Certains travers des médias français ont vraiment la peau dure. Le quotidien Le Figaro dans son édition du 18 février, en a donné un exemple éloquent. Dans un encadré d’appel à La une du journal, on pouvait lire ce titre pour le moins accrocheur : « Quand des beurs vont chercher fortune à Dubaï » !
La suite est plus…affligeante. « Depuis quelques années, de nombreux jeunes Français d’origine musulmane partent s’installer dans les pays du Golfe…» Pouvons-nous lire dans l’encadré. Oui, vous avez bien lu : « Jeunes Français d’origine musulmane ». Voilà donc que pour Le Figaro, l’Islam est un « groupe ethnique » bien distinct ! Ça commence bien.
« Certains tentent l’aventure pour être en phase avec leurs aspirations culturelles ou religieuses […]», continue le journal. Après avoir appris que l’islam est une « race », on découvert, que pour qu’un « français d’origine musulmane » puisse être « en phase » avec ses « aspirations culturelles et religieuses », il faille qu’il s’expatrie dans un pays musulman ! On craint presque pour le cœur des 4 à 5 millions de musulmans en France, qui apprennent sans ménagement et en quelques lignes, deux « vérités fondamentales » sur eux-mêmes.
En tournant la page pour aller découvrir l’article, annoncé page 2, on s’attend déjà au pire. Et on ne sera pas déçu ! Tout d’abord, par l’auteur de l’article. Georges Malbrunot. Grand reporter au Figaro devenu célèbre après son enlèvement par « l'armée islamique en Irak » qui réclamait à la France, contre sa libération et celle de son confrère Christian Chesnot, l’annulation de la Loi sur la laïcité. Le journaliste est réputé être un « bon connaisseur » de « la région » et « ses subtilités », et était, a priori, bien placé pour éviter les clichés simplificateurs.
On déchante dès la lecture du titre de l’article : « Le Golfe, nouvelle terre d'asile des Beurs de banlieue ». Ici aussi le qualificatif « beur » est employé sans aucun « complexe ». Mais on apprend surtout que le « beur » est un éternel exilé. Après sa première « terre d’asile », la France (où il est née), ingrat comme il est, le voilà qu’il part à la recherche d’une « nouvelle terre d’asile ».
Et les premières lignes donnent le ton. « M. arrive au rendez-vous dans un café branché de Dubaï en djellaba blanche, la tenue traditionnelle du vendredi, jour de prière en islam. ». nous apprend l’auteur. Admirez ici les élans pédagogiques du journaliste qui éclaire les lecteurs du journal sur les traditions vestimentaires et religieuses du « Français d’origine musulmane ».
Bien évidement, « cet ingénieur en télécommunications » qui habite avec son épouse « dans un immeuble moderne de cette ville où les mosquées côtoient les plus beaux hôtels du monde » et qui ne voyait aucun inconvenant à « voir des filles en minijupe » se sent mieux dans son nouvel environnement et peut tout à fait connaitre les joies de « l’artisanat islamique » et pratiquer librement ses « étranges » rites et coutumes. « Si j'étais resté en France, on me regarderait bizarrement. Ici, cela ne gêne personne » nous dit-il. Quoi de plus normal ? N’est-il pas au milieu de ses semblables ?
D’ailleurs Malbrunot nous le dit cash : « À Dubaï, il (le français d’origine musulmane ? [ndlr]) peut donc, sans tracas, jeûner pendant ramadan, manger halal et faire ses ablutions ailleurs que dans les toilettes. ». « Le beur », peut alors « se fondre dans la masse ». Quelle chance pour M. pour qui « l'opulence ostentatoire de Dubaï ressemble pourtant bien peu au bled algérien de ses parents ». Que c’est bien dit !
« L'alliance […] de la BMW et du Coran, sous le soleil et dans une atmosphère de relative liberté individuelle. » est parait-il ce qui plait le plus à ces jeunes « beurs » comme Nesim, un « jeune Beur, d'origine tunisienne », victime de discrimination à l’embauche en France alors qu’il est, selon le journaliste, « non pratiquant et parfaitement intégré ».
En lisant la suite on comprend très vite, que si par malheur des « beurs » des cités osent tenter l’aventure de l’expatriation pour un meilleur avenir, comme le fond des milliers d’autres français aux « bonnes origines », c’est forcément par esprit de revanche sur cette France qui ne les accepte pas comme ils sont.
D’ailleurs, ce n’est pas le journaliste qui le dit...mais Khalid, « cadre d'une société d'intelligence économique », qui ne reviendra vivre en France que « lorsque la France aura appris à vivre avec ses musulmans ».
Il existerait même une « très petite minorité », « très religieuse », en rupture totale avec la France et à qui « Le djihad ne déplairait pas fondamentalement ». Tellement en rupture qu’il n’était « pas question », pour le journaliste, « d'approcher l'un d’eux ». On est presque soulagé qu’ils soient expatriés
Bref, tantôt d’origines « islamiques » tantôt d’origines « maghrébines », ces « beurs des banlieues » présentés par ce travail de journalisme « anthropologique », n’échapperont pas à leur étiquette même à des milliers de kilomètres de leur pays, la France.
Mais maintenant qu’on connait mieux « le Français d’origine musulmane », le journaliste peut pousser ses efforts « à but informatifs », pour nous faire découvrir les péripéties d’autres français d’ « origine ». Pourquoi pas les jeunes français « blacks » d’origine…« noire » !
e 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim, aux abords de la bande de Gaza, le petit Mohammed Al-Doura était tué par balle dans les bras de son père Jamal, qui tentait de le protéger. L’atroce scène de la lente agonie de ce petit garçon filmé par le caméraman Talal Abu Ramah et commentée par Charles Enderlin, le correspondant de France 2 à Jérusalem, fait le tour du monde et provoque l’indignation de l’opinion internationale sur fond de début de la 2e Intifada.
Aussitôt les autorités israéliennes soutenues par l’extrême droite israélienne mettent en doute la véracité des images et crient à la manipulation. Les images seraient « un montage partial à but propagandiste ». L’agence de presse israélienne MENA - Metula News Agency réalise un documentaire de 20 minutes, AL DURA : l’enquête, qui à partir des déclarations de Nahum Shahaf, physicien ayant participé à l’enquête de Tsahal, met en cause la réalité des scènes filmées par le cameraman de France 2 et conclut à « une véritable mise en scène jouée par des acteurs ». Un an plus tard c’est le correspondant permanent de la MENA à Paris, Gérard Huber, qui publie en janvier 2003, Contre-expertise d’une mise en scène, ouvrage reprenant la thèse du documentaire à la réalisation duquel il avait participé.
En France cette thèse du complot a été longuement étayée par Media-Ratings, une agence de notation des médias qui a conclu après enquête que selon les éléments dont elle disposait, « le correspondant de France 2 à Jérusalem, Charles Enderlin, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000 » et exige « la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à cette supercherie ». Arlette Chabot, directrice de l’information de la chaine publique française a aussitôt menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait France 2 d'avoir diffusé un faux et engage une procédure judiciaire de diffamation à l’encontre de Média-Rating et de son président Philippe Karsenty.
Le 19 octobre 2006, la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris, en charge de l’affaire, a déclaré Philippe Karsenty coupable des faits visés à son encontre et l’a condamné à 1000 € d’amende et à 3000 € de dommage et intérêts à France 2 et Charles Enderlin. Le condamné ayant fait appel, la 11e chambre de la cour d’appel de Paris, a ordonné un supplément d’information afin que France2 transmette les rushes pris par son cameraman Talal Abu Ramah.
S’en suit une bataille d’experts mandatés par les deux parties pendant laquelle l’accusation a effectivement présenté la totalité des images tournées par le caméraman de France 2. Des images qui mettent la scène en situation et permettent de constater l’existence d’au moins 3 autres caméramans de différents médias sur les lieux ce qui rend la thèse selon laquelle la mort du jeune Mohammed était « une mise en scène tournée par des acteurs », difficilement envisageable.
Images présentées devant la cour d'appel de Paris le 27 fevrier 2008
La défense a de son coté appelé entre autres, Jean-Claude Schlinger, expert en armes et munitions, auteur d’un rapport de balistique basé uniquement sur les images de France 2 concluant, sans même se rendre sur les lieux, dans un langage d’expert que :
« En tenant compte du contexte général et des nombreuses mises en scène que nous avons constatées sur l’ensemble des documents étudiés, aucun élément objectif ne nous permet de conclure que l’enfant a été tué et son père blessé dans les conditions qui ressortent du reportage de France 2. Il est donc sérieusement possible qu’il s’agisse d’une mise en scène. »
Mais voilà que le 21 mai 2008, coup de théâtre, la 11e chambre d’appel de Paris déboute les accusations de diffamation de France 2 et de Charles Enderlin à l’encontre du journaliste Philippe Karsenty ! Laurence Trébucq (Présidente de la Cour d’appel de Paris,) affirme le droit de celui-ci à exercer de bonne foi son « droit de libre critique ». France 2 et Charles Enderlin décident alors d'entamer un recours en cassation.
Suite à ce jugement, les supporters de la thèse du complot boivent du petit lait considérant que la décision du tribunal confirme les accusations de manipulation de la part de France 2 et de son envoyé spécial. C’est sous la plume d’Elie Barnavi, ambassadeur d’Israël en France au moment des faits, que le camp des « négationnistes » a réaffirmé ses arguments. Lors d’une tribune publiée sur l’hebdomadaire Marianne, intitulée L’honneur du journalisme, l’ex ambassadeur et défenseur inconditionnel de l’État d’Israël, soucieux de l’image de son pays, regrette que « depuis que juifs et Arabes s'affrontent sur ce bout de terre, rien n’a eu un effet aussi dévastateur sur l'image d'Israël et de ses armes que la mort du petit Mohammed al-Doura, seule la tuerie de Deir Yassin, le 9 avril 1948, a eu des conséquences plus graves. » !
Soutenant la thèse de la manipulation et reprenant presque tous les arguments circulant autour de cette affaire, Barnavi se base sur la littérature foisonnante sur le sujet, fruit de « l’acharnement de quelques francs-tireurs - pas tous des sionistes excités » selon lui et qui jettent « un doute sérieux sur la version des faits offerte par France 2. » Ainsi l’ex ambassadeur explique à propos du cameraman et du père du petit Mohammed :
« Il s'avéra bientôt que Talal Abou Rahma, le cameraman d'Enderlin - lequel n'était pas présent sur les lieux lors des faits - n'était point ce professionnel au-dessus de la mêlée que vantait son patron, mais, de son propre aveu - et il s'en faisait gloire -, un propagandiste au service de la cause palestinienne. Bien plus tard, on devait apprendre aussi que les cicatrices exhibées par le père de Mohammed étaient dues à des coups de couteau subis au cours d'une rixe à Gaza et soignés dans un hôpital israélien. Et bien d'autres choses encore. »
Charles Enderlin, qui une semaine plus tard répond dans le même Marianne, s’étonne, ironiquement, que M Barnavi n’ait pas vérifié ses informations auprès des services israéliens estimant que l’ex ambassadeur avait « certainement un niveau d’habilitation « sécuritaire » [lui] permettant l’accès à certains dossiers du Shabak, le service de sécurité intérieure israélien.» en affirmant :
« Pour le Shabak, Talal Abou Rahmeh qui a filmé la mort de Mohammed A Dura n’est pas un propagandiste palestinien et n’est soupçonné d’aucune activité subversive anti-israélienne comme vous l’affirmez. La réponse que nous avons reçue de ce service – et d’autres – lorsqu’il a fallu obtenir pour Talal une autorisation d’entrée en territoire israélien était la suivante : « Il est blanc comme neige ». Les accusations que vous portez contre lui sont fausses et inadmissibles »
En ce qui concerne Jamel le père du garçon Enderlin poursuit :
« Si vous aviez contacté Jamal avant de publier votre éditorial, il vous aurait décrit les soins qu’il a reçus à l’hôpital Shifa de Gaza; communiqué les radios qui montrent sa blessure au bassin. Le compte rendu des opérations subies à l’hôpital militaire d’Amman où d’ailleurs il a reçu les visites de deux journalistes israéliens, Tom Segev et Semadar Peri, également du Roi Abdallah »
Il a rappelé que les défenseurs de l’idée du « complot pro-palestinien » ont fait circuler des remueurs affabulant le père d’un passé trouble de narcotrafiquant connu des services israéliens. Il aurait d’ailleurs eu ces coups de couteaux, qu’il fait passer pour des impacts de balles, au cours d’un règlement de compte avec d’autres trafiquants. « Problème : Israël n’accorde pas de permis de travail à de tels criminels. Or, Jamal a travaillé – en toute légalité – chez une enseignante de l’université de Tel Aviv qui le raconte dans un livre. ». Rétorque le journaliste dans son droit de réponse.
Après avoir mis en doute la moralité et l’intégrité du caméraman de France 2 et de celle de Jamel, Barnavi continu en mettant en doute celle de toute la chaine. « La querelle se noua autour des rushes, dont on n'avait monté qu'une petite partie. » dit-il en se demandant « Que cachaient les autres ? L'agonie de l'enfant, qu'Enderlin disait avoir voulu épargner à ses téléspectateurs ? Ou des images moins douloureuses, mais aussi plus préjudiciables à sa version des événements ? » En s’empressant tout de même de formuler ses certitudes :
« On découvrit [à la vision des rushes NDLR] que la plupart des « affrontements » filmés avant la scène finale étaient du théâtre au bénéfice des caméras. Et l'on a vu le petit Mohammed lever la tête après les tirs censés l’avoir tué et jeter un regard furtif à la caméra. »
Le plus étrange dans ces affirmations c’est qu’elles contredisent les rushes en question (voir la vidéo plus haut). Des images encore une fois tournées par d’autres caméramans présents ce jour-là, comme l’explique Enderlin :
« Oui, Talal n’a filmé que ce que les circonstances permettaient. Ces scènes d’Intifada ont également été tournées par d’autres cameramen qui se trouvaient sur place, notamment d’Associated Press et de Reuters […] Pour notre part, lorsque cette campagne de diffamation a débuté, nous avons présenté les images à un médecin légiste qui a conclu que les mouvements de l’enfant étaient consistants avec l’agonie. (Selon le dictionnaire : les instants qui précédent la mort). »
L’agonie. Celle d’un petit garçon mort dans les bras de son père incapable de le protéger. C’est de cela qu’il s’agit au fond. Cette image est si dérangeante, si choquante mais aussi si symbolique d’une réalité quotidienne comme l’a dit le journaliste de France 2 en commentant les images. Mais c'étais le commentaire de trop. En parcourant rapidement la littérature qui traite de « la thèse du complot » on se rend rapidement compte que ce qui compte le plus pour ces « défenseurs de la vérité » à l’instar d’Elie Barnavi, c’est « l’image d’Israël ». Ce n’est pas que l’enfant soit en vie ou qu’il soit tué par les Palestiniens ou encore l’honneur de son armée…Rien de tout cela. C’est le fait qu’à travers quelques minutes d’images, se cristallise toute la cruauté de l’entreprise coloniale de l’État d’Israël. Et c'est finalement ce qui rend ces images insupportables pour les défenseurs de l'indéfendable.
Des images aussi abominables les unes que les autres on en a vu depuis. Mais les autorités israéliennes et ses défenseurs continuent et par tous les moyens, de vouloir faire croire que tout cela n’est que « mascarade », « cinéma » et « mise en scène ». Le caméraman, le père, l’enfant, Charles Enderlin, France 2, des médecins palestiniens et jordaniens, le roi abdallâh de Jordanie et quelques autres caméramans seraient tous des menteurs et des affabulateurs ! Tous ont participé à un énorme « complot » visant à salir « l’image d’Israël » et de son armée ! Et cela continu encore puisque M. Prasquier, le président du CRIF, à demander maintenant « la formation d’une commission médicale ad hoc destinée à vérifier l’origine des cicatrices de Jamal » !
Bien que le juge n’ait pas trouvé que cela soit diffamant pour le journaliste est sa chaine, cela n’enlève absolument rien au caractère farfelu et je dirais même pervers, des accusations de ses fossoyeurs. Que huit ans après la mort tragique du petit Mohammed, on continu à dire "qu’il est vivant et vend des fruits à Gaza", cela devient carrément abominable. N'est-il pas temps que Mohammed repose enfin en paix ?
écidément, notre si vénéré président, grand ami de Sarkozy, a bien des soucis à se faire avec sa famille. Plus précisément avec celle de sa femme, Leïla Trabelsi. Le dernier en date vient d’être révélé dans une dépêche de l’AFP annonçant la mise en examen, vendredi 16 mai, par un magistrat tunisien des deux neveux par alliance du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, dans le cadre de l'enquête sur le vol du yacht du banquier Bruno Roger à Bonifacio en 2006.
Il a fallu toute l’obstination de M Jean-Bastien Risson, juge d'instruction du tribunal d'Ajaccio, qui s’est rendu à Tunis jeudi, pour que la justice tunisienne se résigne enfin à accepter de mettre en examen Imed et Moaz Trabelsi pour « complicité de vol en bande organisée ». En effet, le juge français attendait l’exécution d’une commission rogatoire internationale délivrée aux autorités tunisiennes depuis le début de l’année 2008. Le sujet était depuis le début de l’affaire motif de tension diplomatique entre les deux pays. Chose que le procureur de la République d'Ajaccio, José Thorel, également du déplacement, dément. « S'il y avait eu des différends diplomatiques, la commission rogatoire n'aurait pas été exécutée par le juge d'instruction tunisien et nous n'aurions pas assisté aux auditions ainsi qu'aux perquisitions », a-t-il déclaré à l’AFP. Six autres personnes ont été également entendues par la justice tunisienne en tant que témoins dans cette affaire et les frères Trabelsi devraient même « répondre prochainement à une convocation de la justice française », toujours selon le procureur.
C’est un changement de position radical qu’opèrent ici les autorités tunisiennes qui tout en confirmant « que le bateau est bien entré en infraction en Tunisie », continue à démentir « toute implication de la famille présidentielle », comme le déclarait l’ambassadeur de Tunisie en France au canard enchaîné au moment du dernier vol. Les frères Trabelsi étaient pourtant soupçonnés d'être les commanditaires du vol en France de trois yachts et avaient été mis en cause par les convoyeurs du yacht de M. Roger, lors de leur interrogatoire en 2006 à Ajaccio.
Le canard qui a révélé cette dernière affaire racontait comment Princess, un yacht de 18 mètres de plus d'un million d'euros, appartenant à Bruno Roger, le PDG de la banque Lazard Frères, disparaissait en pleine nuit du port de Bonifacio en Corse. «Après une halte en Sardaigne, il ne tarde pas à réapparaître en Tunisie, à Sidi Bou Saïd», raconte l'hebdomadaire satirique. La compagnie d'assurances de Bruno Roger, qui dépêche un enquêteur en Tunisie, va y découvrir le yacht repeint et enregistré à la capitainerie du port de Sidi Bou Saïd sous le nom d’Imad Trabelsi, le célèbre neveu de Leïla, la femme du président. Informé, Interpol se rend sur place et saisi le yacht le 26 mai 2006 et puis le restitue à son propriétaire.
Mais, bonnes relations avec Tunis obligent, les négociations pour éviter de mettre en cause la famille de Ben Ali vont bon train. En la matière, la proximité entre Bruno Roger et Jacques Chirac, l’ancien président français s’est s'avérée très utile. Le patron de la banque Lazard s’est d’ailleurs montré très discret sur la mésaventure du Princess. Des tractations auraient même eux lieu pour racheter le fameux yacht et régler l’affaire « entre amis ». L’excellente relation qu’entretient Nicols Sarkozy avec son homologue Ben Ali ne pourra que renforcer le soutien de la diplomatie française à la famille du président tunisien. Bien vaillance qui pourraient expliquer qu’il a fallu deux ans au juge d’instruction français pour obtenir l’audition des frères Trabelsi !
Quatorze ans en arrière c’est le scandale du sang contaminé vendu par la France à la Tunisie qui aurait servi de monnaie d’échange pour que les autorités françaises renoncent à extrader Moncef, le frère de Ben Ali, condamné par contumace à Paris à douze ans de prison pour «trafic de drogue» dans l’affaire de la « Couscous Connection ». Que seront aujourd’hui les arguments du palais de Carthage pour pousser l’Elysée à calmer les ardeurs de la justice française ? L’affaire du jeune tunisien Abdelhakim Ajimi, tué lors d’une bavure policière en France ou les contrats fraichement signés, pourraient êtres des bonnes pistes de réflexions. Pour une famille qui semble ne rien se refuser…
lors que les internautes tunisiens réagissent timidement à la visite de Nicolas Sarkozy en Tunisie et à son fumeux Discours de Tunis, leurs amis français, eux, n’ont pas perdu du temps pour être nombreux à le faire. Un discours, qui, contenu des premières déclarations du président français, s’annonçait déjà très prometteur. Et on peut dire, sans risque de se tromper, qu’il l’a été !
Les mêmes ingrédients qui ont fait le succès du candidat puis du président Sarkozy, les mêmes qui lui valent aujourd’hui une dégringolade sans précédent dans les enquêtes d’opinions en France, ont été employés pour montrer encore une fois, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, son soutien total et inconditionnel, à son hôte le dictateur-président Ben Ali.
Nicolas Sarkozy devant les étudiants de l'INSAT - Tunis - 30 Avril 2008 - Images: Public Sénat
Tout cela n’a donc pas échappé à la critique, le plus souvent cinglante, des compatriotes internautes de M. Sarkozy qui sont sûrement plus à même de décortiquer les subtilités de son discours. Comme le montre ce commentaire publié sur le site internet du quotidien Le Monde :
« On avait eu droit à “Est-ce que vous trouvez normal qu’une jeune femme soit brûlée vive dans un bus… ?” (Ben non, toi oui ?) […] C’était avant de faire Président. On continue à présent avec: “Alors tout n’est pas parfait en Tunisie, certes, tout n’est pas parfait en France non plus”. Ou encore la voix de son maître: “la Tunisie n’est pas la Corée du Nord”. Ben ouai, faudrait voir à pas oublier que tout est relatif… »
L’internaute fait référence à cette fâcheuse tendance de M. Sarkozy à poser des questions dont les réponses sont évidentes et qui bien évidemment servent la logique de son argumentaire. Donc, il est clair que si la question est : « voulez-vous que « les barbares » s’emparent de la Tunisie ? » La réponse des bientôt 11 million de tunisiennes et tunisiens ne pourrait être qu’un grand oui à l’unisson. Mais là où la manœuvre est payante, c’est quand il rajoute derrière : « C’est pour cela que je suis venu ici soutenir les efforts du président Ben Ali » !
Mais l’ironie n’a pas été le choix de tous et les commentaires étaient pour la plupart très virulents d’où il ressort en premier un sentiment de « honte » et d’« indignation ». En effet, pour beaucoup, le président français n’a pas été « digne de ses fonctions présidentielles » comme le fustige ce commentaire assassin d’un certain « Yannick L» :
« Il est difficile d’imaginer pire représentant de la France que notre Président. Il se comporte à l’étranger comme un marchand de cravates. Aucun sens de l’honneur, aucune grandeur d’âme. Il piétine sans vergogne tous les grands principes, car il n’a pas de principes, aucun dessein…»
Francis qui s’exprimait sur un article paru sur libération.fr enfonce le clou :
« Le modèle de Sarko, ce n’est certainement pas Charles de Gaulle. Ce n’est pas non plus Mitterrand, ni Chirac, ni Giscard, ni Pompidou. Tous avaient une haute idée de la France. Jamais ils n’auraient abdiqué les valeurs de la République, notamment les Droits de l’Homme, devant un dictateur…».
Il est clair que ça aurait été naïf d’attendre quoi que ce soit de Sarkozy sur le sujet des droits de l’Homme en Tunisie, il a montré lors de son premier passage à Tunis en 2006 qu’il considérait clairement Ben Ali comme un allié à soutenir et il n’y avait aucune raison pour que cela change entre temps. Surtout, qu’il y a eu depuis, la déjà légendaire, visite de Kadhafi en France et les déclarations d’amour à la moitié des dictateurs encore vivants de cette planète. Mais, delà, à carrément en venir à prostituer des valeurs aussi nobles et aussi ancrées dans l’histoire des peuples, et en rajouter comme pour assumer son acte, peu de gens l’avaient envisagé. Un langage et un comportement qui semble terrifier certains :
« Ce qui me terrifie, c’est que malheureusement, un clou chassant l’autre, les prochains discours (présidence de l’Union européenne, Jeux Olympiques, pour rester dans l’actualité) seront de pire en pire… ».
Voir horrifier d’autres :
« Quelle horreur ! Je crois que ça y est le président français vient de nier d’un seul coup tout ce qui nous construit : fini l’éthique en politique. C’est la porte ouverte au plus sordide. Au vu de ce qui va continuer de se passer en Tunisie, on peut presque parler de « crime contre la République ».
Mais ce qui semble le plus indigner ces internautes, c’est le caractère « raciste » et « condescendant » du discours du président français. Comme le signale avec beaucoup de prudence cette internaute :
« Vous avez sans doute raison sur le fait qu’il ne faille pas forcément se jeter dans la brèche, mais cela n’empêche pas que ce que dit Sarko est raciste ». « Même Le Pen n’aurait pas osé sortir pareille connerie ! » Enchérit un autre.
Beaucoup d’entre eux se rappellent le fameux discours de l’université de Dakar sur « l’Homme africain », qui selon lui « n’est pas assez entré dans l’histoire. » ! Sarkozy récidive à Tunis avec : « Vous avez une main d’œuvre qui ne demande qu’à être formée” […] “Nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation. ». Un propos prononcé la veille lors d’un autre discours et repris avec d’autres mots dans le Discours de Tunis : « Vous avez fait apparaitre une classe moyenne qui pourra consommer et produire les produits que nous même nous pouvons vendre » !
Mais, Henri Guaino, le véritable auteur de ces discours sirupeux, populistes, démagogues et aux relents racistes, n’a pas été oublié par les critiques souvent indignées des internautes français, à l’instar de « AC-89 » qui lance lors d’une discussion sur le site d’information Rue89.fr :
« Probablement un discours rédigé par Henri Guaino, comme celui de Dakar. Ce type transpire le racisme et la suffisance."
Au cours de la même discussion Queenisdead est quant à lui beaucoup plus loquasse :
[…] En parlant d'écriture, je me demande qui a bien pu lui écrire son discours, une nouvelle fois Guaino ? Cette paire de récidivistes est en train de faire plus fort que George W Bush, c'est dire ! Bref, j'ai honte pour mon pays, j'ai honte car il est sensé représenté la France. Les plaies du discours de Dakar ne sont pas encore refermées, qu'il se sent obligé d'y rajouter un peu de sel! On subodore, des préjugés raciaux qui fleurent bon le XIX° siècle, cet homme n'est pas l'avenir, il vit dans le passé [...] »
« Sonnez le réveil », un peu abattu par tant de condescendance, tente de faire réagir les Tunisiens en leur adressant son message :
« Tant pis pour la France ! Pays réduit à un mini pays qui mérite son mini président. Mais franchement les Tunisiens et les autres, vous avez une histoire longue de 3000 ans et plus, vous avez régné sur le monde comme des seigneurs et aujourd’hui vous cherchez votre salut auprès du président le plus ridicule dans l’histoire de la France…réveillez-vous ! Et faites comme vos ancêtres qui ont foutu dehors le dernier soldat et ont construit leur gloire de leur bravoure." On ne peut que partager son avis !
Il est clair que quand M. Sarkozy nous félicite pour tout ce que la Tunisie a accompli en 52 ans d’indépendance, il semble oublier que l’histoire de la Tunisie ne se résume pas seulement à son histoire avec la France. Il oublie sûrement…ou, ne le sait-il peut-être pas, qu’il prononce son discours à deux pas de Carthage, capitale historique de la méditerranée ! C’est comme si l’on disait aux Français « regardez tout ce que vous avez accompli en 63 ans d’indépendance », considérant la Libération comme le début de l’histoire de France ! Ainsi, il est donc normal que la France produise le Minitel, le TGV, l’Airbus, et des centrales nucléaires depuis 1946 et que la Tunisie se limite à ses lois antiterroristes qui font ce progrès tant apprécié par le président Français !
En fin de compte et après la performance « remarquable » de M. Sarkozy, on peut tout à fait le croire sur parole quand il dit qu’il n’est pas venu en donneur de leçons. Je dirais même qu’il a bien fait de s’abstenir. Des leçons…surtout en histoire, c’est lui qui semble en avoir le plus besoin.
près le grand succès de l’épisode « viens…viens… vas-y descends me le dire » où le jeune et petit président français nous proposait une partie de fight club sur les docs de Guilvinec voilà qu’il récidive hier au salon de l’agriculture avec l’épisode du « vas-y casse toi d'ici pauvre con...» !
Ce n’est plus seulement Le président bling-bling, mais carrément le président beng-beng comme le chante si bien sa nouvelle femme Clara.
Sur le pupitre-cercueil : La politique du président des Etats-Unis en Irak. 10 Jeanvier 2007. Dans un discours à la nation George Bush annonce l'envoi de 20 000 soldats supplémantaires en Irak. Fin 2007, le nombre de millitaires américains tués en Irak depuis le début de l'invasion de 2003 approchera les 4000. Dessin de Martyn Turner, Irlande.
14 Janvier 2007. Nicolas Sarkozy devient officiellement le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle. Dessin de Dave Brown, Royaume-Uni.
13 Février 2007. Lors de pourparlers à Pékin, la Corée du Nord accepte de renoncer au nucléaire en échange d'une aide économique et énergétique. Dessin de Francisco, Philippines.
"Dire qu'après quatre ans je ne sais toujours pas distinguer un chiite d'un sunnite". 19 Mars 2007. Le 19 mars 2003 les Etats-Unis attaquent l'Irak. Ala fin "officielle" de cette guerre, le 1 mai 2003, a succédé une période - qui continue - d'attentatset de guerre civile entre sunnites, chiites et Kurdes. En quatre ans la guerre aurait fait plus de 650 000 morts, selon une étude du journal britanique The Lancet. Dessin de Matson, Etats-Unis.
La filiale d'EADS annonce, sous le nom de "power 8" un plan de restructuration prévoyant 10 000 suppréssions d'emploi. Il s'agit entre autres, de compenser les pertes dues aux retards accumulés dans la fabrication du très gros porteur A380. Dessin d'Herrmann, Suisse.
6 mai 2007. Nicolas Sarkozy est élu président de la république française avec 53% des suffrages. Il prend ses fonctions le 16. Dessin de Glez, Burkina Faso.
17 juin 2007. Ségolène Royal et François Hollande annoncent leur séparation. La rupture entre le premier secrétaire du PS et celle qui brigue la succession brouille un peu plus les cartes au PS. Dessin de Barrigue, Suisse.
"Maintenant c'est nous qui contrôlons la situation."14 juin 2007. Après plusieurs jours de combats entre le Fatah et le Hamas, les deux composantes du gouvernement d'union palestinien, ce dernier prend le contrôle de la bande de Gaza. Celle-ci devient, de fait, un territoire où s'applique la loi islamique. Dessin de Riddell, Royaume-Uni.
26 Septembre. Au Myanmar, après plusieurs semaines de manifestations pacifiques menées par les bonzes, les forces de l'ordre chargent les manifestants. La répression de ce mouvement réclamant plus de démocratie, amorcé à l'occasion de l'augmentation du prix des carburants, fait au moins 31 morts. Une chape de plomb retombe sur le pays. Dessin de Marco de Angelis, Italie.
"Cette guerre est privée ! Voici VOTRE guerre !" La France, par la voix de Kouchner et Sarkozy, tient des propos fermes, voire belliqueux, à l'encontre de l'Iran. Pendant ce temps, un nouveau scandale éclate en Irak, lié à la présence massive sur place de sociétés de sécurité privées telles que Blackwater. Leurs salariés ont la gâchette facile et juissent d'une totale impunité. Dessin de Steve Bell, Royaume-Uni.
3 décembre 2007. Selon un rapport des agences de renseignements américaines, l'Iran aurait gelé son programme nucléaire millitaire en 2003. Dessin de Chappatte, Suisse.
3 décembre 2007. Après avoir été condamnée au Soudan pour avoir laissé ses élèves donner le nom du prophète à un ours en peluche, l'institutrice britannique Gillian Gibbons est graciée par le président Omar El-Béchir. Dessin de Mix & Remix, Suisse.
’est le quotidien régional, Sud-Ouest qui a en premier révélé l’affaire. Mr Mohamed Zaidi, garagiste de Pessac et d'origine marocaine, a reçu un bien étrange mot de passe pour se connecter aux services du fournisseur d’accès Orange. En effet dans une lettre datée du 7 décembre et qui avait pour but de lui indiquer les identifiants de connexion de son compte, comporte en plus de l’adresse mail et le mot de passe correspondant composé de lettres et de chiffres, un mot de passe pour la connexion à Internet qui aurait pu être également une combinaison aléatoire de lettres et de chiffres. Mais voilà le mot de passe proposé à Mohamed Zaidi est « salearabe » !
Abasourdi, consterné, stupéfait, M. Zaidi ne comprend pas la raison de cet acte. A la suite de plusieurs appels au service client, l'abonné admet que parfois la discussion était tendue mais elle restait polie. Au micro d'un journaliste, l'intéressé déclare « Cela a été un énorme choc. J'ai appelé la hotline quand j'ai eu des problèmes de connexion, mais je ne me suis jamais énervé. C'est plutôt choquant de la part d'une entreprise comme celle-ci ».
Interrogée, la direction d'Orange est consternée et qualifie cet agissement « d'extrêmement choquant ». Les mots de passe étant générés automatiquement mais de telle manière que de tel password ne puisse pas être retenue, Orange constate qu'il s'agit d'une attribution volontaire et ajoute « Nous pourrons établir les responsabilités, les courriers sont tracés. Si un coupable est trouvé, nous entamerons une procédure disciplinaire qui pourra aller jusqu'au licenciement. Il n'est pas question de laisser passer ce genre de chose ».
Cette « blague » de bien mauvais goût prouve qu'il règne dans ce pays certaines idéologies qui vont à l'encontre de ses principes fondateurs.
Pour la première fois depuis sa création en 1978, la CNIL, présidée par Alex Türk, sénateur du Nord, organise des auditions ouvertes à la presse sur le thème de la mesure de la diversité les 18 et 25 janvier 2007. Extraits de l'intervention de Azouz Begag alors ministre de la promotion de l'égalité des chances. Public Sénat - janvier 2007.
radition républicaine oblige, la question de la prise en compte par les statistiques de critères ethniques ou religieux, a longtemps été une question taboue en France. Pourtant, après une année de consultation la Cnil, avec beaucoup de prudence, semble prête à autoriser la mise en place de nouveaux outils de recensement et cela au nom de la lutte contre la discrimination.
En effet, la loi Informatique et libertés de 1978, amendée en 2004 et dont le respect est assuré par la Cnil, entérine une règle républicaine qui interdisait jusqu’alors le recensement de la population en fonction de l’origine, la religion ou encore la couleur de peau. Le recensement national, ainsi, ne prend pas en compte ces critères, contrairement par exemple à la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis. Toutes fois, plusieurs associations et des chercheurs réclament un changement culturel arguant de l’utilité d’un tel outil dans la lutte contre les discriminations, notamment les discriminations à l’embauche véritable problème de société en France.
Le socio-démographe Patrick Simon, à l’initiative d’une étude visant précisément à connaître le ressenti lié à l’origine chez des personnes de la deuxième génération d’immigrés issus du Maroc et de Turquie, et cosignataire avec martin clément, d’un document de travaille sur « la mesure de la diversité », réclame depuis longtemps le droit à inclure dans les statistiques des questions sur la couleur de la peau, le pays d’origine des parents, ou encore la religion, créant ainsi un précédent important. Pour lui, ces outils sont nécessaires pour distinguer avec acuité les discriminations dont font l’objet les Noirs, les Arabes ou encore les musulmans dans l’Hexagone, là où l’on ne prenait jusque là en compte que des critères comme le lieu de naissance.
La Cnil se prononce depuis peu en faveur d’une modification la loi Informatique et libertés reconnaissant la nécessité de doter la lutte contre les discriminations d’outils supplémentaires mais tout en conservant une certaine prudence en traitant les demandes au cas par cas. La preuve : l’avis défavorable formulé dans ses recommandations concernant une demande de la Sofres. Mandatée par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) pour prendre le pouls de la communauté juive sur l’actualité, l’institut de sondage avait sollicité la possibilité de baser son échantillon sur les noms à consonance juive qu’il aurait relevés dans l’annuaire téléphonique.
Pour mieux comprendre les enjeux de ce sujet extrêmement sensible, surtout pour un pays qui fait de l’égalité des chances une des pierres angulaire de son model républicain, je vous propose en complément, une vidéo d’extraits de l’audition par la Cnil de Azzouz Begag, l’ancien ministre de la promotion de l’égalité des chances. Une intervention remarquable par son manque total de langue de bois. En réponse à Nicols Sarkozy qui prône la discrimination positive, Azouz Begag détaille sa proposition d’une évolution culturelle basé sur la sociologie du regard ou comment rendre le manque de diversité, remarquable et par conséquences dérangeant.
(France, 2006, 27mn)- ARTE F - Réalisateur: David Carr-Brown - Auteur: Xavier Muntz, Bruno Fay - Producteur: Novaprod Owl
vec plus de 30 000 cameras (en grande partie en sous-sol), la France est très en retard par rapport aux autres pays occidentaux, dont La Grande Bretagne est la championne toutes catégories. Mais cela c’était sans compter sur le nouveau président Sarkozy et les élus décomplexés de sa majorité présidentielle bien déterminés à combler se retard indigne d’un pays comme la France !
En effet la préfecture de police, dans le cadre d’un vaste plan de « quadrillage du territoire », prévoit l’installation de 1000 nouvelles cameras hypersophistiquées. Un programme de vidéo surveillance dont le coût annuel serait de 50 millions d’euros selon les premières estimations, et qui sera présentée au parlement à la rentrée dans le cadre de la nouvelle loi d’orientation et de programmation de sécurité intérieur. Un coût qui, apparemment, n’effarait ni le nouveau président ni sa ministre de l’intérieur qui ne jurent que par le model Anglais au grand dam d’Axel Türk, président de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) qui vient de lancé, lors de la publication de son dernier rapport, « une alerte à cette société de surveillance qui menace la protection des données et nos libertés ».
La Grande-Bretagne, prise en exemple par Sarkozy, est, avec plus de 4 millions de caméras en activité(une pour quatorze habitants), le pays dont les citoyens sont le plus surveillés au monde. Pourtant ce dispositif impressionnant (un londonien peut se faire filmer plus de 300 fois par jour) peine à justifier son existence et les coûts exorbitant de son fonctionnement. En effet, plusieurs enquêtes réalisées à la fin des années 90 dans plusieurs villes britanniques ont conclu que cette vidéo surveillance ne diminue en rien le sentiment d’insécurité des habitants mais aussi que l’aide qu’elle apporte pour l’identification et l’arrestation des suspects est faible pour être mise en exergue. En se basant sur ces mêmes enquêtes, deux chercheurs au CNRS concluaient leur rapport sur « l’impact de la vidéosurveillance sur les désordres urbains » par le constat que « la vidéosurveillance a rarement apporté la preuve de son efficacité » !
Dans le documentaire qui accompagne ce post, Duncan Campbell, journaliste indépendant et auteur d'un rapport sur le système d'écoute Echelon (élaboré par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour intercepter les communications), fait découvrir la dimension orwellienne de la capitale britannique, véritable laboratoire des technologies de contrôle.
Aujourd'hui il y a les photos, mais aussi une vidéo !!
’affaire commence le 24 janvier avec un édito du quotidien La Presse qui annonçait triomphalement : « La décision prise par le conseil municipal de la ville italienne Villafranca, en Toscane, de baptiser l’une de ses artères principales au nom du Président Zine El Abidine Ben Ali… ». La mascarade aurait pu passé inaperçue sans compter sur la vigilance citoyenne de notre ami Astrubal ! A l’aide du redoutable Google Earth, le « diabolique » Astrubal nous démontre sur les forums de Nawaat, dans une vidéo réalisée avec des images satellites, l’étendue de la supercherie. A peine 80 mètre d’un chemin de village qui ne mène nulle part !
On pouvait déjà imaginer la tête du journaleux qui a fait de cette « Zanqa » toute un plat mais aussi celles des officiels tunisiens en Italie, qui ont du sûrement vendre leur « réalisation » comme un grand acquis pour le président et son ego légèrement disproportionné. Mais voilà que, plus d’un mois plus tard, Astrubal remue allégrement le couteau dans la plaie et nous reporte les images de la fameuse « Via » déniché sur le site d’un blogueur italien ! La claque est monumentale ! Une sorte de chemin qui n’a peut être jamais eu de nom au par-avant. Il part de sous un pont d’où passe une voie ferrée et ne mène toujours nulle part. On est vraiment loin de « l’artère principale » promise par le zélé « écrivain publique ». Quelle mouche a donc piqué les représentants de la diplomatie tunisienne pour qu’ils ridiculisent leur président de la sorte ? De quels arguments ont-ils pu user pour convaincre le président et ses Spin Doctors pour qu’ils approuvent cet affront ? Ont-ils mis en avant que cette ville a été le refuge de Dante Alighieri, écrivain et homme politique florentin et auteur de « La Divine Comédie » ? Mais je ne pense pas qu’ils sont allés jusqu’à lire cette œuvre. Parce qu’ils auraient découvert ce que L’Enfer de Dante prévoyait pour les trompeurs* de toutes sortes. Peut être qu’ils ont mis en avant le fait qu’une voie ferrée passait prés de sa « Via » ? Mais sûrement pas, que de ce chemin il est impossible de prendre le train et qu’au mieux on pouvait le voir passer ! Est ce le nom de la ville, Villafranca (ville franche) ? Pour des affranchies cela me semble un peu osé.
Bref j’ai beau retourner le problème dans tous les sens je n’arrive pas à trouver un argument valable qui expliquerait qu’on accepte cette méprisante distinction. La seule explication possible c’est qu’ils ont rien dit en espérant que personne ne s’aventure à visiter ce coin perdu. Mais là, avec les photos publiées sur le net le pot aux roses est découvert et tous ceux qui ont contribué a cette mascarade n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.
Ils ne seront peut être pas les seules à se ranger les ongles. Si on suit le même raisonnement, les diplomates tunisiens qui étaient en poste à Paris pendant l’inauguration de l’esplanade Habib Bourguiba auraient pu minimiser l’importance de cette consécration en expliquant à la présidence que ce n’était qu’un chemin de campagne en marge de la ville ! C’est clair que là, il aurait fallu des tonnes d’imaginations et de persuasions pour arriver à convaincre que le quai d’Orsay sur les bords de Seine dans le 7ème arrondissement de Paris n’est qu’un chemin de travers.
Pour dissiper tous les doutes et réconforter tous ceux qui se sont sentis insultés que notre pays soit associé à une impasse, une petite balade sur l’esplanade Habib Bourguiba vous redonnera le moral. Ceux qui sont en région parisienne peuvent faire le déplacement, pour les autres voici une petite vidéo de l’esplanade comme si vous y étiez !
* L'Enfer, 8ème cercle, Les trompeurs, Chants XVIII-XXX.
D’après un sondage IFOP pour Fiducial et LCI, si François Bayrou était au second tour face à Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal, il l'emporterait. Le candidat de l'UDF obtiendrait 52 % des voix face au candidat de l'UMP et 54 % face à la candidate socialiste.
Non ce n’est pas une blague. Ce sondage n’est pas bidon…enfin pas plus que les autres sondages. Le « phénomène Bayrou » est belle est bien réel. Déjà depuis le début de la compagne le béarnais (sa région natale) n’a cessé de grimper dans les sondages. Mais delà à devenir vainqueur possible, Il n’y avait que le candidat lui-même pour y croire.
Bien évidement il ne faut pas trop se fier aux sondages, surtout à deux mois du premier tour. Mais on peut par contre constater une progression spectaculaire qui correspond forcement à une tendance dans l’opinion. Entre les premières enquêtes d’opinions qui le plaçaient à à-peine 20% au second tour et les 52% face à Sarkozy de ce sondage, beaucoup de chemin a été parcouru par celui qui se voulait être le troisième homme. Mais encore faut-il qu’il arrive à passer le cap du premier tour. Il est vrai que sa progression dans les intentions de vote au premier tour est visible mais il n’arrive toujours pas à dépasser les 16%, comme c’est le cas pour ce sondage Ifop qui le plaçait en tête au second tour. Sa position de troisième homme semble donc se confirmer, mais sa progression reste lente : plus 3,5 % des voix par rapport au sondage effectué un mois plus tôt, derrière Ségolène Royal (25,5 %) et Nicolas Sarkozy (32 %). D’autres sondages le placent encore derrière Jean-Marie Le Pen comme c’est le cas du baromètre TNS-Sofres publié dans Le Figaro le même jour, qui l’accréditait de 12% contre 13% pour le leader de l’extrême droite. C’est donc loin d’être gagné et la déculotté de Jean-Pierre Chevènement en 2002 malgré les très bons sondages, est la pour rappeler au candidat UDF de ne pas seulement se contenter de progresser dans les sondages.
Ce qui semble aujourd’hui certain c’est que Bayrou a réussi à créer de l’intérêt autour de ces prises de positions. Quand il fustige le manque d’indépendance des medias français ou le clivage gauche-droite qu'il juge « préhistorique », il marque des points chez les électeurs, toutes sensibilités politiques confondues. D’ailleurs, 83 % des Français seraient favorables à « un gouvernement d'union nationale composé de personnalités politiques de divers camps ». Ce qui le conforte dans sa proposition de nommer un premier ministre d’une autre formation politique s’il était élu président. Ce positionnement permet donc au candidat de séduire au-delà des clivages traditionnels mais aussi, brouille encore plus les prévisions d’un éventuel report des voix au second tour. Parce que, contrairement aux voix FN qui sont globalement de droite, personne ne peut affirmer aujourd’hui pour qui voteront ceux qui voteraient Bayrou au premier tour.
Mais il reste au candidat centriste beaucoup à faire pour être crédible comme candidat du second tour. D’ailleurs, sa 3eme position au premier tour et sa victoire au second (selon ce sondage) montre qu’il est encore, pour beaucoup d’électeurs, un choix « par dépit » et qu’il ne jouit pas encore d’une assise électorale à même de l’imposer au 2ème tour. Mais ce qui est certain c’est que dans tous les cas il faudra compter avec lui pour cette élection présidentielle qui, malgré l’intérêt certain des français, reste d’un niveau très moyen pour ne pas dire médiocre comptes tenus des enjeux. Le candidat centriste réussirait-il à élever le débat ?
Je reviendrai dans un prochain billet sur les idées de Bayrou et sur son programme politique. Bien qu’il n’a pas encore publié de programme définitif (prévu pour la fin du mois), les quelques pistes de réflexion ouvertes sont très intéressantes et méritent qu’on s’y attarde.
Une conférence de deux jours sur le thème de l'holocauste s'est tenue lundi et mardi à Téhéran. C'est le président iranien Mahmoud Ahmadinejad en personne qui est à l'origine de ce rendez-vous. Les participants à la conférence ont décidé de créer un «comité international» chargé d'étudier la réalité du génocide juif. En plus, on est prié de ne pas mettre en doute l’objectivité de ce comité !
D'après une étude menée par Ifop à la demande d'Économie Matin, sur 427 personnes, 90 % sont des lecteurs de journaux gratuits comme Metro, 20 Minutes ou encore À Nous Paris. Presse généraliste ou spécialisée, elle prend réellement de l'assurance, de la valeur auprès du public, trois ans seulement après son irruption brutale dans le paysage français. Cependant, elle est toujours mal acceptée par les journaux payants qui sont aujourd'hui des concurrents de taille. Avec plus de 266 millions d'exemplaires distribués chaque jour en France, ce qui représente 15 % de la circulation globale des quotidiens. Les 15-35 ans sont les plus concernés par ce genre de presse.
Il s'agit de nouveaux individus, oubliés de la presse payante ou simplement en dehors de ses préoccupations. Par exemple, 49 % des lecteurs de Metro ont entre 15 et 34 ans : 25 % sont des étudiants et 49 % des femmes. Résultat, les payants comme Le Figaro ou le Monde veulent se diversifier en se lançant eux aussi dans les gratuits. Ils captent une part non négligeable, non pas de leurs lecteurs, mais des recettes publicitaires. Les payants veulent donc riposter en lançant eux-mêmes leurs gratuits.
Mais peut-on faire confiance à un média entièrement financé par la publicité et qui n’apporte aucune analyse à l’information qu'il présente à ses lecteurs. Ce qui nous ramène à la question fatidique : l’information peut elle être gratuite ?
Selon un sondage de l'institut CSA effectué à cinq mois de l'élection présidentielle, M. Le Pen obtiendrait 17% des suffrages au premier tour. Jamais CSA n'avait attribué autant d'intentions de vote à M. Le Pen, ces 17% dépassant même le score de 16,86% atteint par le président du FN le 21 avril 2002. L’institut Ipsos le crédite de 10%, l'Ifop de 11% et TNS-Sofres de 13%. Ces chiffres élevés surviennent alors que le doute plan encore sur la possibilité de Le Pen d’obtenir le nombre parrainages nécessaire pour déposer sa candidature. Dans tous les cas et même avec les scores élevés des deux favoris des français, à savoir, Royal et Sarkozy, l’éventualité de voir le président du front national au second tour des prochaines présidentielles, est toujours d'actualité !
Caricatures extraites du Canard Enchaîné du 13 Décembre 2006