctions présidentielles » comme le fustige ce commentaire assassin d’un certain « Yannick L» :

« Il est difficile d’imaginer pire représentant de la France que notre Président. Il se comporte à l’étranger comme un marchand de cravates. Aucun sens de l’honneur, aucune grandeur d’âme. Il piétine sans vergogne tous les grands principes, car il n’a pas de principes, aucun dessein…»

Francis qui s’exprimait sur un article paru sur libération.fr enfonce le clou :

« Le modèle de Sarko, ce n’est certainement pas Charles de Gaulle. Ce n’est pas non plus Mitterrand, ni Chirac, ni Giscard, ni Pompidou. Tous avaient une haute idée de la France. Jamais ils n’auraient abdiqué les valeurs de la République, notamment les Droits de l’Homme, devant un dictateur…».

Il est clair que ça aurait été naïf d’attendre quoi que ce soit de Sarkozy sur le sujet des droits de l’Homme en Tunisie, il a montré lors de son premier passage à Tunis en 2006 qu’il considérait clairement Ben Ali comme un allié à soutenir et il n’y avait aucune raison pour que cela change entre temps. Surtout, qu’il y a eu depuis, la déjà légendaire, visite de Kadhafi en France et les déclarations d’amour à la moitié des dictateurs encore vivants de cette planète. Mais, delà, à carrément en venir à prostituer des valeurs aussi nobles et aussi ancrées dans l’histoire des peuples, et en rajouter comme pour assumer son acte, peu de gens l’avaient envisagé. Un langage et un comportement qui semble terrifier certains :

« Ce qui me terrifie, c’est que malheureusement, un clou chassant l’autre, les prochains discours (présidence de l’Union européenne, Jeux Olympiques, pour rester dans l’actualité) seront de pire en pire… ».

Voir horrifier d’autres :

« Quelle horreur ! Je crois que ça y est le président français vient de nier d’un seul coup tout ce qui nous construit : fini l’éthique en politique. C’est la porte ouverte au plus sordide. Au vu de ce qui va continuer de se passer en Tunisie, on peut presque parler de « crime contre la République ».

Mais ce qui semble le plus indigner ces internautes, c’est le caractère « raciste » et « condescendant » du discours du président français. Comme le signale avec beaucoup de prudence cette internaute :

« Vous avez sans doute raison sur le fait qu’il ne faille pas forcément se jeter dans la brèche, mais cela n’empêche pas que ce que dit Sarko est raciste ».
« Même Le Pen n’aurait pas osé sortir pareille connerie ! »

Enchérit un autre.

Beaucoup d’entre eux se rappellent le fameux discours de l’université de Dakar sur « l’Homme africain », qui selon lui « n’est pas assez entré dans l’histoire. » ! Sarkozy récidive à Tunis avec : « Vous avez une main d’œuvre qui ne demande qu’à être formée” […] “Nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation. ». Un propos prononcé la veille lors d’un autre discours et repris avec d’autres mots dans le Discours de Tunis : « Vous avez fait apparaitre une classe moyenne qui pourra consommer et produire les produits que nous même nous pouvons vendre » !


Mais, Henri Guaino, le véritable auteur de ces discours sirupeux, populistes, démagogues et aux relents racistes, n’a pas été oublié par les critiques souvent indignées des internautes français, à l’instar de « AC-89 » qui lance lors d’une discussion sur le site d’information Rue89.fr :

« Probablement un discours rédigé par Henri Guaino, comme celui de Dakar. Ce type transpire le racisme et la suffisance."

Au cours de la même discussion Queenisdead est quant à lui beaucoup plus loquasse :

[…] En parlant d'écriture, je me demande qui a bien pu lui écrire son discours, une nouvelle fois Guaino ? Cette paire de récidivistes est en train de faire plus fort que George W Bush, c'est dire ! Bref, j'ai honte pour mon pays, j'ai honte car il est sensé représenté la France. Les plaies du discours de Dakar ne sont pas encore refermées, qu'il se sent obligé d'y rajouter un peu de sel! On subodore, des préjugés raciaux qui fleurent bon le XIX° siècle, cet homme n'est pas l'avenir, il vit dans le passé [...] »

« Sonnez le réveil », un peu abattu par tant de condescendance, tente de faire réagir les Tunisiens en leur adressant son message :

« Tant pis pour la France ! Pays réduit à un mini pays qui mérite son mini président. Mais franchement les Tunisiens et les autres, vous avez une histoire longue de 3000 ans et plus, vous avez régné sur le monde comme des seigneurs et aujourd’hui vous cherchez votre salut auprès du président le plus ridicule dans l’histoire de la France…réveillez-vous ! Et faites comme vos ancêtres qui ont foutu dehors le dernier soldat et ont construit leur gloire de leur bravoure."
On ne peut que partager son avis !

Il est clair que quand M. Sarkozy nous félicite pour tout ce que la Tunisie a accompli en 52 ans d’indépendance, il semble oublier que l’histoire de la Tunisie ne se résume pas seulement à son histoire avec la France. Il oublie sûrement…ou, ne le sait-il peut-être pas, qu’il prononce son discours à deux pas de Carthage, capitale historique de la méditerranée ! C’est comme si l’on disait aux Français « regardez tout ce que vous avez accompli en 63 ans d’indépendance », considérant la Libération comme le début de l’histoire de France ! Ainsi, il est donc normal que la France produise le Minitel, le TGV, l’Airbus, et des centrales nucléaires depuis 1946 et que la Tunisie se limite à ses lois antiterroristes qui font ce progrès tant apprécié par le président Français !

En fin de compte et après la performance « remarquable » de M. Sarkozy, on peut tout à fait le croire sur parole quand il dit qu’il n’est pas venu en donneur de leçons. Je dirais même qu’il a bien fait de s’abstenir. Des leçons…surtout en histoire, c’est lui qui semble en avoir le plus besoin.


Malek Khadhraoui


Articles publié sur Nawaat.org


dimanche 27 avril 2008

Lu sur Tunisia Watch : Accès refusé








e mercredi, on vient de me couper ma connexion Internet. Ainsi ça recommence encore pour la énième fois pendant les dernières années. Ainsi je ne pouvais plus depuis ce jour tenir mon journal en ligne « TUNISIA Watch » ni poster les notes que j’écris parfois sur mon blog. Bien que censuré en Tunisie, je trouve de mon devoir de continuer à apporter une autre image de mon pays, celle que la censure et la propagande cherche à occulter. L’intérêt que reflète le nombre des lecteurs, essentiellement d’Europe et du Maghreb, ne fait que m’encourager à persévérer. Aujourd’hui d’autres amis collaborent avec moi en postant directement leurs textes. J’espère que d’autres se joindront à eux par solidarité en participant à son contenu.

Je commence par ce qu’aurait fait normalement tout citoyen. J’appelle mon fournisseur d’accès pour signaler le dérangement. La voix qui me répond à l’autre bout du fil me demande les coordonnées nécessaires pour s’assurer de la validité de mon abonnement. Soudainement la ligne est coupée. C’est normal, cela arrive souvent ici, je recommence à appeler une autre fois le même numéro. C’est une autre voix qui me répond, je lui fais signaler que j’étais avec son collègue et que je viens juste d’être coupé. La personne avec courtoisie me demande les mêmes indications sans prêter attention à ma remarque. Elle me dirige ensuite sur une page pour réviser les coordonnées de mon abonnement. Tout semblait en règle, elle me demande à la fin d’accéder par le login et le mot de passe inscrits sur le bon de mon abonnement. Rien à faire, accès refusé. Elle me demande d’essayer une autre fois en faisant attention aux majuscules, minuscules et espaces comme ils sont inscrits. Elle va jusqu'à me demander de compter le nombre d’étoile avant d’appuyer sur le lien d’accès mais sans succès à chaque fois.

Alors on me demanda de patienter un peu et de rappeler dans une heure. Qu’est ce que j’ai d’autre à faire ? Une heure largement passée après, je reprend le téléphone et je compose le même numéro. C’est une troisième voix qui me répond. J’essaye de rappeler l’historique de ma réclamation. La personne me fait comprendre que c’est l’équipe de l’après midi et qu’elle va tout recommencer avec moi depuis le début. En bout de compte on arrive au même résultat. Mon téléphone fonctionne normalement, mon abonnement est payé à l’avance pour un an il y a juste un mois et l’accès fourni par mon opérateur est toujours refusé. La personne chargée normalement de me dépanner se trouve ainsi bloquée sans moyen convaincant pour justifier une telle situation, elle me demande alors avec toute la gentillesse qu’on peut imaginer de patienter encore et de rappeler dans une heure tout en raccrochant sans attendre mon consentement.

Personnellement je ne peux plus le refaire pour me trouver avec une nouvelle opératrice qui me mène en bateau jusqu’au même résultat. J’ai arrêté, c’est ma femme qui a pris le relais pouer aboutir enfin à une promesse de leur part de faire une réclamation auprès de la compagnie de téléphone et de lui répondre dans quelques jours.


Wait and see



En fait ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Aujourd’hui je ne compte plus le nombre de nouvelles lignes téléphoniques auxquelles j’ai du souscrire au cours des cinq dernières années sous diverses identités pour pouvoir accéder à un service public normalement garanti sur le même pied d’égalité à tout tunisien. La dernière fois j’ai du attendre plus de six mois le rétablissement de la connexion Internet sur ma ligne téléphonique sans résultat avant de souscrire la nouvelle ligne qui vient d’être coupée aujourd’hui. C’est ainsi qu’on agit pour établir les règles sur lesquelles se fonde la dictature de Ben Ali. Il y a au dessus de la loi des règles non écrites auxquelles on vous apprend à vous plier. Pour chaque mot, pour chaque geste, on vous apprend à réfléchir par deux fois avant de le prononcer ou d’agir avant de subir les conséquences de votre inadvertance.

Ainsi on a abouti à l'installation, dans l’esprit de chaque tunisien, de son propre surveillant au service de Ben Ali, de sa dictature et des intouchables autour de lui. On doit rester à un seuil peu élevé et agir sur une plateforme restreinte comme le disent très bien les expérimentés. Respecter les tabous sacrés de la dictature, ne pas franchir les lignes rouges et se complaire dans un discours de mécontent lâche qui fait pitié. Ainsi on est étroitement tenu en laisse par notre oppresseur sans jamais pouvoir rien changer à notre sort ni moins encore à celui de notre pays.


Yahyaoui Mokhtar – Mercredi 26 Avril 2008



samedi 10 novembre 2007

Le site Facebook vend le profil de ses internautes aux publicitaires

acebook, le réseau social actuellement le plus en vogue de l'Internet, a dévoilé, mardi 6 novembre, une offre publicitaire donnant aux annonceurs accès aux "profils" de ses 50 millions de membres et à la multitude de données privées (sexe, âge, préférences sexuelles, politiques, religieuses...) qu'ils contiennent. Les internautes auront néanmoins le droit de refuser une telle intrusion.

Le site, d'origine américaine, encourage désormais les marques à créer leurs propres "profils" et à interagir avec ceux des internautes. Elles peuvent ainsi les inciter à recommander leurs produits à leurs connaissances. "Nous allons aider vos marques à faire partie des conversations quotidiennes" entre les membres, a déclaré Mark Zuckerberg, le tout jeune PDG et fondateur (23 ans) de Facebook, dans une lettre aux annonceurs révélée par la presse américaine. "Il y a toujours eu du bouche-à- oreille, mais c'est une nouvelle façon de l'utiliser. Facebook devient tout à la fois un média et un outil de relations publiques", selon David Kenny, patron de Digitas, filiale numérique du groupe publicitaire Publicis. "Le réseau social parie sur le fait qu'un conseil d'ami a en général plus d'influence qu'une publicité", ajoute Kris Oser, du cabinet américain eMarketer.

Marc Rotenberg, directeur de l'Electronic Privacy Information Center (EPIC), une association américaine, crie à la trahison : "Les réseaux sociaux se sont développés sur la confiance : leurs membres pouvaient restreindre l'accès à leurs profils et choisir les cyber-amis qu'ils voulaient. Aujourd'hui, ces réseaux veulent valoriser leur vie privée : c'est écoeurant." Jeff Chester, directeur du Center for digital democracy, autre groupe d'influence basé à Washington, encourage les utilisateurs de MySpace et de Facebook à protester en quittant ces réseaux pour d'autres "plus respectueux de leur vie privée". Il réclame que la Commission fédérale du commerce américaine enquête sur les offres publicitaires de ces réseaux. " Le droit des données personnelles américain est quasi-inexistant. En France, nous avons une législation plus protectrice mais Facebook, qui n'a pas encore de filiale en France, n'a pas vraiment de raisons de faire des fleurs à un petit pays comme le nôtre", juge Charles Simon, de l'Internet Society (ISOC), une autre association.

Si les publicités "ultra-ciblées" de Facebook suscitent globalement l'intérêt des professionnels de la publicité et du marketing, certains doutent de leur efficacité. "La difficulté, pour Facebook, va être de trouver des internautes qui veuillent bien se prêter au jeu, notamment à celui des recommandations commerciales", estime Jennifer Simpson, du Yankee Group, un cabinet d'études. Pas sûr que les membres du réseau acceptent d'abreuver leurs cyber-amis de messages commerciaux : ils risqueraient trop de les perdre.

Pour beaucoup cependant, Facebook aura du mal, avec sa nouvelle offre publicitaire, à devenir un nouveau Google. Du coup, l'énorme valorisation de Facebook laisse certains songeurs. Ainsi de Barry Diller, le président du groupe de médias InterActive Corp, pour qui Facebook " est un outil intelligent mais il ne vaut pas 15 milliards de dollars". Pour Maurice Lévy, président de Publicis, " tout ce qui est réseau social est à la mode, mais on n'a pas eu la démonstration que cela génère des revenus importants".

Synthése

Source : LeMonde.fr


mercredi 8 août 2007

Spock, le moteur de recherche qui vous connaît...trop bien !



Capture d’écran du résultat de recherche pour Ben Ali !


our Jaideep Singh, votre vie privée vaut de l’or. C’est pour cette raison qu’il a eu la brillante idée d’en faire le fond de commerce de Spock, une start-up basée à Redwood en Californie, dont il est le fondateur et le président. En effet Spock.com est un moteur de recherche spécialisé dans l’indexation et la mise à disposition des internautes de renseignements personnels sur des millions d’individus dans le monde.

Initialement prévue en septembre, le moteur de recherche, a été finalement lancé hier, 8 aout, en mettant en ligne dans un premier temps des informations personnelles portant sur 100 millions d’individu dont 75% d’américains. Mais ce n’est qu’un début puisqu’à terme Spock ambitionne "d'indexer chaque personne dans le monde" en piochant dans les sites Internet et en agrégeant ces données personnelles. La société qui emploie une trentaine de personnes au Etats-Unis et en Inde à été crée il y a moins d’un an grâce à une levée de fond de 7 millions de dollars. A terme, le moteur de recherche sera financé par la publicité selon le même model économique des autres moteurs tel que Google.

Pour les fondateurs de cette entreprise le constat est simple : un tiers des recherches effectuées sur Internet concernent des personnes. Mais, alors que les leaders actuels de la recherche sur Internet se contentent d’afficher les sites Internet où le nom recherché a été cité, Spock propose d’aller au-delà en piochant dans tous les sites les données personnelles de l’individu et en les agrégeant entre elles pour fournir une fiche personnelle avec photos, données personnelles mais aussi des photos et des noms en relation avec la personne recherchée. Inversement, si la requête porte sur un nom de familles, une entreprise ou un parti politique par exemple, les algorithmes fournissent alors une liste de noms associés à cette requête. Autre nouveauté proposée par ce site : la recherche à partir d’une liste de contact en puisant dans tous les sites où l’internaute à volontairement fourni des informations personnelles le concernant. Par exemple le site est ainsi capable de dénicher parmi vos contacts un informaticien, célibataire, parlant le Farsi !

Le fait que ces informations soient détournées de leurs vocations initiales, ne semble pas inquiéter les fondateurs du site. Ceux-ci soulignent que les utilisateurs participent eux-mêmes à l’élaboration de ce vaste annuaire. La méthode d’indexation automatique ne permet pas d’interpréter toutes les données que le site récolte, ainsi, les utilisateurs sont invités à corriger les erreurs du site ! Les personnes indexées de force peuvent toujours demander que le contenu les concernant soit retiré du site. Mais cela reste insuffisant aux yeux des associations de défense des droits des utilisateurs en ligne comme l’Electronic Frontier Foundation qui estime que les internautes peuvent se sentir attaqués en voyant les informations les concernant agrégées de cette manière surtout s’il n’ont pas choisi de la faire par eux même. Pourtant juridiquement et selon la loi américaine, le moteur de recherche ne peut être tenu responsable de leurs contenus. Un parapluie juridique qui semble parfaitement convenir aux fondateurs de Spock, qui ne semblent pas vouloir s’appesantir sur les questions d’éthique que soulève un tel projet.

Qualifié par PC World comme l'un des "25 web sites to watch", la réussite de ce site est quasi assurée. Surtout que selon le cabinet Veronis Suhler Stevenson (VSS), Le budget global de la publicité en ligne dépassera celui de la presse écrite aux Etats-Unis d'ici quatre ans. Une estimation qui reflète le rythme de croissance des dépenses publicitaires sur l'Internet aux Etats-Unis, mais aussi en France où la tendance est largement similaire. Une aubaine pour ce site entièrement financé par la publicité. Mais les dirigeants de cette entreprise sont conscients qu’ils ne peuvent pas profiter éternellement des failles de la législation américaine surtout que les grands noms de l’Internet viennent d’annoncer des mesures destinées à mieux préserver la vie privée de leurs utilisateurs.

Avec la prolifération des traceurs qui mémorisent les habitudes de navigation sur internet, les logiciels espions qui collectent les informations confidentielles des utilisateurs et les logiciels de filtrage des contenus, il est évident que l’enjeu majeur des prochaines années sera celui de savoir comment mettre des garde-fous efficaces à ces nouvelles technologies pour que la toile ne se transforme pas en un immense marché des données personnelles de plus est dans les mains d’intérêts privés. Une perspective peu rassurante surtout que l’utilisation de l’Internet est de plus en plus indispensable à des millions de personnes dans le monde.



jeudi 26 juillet 2007

Appel à Solidarité







es mercenaires de la dictature Tunisienne ont procédé aujourd’hui à une attaque contre ce Blog ( http://tunisiawatch.rsfblog.org ), Une opération criminelle qui à fini par détruire complètement les quelques 650 articles de son contenu ainsi qu’une quantité équivalente de documents, photos et rapports concernant les luttes démocratiques pour la liberté, la justice et le libre expression en Tunisie. Mon blog personnel à subi le même sort en même temps

Ce blog d’information sur la Tunisie qui a été mis en ligne grâce à RSF en geste de solidarité après la destruction de mon blog précédent http://yahyaoui.blogspot.com , il y a sept mois à pu s’affirmer en cette courte duré comme une source d’information indépendante sur la Tunisie par le flux de lecteurs qui le consulte quotidiennement du monde entier. Face à cette audience interne et internationale la dictature à procédé à sa censure il y a moins de deux mois. Une censure qui à privé beaucoup de tunisiens d’une source indépendante d’information mais dont la majorité ont pu le surmonté comme l’attestait le nombre des lecteur anonyme qui occupe la troisième position dans les statistiques de ses lecteurs.

Face à la déroute du système d’information officiel et le détournement massif observé depuis quelques temps des journaux, radios et télévisions officiels qui sont devenu synonyme de désinformation, propagande et manipulation une attaque en règle à été observée depuis quelques semaines visant tous les sites et blogs dissidents ou opposé à l’information truqué que la dictature veut imposer. Après l’échec de la stratégie de la censure la dictature a commencé à procédé depuis quelque temps par l’infiltration des sites visées et la destruction pure et simple de leur contenu. Cela c’est répété deux fois en moins d’un mois pour le site PDP info et pour plusieurs autre sites qui l’ont signalé ces dernière journées.

Aujourd’hui que la Tunisie commémore un demi siècle de dictature sous couvert d’une proclamation de République qui n’a jamais existé et alors que la dernière dépêche concernant le dernier discours de son président « prône l'audace de la presse et ordonne la création d'une nouvelle TV » beaucoup sont encore assez naïf pour croire que la dictature cherche à procéder à plus d’ouverture alors qu’elle ne fiait que s’enfoncer davantage dans sa fuite en avant avec l’illusion de restaurer la crédibilité perdue de sa parole et de son information.

Les temps ont changé, la dictature par ces procédés ne fait que montrer qu’elle est en train de se battre en retrait. L’opinion publique nationale autant qu’internationale, sont en train de se rendre compte de sa triste réalité. Il suffit de constater à l’image des commémoration de ce triste cinquantenaire d’une république volé qu’il n’a été retenue et évoqué dans la rue comme par les médias internationaux que par le relâchement de quelques prisonniers politiques et d’opinion sous les pressions internes et les interventions internationaux.

J’appelle et j’implore tous les tunisiens à croire que cette sombre ère va bien tôt finir, à se solidariser et à travailler tous dans la même voie de la liberté en faisant éclater toutes les vérités que cette dictature tient à cacher pour dissimiler la face hideuse de sa véritable nature. J’appelle aussi tous nos amis nombreux dans le monde entier de ne pas se réjouir démesurément de la libération de Mohamed Abbou car en plus des centaines de tunisien innocents encore en prison ou exilés des millier ne sont qu’en sursis aux portes des prisons.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis 26 Juillet 2007



Après la censure le piratage !



Capture d'écran du blog Tunisia Watch



ette après-midi le blog d’information Tunisia Watch à été piraté. Les inconnus qui se donnent le nom de CI3 Team, ont réussi à pénétrer la base de données du blog pour y effacer méthodiquement les plus de 650 post qui s’y trouvaient ainsi que les nombreux documents audio et vidéo.

Cela s’est passé alors que Mokhtar Yahyaoui, l’administrateur du site, était entrain de publier un texte et il a donc pu constater « en direct » que les post s’effaçaient les uns après les autres. Comble du vice, « les vaillants pirates », ont utilisé, pour signer leur « œuvre » le compte de Sami Ben Abdallah, un compte parmi d’autre qui semble avoir été choisi au hasard.

Julien Pain, responsable de la section Internet chez RSF, qui héberge le blog sur sa plate forme RSF Blog, s’est étonné de cet acte de piratage lors d’un entretien qu’il a eu avec Mokhtar Yahyaoui tout en promettant de faire le nécessaire pour essayer de rétablir les archives effacées par les pirates. En effet, RSF blog, qui est une plate forme dédiée aux journalistes et aux cyberdissidents, offre un service de sauvegarde des fichés pour ce prémunir de ce type d’attaque.

On reconnaît ici aisément les méthodes minables des barbouzes de la polices de l’internet alors que certains sont allés trop vite en besogne en se réjouissant de ne plus les voir à l’œuvre. Les voilà rassurés ! La police de l’internet et ses mercenaires sont bien là ! Une preuve supplémentaire que malgré les discours bidons et de circonstances du "garant de la république" comme il s'est auto-proclamé, les intentions et les méthodes restent les mêmes.



jeudi 21 juin 2007

Total contrôle : Demain nous serons tous fichés !



France, 2006, 52mn) ARTE France Réalisateur: Etienne LABROUE


u nom de la lutte contre le terrorisme, intérêts politiques et industriels se rejoignent au détriment des libertés. Jusqu'où notre désir de sécurité peut-il conduire ? Des experts en nouvelles technologies dressent un panorama inquiétant des dispositifs de surveillance mis en œuvre de Pékin à Paris, en passant par Tunis ou Berlin, avec des outils de traçage et d'identification sans cesse plus perfectionnés et plus nombreux.

Ce documentaire met efficacement en perspective le prix que nous risquons de payer pour une sécurité en partie illusoire. Parmi les nombreux témoignages qui jalonnent ce documentaire de 52 minutes, on peut signaler celui de Julien Pain, le responsable des questions d’Internet chez Reporters Sans Frontières et celui d’Omar Chlendi, un des internautes de Zarzis qui revient sur les raisons de son incarcération et le travail de flicage du de la police tunisienne du net.


samedi 9 juin 2007

Sami Ben Gharbia dresse un sombre bilan de la situation de la liberté d’expression sur Internet.









e 6 juin 2007 s’est tenue la dernière rencontre d’Amnesty UK, Sous le titre provocateur de «Some people think the internet is a bad thing : The Struggle for Freedom of Expression in Cyberspace ». Parmi plusieurs invités*, Sami Ben Gharbia dresse un sombre bilan de la situation de la liberté d’expression sur Internet sur cette vidéo extraite par Astrubal du WebCast de la journée disponible sur Irrepressible Info d’Amnesty international UK.

- Keynote address - Martha Lane Fox
- The state of the internet - Ron Deibert
- Repression in the West - Josh Wolf
- The power of blog - Yan Sham-Shackleton
- Beating the censors - Sheva Nerad
- Ethan Zuckerman talks about internet repression (WebCam)

Lu sur le blog d'Astrubal


jeudi 12 avril 2007

J'ai testé "403 Access Denied Checker" !

omme le dit, d’emblé, Astrubal, le concepteur de ce logiciel : « 403 Access Denied Checker n’est pas un outil pour contourner la censure ». Mais ce qu’il oublie de nous dire, c’est que désormais on ne pourra plus nous prendre pour des andouilles ! En effet « 403 Access Denied Checker » est un outil qui permet de savoir en un clic la véritable nature du message d’erreur qui s’affiche quand votre navigateur n’arrive pas à accéder à un site ou à une page Internet.

L’outil se pressente sous forme d’application qui s’exécute directement de votre bureau et ne nécessite aucune installation. Très légère et donc facile à télécharger, l’application peut être utilisée sur n’importe quel ordinateur et de n’importe quel endroit. Elle ne laisse aucune trace dans le registre du disque dur de l’ordinateur et ne communique aucune information sur l’utilisateur ni sur sa machine. Idéal pour une utilisation en toute confiance et en toute sécurité. Pour voir toutes les possibilités qu’offre cette application et avec l’aide d’une connaissance en Tunisie, que je remercie au passage, nous l'avons testé.

Le téléchargement du fichier compressé « 403Checker002Win » n’a nécessité, avec une connexion à 256 Kb/s, que 90 secondes. Une fois téléchargé et décompressé le fichier qui porte le même nom contient les éléments suivants :

Image I

Une fois l’application « 403 Access Denied Checker WinVa002.exe »[ImageI-(1)]lancée, l’utilisateur a le choix entre rentrer manuellement des liens pour les tester ou utiliser la liste préenregistrée ou encore une autre liste de son choix.

Pour tester des liens un par un et voir directement le résultat il faut tout simplement inscrire le lien dans le champ actif en haut de la page [ImageII-(1)] et appuyer sur la touche « Entrée » du clavier. Le résultat s’affiche en rouge en bas de la page [ImageII-(2)]. Bien évidement il ne faut pas oublier de renseigner le champ "Select ISP" [ImageII-(3)] et de choisir le fournisseur d’accès dans la liste proposée.

Image II

Pour faire appel à la liste pré-établie il suffit de cliquer sur « load URL’s » [ImageIII-(1)], une liste de 45 sites et blogs tunisiens qui connaissent ou ont connu la censure dans le passé [ImageIII-(2). Cette liste n’est bien évidement pas exhaustive et peut être complétée à tout moment. Dans notre cas, une fois la liste préenregistrée chargée, et le fournisseur d’accès informé, le bouton « Start/Resume » [ImageIII-(3)] lance le teste et exécute la tache en exactement 1min48sec !

ImageIII

Une fois le test terminé, les résultats s’affichent directement sur l’interface. Les sites censurés sont marqués par un point rouge et ceux accessibles par un point vert [ImageIV-(1)]. Si on a un doute sur le résultat on peut toujours en cliquant sur le bouton droit de la souris et en sélectionnant « show in my browser »[imageIV-(2)], visualiser directement l’état du site. C’est aussi simple que cela ! En cliquant une fois sur le lien on peut apercevoir en bas l’entête http du site [ImageIV-(3)].

ImageIV

Les résultats, et on s’en doutait bien, parlent d’eux-mêmes, sur les 45 adresses testées, seulement 8 étaient accessibles depuis la Tunisie. Toutes les autres adresses affichaient sur le navigateur un banal message « 404-Page Introuvable » alors qu’il s’agit bien comme le montrent les résultats d’un 403-Forbidden, qui signifie clairement que les sites étaient délibérément bloqués.

Il est bien évidement possible de faire sa propre liste de sites [ImageV] ou de pages en s’assurant de ne pas effacer la première ligne du document « url_to_check.txt » [ImageI-(2)].

ImageV

Pour partager le résultat, la personne qui a fait le teste en Tunisie m’a tout simplement envoyé par mail le fichier Xml (le non de ce fichier commence par 403results suivi par la date et l’heure de l’enregistrement) qui se trouve dans le dossier "403 Checker Results" [ImageI-(3)]. Une fois reçu, il ne reste plus qu’a l’ouvrir avec l’application en cliquant sur « file » puis sur « load Xml file result ». Une fenêtre de dialogue vous permet alors de choisir le fichier en question [ImageVI].

ImageVI

Ergonomique et conviviale, cette application est d’une simplicité redoutable. Même si elle est en anglais son utilisation reste à la porté de tous et la confidentialité qu’elle apporte à ces utilisateurs est appréciable. Cet outil permettra, pour les utilisateurs anonymes, de ne plus se faire duper par les autorités et aux acteurs les plus actifs du net, de réagir rapidement au censures et aux blocages qui touchent les sites et les blogs en Tunisie ou ailleurs dans les pays qui ont recours à ces pratiques scandaleuses. Il est maintenant, à espérer que les internautes s’en saisissent pour pouvoir dresser une liste exhaustive et régulièrement mise à jour des sites bloqués et cela pour chaque fournisseurs d’accès pour qu’aucune censure, aucune atteinte à la liberté d’expression ne soit passée sous silence. On en avait le devoir, aujourd’hui, avec « 403 Access Denied Checker », nous en avons les moyens!