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mardi 6 mai 2008

Mai 1968 – Mai 2008, 40 ans de «liberté» d’expression en Tunisie




C'était pourtant en 1968 ...




Comment ne pas reconnaître l’aspect si surprenant de ces séquences d’un reportage tourné il y a 40 ans. Il s’agit d’un échange entre jeunes étudiants Tunisiens sur un de ces sujets si tabou en Tunisie.

Et pourtant … Des décennies plus tard, on s’aperçoit que la capacité des tunisiens à s’exprimer sur leur quotidien, notamment politique, au sein des médias autorisés, demeure toujours aussi stérilisée. La politique s’avère être encore plus tabou que les mœurs. Pour les plus hardis, la malice, parfois d’une rare cocasserie, se substitue aux propos directs pour lâcher ce qu’ils ont sur le cœur. Tous les interstices, surtout sportifs, sont mis à contribution pour repousser les limites de la répression de la liberté d’expression.




Pour les plus hardis, faute de mieux, la malice se substitue aux propos directs...
"Moncef, pourquoi ris-tu ... ti chbiik !"




Le monde a changé et les Tunisiens avec. Et pour les nantis d’entre-eux, avec l’internet, c’est l’accession enfin à un paysage médiatique plus libre, plus ouvert, malgré les blocages de l’ATI.

L’Internet, par le biais de ses canaux libres, a rendu toute forme de censure ou de travestissement de la réalité bête et ridicule à l’image de ses auteurs. Du procès du défunt Moncef Ben Ali si « blackouté », aux documents de la CIA déclassés, en passant par la mise en ligne publique du calendrier des réservations d’espaces publicitaires sur certains quotidiens, jusqu’au déplacement de l’avion présidentiel... tout est aujourd’hui devenu accessible malgré la censure.




Procès de la "Couscous Connection" - JT FR3, novembre 1992



L'Internet a été une bénédiction pour toutes les plumes libres, mais également la malédiction qui a ringardisé, en un laps de temps si court, tous ces imbéciles qui n’ont toujours pas compris qu’à la désinformation, il y a une limite au-delà de laquelle il ne faut pas s’aventurer. Et en l’occurrence, les temps sont loins où l’on pouvait raconter tout et n’importe quoi en jouissant du monopole de la parole publique tout en excluant les contradicteurs de leur droit à la parole. Aujourd’hui, avec ce qui se passe et s’échange sur près de 500 blogs tunisiens actifs, la lutte pour ces imbéciles de la désinformation est devenue inégale. Il n’y a qu'à voir où et sur quels supports les tunisiens se sont informés à propos des derniers événements d’El Redaif .



Blogs Tunisiens - Tunisian Blogs
Près de 500 blogs actifs à l'affut des écarts de Mbarek et ses semblables ...



Bien qu’encore relativement timorés pour certains, les blogs tunisiens n’hésitent plus désormais à clouer au pilori la « presse boudourou » (Presse à deux sous) telle qu'il la qualifient communément.

Cette blogosphère, après une première période marquée par une défiance exacerbée à l’égard de la chose publique, défiance qui fut particulièrement nourrie à l’époque – et non sans arrières pensés - par une première génération de blogueurs, sous le prétexte de ne pas vouloir faire de la politique, va s’enhardir pour remplir ce rôle en matière d’information, qui n’est normalement pas sa vocation naturelle.

En effet, depuis peu on assiste à une inversion de tendance où la réappropriation de l’espace public et la parole qu’elle suppose n’est plus perçue comme une politisation malsaine, mais comme l’exercice d’un droit à l’information et à la parole, y compris lorsqu’il s’agit d’exercer un droit de regard sur la gestion des affaires de la cité. Se faisant, s’est amorcé ainsi ce positionnement de la blogosphère tunisienne en tant que pôle désormais incontournable dans le paysage informatif tunisien. Il faut reconnaître aussi que la langue de bois des médias officiels, les privant de toute crédibilité, va largement contribuer à mettre en avant la blogosphère, non pas uniquement quant à la circulation de l’information, mais également dans la création de l’événement médiatique.

Et à plus forte raison, une troisième étape se dessine par l’arrivée de plus en plus de journalistes professionnels qui ont choisi de contourner la censure par la création de leurs propres pages en ligne. Aux blogs des journalistes pionniers en la matière comme celui de Nadia Omrane, A. Zouri ou de Slim Boukhdir (actuellement emprisonné et son blog hacké depuis), on voit arriver ceux de Soufiane Ben Farhat ou de Zied El Heni. Et au-delà des journalistes, on trouve également d’autres profils à l’image de Kastalli Chérif, lequel, bien que se revendiquant comme un « militant de base au sein du RCD et défenseur acharné du projet de société civile de Ben Ali », n’hésite pas à relever dans le pays du même Ben Ali, que « le journaliste est en train de perdre son statut pour devenir une loque humaine [...] ».

Tout comme ce cadre et exploitant agricole Tunisien, on en dénombre d’autres, issus de diverses branches, lesquels désormais contribuent à créer de l’information sur leurs blogs. Cette même information que les médias locaux censurent, transforment ou, dans le meilleur des cas, ignorent.

La liberté d’expression des Tunisiens s’exerce effectivement sur l’internet. Et plus celle-ci s’exerce, plus les médias officiels dont la parole est toujours aussi lénifiante s'avèrent ringards et surranés. Tout esprit sensé, aurait pu raisonnablement s’attendre à ce que, avec l’apparition du réseau des réseaux, la liberté de la presse en Tunisie évolue un tant soit peu. Il n’en fut rien. Et l’on assiste aujourd’hui à un constat qui fait que l’un des plus anciens journaux de la place « La Presse de Tunisie », l’un des plus tirés autrefois, soit perçu, non pas par la majorité, mais par quasiment l’ensemble de la blogosphère tunisienne comme l’un des summums de la presse lénifiante, pour ne pas dire de caniveaux. Et parmi ceux qui sont perçus comme les grands toccards de ce journalisme tunisien, quelqu'un comme M M, un des redacs chefs du même journal, "La Presse", occupe le haut de cette liste peu glorieuse. Quel gachis !

En ce jour où se commémore la « Journée Mondiale de la Liberté de la Presse », bonne fête à tous les épris du droit à la parole et du droit pour une circulation sans entrave de l’information.

Astrubal,
Centrist
et Malek

Samedi 3 mai 2008
http://www.nawaat.org



dimanche 27 avril 2008

Lu sur Tunisia Watch : Accès refusé








e mercredi, on vient de me couper ma connexion Internet. Ainsi ça recommence encore pour la énième fois pendant les dernières années. Ainsi je ne pouvais plus depuis ce jour tenir mon journal en ligne « TUNISIA Watch » ni poster les notes que j’écris parfois sur mon blog. Bien que censuré en Tunisie, je trouve de mon devoir de continuer à apporter une autre image de mon pays, celle que la censure et la propagande cherche à occulter. L’intérêt que reflète le nombre des lecteurs, essentiellement d’Europe et du Maghreb, ne fait que m’encourager à persévérer. Aujourd’hui d’autres amis collaborent avec moi en postant directement leurs textes. J’espère que d’autres se joindront à eux par solidarité en participant à son contenu.

Je commence par ce qu’aurait fait normalement tout citoyen. J’appelle mon fournisseur d’accès pour signaler le dérangement. La voix qui me répond à l’autre bout du fil me demande les coordonnées nécessaires pour s’assurer de la validité de mon abonnement. Soudainement la ligne est coupée. C’est normal, cela arrive souvent ici, je recommence à appeler une autre fois le même numéro. C’est une autre voix qui me répond, je lui fais signaler que j’étais avec son collègue et que je viens juste d’être coupé. La personne avec courtoisie me demande les mêmes indications sans prêter attention à ma remarque. Elle me dirige ensuite sur une page pour réviser les coordonnées de mon abonnement. Tout semblait en règle, elle me demande à la fin d’accéder par le login et le mot de passe inscrits sur le bon de mon abonnement. Rien à faire, accès refusé. Elle me demande d’essayer une autre fois en faisant attention aux majuscules, minuscules et espaces comme ils sont inscrits. Elle va jusqu'à me demander de compter le nombre d’étoile avant d’appuyer sur le lien d’accès mais sans succès à chaque fois.

Alors on me demanda de patienter un peu et de rappeler dans une heure. Qu’est ce que j’ai d’autre à faire ? Une heure largement passée après, je reprend le téléphone et je compose le même numéro. C’est une troisième voix qui me répond. J’essaye de rappeler l’historique de ma réclamation. La personne me fait comprendre que c’est l’équipe de l’après midi et qu’elle va tout recommencer avec moi depuis le début. En bout de compte on arrive au même résultat. Mon téléphone fonctionne normalement, mon abonnement est payé à l’avance pour un an il y a juste un mois et l’accès fourni par mon opérateur est toujours refusé. La personne chargée normalement de me dépanner se trouve ainsi bloquée sans moyen convaincant pour justifier une telle situation, elle me demande alors avec toute la gentillesse qu’on peut imaginer de patienter encore et de rappeler dans une heure tout en raccrochant sans attendre mon consentement.

Personnellement je ne peux plus le refaire pour me trouver avec une nouvelle opératrice qui me mène en bateau jusqu’au même résultat. J’ai arrêté, c’est ma femme qui a pris le relais pouer aboutir enfin à une promesse de leur part de faire une réclamation auprès de la compagnie de téléphone et de lui répondre dans quelques jours.


Wait and see



En fait ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Aujourd’hui je ne compte plus le nombre de nouvelles lignes téléphoniques auxquelles j’ai du souscrire au cours des cinq dernières années sous diverses identités pour pouvoir accéder à un service public normalement garanti sur le même pied d’égalité à tout tunisien. La dernière fois j’ai du attendre plus de six mois le rétablissement de la connexion Internet sur ma ligne téléphonique sans résultat avant de souscrire la nouvelle ligne qui vient d’être coupée aujourd’hui. C’est ainsi qu’on agit pour établir les règles sur lesquelles se fonde la dictature de Ben Ali. Il y a au dessus de la loi des règles non écrites auxquelles on vous apprend à vous plier. Pour chaque mot, pour chaque geste, on vous apprend à réfléchir par deux fois avant de le prononcer ou d’agir avant de subir les conséquences de votre inadvertance.

Ainsi on a abouti à l'installation, dans l’esprit de chaque tunisien, de son propre surveillant au service de Ben Ali, de sa dictature et des intouchables autour de lui. On doit rester à un seuil peu élevé et agir sur une plateforme restreinte comme le disent très bien les expérimentés. Respecter les tabous sacrés de la dictature, ne pas franchir les lignes rouges et se complaire dans un discours de mécontent lâche qui fait pitié. Ainsi on est étroitement tenu en laisse par notre oppresseur sans jamais pouvoir rien changer à notre sort ni moins encore à celui de notre pays.


Yahyaoui Mokhtar – Mercredi 26 Avril 2008



dimanche 6 janvier 2008

vendredi 28 décembre 2007

Toujours sans nouvelles du bloggeur Fouad Al-Farhan !






ouad Alfarhan, l’auteur du célèbre blog alfarhan.org a été arrêté le 10 décembre 2007 à Jiddah ou il réside avec sa femme et ses deux enfants. Près de 20 jours après son arrestation, le plus connu des bloggeurs saoudiens est toujours en détention dans les locaux des services du ministère de la sécurité intérieur sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.

Selon son épouse, contactée par Global Voices Advocacy, Fouad a été arrêté au siège de sa société, le lundi 10 décembre et accompagné à son domicile par des agents du ministère de l’intérieur qui ont procède a une perquisition durant laquelle son ordinateur portable a été confisqué. Sans révéler les charges qui pèsent sur son mari les agents l’ont tout de même informé qu’il sera mis en détention provisoire pendant un mois durant lesquels aucune visite ne serait autorisée. Mme Alfarhan a également affirmé que l’arrestation de son mari était liée à ses écrits sur son blog.

Ce n’est pas la première fois que Fouad ait à faire avec la police saoudienne. L’année dernière il a été enlevé par des agents en civil et contraint de fermer son blog. Une interruption forcée qui n’a duré que quelques mois suite auxquels Fouad a finalement décidé de reprendre le blogging. Se confiant à ses amis, Fouad se savait déjà dans la ligne de mir du ministère de l’intérieur comme il l’expliquait dans un courrier envoyé à quelques uns de ses amis quelques jours avant son arrestation :
« On m’a informé qu’il existe un ordre officiel émanant d’un haut responsable du ministère de l’intérieur pour m’interroger. Ils m’arrêteront à n’importe quel moment durant les deux semaines qui suivent.

Tout cela parce que j’ai écrit sur les prisonniers politiques en Arabie Saoudite. Ils pensent que je suis entrain de monter une campagne sur internet pour promouvoir leur cause. Tout ce que j’ai fait était d’écrire quelques textes et réaliser quelques bannières et demander à d’autres bloggeurs de faire de même.

La personne qui m’a révélé cette information m’a demandé de collaborer et de signer des excuses. Je ne suis pas sur que je suis prêt à le faire. Des excuses pour quelles raisons ? M’excuser pour avoir dit que le gouvernement ment quand il accuse ses personnes de supporter le terrorisme ?

La source m’a également demandé de s’attendre au pire à savoir mon arrestation pendant 3 jours le temps d’établir un rapport sur moi avant de me relâcher. Il se peut aussi qu’il n’en est rien mais si cela durait plus que 3 jours, il faut que cette lettre soit révélée à tous…Je ne veux pas être oublié en prison. »
En réaction à cette arrestation injuste, plusieurs bloggeurs se sont réunis pour organiser une campagne en ligne pour demander la libération de Fouad. Que ce soit sur le blog de la campagne de soutien ou sur son propre blog qui continu d’être mis à jour par ses amis ou encore sur le groupe créé sur Facebook, des dizaines de messages de soutiens de bloggeurs saoudiens mais aussi des internautes de toutes les nationalités, s’indignent de cette arrestation arbitraire et exigent la libération de Fouad Alfarhan. Le bloggeur Sami Ben Gharbia, responsable de Global Voices Advocacy et ami de Fouad se dit « triste de voir qu’un bloggeur soit arrêté et réduit au silence pour avoir exercé sa liberté d’expression pour condamner le terrorisme et promouvoir des reformes politiques dans son pays. »

Plusieurs organisations non gouvernementales ont également condamné cette arrestation. Dans un communiqué du 24 décembre 2007, The Arabic Network for Human Rights Information, s’inquiète de cette détention et exige des autorités saoudiennes de révéler les raisons de cette arrestation. Exigence également formulée par The Committee to Protect Journalists qui par la voix de son directeur exécutif, Joel Simon déplore que Fouad soit « secrètement détenu depuis plus de deux semaines sans aucune charge contre lui » et « appelle les autorités saoudienne à le libérer immédiatement ». Pour sa part, Reporters sans frontières, regrette que « Les réformes et l’ouverture annoncées par le roi Abdallah Ibn Al-Saoud sont toujours sans effet sur la vie quotidienne des Saoudiens. » en rappelant que L’Arabie Saoudite figure sur la liste des "treize ennemis d’Internet" et qu’elle occupe la 148e place sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse établi par l’organisation en octobre 2007.

Ceux qui connaissent le blog de Fouad apprécient surtout son courage et le ton résolument audacieux de ses écrits. Toujours avec élégance et humour Fouad brosse un portrait sans concession du milieu politico-affairiste de son pays. Il est également l’un des plus virulents détracteurs du double jeu du pouvoir saoudien sur la question du terrorisme international. Toute en condamnant la violence dans toutes ses formes, il appelle dans son blog au dialogue et aux reformes politiques indispensables pour envisager un avenir meilleur dans son pays. C’est pourtant ce discours courageux, pacifique, modéré et réformateur qu’on reproche à Fouad Al-Farhan. Raison de plus pour ne pas l’oublier en prison et permettre ainsi aux autorités saoudiennes de le réduire au silence.



lundi 24 décembre 2007

jeudi 6 décembre 2007

Tunisnews hacked



e journal en ligne TUNISNEWS vient de subir une attaque. Cette action de piratage à fait disparaître totalement ses archives de la toile. On ne voit plus sur le lien du site que cette inscription « TUNISNEWS HACKED PAR BRK2 » au milieu de l’écran avec la photo reproduite en haut

La disparition du site a été signalée depuis hier « la requête vers http://www.tunisnews.net donne une erreur 403 (accès non autorisé). De même si l’on cherche à y accéder par Google cache, on y arrive mais, ensuite, les liens vers les différentes éditions demeurent bloqués. » par Astrubal. On doutait déjà que quelqu’un voulais donner le coup de grâce final à ce journal.

L’annonce le premier décembre par les gestionnaires du site de l’arrêt de leur publication après 7 ans et 7 mois a pris tout le monde par surprise. Des réaction amers ont été partout exprimés, tellement la publication s’est imposée au passage des années comme un source incontournable d’information indépendante et ouverte à tous dans un pays ou la liberté de la presse et d’expression sont totalement bloqués. Les messages de protestation et d’exhortation ont fini par amener les responsables du site à reconsidérer leur décision le 4 décembre 2007 :

« Nous n’avons pas pu obtenir de votre part la permission de prendre notre retraite. Un grande majorité parmi vous nous a fait comprendre que TUNISNEWS n’est plus notre affaire personnelle et qu’il s’agit dorénavant d’un projet patriotique, de portée nationale et civilisationnelle.

Les causes - personnelles et de force majeure - qui nous ont poussé à prendre la décision - pénible et trés difficile - n’ont malheureusement pas changé mais nous décidons de reprendre le travail tout en fixant un délai (La fin de notre 8éme année d’existence) pour élaborer un projet qui assurera- nous l’espérons- la pérennité, l’élargissement et l’amélioration de TUNISNEWS… »


Cette décision saluée par tous les sites indépendants n’aurait que l’effet d’une démobilisation face à la véritable épreuve que vient de subir ce journal citoyen. Ce n’est pas la première fois qu’il subit une semblable attaque et on ne peu que douter des origine d’un tel acharnement. Mais c’est le prix du combat pour la liberté, un archive de 2772 jours à reconstituer.

Bon courage TUNISNEWS, certain ont tendance à oublier que Tunisnews n’est pas un journal mais avant tout un instrument de combat pour alerter et dévoiler les supplices et les persécutions que subissent tout ceux qui ont besoin de son support derrière notre rideau de fer pour faire parvenir leurs voix.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis Le 06 12 2007

dimanche 23 septembre 2007

Entretien avec Raouf Ben Yaghlane

"L'autre: c'est moi, autrement"
Raouf Ben Yaghlane

Entretien avec Raouf Ben Yaghlane lors de son derinier passage à Paris. Réalisation: Malek - Production: StrangeBox


ésolé de ne pas pouvoir me présenter comme il le faut car je viens de découvrir que je ne sais pas qui je suis au juste…» C’est ainsi que Raouf Ben Yaghlane se présente sur son nouveau blog. Alors vous comprenez que pour moi qui voulais à travers ce billet le présenter à la blogosphère, c’est un peu raté !

Il est vrai qu’on connait tous l’acteur Raouf Ben Yaghlane, que ce soit pour le plus grand nombre, comme un acteur comique, où pour les plus initiés comme un de ceux qui ont contribué à faire la réputation prestigieuse du théâtre d’auteur tunisien. Produit de la grande époque de Ali Ben Ayed, le maître incontesté de la scène théâtrale tunisienne, Il a joué avec et pour les plus grands et reste aujourd’hui l’un de nos plus talentueux acteurs. Réduire donc Ben Yaghlane à son répertoire comique c’est méconnaitre l’étendu de son talent. A travers ses personnages, plus complexes et « complexés », les uns que les autres, Ben Yaghlane pratique en réalité un art total qui souhaite mettre fin au cloisonnement des genres. Son travaille intègre toutes les dimensions de l'individu, aussi bien le tragique ou le sublime que le grotesque et le comique.

Mais l’individu Raouf Ben Yaghlane, l’« Etre » qu’il est, reste méconnu et cela même pour lui-même ! Alors on comprend mieux le recours à ces personnages comiques qu’il maltraite à souhait, et qui ne sont en réalité qu’un prétexte pour explorer ses propres complexes et faire face à ses propres peurs et par conséquences nous permettre d’affronter les nôtres. C’est donc à la recherche de « ce Raouf » que je me suis rendu chez lui lors de son dernier passage à Paris pour tenter de percer sa complexité qui se trouve aussi être celle de chacun d’entre nous.

L’accueil fut chaleureux et le courant est très vite passé avec ce communiquant né. La rencontre qui avait débuté entre deux bloggeurs qui se connaissaient à-peine, c’est transformée au fils du temps en une conversation décontractée où la franchise et le manque total de langue de bois furent la règle. Au point où j’avais vraiment du mal à sortir ma caméra pour filmer ces instants comme par une réaction égoïste, volant garder ce privilège pur moi tout seul. Mais après quelques heures d’une discussion aussi agréable qu’intéressante je me suis résigné à commencer à filmer. Je me suis donc caché derrière ma caméra comme pour disparaitre en posant le moins de questions possibles laissant la liberté à Raouf de se présenter et de nous livrer son approche du blogging qu’il voit surtout comme un moyen de s’affranchir de toutes les formes de censure. Inutile de vous en dire plus, le mieux étant de l’entendre le raconter lui-même (voir la vidéo). Cet entretien aurait pu se prolonger jusqu'à pas d’heure, aucun de nous n’avait vraiment envi que cela s’arrête, mais à 10 minutes du « iftar » (la rupture du jeûne), il me fallait bien se résigner à laisser Raouf partir la où il était attendu depuis déjà un moment.

Dans le métro qui me ramenait chez moi et avec les mots de Raouf qui résonnaient encore dans ma tête, je n’arrivais toujours pas à comprendre comment un artiste d’un tel calibre ne puisse pas trouver la place qu’il mérite dans notre espace médiatique pourtant sinistré. Comment expliquer que son spectacle « echikouloulou », qui traite de l’éducation sexuelle et de la prévention contre le sida ait été officiellement torpillé par (et c’est encore plus inimaginable) le ministre de la culture lui-même, qui voyait en ce spectacle, qui regorge d’ingéniosité pédagogique, un danger pour « l’harmonie familiale » et qui ne voyait aucune utilité à le promouvoir et l’encourager. Comment se fait-il que son dernier one man show « inaaber wella men abbarchi », qui traite de la nécessité vitale de s’exprimer et de l’importance fondamentale de la parole soit exclu de fait de tous les festivals nationaux et régionaux. Comment est-il concevable, et alors que la télé tunisienne offre sans compter ses espaces publicitaires à des productions douteuses alors qu’elle reste désespérément fermée au travail de Raouf Ben Yaghlane. Beaucoup de questions auxquelles je ne trouve pas de réponses sauf celle de la peur de ceux qui nous gouvernent face à un ésprit libre qui refuse «la politisation de la culture » lui préférant « la « culturisation » de la politique » !




mardi 18 septembre 2007

La liberte d'expression ne suffit pas !


Extrait de l'émission "El bood el akher ANB 2005 Raouf Ben Yaghlane.

"Je suis contre la politisation de la culture ; Je suis pour la "culturalisation" de la politique..."
Raouf Ben Yaghlane


lundi 10 septembre 2007

Lessons in digital advocacy

spent Friday at the Berkman Center with my friend Sami ben Gharbia, the director of Global Voices’ advocacy project. Of the hundreds of people I’ve met through GV, Sami is near the top of the list of people I’m always learning from. He’s channeled some of the energy from his personal passion for freedom in Tunisia into a campaign for free speech online for everyone, everywhere. And in the work he and his Tunisian colleagues do to promote freedom of expression in Tunisia is continuing to push the envelope of what’s possible in the world of digital advocacy.

Sami pointed me to a new campaign put together by his comrade in arms, Astrubal, the author of the Apple 1984 remix… the one that preceded the Obama remix by three years. The target of their campaign is Tunisian President Ben Ali and his private plane. The Tunisian press rarely reports on Ben Ali’s trips outside of Tunisia - as Sami put it in a blogpost, translated by Amira Al Hussaini for Global Voices: “As we all know, Tunisian President Ben Ali has cut down on his travels since 2005, as he rarely leaves his safe fortifications in Tunisia. Records also show that his trips to Europe during the time those pictures were taken did not exceed three. He visited Geneva in December 2003, Rome in May 2004 and Malta in June 2005.”

fueled at taxpayer expense, is being used to accomodate vacations in the south of Spain or shopping excursions in the fashion centers of Europe. Astrubal and others have found numerous photos of the Presidential plane in European airports, photographed by amateurs and posted on sites like airliners.net and jetphotos.net. Using the photos, their locations and dates, Astrubal has built a flightplan for the Presidential jet, and rendered it in Google Earth, adding text, photos of the planes and a dramatic score.


The result is a little over the top, but it’s a compelling (and funny) way to draw attention to a situation that might represent abuse of presidential power. In an age where most advocacy groups are just starting to figure out how to use blogs or mailing lists, it’s impressive to see activists sewing together Google Earth, community photography sites and video authoring.

The Tunisian government may have thought it was compelling as well. Dailymotion, a popular French video sharing site, is once again blocked in Tunisia, possibly due to the presence of the video. There’s a subtext to the questions Astrubal is asking in his video, Sami tells me, undertones that would be clear to me if I knew more about Tunisian politics. Ben Ali is quite old and is believed to be somewhat infirm - frequent, unreported travel to Europe might indicate that he’s seeking medical care outside Tunisia. Or frequent trips to Malta might reflect that the plane is being used for business travel by the President’s wife.
Whether or not you’re worried about the use or abuse of the Tunisian president’s plane, there’s something very cool about seeing the wide range of tools Tunisian activists are willing to use to promote their struggle against a dictatorial government. I’m always learning from Sami, and advocates as a whole should be watching the Tunisian activists closely, looking for lessons in digital advocacy.

Publié Sur le Blog de Ethan Zuckerman, September 8, 2007

Lu sur : Nawaat.org



jeudi 6 septembre 2007

L’Agence Tunisienne de l’Internet censure Dailymotion !

- TopNet : « c’est l’ATI »
- ATI : « je ne suis pas au courant » !!!





our une première, s’en est une particulièrement savoureuse ! Pour la première fois en Tunisie, un fournisseur d’accès à l’Internet, et ce n’est pas le moindre, puisqu’il s’agit de TopNet un des leadeurs historique du marché, reconnait publiquement la responsabilité de l’ATI dans le « filtrage » (terme plus consensuel que censure) de l’Internet en Tunisie ! Un aveu qui sonne comme une décharge de responsabilité sur l’agence (publique) Tunisienne de l’Internet qui de sa part déclare "ne pas être au courant». Bien évidement on est gentiment prié de les croire !

Il faut dire qu’on aura du mal surtout après que TopNet c’est fait prendre la main dans le sac et preuve à l’appui. Il ne s’agissait donc pas d’aveux mais plutôt d’une confirmation alors qu’on est déjà certain qu’au moins pour 3 fournisseurs d’accès, Dailymotion reste jusqu'à ce jour inaccessible. En effet selon plusieurs témoignages survenus de Tunisie, on pouvait déjà affirmer que le site de partage de vidéo n’était pas accessible sur TopNet, Planet et Hexabyte. Après les aveux à demi-mots de TopNet, on peut donc conclure que pour cette fois-ci le blocage touche tous les fournisseurs d’accès sans exceptions. Bien évidement, qui dit : « responsabilité de l’ATI », dit forcement : « décision politique » puisque l’agence se trouve sous la tutelle du « Ministère de la vérité », j’ai nommé le Ministère des Technologies de la Communication, véritable officine de contrôle des dites technologies.

Maintenant la question est de savoir pourquoi une telle censure ? Les spéculations vont bon train. Pour certains se sont les vidéos de "l’objet politique non identifié", le déjà culte, Tarek Mekki. Plausible. Bien que peu crédible, le personnage peut déranger par son insolence et le discours et les moyens de communications qu’il emploie pour les véhiculer. Une manière de faire jamais vue dans les rangs de l’opposition politique. Mais dans ce cas pourquoi avoir attendu si longtemps. Les vidéos étaient disponibles depuis un bon moment et elles avaient déjà fait le tour du net tunisiens, certains blogs en avait même publié certaines d’entre elles. Pour d’autres, c’est la vidéo, toute aussi dérangeante, qui accompagne l’excellent post d’Astrubal (version Arabe ici et version anglaise ) sur l’utilisation faite de l’avion de la présidence, surtout, qu’après les vérifications faites dans la presse officielle par Sami et qui montrent, qu’à l’exception d’une seule date, aucune escale de l’avion de la présidence ne correspondait à un voyage officiel d’officiels ou de délégations tunisiennes.

Mais à ce petit jeu des devinettes on peut y passer la nuit sans embrasser la moindre lueur de certitude. En effet peut-on donner une explication à un comportement absurde ? Peut-on trouver des excuses à une institution étatique qui a pour but de promouvoir les nouvelles technologies, qui censure l’un des sites les plus emblématiques de ce qu’on appelle le Web 2.0 ? Commencer à chercher « le pourquoi » revient quelque part à trouver « des circonstances atténuantes » à ceux qui n’en ont aucune. Il n’y a rien qui justifie la censure. Ni les catégories de SmartFilter, sur lesquelles certains voudrait jeter la responsabilité, ni la fallacieuse excuse de « la préservation de l’image de la Tunisie ». Ceux qui salissent l’image de notre pays ce n’est pas ceux qui dénoncent les dérivent de ses dirigeants, mais bien ces derniers qui ne cessent de nous ridiculiser dans le monde entier.


mardi 4 septembre 2007

Qui censure Dailymotion en Tunisie ?

Post rédigé avec la précieuse collaboration d'Astrubal



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'est la fin pour nous Tunisiens de ce service de partage de vidéos en ligne, le célèbre dailymotion.com est censuré en Tunisie". C’est en ces termes que le blog Escalier 7 a lancé, hier 3 septembre 2007, l’alerte concernant le blocage du site Dailymotion en Tunisie. Information confirmée un peut plus tard par Mahmoud sur son blog qui a affiché pour accompagner son post le logo de la dernière compagne pour débloquer Dailymotion en Tunisie. Campagne qui a été menée par un groupe de blogueurs tunisiens suite au premier blocage du site survenu entre le 1er et le 9 avril 2007. L’information a ensuite été vérifiée et publiée par Sami sur le site de Global Voices Advocacy.

En effet, comme l’a expliqué Nart Villeneuve dans son article intitulé « Tunisia, SmartFilter & DailyMotion », (voir le résumé en français), si le site Dailymotion a été inaccessible en Tunisie, c’est parce qu’il a été catalogué Pornographique par SmartFiltr. Cette catégorie étant interdite en Tunisie, le site a donc été automatiquement bloqué. Cet incident avait alors démontré comment une décision prise par une entreprise privée de filtrage peut affecter l’utilisation d’Internet dans tout le pays. Alors que, et contrairement à la prudence qui avait accompagné le premier blocage, la blogosphère n’hésite pas cette fois-ci à parler ouvertement de censure délibérée. Reste alors à démontrer si ce blocage est dû à une intervention de SamrtFilter ou à une volonté de blocage délibéré par la police tunisienne du net ?

Pour la première question, la réponse se trouve sur le site de Secure Computing dans la rubrique SmartFilterWhere où il est possible de vérifier en temps réel la catégorie dans laquelle se trouve un lien donné. Pour les 3 bases de données du logiciel SmartFilter, dailymotion est respectivement catalogué « Streaming Media, Media Sharing », « Personal Pages, Streaming Media » et « Personal, MP3 Sites ». Ces résultats écartent d’emblé la piste d’un blocage automatique dû à l’indexation de dailymotion dans une catégorie censurée en Tunisie comme c’était le cas pour le premier blocage du site le mois d’avril dernier. On peut également écarter l’hypothèse selon laquelle l’ATI aurait rajouté à ses catégories interdites celles dans lesquelles se trouve dailymotion aujourd’hui, puisque cela revient à bloquer tous les sites de partage ainsi que les sites personnels tels les blogs. Or, les sites de partage de vidéos comme YouTube et Google Vidéo qui se trouvent d’ailleurs dans la même catégorie que Dailymotion, sont accessibles normalement de la Tunisie. Et à part les blogs et sites déjà censurés, aucun autre cas de censure n’a été constaté suite au blocage de Dailymotion.

Impression d’écran – Classification de dailymotion par Smartfilter. Serveurs mis à jour le 03/09/07

L’hypothèse d’un blocage automatique dû à un changement de catégorie sur SmartFilter étant écartée, c’est en Tunisie qu’il faudra donc chercher la réponse. Pour cela, l’aide de l’application 403 Access Denied Checker, va s’avérer d’une grande utilité. Avec l’aide d’un ami en Tunisie (que je remercie infiniment), un test a été lancé aujourd’hui 04 septembre à 02h06, dont les résultats sont sans appel. En effet, la réponse à la requête pour le site Dailymotion est un « 403 accès refusé » alors que la requête faite au même moment par le navigateur affiche le fameux « 404 page introuvable » !

Impression d’écran – Résultat du 403 Access Denied Checker pour le fournisseur d’accès TopNet. Test effectué le 04/09/07 à 02h06 en Tunisie.


Pour aller encore plus loin dans la démonstration, j’ai communiqué les résultats de ce test à Astrubal, le concepteur du Checker pour qu’il effectue le même test (une dizaine de minutes plus tard) avec la même liste, mais cette fois-ci de France. Le résultat est encore une fois sans appel : Tous les sites qui affichaient le fameux « 403 » affichent désormais le message « 200 », signe que les sites sont bien disponibles et ne connaissent aucun problème d’ordre technique. D’ailleurs, la vidéo suivante montre d’une manière plus que convaincante le passage de tous les sites au vert une fois le test effectué en France.

Après avoir chargé le test de TopNet effectué à Tunis (ou l'en voit les blocages en rouge),
un nouveau test est lancé à partir de France. Le résultat est éloquent.
Test et vidéo effectués par Astrubal


En se basant sur ces deux tests, on peut affirmer sans risque que le blocage de Dailymotion est bel et bien un acte de censure délibérée. Mais à la question "qui est à l’origine de cette censure, où plutôt qui « gère » ces censures?", la réponses précise demeure à trouver. En effet, même si le test effectué démontre que TopNet, fournisseur de la connexion (qui a servi audit test) bloque l’accès au site Dailymotion, on ne peut pas affirmer si cela est dû à une intervention faite par ses propres services ou si cette censure a été décidée par l’ATI. En effet, cette dernière qui joue aussi le rôle d’un fournisseur d’accès aux particuliers, fourni surtout les "tuyaux" utilisés par les différents FAI tunisiens.

Le blocage des sites s’effectue donc vraisemblablement, au moins, à deux niveaux :

- Au niveau des fournisseurs d’accès, chaque FAI a la possibilité de filtrer le trafic selon les directives qu’il reçoit ou l’excès de zèle dont il fait preuve.

- Au niveau de l'ATI, le trafic des ISP passant par son infrastructure pour le routage extérieur, celle-ci a la possibilité également de bloquer des sites sur l’ensemble du territoire Tunisien.


Le premier cas de censure de dailymotion avait permis de constater que le site a été disponible chez le fournisseur Exabyte alors que pour TopNet il était encore censuré; ce qui pouvait d’ailleurs laisser croire que les différents FAI utilisent directement les services de SmartFilter.

La solution qui est à notre portée pour savoir qui fait quoi dans cette affaire, consisterait à faire des tests avec le « 403 checker » pour le maximum (l’idéal tous) de FAI en Tunisie. Rien de plus simple que de lancer cette application, très facile à utiliser et respectueuse de l’anonymat de ceux qui l’utilisent, pour récolter le maximum d’information sur ces pratiques et arriver in fine à décortiquer les mécanismes de la censure en Tunisie. Vous pouvez donc télécharger ici la dernière version du Checker et faire le test vous-même. Vous trouverez sur ce lien* comment faire pour l’utiliser, bien que cela ne soit pas vraiment nécessaire tellement l’utilisation de cet outil est intuitive. Vous pouvez ensuite faire remonter l’information en envoyant le résultat à l’adresse suivante : 403checker@gmail.com ou en le publiant sur votre blog ou site personnel.

Bien que les méthodes de censure en Tunisie ne dupent plus personne, il reste tous de même à démontrer la responsabilité de chacun des acteurs du secteur de l’Internet en Tunisie. Que ce soit les FAI privés, l’agence gouvernementale ATI ou les services de la police de l’Internet. Pour cela, l’implication des utilisateurs de cet outil est indispensable. C’est seulement en montrant clairement que la volonté des censeurs de banaliser ces pratiques ne marchent pas sur les internautes tunisiens qu’on arrivera peut être à faire reculer ces pratiques indignent de notre pays. Il ne s’agit pas ici de solidarité entre blogueurs ou de mouvements organisés dans ce sens mais tout simplement, pour chacun d’entre nous, de défendre son outil qui (et je pense, qu’on sera tous d’accord là-dessus) est indispensable pour nous tous. Alors internautes tunisiens, tous à vos Checker !

PS:

Pour visualiser le résultat de ce test sur votre Checker ou faire le test vous même avec cette liste vous pouvez télécharger ici le fichier XML

Si vous ne voulez pas faire le test complet et se contenter de vérifier seulement l'adresse de dailymotion, téléchargez ce fichier et mettez le à la place du fichier Url_to_check déjà existant

Si vous n’arrivez pas à accéder à la page de téléchargement du 403 Access Denied Checker vous pouvez le télécharger ici :

- Version pour Windows 98/XP
- Version pour Mac OS X
- Version pour Linux

Pour télécharger les fichiers clique droit => enregistrez-sous

Pour envoyer vos fichiers ou pour de plus amples informations : 403checker@gmail.com


* ce manuel a été réalisé pour la première version du Checker. pour les dernières versions l'utilisation est encore plus simplifiée.



jeudi 26 juillet 2007

Appel à Solidarité







es mercenaires de la dictature Tunisienne ont procédé aujourd’hui à une attaque contre ce Blog ( http://tunisiawatch.rsfblog.org ), Une opération criminelle qui à fini par détruire complètement les quelques 650 articles de son contenu ainsi qu’une quantité équivalente de documents, photos et rapports concernant les luttes démocratiques pour la liberté, la justice et le libre expression en Tunisie. Mon blog personnel à subi le même sort en même temps

Ce blog d’information sur la Tunisie qui a été mis en ligne grâce à RSF en geste de solidarité après la destruction de mon blog précédent http://yahyaoui.blogspot.com , il y a sept mois à pu s’affirmer en cette courte duré comme une source d’information indépendante sur la Tunisie par le flux de lecteurs qui le consulte quotidiennement du monde entier. Face à cette audience interne et internationale la dictature à procédé à sa censure il y a moins de deux mois. Une censure qui à privé beaucoup de tunisiens d’une source indépendante d’information mais dont la majorité ont pu le surmonté comme l’attestait le nombre des lecteur anonyme qui occupe la troisième position dans les statistiques de ses lecteurs.

Face à la déroute du système d’information officiel et le détournement massif observé depuis quelques temps des journaux, radios et télévisions officiels qui sont devenu synonyme de désinformation, propagande et manipulation une attaque en règle à été observée depuis quelques semaines visant tous les sites et blogs dissidents ou opposé à l’information truqué que la dictature veut imposer. Après l’échec de la stratégie de la censure la dictature a commencé à procédé depuis quelque temps par l’infiltration des sites visées et la destruction pure et simple de leur contenu. Cela c’est répété deux fois en moins d’un mois pour le site PDP info et pour plusieurs autre sites qui l’ont signalé ces dernière journées.

Aujourd’hui que la Tunisie commémore un demi siècle de dictature sous couvert d’une proclamation de République qui n’a jamais existé et alors que la dernière dépêche concernant le dernier discours de son président « prône l'audace de la presse et ordonne la création d'une nouvelle TV » beaucoup sont encore assez naïf pour croire que la dictature cherche à procéder à plus d’ouverture alors qu’elle ne fiait que s’enfoncer davantage dans sa fuite en avant avec l’illusion de restaurer la crédibilité perdue de sa parole et de son information.

Les temps ont changé, la dictature par ces procédés ne fait que montrer qu’elle est en train de se battre en retrait. L’opinion publique nationale autant qu’internationale, sont en train de se rendre compte de sa triste réalité. Il suffit de constater à l’image des commémoration de ce triste cinquantenaire d’une république volé qu’il n’a été retenue et évoqué dans la rue comme par les médias internationaux que par le relâchement de quelques prisonniers politiques et d’opinion sous les pressions internes et les interventions internationaux.

J’appelle et j’implore tous les tunisiens à croire que cette sombre ère va bien tôt finir, à se solidariser et à travailler tous dans la même voie de la liberté en faisant éclater toutes les vérités que cette dictature tient à cacher pour dissimiler la face hideuse de sa véritable nature. J’appelle aussi tous nos amis nombreux dans le monde entier de ne pas se réjouir démesurément de la libération de Mohamed Abbou car en plus des centaines de tunisien innocents encore en prison ou exilés des millier ne sont qu’en sursis aux portes des prisons.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis 26 Juillet 2007



Après la censure le piratage !



Capture d'écran du blog Tunisia Watch



ette après-midi le blog d’information Tunisia Watch à été piraté. Les inconnus qui se donnent le nom de CI3 Team, ont réussi à pénétrer la base de données du blog pour y effacer méthodiquement les plus de 650 post qui s’y trouvaient ainsi que les nombreux documents audio et vidéo.

Cela s’est passé alors que Mokhtar Yahyaoui, l’administrateur du site, était entrain de publier un texte et il a donc pu constater « en direct » que les post s’effaçaient les uns après les autres. Comble du vice, « les vaillants pirates », ont utilisé, pour signer leur « œuvre » le compte de Sami Ben Abdallah, un compte parmi d’autre qui semble avoir été choisi au hasard.

Julien Pain, responsable de la section Internet chez RSF, qui héberge le blog sur sa plate forme RSF Blog, s’est étonné de cet acte de piratage lors d’un entretien qu’il a eu avec Mokhtar Yahyaoui tout en promettant de faire le nécessaire pour essayer de rétablir les archives effacées par les pirates. En effet, RSF blog, qui est une plate forme dédiée aux journalistes et aux cyberdissidents, offre un service de sauvegarde des fichés pour ce prémunir de ce type d’attaque.

On reconnaît ici aisément les méthodes minables des barbouzes de la polices de l’internet alors que certains sont allés trop vite en besogne en se réjouissant de ne plus les voir à l’œuvre. Les voilà rassurés ! La police de l’internet et ses mercenaires sont bien là ! Une preuve supplémentaire que malgré les discours bidons et de circonstances du "garant de la république" comme il s'est auto-proclamé, les intentions et les méthodes restent les mêmes.



samedi 30 juin 2007

Keep Talking...

« For millions of years mankind lived just like the animals.
Then something happened which unleashed the power of our imagination:
We learned to talk »
Pink Floyd




a science a longtemps inscrit notre rapport à notre animalité dans une continuité qui s’étend de nos origines animales à notre état évolutif actuel. Or de plus en plus de scientifiques mais aussi de philosophes voient ce rapport, non plus dans la continuité mais précisément dans l'écart nécessaire à nous constituer comme humains. « Ce n'est pas la conjonction de l'homme et de l'animal qu'il faut penser mais leur séparation [1]». Ce qui ferait donc notre humanité, c'est la conscience de ce qui nous différencie de l'animal. Cette recherche de notre « dignité [2] », de notre « conscience de soi », se base sur deux composantes, qui en deviennent fondamentales, qui sont la liberté et la construction de soi faite de questions, d’inquiétudes et de désirs toujours insatisfaits.

La jouissance de la liberté, ainsi que la mise en place de mécanismes de construction de soi, nécessitent la mise ne place d’une construction intellectuelle et donc de prendre le risque d’« être livré à quelque chose qui se refuse ». Henri Laborit[3] définissait la pensée comme irritation, manque d'information et angoisse. En effet, la réflexion provoque une inhibition des mécanismes instinctifs et une « suspension du rapport animal », qui se traduit dans le cerveau par l’inhibition de la réaction immédiate pour introduire des données supplémentaires à plus long terme comme la prise en compte des enjeux sociaux, de l’image de soi, du poids des paroles et du sens…etc. La pensée humaine permet donc de surmonter la fascination animale pour prendre un recul critique et construire une objectivité de la somme des subjectivités du jugement humain.


Ce processus continuel de prise de distance, de rationalisation, d'arrachement à nos fixions et nos préjugés n’est possible que par la réflexion qui constitue un réveil à chaque fois renouvelé de nos rêves imaginaires, des apparences et des projections de nos désirs. L'accession à l'humanité exige un détachement de cette fascination animale, que seul le langage permet en séparant le mot de l'émotion. Seul la parole permet d'analyser sa propre pensée, de l'objectiver, de l'universaliser. L’Homme se trouve donc le lieu d'un conflit, d'un effort perpétuel pour se soustraire des carcans de son instinct animal et s'ouvrir ainsi à la liberté, à la justice, aux possibles et à l'universel, bien au-delà de sa réalité immédiate et prosaïque.

Par ailleurs, si la réflexion et son expression sont inhibitrices de nos instincts archaïques, la confiscation de la parole et l’endoctrinement dans tous leurs aspects sont au contraire les catalyseurs de la régression et du retour à la prédominance de l’instinct sur la réflexion. La résignation, la peur et la violence qui caractérisent nos sociétés modernes, les guerres de territoires ou de dominations qui ensanglantent le monde et la course effrénée pour « la domination de l’Homme par l’Homme », sont, en partie, les conséquences d’une volonté de plus en plus fortes, sous des aspects plus au moins visibles et plus au moins violents, d’un encadrement de la pensée, d’un contrôle de la parole et d’une détermination à imposer une pensée unique de plus en plus restrictive pour la construction de soi.

Pourtant, et encore à ce stade de l’évolution de l’humanité il est encore difficile pour certains d’admettre le caractère fondamental de l’usage de la parole et de l’expression libre de la pensée. L’usage de cette parole salvatrice et humanisante est encore, pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, confisqué, contrôlé et censuré. Pire, pour des milliers de personnes, l’exercice de leur humanité traduit par l’expression de leurs pensées est sévèrement réprimandée par la prison, la torture et des fois même la mort. Se qui constitue notre véritable victoire sur notre animalité, est devenue un sacerdoce pour une majorité de ceux qui en usent.

Sami Ben Gharbia, répondant à Hamdi Qindil qui lui demandait pourquoi il blogue, a répondu : « Je blogue pour me réapproprier ma valeur fondamentale : la parole ». Faut-il d’autres raisons pour continuer de parler, d’user de cette faculté, de ce privilège pour exprimer sa pensée pour affirmer à chaque instant son humanité ?




[1] L'ouvert, De l'homme et de l'animal, Giorgio Agamben, Rivages, 2002
[2] Œuvres philosophiques, Jean Pic de La Mirandole, Paris, P U.F., Épiméthée, 1993
[3] Henri Laborit, biologiste, philosophe du comportement animal et du comportement humain

Malek le 27.03.07




samedi 9 juin 2007

Sami Ben Gharbia dresse un sombre bilan de la situation de la liberté d’expression sur Internet.









e 6 juin 2007 s’est tenue la dernière rencontre d’Amnesty UK, Sous le titre provocateur de «Some people think the internet is a bad thing : The Struggle for Freedom of Expression in Cyberspace ». Parmi plusieurs invités*, Sami Ben Gharbia dresse un sombre bilan de la situation de la liberté d’expression sur Internet sur cette vidéo extraite par Astrubal du WebCast de la journée disponible sur Irrepressible Info d’Amnesty international UK.

- Keynote address - Martha Lane Fox
- The state of the internet - Ron Deibert
- Repression in the West - Josh Wolf
- The power of blog - Yan Sham-Shackleton
- Beating the censors - Sheva Nerad
- Ethan Zuckerman talks about internet repression (WebCam)

Lu sur le blog d'Astrubal


samedi 26 mai 2007

Rapport annuel d’Amnesty International : La peur : Arme de répression massive

omme tous les ans, Amnesty International publie son bilan sur la situation des droits humains dans le monde. Cette année, un bilan particulièrement sombre où, comme il est signalé à l’introduction de ce document, « la politique de la peur a dominé l’année 2006 ». La peur, arme suprême, que de plus en plus de régimes, qu’ils soient franchement totalitaires ou dits « démocratiques », utilisent sans vergogne. Cette instrumentalisation de la peur permet de légitimer les guerres, la torture, la censure ainsi que toutes les pires exactions. Drôle de monde, où tout devient acceptable pourvu qu’on ne dérange pas notre paisible servitude.

Dans notre chère Tunisie, le règne de la peur ne date pas de l’année dernière. Il est bien installé depuis un moment. Une peur qui paralyse tout un pays. Une peur reçue en héritage, enseignée dans les familles et dans les écoles depuis le plus jeune âge. Une peur que le régime actuel exploite avec une efficacité redoutable. Non seulement elle lui permet de perdurer et de prospérer au dépend des tunisiens et de la Tunisie, mais également, de recourir pour y arriver à des méthodes brutales et inhumaines.

La peur permet également de faire accepter les « lois antiterroristes », des lois qui n’ont de légale que leur appellation. Des dizaines de jeunes et moins jeunes compatriotes broyés par ces lois d’exception qui bafouent les droits les plus élémentaires de l’accusé. Des aveux extorqués sous la torture, des avocats privés des éléments du dossier et incapables de communiquer avec leurs clients et traitements inhumains en prison, autant d’atteintes aux droits humains qui décréditent notre justice et exaspère les divisions au sein de notre société. Cette même peur viscérale poussent certains jusqu'à expliquer et justifier la censure, la torture et le manque de liberté au nom de je n’en sais quelle stabilité.

La peur justifie tout, même l’injustifiable !


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Ci-dessous la partie du rapport qui concerne la Tunisie :





a liberté d’expression et d’association restait soumise à d’importantes restrictions. À l’issue de procès inéquitables, au moins 12 personnes poursuivies pour activités terroristes ont été condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement. Une cinquantaine d’autres étaient toujours en procès à la fin de l’année. De nouveaux cas de torture et de mauvais traitements ont été signalés. Condamnés les années précédentes à l’issue de procès iniques, des centaines de prisonniers politiques, y compris des prisonniers d’opinion, restaient incarcérés. Un grand nombre d’entre eux étaient détenus depuis plus de dix ans, et leur état de santé se serait dégradé.


Contexte

Les organisations de défense des droits humains ont critiqué l’élection de la Tunisie au nouveau Conseil des droits de l’homme des Nations unies, en mai, du fait des restrictions sévères imposées aux libertés fondamentales dans le pays. En novembre, un groupe de parlementaires a appelé le président Ben Ali à se représenter à l’élection de 2009, date à laquelle il aura exercé le pouvoir pendant vingt-deux ans. Des modifications apportées à la Constitution, à la suite d’un référendum organisé en 2002, permettaient au président de se représenter sans limitation pour des mandats successifs de cinq ans.

Cent trente-cinq prisonniers ont été remis en liberté conditionnelle à la faveur d’amnisties ; 81 ont été élargis en février et les autres ont recouvré la liberté en novembre. Ils étaient tous incarcérés depuis plus de quatorze ans, après avoir été jugés de manière inique et reconnus coupables d’appartenance à l’organisation islamiste interdite Ennahda par les tribunaux militaires de Bouchoucha et Bab Saadoun en 1992. Une centaine d’autres membres d’Ennahda étaient maintenus en détention. Certains étaient, semble-t-il, en mauvaise santé, du fait des conditions carcérales extrêmement pénibles et des tortures subies lors de la détention qui avait précédé leur procès, des années auparavant. Plusieurs d’entre eux avaient besoin de soins médicaux de toute urgence.

En juin, le Parlement européen a adopté une résolution réclamant l’organisation d’une session du conseil d’association Union européenne – Tunisie, afin de discuter de la situation des droits humains dans le pays, après le maintien de l’interdiction visant le congrès de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), une organisation non gouvernementale. En octobre, l’Union européenne a de nouveau critiqué le gouvernement tunisien à la suite de l’annulation d’une conférence internationale sur le droit au travail dans l’espace euro-méditerranéen, qui devait se tenir en septembre à Tunis. En décembre, des fusillades ont eu lieu dans le sud de Tunis entre la police et des membres présumés du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui serait lié à Al Qaïda. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et de nombreuses autres, dont des policiers, ont été blessées.

Atteintes aux droits humains dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme »

Les autorités n’ont pas répondu à la demande formulée par le rapporteur spécial des Nations unies sur la protection et la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste. Le rapporteur voulait se rendre en Tunisie pour y examiner la situation des droits humains. Comme les années précédentes, des suspects de terrorisme ont été arrêtés, emprisonnés et jugés en vertu de la loi antiterroriste controversée qui avait été adoptée en 2003. Certains ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement. Les dispositions de cette loi et du Code de justice militaire étaient également utilisées contre des citoyens tunisiens renvoyés contre leur gré par les autorités d’autres pays, notamment de Bosnie-Herzégovine, de Bulgarie et d’Italie. Bon nombre d’entre eux, placés en détention à leur retour en Tunisie, ont été inculpés d’appartenance à des organisations terroristes opérant à l’étranger. Certains ont été traduits devant des juridictions militaires. Dans ce genre d’affaires, les contacts des avocats avec leurs clients étaient soumis à des restrictions de plus en plus nombreuses.

En juin et en juillet, de très nombreuses personnes soupçonnées d’activités terroristes, dont des membres présumés du GSPC, ont été arrêtées et maintenues au secret, dans certains cas pendant plusieurs semaines, avant d’être déférées à un tribunal pénal de Tunis qui devait les juger. Ces prisonniers ont, semble-t-il, été torturés pendant leur garde à vue. À la fin de l’année, ils étaient toujours en détention et le jugement n’avait pas eu lieu. Beaucoup ont été transférés dans des prisons éloignées, distantes de plusieurs centaines de kilomètres du lieu de résidence de leur famille. Hicham Saadi, qui avait été condamné en 2004 à une peine de douze ans d’emprisonnement pour activités terroristes, a été libéré en février à la faveur d’une amnistie présidentielle. Il a de nouveau été arrêté en juin et maintenu au secret pendant vingt cinq jours, au cours desquels il aurait été torturé. Cet homme a été accusé d’appartenance au GSCP. En octobre, il a tenté de s’évader en sautant par une fenêtre lors de sa comparution devant un juge d’instruction de Tunis. À la fin de l’année, Il était toujours en détention dans l’attente de son procès.

En septembre, Badreddine Ferchichi (alias Abu Malek) a été renvoyé en Tunisie par la Bosnie- Herzégovine après le rejet de sa demande d’asile. Détenu pendant plusieurs jours, il aurait été maltraité. Il a comparu, le 6 septembre, devant un juge militaire qui l’a inculpé, aux termes du Code de justice militaire, de « service, en temps de paix, dans les rangs d’une armée étrangère ou d’une organisation terroriste opérant à l’étranger ». Cet homme avait combattu comme volontaire au sein des forces musulmanes bosniaques durant la guerre de 1992 à 1995 en ex-Yougoslavie. Maintenu en détention à la fin de l’année dans l’attente de son procès devant un tribunal militaire, il était passible d’une peine de dix ans d’emprisonnement.

Six membres du « groupe de Zarzis » ont été libérés en février. Abdelghaffar Guiza, Omar Chlendi, Hamza Mahroug, Ridha Ben Hajj Ibrahim, Omar Rached et Aymen Mcharek, tous originaires de Zarzis, dans le sud du pays, avaient été arrêtés en 2003. Ils avaient été condamnés, en avril 2004, à des peines d’emprisonnement pour activités terroristes à l’issue d’un procès inéquitable qui s’était déroulé devant un tribunal pénal de Tunis. Ils ont été placés en garde à vue au secret et des « aveux » leur auraient été arrachés sous la torture pendant cette période. Ces éléments ont par la suite été utilisés comme preuve principale contre eux.

Liberté d’expression

La liberté d’expression restait soumise à d’importantes restrictions. Au moins deux journalistes qui critiquaient le gouvernement ont été licenciés par la direction de leur journal. D’autres ont pu continuer à exercer leur profession, mais ont subi des pressions de la part des autorités et fait l’objet de procédures judiciaires visant à les intimider.

En avril, les autorités ont empêché la réunion du conseil d’administration du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), dont les membres continuaient de se voir intimidés et harcelés par la police. Cette année, Lotfi Hajji, le président du SJT, a été détenu à au moins trois reprises pendant de courtes périodes.

Les autorités ont intensifié le harcèlement contre les femmes portant le hijab (voile islamique). Ces actions faisaient suite aux déclarations des ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, et à celles du secrétaire général du parti politique au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique, qui critiquaient l’augmentation du port du hijab chez les femmes et les jeunes filles, et de la barbe et du qamis (tunique) chez les hommes. Les déclarations allaient également dans le sens d’une application plus stricte du décret 108 de 1985 du ministère de l’Éducation, qui interdit aux femmes de porter le hijab dans les établissements scolaires ou lorsqu’elles travaillent pour le gouvernement. Des femmes auraient reçu l’ordre d’ôter leur voile avant d’être autorisées à entrer dans une école, une université ou un lieu de travail, et d’autres ont dû l’enlever dans la rue. Certaines auraient été conduites dans des postes de police où on leur aurait demandé de s’engager par écrit à ne plus porter le hijab.

Militants et organisations pour la défense des droits humains

Les défenseurs des droits humains continuaient d’être la cible de mesures de harcèlement, et parfois de violences physiques. Bon nombre étaient surveillés par les autorités, de même que leur famille et leurs amis, et leurs activités étaient fortement restreintes. Plusieurs organisations non gouvernementales de défense des droits humains n’avaient toujours pas été reconnues légalement.

La LTDH était toujours empêchée de tenir son sixième congrès et seuls les membres de son comité directeur pouvaient se rendre au siège de la Ligue, situé à Tunis. Les bureaux régionaux de cette organisation restaient inaccessibles au public ainsi qu’aux membres élus. L’examen de la plainte contre le comité directeur de la LTDH a été renvoyé à janvier 2007. Les autorités ont pris contact avec les ambassades de plusieurs pays et auraient menacé de rompre les relations diplomatiques si les représentants de ces pays continuaient de rencontrer des défenseurs tunisiens des droits humains. Elles auraient spécifiquement interdit les rencontres avec des membres de la LTDH, prétextant qu’une procédure pénale était en instance contre cette organisation. Des diplomates de plusieurs pays se sont toutefois rendus au siège de la LTDH pour y manifester leur solidarité.

En octobre et en novembre, des responsables des services de sécurité ont placé sous étroite surveillance les locaux du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), une organisation non gouvernementale privée de reconnaissance légale. Cette mesure empêchait les anciens prisonniers politiques et les proches de prisonniers de s’y rendre. Certaines personnes auraient été arrêtées en sortant du CNLT et conduites dans des postes de police voisins, où elles auraient été contraintes de s’engager par écrit à ne plus réitérer leur visite.

En mai, des policiers sont venus chercher Yves Steiner, membre du comité exécutif de la section suisse d’Amnesty International, dans l’hôtel de Sidi Bou Saïd où avait lieu l’assemblée générale de la section tunisienne de l’organisation. Ils l’ont emmené de force à l’aéroport et l’ont expulsé du pays. Lors de son interpellation et de son transfert à l’aéroport, il a été malmené par les forces de l’ordre, qui ont confisqué son téléphone mobile. Dans un discours prononcé la veille devant les membres de la section tunisienne d’Amnesty International, il avait dénoncé les violations des droits humains signalées en Tunisie, et notamment les entraves à la liberté d’expression et d’association.

Hichem Osman, alors président de la section tunisienne d’Amnesty International, a été arrêté en mai à l’université, où il travaillait, puis retenu pendant six heures au cours desquelles il a été interrogé à propos de l’assemblée générale de la section. Les policiers lui ont dit que la réunion n’avait pas respecté les statuts car elle avait servi de tribune pour critiquer le gouvernement tunisien et le président de la République. Il a été informé officiellement que la section serait dissoute si de tels faits se reproduisaient.

Indépendance de la justice

En octobre, à la fin de son mandat, le chef de la délégation de la Commission européenne à Tunis a déploré publiquement la lenteur des réformes politiques et réclamé une amélioration de la formation des juges et des avocats en vue de renforcer l’indépendance de la justice. En mai, des avocats ont organisé plusieurs sit-in afin de protester contre une nouvelle loi instaurant un Institut supérieur des avocats. Ils dénonçaient le fait que le Parlement examinait cette loi sans prendre en compte les conclusions de la consultation menée avec l’Ordre des avocats, ainsi que le prévoyait la convention entre l’Union européenne et la Tunisie sur le financement de la réforme du système judiciaire. Cet institut, placé sous le contrôle des ministères de la Justice et de l’Enseignement supérieur, serait chargé de la formation des futurs avocats, une mission qui incombait auparavant à l’Ordre des avocats et à l’Association des magistrats tunisiens (AMT). Les avocats se sont opposés à cette loi en faisant valoir qu’elle portait atteinte à l’indépendance de la justice. Bon nombre d’entre eux ont été agressés par des policiers au cours des sit-in.

En septembre, Wassila Kaabi, juge et membre du conseil exécutif de l’AMT, a été empêchée de se rendre en Hongrie, où elle devait participer à une réunion de l’Union internationale des magistrats. Aux termes de la loi tunisienne, les juges doivent obtenir l’autorisation du secrétaire d’État à la Justice pour se rendre à l’étranger.

Prisonniers d’opinion

Comme les années précédentes, les opposants et les détracteurs du gouvernement risquaient d’être emprisonnés, harcelés et menacés pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions.

Mohammed Abbou, un prisonnier d’opinion, a effectué plusieurs grèves de la faim pour protester contre son maintien en détention et les mauvais traitements qui lui étaient infligés par les responsables de la prison d’El Kef. Son épouse et ses enfants ont été harcelés et intimidés à plusieurs reprises par des policiers postés en permanence devant leur domicile de Tunis. En novembre, Mohammed Abbou a été transféré à l’hôpital d’El Kef pour subir des examens néphrologiques. En décembre, son épouse Samia, ainsi que Samir Ben Amor, un avocat, Moncef Marzouki, une personnalité de l’opposition, et Slim Boukhdir, un journaliste, ont tenté de lui rendre visite en prison. Ils ont été interceptés neuf fois par la police sur la route reliant Tunis à El Kef, officiellement pour une vérification de leur identité et des papiers du véhicule. Un peu plus tard, alors qu’ils sortaient d’un restaurant d’El Kef, ils ont été agressés par une cinquantaine d’hommes, de femmes et de jeunes gens qui les ont insultés, malmenés et frappés à coups de poing tout en crachant sur eux. Ils ont réussi à échapper à leurs agresseurs et à rejoindre leur véhicule. D’autres personnes les auraient encore agressés à leur arrivée à la prison, les empêchant ainsi d’atteindre l’entrée du bâtiment. Ces attaques ont eu lieu en présence de policiers qui n’ont rien fait pour protéger les victimes ni pour appréhender les agresseurs.

Visites d’Amnesty International

Des délégués d’Amnesty International se sont rendus en Tunisie en juillet. Ils ont rencontré des défenseurs des droits humains et des responsables gouvernementaux, ainsi que des représentants d’États de l’Union européenne.



samedi 19 mai 2007

Tunisia Watch censuré en Tunisie !




e blog d’information Tunisia Watch est censuré en tunisien depuis le 14 de ce mois. Je viens de l’apprendre en lisant le dernier texte du juge Mokhtar Yahyaoui, un texte qui sonne comme un réquisitoire contre l’absurdité de la censure, une des ignobles facettes d’une dictature en pleine déconfiture morale et politique.

Ayant très modestement contribué à alimenter ce blog, (essentiellement à ses débuts), j’ai pu remarquer à travers les statistiques du site, l’augmentation rapide du nombre de visiteurs. Pour le mois d’avril dernier par exemple prés de 130 000 pages ont été visitées par plus de 17 000 personnes. Ce qui fait de Tunisia Watch un des blogs les plus visités de la blogosphère tunisienne. Un travail remarquable que le juge Yahyaoui accomplit avec une régularité et une persévérance exemplaire (la très discrète Mira y contribue également). Voilà sûrement une autre raison pour laquelle le régime tunisien impose sa censure injuste et illégale.


Impression d'ecran des statéstiques du Blog Tunisia Watch pour le mois d'Avril 2007


Censurer le énième blog de Mokhtar Yahyaoui puis, maintenant, Tunisia Watch, c’est s’attaquer aussi à l’un des premier blogueurs tunisiens, à l’une des rares personnalités de la société civile tunisienne à avoir des rapports apaisés avec les nouvelles technologies et à avoir osé affronter les débat féroces et irrévérencieux des forums de discutions. Il est aussi l’un des rares à croire sincèrement au potentiel exceptionnel de l’Internet. Alors que dire de plus que mon dégoût face à un régime qui sombre de plus en plus dans l’absurde et qui se comporte avec l’Internet comme si c’était les services des PTT. Une gestion archaïque et hypocrite d’une technologie qui dépasse les autorités des gouvernements et les frontières des pays.

Bien évidement le meilleur moyen de rendre cette censure inefficace, c’est d’user de tous les outils mis à notre disposition pour la contourner. Il est absolument nécessaire de faire en sorte que plus on essaye d’étouffer une source d’information, une voix, une parole, et plus nous devons la diffuser, la propager, la rendre visible à tous.


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Ils veulent nous faire taire !


ux centaines d’amis en Tunisie qui ont pris l’habitude de se connecter sur TUNISIA Watch chaque jour, je leur dis - comme certains d’entre eux l’ont remarqué eux même déja – que cette page d’information et de commentaires attachée à mon blog (lui-même censuré) vient d’être à son tour censurée à partir du 14 mai 2007 en début d’après midi.

Qu’est ce qui a pu ne pas plaire à la dictature à ce moment précis ?

Doit on vraiment se demander ce que doit plaire au pouvoir pour qu’on puisse vivre et s’exprimer librement dans son propre pays ? Certainement pas. Quand on lutte pour un Etat de droit on ne doit se soumettre qu’a la loi, c’est à elle seule qu’on doit respect et qu’on lui reconnaît le droit de nous partager avec ceux que certains propos peuvent ne pas accommoder. C’est au pouvoir de nous satisfaire et c’est lui qui nous doit des comptes à chaque instant et pour chaque acte d’autorité qu’il accomplit en notre nom ou en nous trompant. C’est à nous d’être vigilent face au pouvoir et de lui tenir compte de chaque déclaration et de chaque acte de gouvernement. Malheureusement ce n’est pas un pouvoir ou plutôt le pouvoir qu’on aurait choisi qu’il nous gouvernait que nous avons. C’est une dictature. En dictature tout devient à l’envers.

Une dictature qui veut imposer l’omerta. N’est- il pas légitime de se demander POURQUOI ?

Ce n’est pas du droit de libre expression seulement qu’on est privé en Tunisie quand en se montre critique ou mécontent du parrain. Autant le pouvoir est devenu synonyme de fortune et de fulgurantes ascensions la moindre animosité à son égard est devenue aussi synonyme de ruine et d’abominables clavaires. Même au pays les plus riche de la planète il n’y a pas autant de milliardaires au pouvoir, chez nous ce ne sont pas seulement les responsables aux pouvoir qui font fortune mais leurs familles alliers parent et amis. Plus vous êtes proche du pouvoir plus vos affaires sont cotés et rapportent plus. C’est la seule loi que reconnaît notre marché. L’offre et la demande en soumission et inconditionnel assujettissement. Chez nous en Tunisie la corruption n’existe plus diront nos tyrans mais on est devenu le seul pays au monde ou on est obligé de donner de pots de vains même pour obtenir une assistance sociale qui permet de sauver ses enfant de mourir de faim. Savez vous qu’est ce qu’ils donnent ceux qui n’ont plus rien à donner. Ils donnent leur filles ou leur femmes pour devenir domestiques chez le dernier corrompu de l’administration. Ils se font exploiter par le gouverneur, par le délégué et par le oumda. Pour un service d’un jour ils font traités en esclaves pour toujours. Cela s’appelle patriotisme ici .Ils sont dépossédés de leur dignité.

Je n’ai rien dis de plus que tout le monde connais d’un système qui est entrain de dépouiller notre pays, d’hypothéquer l’avenir de mes enfants et de nous mener vers de sombres horizons.

Devrai-je ne pas publier ce communiqué de la CRLDH concernant ces jeunes sauvagement torturés au point de perdre la raison ou cet autre qui parle de ce parti d’opposition menacé d’être exclu de son siège et qui ne réussi pas à trouver des locaux à louer depuis des mois pour ses sections dans dix chef lieu de gouvernorat. Devrai-je ne pas rapporter ce message poignant d’Abdallah Zoouari condamné arbitrairement à cinq ans de bannissement après avoir passé plus de dix ans de prison pour crime d’opinion et qui nous dit au secours aidez moi à rejoindre ma famille. Devrai-je ne pas faire rappeler le calvaire arbitraire subi par maître Mohammed Abbou depuis maintenant plus de deux ans. Comment veulent ils qu’on oubli ceux qu’ils détiennent encore dans leurs mouroirs depuis plus de 15 ans parce qu’il se sont opposés à eux depuis leur débuts.

Pourquoi devrai-je me priver de faire la comparaison entre l’arbitraire qui sévit partout chez nous et leur mode moyenâgeux de gouvernement et relever l’efficacité d’un système démocratique que les dernières élections françaises nous a donné la possibilité de vérifier. Pourquoi ne veulent-t-ils pas peut être que le bâclage de la justice pour l’empêcher de déterminer les véritables responsabilités des suites du dernier drame de Sfax ne soit pas abordé. Pourquoi tout est magouilles, tout est mystification, censure et désinformation ?

Ils veulent nous faire taire. Lisez s’il vous plait le dernier message concernant la mise au point de ces magistrates de la direction légitime de l’association des magistrats tunisiens. C’est une alerte pour tout les tunisiens. Que peut on attendre encore d’un pouvoir qui traite ses juges de cette façon et qui ment à ses parlementaires.

Pour la dictature je n’ai rien plus à dire sauf continuez à censurer, ceux qui ne peuvent plus lire n’ont plus besoin de chercher l’information pour entendre tout ce dont le pays est en tarin de grouillersur les magouilles et les forfaits occultés. Même si vous parvenez à faire taire tous les tunisiens on n’a plus besoin ni d’entendre ni de voir pour savoir, l’odeur de ce qui se manigançait empeste l’air qu’en est en train de respirer.

Pour mes lecteurs : Tunisia watch sera consultable sur un autre lien et un Tunisia Wach journal en PDF sera publié groupant les articles de tous les 15 jours et envoyé par mail aux 303 personnes déjà inscrit sur la liste de diffusion et téléchargeable directement.

Yahyaoui Mokhtar 15 Mai 2007

Texte publié sur Tunisia Watch le 16 Mai 2007



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